Langue française

  • Les barbares

    Bruno Dumézil

    • Puf
    • 4 Mars 2020

    Depuis trois décennies, le terme de " barbares " a fait l'objet d'un intérêt accru. Alors que la plupart des travaux universitaires portaient jusque-là sur les civilisations bien documentées par les sources écrites, une attention nouvelle a été accordée aux espaces jugés extérieurs, aux zones de contact, aux pratiques d'échanges et aux formes de la représentation mutuelle. Le barbare apparaît aujourd'hui moins comme l'ennemi irréductible du " civilisé " que comme un autre, que l'on doit construire par des dispositifs multiples et qui s'avère nécessaire pour se définir soi-même. Sous une forme proche d'un dictionnaire, deux cents spécialistes questionnent ici la création et l'exploitation de cette altéritéà travers des exemples précis pris dans l'histoire mondiale. Les domaines explorés sont multiples : linguistique, philosophie, sources textuelles, archéologie, histoire de l'art, lieux de mémoire, personnages historiques, droit, culture matérielle, ethnographie, sociologie, historiographie, muséographie, représentations médiatiques...

  • L'épisode inaugural de l'histoire de France est aussi le plus évanescent : on n'en connaît à la vérité ni le lieu, ni la date, ni les circonstances précises, ni même la portée immédiate. C'est l'écriture de l'histoire qui allait au fil des siècles faire du baptême de Clovis la scène originelle de notre légendaire national. Cette cérémonie bien réelle reste encore aujourd'hui recouverte d'épaisses couches de mythes et de fables.
    Peut-on retrouver la véritable figure de ce « roi très glorieux » qui, au crépuscule de l'Empire romain, a épousé la foi catholique, bientôt suivi d'une partie de son peuple ? Tel est l'objet de ce livre : il explore les traces fugaces d'une Gaule en mutation entre le passé romain et la civilisation médiévale ; il convoque les ressources de l'archéologie pour approcher les hommes et les paysages que Clovis va unifier ; il s'efforce de composer l'histoire de ce peuple franc appelé à fonder une nation chrétienne. C'est cette reconstitution qui confère à cette journée lointaine sa véritable dimension politique et mémorielle.
    Plusieurs récits du baptême sont possibles, que cet ouvrage revisite. Autour de Clovis, mémoire et histoire souvent s'entremêlent au service de partis et de passions que chaque époque fait naître. L'irréductible part de mystère de ce baptême des origines aura ainsi contribué à son extraordinaire postérité.

  • Le pays que l´on nomme la France n´existe pas avant le second millénaire de notre ère. Pourtant, les mondes anciens participent à la lente construction de l´identité nationale. On doit ainsi aux Gaulois l´élaboration des paysages, à l´Empire romain (Ier-IIIe siècle) le droit et la langue, à l´Antiquité tardive (IVe-Ve siècle) la religion et la forme des relations socio-économiques. Dans une telle perspective, les Temps mérovingiens (Ve-VIIIe siècle) et carolingiens (VIIIe et IXe siècles) apparaissent moins comme des moments de décadence ou de renaissance, que comme des inflexions ap-portées à la civilisation antique.
    Concevoir l´histoire de France sur la très longue durée amène en outre à réfléchir à ce qui unifie une société par-delà les ruptures de la trame historique. Sans viser à l´exhaustivité, l´ouvrage explore ces questions centrales pour la recherche des origines de notre pays.

     

  • Des brutes sanguinaires, sans foi ni loi Des guerriers qui sont allés jusqu'à  détruire Rome et qui ont dominé l'Europe Un peuple sans civilisation et sans culture Comment expliquer que le terme de barbares ait pris une place si importante dans le langage courant Bruno Dumézil dresse le portrait de ces peuples barbares qui ont autant fasciné qu'effrayé, et qui constituent encore aujourd'hui un réservoir littéraire et cinématographique inépuisable. Vandales, Wisigoths et Vikings ont eux aussi fait l'Europe. Bruno Dumézil est maïtre de conférences en histoire médiévale à  l'université de Paris-X. Il a publié plusieurs ouvrages sur les Barbares, notamment Les Racines chrétiennes de l'Europe (Fayard, 2005).

  • Pourquoi l'Europe est-elle devenue chrétienne ? Une évangélisation pacifique des populations a bien évidemment existé ; mais très tôt la force, et notamment la force publique vint s'ajouter ou se substituer au pouvoir de conviction des prédicateurs. Malgré la qualité de leur appareil législatif et administratif, les empereurs romains ne parvinrent cependant jamais à convertir l'ensemble de leurs sujets. Lorsque le dernier d'entre eux fut déposé en 476, l'Occident passa définitivement sous la domination de rois germaniques, dont à cette date aucun n'était catholique. Les politiques civiles de coercition religieuse disparurent et l'on put même douter que le christianisme survive à l'anéantissement de l'Empire.

    Pourtant, trois siècles plus tard, l'Europe ne connaissait plus qu'une seule religion, le christianisme, et dans sa variante catholique, non pas arienne. Pour les contemporains, le phénomène parut mystérieux, car il était paradoxal. Les peuples barbares, vainqueurs de la puissance romaine, avaient accepté de se soumettre à la religion de leurs vaincus De façon plus extraordinaire encore, des évêques isolés et des législateurs d'États embryonnaires étaient parvenus à réaliser ce que Rome n'avait pas même rêvé d'accomplir. Comparer l'ampleur des réalisations à la modestie des moyens ne peut qu'amener à réviser l'idée que le christianisme a été imposé par la force. À moins que notre définition de la contrainte religieuse se révèle imparfaite face aux mentalités de ces siècles obscurs... Dans un âge d'inquiétude, la participation collective à des rituels d'unanimité ou la reconnaissance de signes surnaturels ont pu fléchir les consciences, sans pour autant les violer. De multiples facteurs sociaux, économiques ou culturels et intellectuels se sont superposés, comme autant de formes de pression subtiles qui amenèrent les individus au baptême (l'attitude changeante des monarques barbares envers les juifs fournit aussi quelques intéressants points de comparaison.).

