Anne-Marie Paillet

  • Comment réunir sous l'idée d'un unique style des oeuvres aussi différentes que L'Étranger ou La Chute ? Comment situer le style de Camus dans l'histoire, à partir d'expériences qui s'essaient toutes à un genre différent ? Au moment du centenaire de l'auteur, c'est à ces questions que l'on voudrait répondre, pour mieux cerner un style de « l'entre-deux », entre classicisme et invention, nihilisme et sens du symbole, entre écriture blanche et lyrisme, révolte et célébration.

  • La langue de Léonor de Recondo : Nouv.

    Cet ouvrage est le fruit d'une journée d'études organisée à l'Ecole Normale Supérieure, réunissant une dizaine de chercheurs, linguistes et stylisticiens, autour de la langue de Léonor de Récondo, écrivaine plusieurs fois primée, et violoniste de talent. On découvre, à travers une prose musicale, d'une sobriété toute classique, le charme d'une écriture incarnée, conjuguant l'esprit à la chair par l'entremise du Verbe et de la Figure, ainsi que la profondeur d'un style qui plonge au coeur des êtres et du temps, comme une échappée belle aux deuils irréparables de la vie. Car au-delà de la figuration, par la manière dont s'efface le travail du texte, le style de Léonor de Récondo sait laisser place à une forme d'évidence, réfléchissant la beauté du monde sensible, qu'elle invite à contempler et à « palper ».

  • Ce livre, au moment où a été relancée la polémique sur Dieudonné, se penche sur l'oeuvre d'un humoriste qui semblait pouvoir rire de tout. Rire de tout, mais pas n'importe comment ni avec tout le monde. Desproges n'a pas seulement un style d'humour, il a un style.
    D'une grande finesse, son humour repose sur une aptitude à manier le second degré et l'autodérision.
    Desproges se définissait comme un « écriveur ». Ses qualités littéraires, son amour de la langue, de la phrase, méritaient que des spécialistes de l'ironie et de l'humour, linguistes et littéraires, lui consacrent une étude, révélant un Desproges à la fois « grammairien » et humaniste.
    L'humoriste renouvelle la manière d'aborder les sujets tabous (la religion, la mort, l'antisémitisme) ; son emploi atypique des comparaisons ou de l'adjectif fonde un humour décalé, débusquant les clichés ; a-t-il un humour de droite, ou s'inscrit-il dans la lignée de nos moralistes, en « artiste dégagé » ?

  • La métaphore a fait l'objet de nombreuses publications, mais son exploitation argumentative a suscité peu d'investigations systématiques en dépit de ses enjeux. L'objectif de cet ouvrage est de combler cette lacune en cernant le rôle de la métaphore dans l'argumentation, mais surtout en faisant retour sur la figure elle-même, pour décrire son potentiel argumentatif et la nature de ses manifestations.

  • "Ce livre propose une réflexion linguistique renouvelée sur l'humour, grâce à une synthèse théorique (distinction humour/ironie) et à des approches pragmatiques et discursives. Au-delà de la perspective littéraire (de Voltaire à Jean Echenoz), il embrasse des domaines allant du juridique au socio-culturel (humour anglais, humour juif, humour sur twitter, mots croisés), en passant par des lieux plus insolites ou moins balisés comme la grammaire, la publicité ou le rap."

  • Pourquoi un livre sur l'hyperbate ? D'abord, parce qu'on ne l'a jamais écrit. Et pour cause. Hyperbate ? vous avez dit hyperbate ? Quel drôle de mot, quelle bizarre figure. Il est vrai qu'elle est étrangère au vocabulaire courant, même chez un public cultivé, loin de la célèbre métaphore ou de l'élégante litote. Pourtant, notre époque connaît un véritable engouement pour cette figure, qui a par ailleurs une place de choix dans les traités de rhétorique, suscitant des discussions autour de sa définition. D'abord envisagée comme simple inversion, l'hyperbate se définit plus tardivement comme ajout après une fausse clôture, comme transgression des frontières de la phrase, avec l'exemple canonique de Corneille : « Albe le veut, et Rome ». Le succès de l'hyperbate dans l'écriture des contemporains comme à l'Âge classique tient à ce qu'elle se situe au carrefour de l'écrit et de l'oral. Revanche de l'écriture sur « l'esprit de l'escalier », elle concentre souvent l'essentiel de ce que le locuteur veut communiquer.

    Cet ouvrage réunissant les contributions d'une vingtaine de spécialistes s'organise en quatre chapitres : l'hyperbate est envisagée d'abord dans une perspective historique, on étudie ensuite ses réalisations syntaxiques, puis ses enjeux pragmatiques et rhétoriques ; à travers des exemples d'écrivains du XVIIe siècle à nos jours, le dernier chapitre montre enfin comment l'hyperbate peut s'inscrire de différentes manières au coeur d'un style.

  • Dans le cadre de ses expositions fédératrices, l'association des Musées Bourbonnais, a choisi de traiter du thème des premières photographies dans le département de l'Allier.
    Plusieurs musées du département possèdent des photographies datant de la seconde moitié du XIXe-début XXe siècle, auxquelles viennent s'ajouter des appareils de professionnels. Leur étude a été complétée par les collections de quelques particuliers et du Fonds de dotation Pierre-Bassot à Moulins.
    À ces collections locales, il est important d'ajouter celle d'Albert Kahn concernant le Bourbonnais. Albert Kahn (1860-1940), banquier et mécène, a constitué l'un des plus importants fonds de photographies couleur du début du XXe siècle, « Les Archives de la Planète », actuellement conservé au musée départemental Albert-Kahn de Boulogne-Billancourt. Une trentaine de photographies inédites concernent le Bourbonnais, en particulier Saint-Pourçain-sur-Sioule, Moulins et Vichy.
    Exemplaires uniques, ces premières photographies se veulent des témoins ethnologiques pour les générations futures en illustrant les premiers principes de la géographie humaine, mais également en se mettant au service de la science, de l'archéologie, des évènements d'actualité. Sans oublier l'intérêt des premiers touristes pour cette nouvelle technique leur permettant de rapporter des souvenirs de leurs voyages, ni celui des artistes-photographes qui vont lancer le mouvement pictorialiste.

    Textes écrits par :
    Marie-Anne Caradec, musée de Cusset.
    Jean-François Chassaing, Maison du Luthier/musée de Jenzat.
    Antoine Paillet, Conseil général de l'Allier.

    Avec les contributions de :
    Maud Leyoudec, attachée de conservation du patrimoine, musée Anne-de-Beaujeu de Moulins.
    Marie-Line Therre: musée des arts d'Afrique et d'Asie de Vichy.

    Et la participation de :
    Sandra Chabert, archéologue.
    Giovanni Chinaletto, musée de Souvigny.
    Et Jean-Claude de Durat.

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