Langue française

  • Rome, maîtresse du monde. Les douze siècles de l'histoire romaine ont longtemps constitué le passage obligé d'une éducation humaniste. Ils pâtissent aujourd'hui des clichés et des anachronismes répandus par les médias.
    Aristocrates républicains idéalisés en défenseurs des libertés modernes ; empereurs rabaissés au rang de tyrans maniaques ; premiers chrétiens confinés dans l'obscurité des catacombes. Autant de généralités hâtives que Lucien Jerphagnon s'emploie à combattre, dans une synthèse d'histoire politique, militaire, sociale et intellectuelle, nourrie des derniers acquis de la recherche. Avec un réel bonheur d'écriture et un humour souvent corrosif, ce livre est aussi une vaste fresque où se côtoient grands seigneurs, soldats, administrateurs, mécènes, poètes et philosophes. Tous ont contribués à bâtir cette civilisation fascinante, dont l'héritage imprègne, aujourd'hui encore, notre pensée.

  • Entre le temps des foires de champagne et des premières audaces au-delà de gibraltar et celui des médicis et des fugger, le marchand médiéval s'est mué en homme d'affaires. ses horizons se sont élargis, ses ambitions ont dépassé le monde de la marchandise, ses techniques se sont enrichies. il a appris à connaître et à maîtriser ses affaires, il a créé ces formes du crédit qui vont devenir le jeu bancaire, il sait prendre et limiter ses risques. il s'est fait organisateur de la production. il a inventé le capitalisme et intégré l'économie dans la vie politique.
    A l'heure de la renaissance, il y a toujours du monde dans la boutique et l'atelier, mais l'or et les épices auront donné à l'europe des princes et des mécènes.

    Jean favier est né en 1932. membre de l'institut, directeur général des archives de france, il est aussi professeur à l'université de paris-sorbonne et directeur d'études à l'ecole pratique des hautes etudes. il s'est fait connaître par de nombreux travaux sur les finances médiévales et sur les structures économiques et sociales de paris à la fin du moyen age. ses livres sur philippe le bel, sur la guerre de cent ans, sur françois villon ont tous connu un grand succès. il dirige l'histoire de france (fayard) dont il a lui même écrit le tome ii, le temps des principautés.

  • Les Trente Glorieuses est un des livres-clés pour la compréhension de la France de l'après-guerre. Des générations d'étudiants y ont appris comment les trente années qui vont de la fin de la Seconde Guerre mondiale à la première crise pétrolière du milieu des années 1970 ont été des années de croissance et de prospérité, pendant lesquelles le peuple français a triplé son niveau de vie et vu profondément transformé son quotidien.
    Relu par l'oeil averti de Daniel Cohen, l'un des meilleurs économistes contemporains, qui en souligne les mérites et met en perspective l'écho considérable que reçut cet ouvrage et les thèses qu'il défendait, ce livre fait surgir avec force cette double interrogation : avons-nous à ce point changé de monde depuis lors ? Et faut-il regretter le « paradis perdu » des Trente Glorieuses ?

  • Terrorisme, sous-développement, dictatures du tiers- monde, conflits interculturels : telles sont quelques-unes des nombreuses séquelles du colonialisme qui hantent la conscience occidentale et nourissent le sentiment d'humiliation ou l'esprit de revanche des anciens colonisés. Il fallait faire l'histoire de ce gigantesque trou de mémoire, en commençant par recenser sans complaisance ni auto-flagellation les crimes et les méfaits des colonisations.
    Le Livre noir du colonialisme envisage tous les aspects du colonialisme, sur tous les continents : l'extermination (Indiens d'Amérique, aborigènes d'Australie) et la conquête, en passant par la traite des Noirs et l'esclavage, les discriminations et injustices et, enfin, les guerres de décolonisation (Vietnam, Indonésie, Algérie). Il se clôt sur les exigences de mémoire et de réparations. Les représentations de l'Autre véhiculées par la colonisation ne sont pas oubliées, ni les rapports de domination du néocolonialisme contemporain.
    La nombreuse équipe de chercheurs reconnus, rassemblés sous la houlette de l'historien Marc Ferro, nous propose ainsi la synthèse à ce jour la plus complète sur un sujet appelé à prendre une place croissante dans les débats contemporains.


  • paul veyne raconte ici ses années de formation, les débuts de sa carrière, ce qui motiva son choix de rome comme objet d'étude.
    mais ce livre d'entretiens révèle aussi un formidable pan d'histoire intellectuelle, oú défilent les grands noms de l'université française, oú veyne approfondit ce qui le sépara d'aron comme ce qu'il doit à foucault. le plus philosophe de nos historiens livre ainsi quelques-unes de ses réflexions sur la nature de l'histoire ainsi que sur les permanences et les ruptures dans les sociétés humaines. il révèle aussi plusieurs de ses passions, la peinture, la musique, la littérature, avec des aveux plus graves sur l'amitié, l'amour ou les croyances qui nous permettent d'exister.
    il éclaire ainsi d'un jour nouveau son amitié et son voisinage de rené char, auquel il consacra un beau livre.

  • Sauvegarder la grandeur de la France tout en faisant le bonheur des Français: le défi qu'eut à relever en 1715 Philippe d'Orléans, neveu de Louis XIV, était redoutable. Il s'en acquitta avec un sérieux et un succès que l'on a longtemps niés, oubliés ou dénigrés. Si nul aujourd'hui ne s'avise plus d'en faire un ambitieux ayant empoisonné une partie de la descendance du Grand Roi pour s'emparer du pouvoir, on le voit encore volontiers sous les traits d'un libertin veule, blasé de lui-même et de son rang, se désintéressant de l'Etat, bref comme ordonnateur des plaisirs d'une société raffinée mais corrompue, alors que se multipliaient les signes avant-coureurs de la Révolution.

    Ce cliché reste bien léger. Comment ne pas voir que le Régent, personnalité complexe et insaisissable, fut un prince à l'intelligence lumineuse, aux dons aussi surprenants que multiples, curieux de tout, et aussi un travailleur acharné, un soldat brillant en même temps qu'un politique d'une habileté extrême

  • La vie de Lénine (1870-1924) couvre deux périodes distinctes. D'abord vingt ans d'exil passés à rêver la révolution et à forger son instrument : le parti bolchevique. En février 1917, la révolution russe se fait sans lui. Mais en octobre, Lénine s'empare du pouvoir. En quatre ans seulement, il édifie un État tout-puissant, reconstruit l'Empire, crée le Parti mondial de la révolution, installe le communisme dans l'histoire pour soixante-dix ans. Comment expliquer, dans un pays peuplé de cent quarante millions d'habitants, la conquête puis la conservation du pouvoir à l'aide d'un parti qui ne compte à l'origine que quelques milliers de membres ? Comment expliquer la pérennité et le rayonnement mondial du léninisme oe

    En dépit du bilan terrible du régime qu'il a institué - plus de cent millions de morts - le constat s'impose : génie politique, Lénine a été l'inventeur d'un système de pouvoir sans équivalent dans l'histoire de ce siècle.

  • Deux acteurs initiaux : une France sûre de son identité nationale et de sa place en Europe et une Prusse ambitieuse, confiante dans son armée et brûlante de réaliser l'unité politique de l'espace allemand. Le conflit débute entre deux États et s'achève entre deux nations : une France vaincue, diminuée et humiliée, une Allemagne nouvelle, victorieuse, s'affirmant en Europe et bientôt dans le monde.
    Les événements militaires se sont déroulés exclusivement sur le sol français. Conduite par Moltke, l'armée prusso-allemande remporte des victoires éclatantes. Elle mène une guerre de mouvement jusqu'à Orléans, Tours, Dijon, Le Mans, Rouen. Elle assiège Metz, Paris, Belfort. Après cent trente-deux jours de blocus, Paris capitule, vaincu par la famine et la puissance du feu adverse.
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    Pourquoi la France a-t-elle été battue ? Pourquoi l'Allemagne a-t-elle gagné ? Difficiles questions auxquelles un recul suffisant et un examen serré des sources permettent d'apporter des réponses plus nuancées que celles des contemporains.

  • Dimanche 6 mai 1866, Pulaski (Tennessee). Six anciens soldats de la Confédération se réunissent pour fonder une société secrète : le Ku Klux Klan vient de naître. Une synthèse historique sur ce mouvement qui vit le jour aux Etats-Unis dans la seconde moitié du XIXe siècle.

  • L'auteur montre comment le jeune Barrès des années 1880, écrivain, dilettante et anarchiste, est devenu en quelques années l'un des grands interprètes de la pensée traditionaliste française, le doctrinaire et le poète du culte de la Terre et des morts. A travers une biographie intellectuelle, l'auteur analyse son environnement politique, ses amitiés et ses influences.

  • Éric Conan Henry Rousso Vichy, un passé qui ne passe pas Nouvelle édition mise à jour et augmentée « En vingt ans, la mémoire de Vichy a changé à la fois d'échelle et de nature. Elle n'est plus matière à d'interminables controverses. Elle a fait, au contraire, l'objet d'un investissement considérable de la part de l'État, des associations, de l'opinion en général. Le problème public qui émerge du début des années 1990 de manière conflictuelle, et que nous essayions alors de comprendre, a débouché sur de véritables politiques publiques de mémoire, qui ont à leur tour lancé d'autres débats. Ces politiques, elles-mêmes conséquence d'une profonde évolution des esprits, ont transfiguré la manière de voir les années 1940-1944 et sans doute ouvert une nouvelle étape du "syndrome de Vichy". Notre livre a participé de ces changements. Son titre, repris depuis comme un leitmotiv, est devenu une expression du sens commun. Peut-être - mais c'est au lecteur d'en juger - notre propos avait-il anticipé les risques d'un usage abusif du "devoir de mémoire" dont on a pu observer les manifestations répétées ces dernières années, moins à propos de l'héritage de Vichy que des souvenirs conflictuels d'autres épisodes traumatiques de l'histoire récente. »

  • Synthèse sur le loup et son rapport aux hommes, de la guerre de Cent Ans à la Première Guerre mondiale, qui tente de montrer à travers des documents, des témoignages, etc., comment les attaques de cet animal ont pris une connotation négative, alors que se pose encore aujourd'hui le problème de sa cohabitation avec l'homme.

  • Pour la première fois, la vie d'Albert Camus est envisagée sous l'angle de son pays natal et d'Alger, sa ville tant aimée. A aucun moment de son existence ses pensées ne se sont éloignées des rivages de cette terre ardente sans laquelle, disait-il, il ne pourrait vivre...
    Pour Camus, l'Algérie est l'espace d'un imaginaire et d'une intimité. Au fil du temps, elle devient une sorte d'Eden perdu, contribuant à éclairer cette part de lui-même qu'il appelait "obscure", et dont il regrettait, un an avant sa mort, qu'elle ne soit pas davantage perçue par ses lecteurs et ses commentateurs.
    Il fallait peut-être un autre fils d'Alger pour écrire ce livre. Comme Camus, Alain Vircondelet est né à Alger, a vécu dans un quartier populaire, fréquenté les mêmes écoles, les mêmes plages, les mêmes lieux. Grâce à son ample connaissance de l'oeuvre, à des documents rarement utilisés, notamment les nombreuses correspondances de Camus, Alain Vircondelet, par ailleurs déjà auteur d'un Albert Camus, vérité et legendes (Chêne, 1998) révèle ici la part algérienne de l'écrivain, sa douleur de l'exil et sa nostalgie d'un pays devenu lieu mythique de refuge et de consolation.

  • « Ces soixante ans de République méritent infiniment mieux que l'oubli, l'indifférence, le discrédit ou cette histoire qui retourne à la friche. Non seulement son intérêt propre est grand : c'est une leçon de choses qui n'a pas perdu toutes ses vertus. Mais nous en restons tributaires : elle nous lègue tout un héritage dont nous devons faire l'inventaire ; nous tenons d'elle des idées, des pratiques, des habitudes, des traditions sans lesquelles notre vie politique aujourd'hui ne serait pas ce qu'elle est. On comprendrait mal ce que celle-ci est présentement en ignorant la IIIe République. En inventorier l'héritage, retrouver les traces de ses apports, tel est le propos de ce livre, et telle est l'une de ses raisons d'être. » R.R.

  • Messali Hadj fut le fondateur du nationalisme algérien. Dès 1926, avec l'Etoile nord-africaine et jusqu'au MNA (Mouvement national algérien) en 1954, il n'a cessé d'animer des organisations nationalistes afin d'obtenir l'indépendance de son pays. Après l'insurrection déclenchée par le tout nouveau FLN en novembre 1954, la lutte fratricide entre « messalistes » et « frontistes », au sein même du mouvement de libération, sera extrêmement sanglante, tant en Algérie qu'en métropole, dans l'immigration. Assigné à résidence en France, Messali Hadj perd peu à peu son influence, au point d'être totalement marginalisé et longtemps ignoré de l'histoire officielle algérienne. Pourtant, son rôle fut considérable. En le remettant en lumière, ce livre apporte aussi quelques éléments de réponses à plusieurs questions : comment Messali pensait-il le rapport entre lutte sociale et lutte nationale ? Quelle place accordait-il à l'islam dans la prise de conscience nationaliste ?
    Avec cet ouvrage, Benjamin Stora exhume un pan longtemps oublié de l'histoire de la colonisation algérienne et de la guerre d'Algérie.

  • « Ce livre n'est pas une nouvelle biographie de la carmélite d'Avila. Ce que propose l'auteur, c'est de replacer cette femme d'action dans l'Espagne de son temps. Comment une femme a-t-elle pu s'imposer dans un monde masculin si méfiant à l'égard d'idées et de pratiques religieuses qui s'écartaient de la norme commune ? La réussite de Thérèse tient à sa personnalité et au refus de se laisser enfermer dans les cadres mentaux d'une société dynamique mais inquiète. Thérèse d'Avila se croyait appelée à de grandes choses ; elle refusait la médiocrité. Selon elle, cette ambition n'est pas incompatible avec la vertu d'humilité. C'est à un effort d'intelligence, de lucidité et de volonté qu'elle invite ses contemporains et, au-delà, les lecteurs du XXIe siècle. » J. P. Joseph Pérez est Professeur émérite de civilisation de l'Espagne et de l'Ibéro-Amérique à l'Université de Bordeaux III-Michel de Montaigne. Fondateur et premier directeur de la Maison des pays ibériques, il est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels, chez Fayard, une Histoire de l'Espagne (1996), La légende noire de l'Espagne (2009) et, dans la collection « Pluriel », L'Espagne de Philippe II.

  • Le Consulat commence au soir du coup d'État de Brumaire, le 10 novembre 1799, et s'achève le jour de la proclamation du Premier Empire, le 18 mai 1804. Pendant ces quatre années, Bonaparte et son équipe ont accompli une oeuvre immense, de la réconciliation nationale à la paix intérieure, des réformes politique, administrative, judiciaire et juridique au rétablissement de la position prépondérante de la France en Europe. De larges pans de cette oeuvre de consensus ont résisté au temps. Loin d'être seulement une préface au « moment napoléonien », la période consulaire en constitue probablement l'aspect le plus flamboyant et le moins discuté. Bénéfiques au pays, ces réussites favorisèrent aussi, par étapes ponctuées de crises successives et de petits coups de force, la grande manoeuvre finale qui conduisit Napoléon sur le trône impérial.

    Directeur de la Fondation Napoléon et chargé de cours à l'Institut catholique d'études supérieures, Thierry Lentz est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages sur le Consulat et l'Empire dont, chez Fayard, une monumentale Nouvelle histoire du Premier Empire (4 volumes).

  • Pour rendre compte de l'évolution du paysage urbain dans l'occident médiéval, on a longtemps privilégié les phénomènes de nature strictement économique.
    Cependant, d'autres facteurs méritent un examen attentif, notamment les liens très puissants qu'entretiennent la formation, la permanence ou la dégradation des tissus urbains d'une part, et les structures politiques et sociales régissant la vie des hommes dans les cités d'autre part. il ne s'agit pas seulement de se pencher sur les institutions gouvernementales ou administratives, mais de savoir qui, dans les faits, dirige la ville.
    Quels sont les groupes ou les catégories d'individus qui tiennent la cité en main ? par quels moyens, avoués ou occultes, asseyent-ils leur pouvoir ? jacquesheers brosse un tableau de la ville médiévale et de ceux qui la gouvernent, passant au crible leurs origines, leurs organisations sociales, les manières dont ils s'assemblent, se confortent ou s'opposent les uns les autres. paysages, pouvoirs et conflits sont indissociables.

  • Pompéi

    Robert Etienne

    En l'an 79, la ville de Pompéi va être le théâtre d'une des plus grandes catastrophes naturelles de tous les temps. Aujourd'hui, éblouis par la splendeur de ses peintures murales, nous oublions le destin misérable de cette petite ville de province d'abord ravagée par le tremblement de terre du 5 février 62 et qui, partiellement reconstruite, entra dans l'éternité sous un linceul de cendres le 24 août 79.
    L'auteur cherche à donner une vision totale de l'histoire de la cité ; il suit les riches et les pauvres dans leurs maisons ou dans leurs soupentes, il les accompagne aux temples ou aux thermes et les retrouve sur les gradins des théâtres et de l'amphithéâtre. Pompéi apparaît alors comme une ville de piété autant que d'exubérance, une ville où l'on sait se moquer de son prochain, de l'empereur et même des dieux.


  • ces deux ouvrages sont des classiques de la réflexion sur la vie politique française.
    dans la république des professeurs, thibaudet, analysant la faillite du cartel des gauches (1924-1926), met en évidence la place prise dans les lieux de pouvoir par les enseignants, catégorie sociale concurrente de celle des avocats. il invite à un examen du socle culturel et politique de la république et, en particulier, du radicalisme. peu avant, cet homme acquis à la cause de l'europe critiquait dans les princes lorrains les nationalistes barrès et poincaré.
    a travers ces deux essais sur la troisième république, l'auteur identifie quelques-uns des traits majeurs de la gauche et de la droite en france.

  • 1661 : c'est un état qui essaie de s'installer, avec ses règlements, ses administrateurs aux ordres, ses censeurs et ses encenseurs appointés, ses persécuteurs tonsurés ou bottés : quelque chose d'étouffant, de prétentieux, d'organisé, de glorieux et de triste. meurt le temps des suprêmes anarchies et suprêmes folies, meurent l'exubérance, les richesses et les libertés, meurt le plus fin des cardinaux-ministres. louis xiv prend le pouvoir

  • Selon la Bible, l'homme et la femme doivent se multiplier. Or, depuis son origine, l'Église considère que le plaisir sexuel est dangereux, voire démoniaque : mais comment le chasser de l'acte d'amour ? Pendant des siècles, elle s'est ainsi lancée dans la plus extraordinaire tentative jamais imaginée pour connaître et contrôler la vie sexuelle des couples. Horrifiée mais fascine, elle ose décrire, classifier, tarifer, toutes les postures, toutes les pratiques, des plus perverses aux plus extravagantes, de l'acte sexuel. Ces renseignements minutieux, incroyablement scabreux étaient consignés dans des manuels destinés aux confesseurs, qui pouvaient ainsi intervenir dans la vie des fidèles et distribuer les pénitences. Cette entreprise a échoué le jour où les catholiques n'ont plus voulu raconter leurs péchés d'amour : bien qu'elle survive dans les prises de position de l'Église sur la sexualité, elle est sans doute à l'origine de la désaffection que connaissent la pratique religieuse catholique et les prescriptions de la morale sexuelle.

  • Depuis bien longtemps, l'Histoire de France est devenue une espèce de genre littéraire avec tout ce que cela comporte de conventions. Comment faire du neuf en accumulant toujours les mêmes événements censés avoir infléchi le destin du peuple françaisoe Sur une trame légère _ mais bien présente _ de faits, Pierre Goubert a préféré donner de notre passé une vue cavalière qui lui permet de faire apparaître les lignes principales, les temps forts et les temps morts, donc de donner à un passé souvent trop figé du relief et de l'animation. Nourri d'histoire nouvelle (économie, démographie, mentalités), ce livre renouvelle en profondeur notre vision: il s'agit bien de la même histoire et du même peuple mais comme ils parlent mieux ici à l'intelligence et à l'imagination!

    Pour donner un manuel complet, l'auteur a également joint en annexe une chronologie précise, des tableaux généalogiques, une bibliographie, des cartes.

    Professeur d'université à Rennes puis à Paris, Pierre Goubert est l'un des pionniers de la démographie historique et l'un des meilleurs spécialistes du XVIIe siècle et de l'Ancien Régime. Sa thèse sur Beauvais et le Beauvaisis a fait date, tout comme ses ouvrages sur l'Ancien Régime, sur Louis XIV et vingt millions de Français et la Vie quotidienne des paysans au XVIIe siècle.

  • Une religion originelle a-t-elle existé au seuil de l'humanité ? La troublante ressemblance des cultes funéraires sur l'ensemble des lieux préhistoriques signifie-t-elle que les hommes avaient une vision commune de l'au-delà ? La convergence des modèles artistiques et culturels permet-elle de conclure à l'existence d'une religion unique qui se serait ensuite diversifiée en de multiples systèmes religieux oe
    Se fondant sur des recherches archéologiques récentes, Emmanuel Anati répond résolument par l'affirmative. Il est possible, selon lui, de retracer les grands thèmes de la pensée et de la religion de l'homme préhistorique. On s'aperçoit alors que les grands invariants de la pensée symbolique puisent tous à ce fonds immémorial.
    L'auteur nous invite à la découverte de nos ancêtres lointains présentés avec une justesse, une sympathie et une passion telles, qu'ils nous apparaissent soudainement d'une étrange proximité.

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