    Étendue dans l'espace à toute l'Europe occidentale sur pas moins de trois siècles, cette enquête rigoureuse et nuancée restitue ainsi le passage de l'Occident au christianisme dans toute sa complexité. En multipliant les angles de vue, elle propose une nouvelle approche du concept de liberté religieuse en un temps où convaincre et contraindre ne constituaient pas nécessairement des démarches opposées. Ce livre fera date.

  • Comment Léger, évêque franc déposé pour haute trahison dans les années 670, a-t-il mérité de parvenir à la sainteté ? Et pourquoi ce prélat controversé a-t-il donné son nom à près de 55 communes françaises ? Composées peu de temps après sa mort, les deux premières Passions de Léger d'Autun offrent un ensemble considérable de textes pour les décennies les moins documentées de l'époque mérovingienne. Ces oeuvres empruntaient une nouvelle voie de l'hagiographie occidentale en présentant l'élimination d'un évêque influent comme un martyre authentique. Pour ses biographes, Léger constituait pourtant un personnage problématique. Aussi sa chute est-elle connue par le témoignage de ses proches, très complaisants, mais aussi par celui de ses adversaires locaux, qui ont essayé a posteriori de dissimuler leur propre responsabilité. La réhabilitation de Léger a suscité en outre la réaction de membres de factions rivales, qui entendirent affirmer la sainteté des morts de leur propre parti.
    En raison de retournements politiques, le culte de Léger fut assuré d'un large succès dès les années 680. La translation et la diffusion des reliques contribuèrent encore à son rayonnement, notamment en Artois, en Poitou et dans la région de Chartres. Le culte marqua en revanche le pas à Autun, ancien siège épiscopal de Léger. Nul n'est prophète en son pays.

  • Charnière entre l'Antiquité et le Moyen Âge classique, le haut Moyen Âge naît de l'effondrement et du morcellement de l'Empire romain. C'est cette passionnante réorganisation sociale, financière, économique, politique, culturelle et religieuse de la société que l'auteur dépeint ici.
    Temps barbares, âges sombres. Que n'a-t-on dit du haut Moyen Âge, période la plus méconnue de notre histoire. L'approche lumineuse, proposée ici consiste à suivre l'évolution de l'État et des hommes qui le font fonctionner entre le bas-Empire romain et la féodalité du Moyen Âge " classique ", que nous connaissons bien.
    Quand l'empire romain se disloque, la monnaie se raréfie et la terre prend la place de l'or comme valeur de référence. Comment percevoir l'impôt, comment régir les territoires ? Les fonctionnaires ne disparaissent pas totalement, mais ils se trouvent concurrencés par les nobles, d'une origine toute différente. Au VIII? siècle, Pépin le Bref, Charlemagne et leurs successeurs rétablissent une véritable " fonction publique ", mais aux IX et X? siècles, celle-ci s'étiole en même temps que l'Etat s'effiloche (IXe et Xe siècle) par le recul de l'autorité royale.
    À travers les relations changeantes du pouvoir et de l'administration, c'est une histoire de la société et de la civilisation qui s'esquisse sous la plume de l'auteur. De nombreux faits anecdotiques, des tranches de vie animent une réflexion d'historien sur pas moins de cinq siècles d'histoire de la Gaule franque.

  • Pour éclairer ces quatre siècles mouvementés, Augustin Thierry et Gustav Kossinna mènent l'enquête auprès de quelques personnalités historiques, barbares ou non, et de l'iconographie qui leur est dédiée, pompière ou non. Assez peu politiquement correcte et délicieusement critique à l'encontre de certaines représentations erronées de longue date, cette enquête savante et récréative doit beaucoup aux amicales contributions de Thusnelda, Grégoire de Tours, Childéric 1er, Colomban, Clovis, Venance Fortunat, Henri Pirenne, sans oublier l'animateur des Dossiers de l'écran, Alain Jérôme...

  • Les Barbares ont une drôle de réputation. Les penseurs de la Renaissance leur imputent le naufrage de la seule véritable civilisation : Rome. Les historiens du XIX siècle leur octroient volontiers l'origine des nations européennes : les Angles n'ontils pas donné leur nom à l'Angleterre, les Francs à la France ?
    Si les chercheurs actuels ont bien abandonné ces présupposés, leur travail historique reste délicat : les populations vivant au nord du Rhin et du Danube ne maîtrisaient pas l'écrit pendant toute l'Antiquité et l'apport considérable de l'archéologie ne compense qu'en partie cette quasi-absence de textes. Une chose est sûre aujourd'hui : le modèle explicatif des « grandes migrations » n'est pas le bon. Il ne permet notamment pas d'appréhender le processus qui a abouti à la création de nouvelles identités ethniques métissées autour desquelles se sont forgés, lentement, de nouveaux peuples.

  • Installé en Gaule et dans une partie de la Germanie, étendu à l'Italie, l'Empire franc a longtemps été considéré comme le coeur politique et religieux de l'Europe continentale auquel se seraient intégrées progressivement, à partir du VIIe siècle, les périphéries septentrionales et orientales occupées par les populations celtiques, anglo-saxonnes, scandinaves, slaves, baltes et hongroises. Destiné à accompagner les étudiants et les enseignants préparant la question d'histoire médiévale pour l'agrégation d'histoire, ce livre propose d'abandonner la perspective exclusivement centrée sur le monde franc et d'étudier toutes les formes de contact entretenues par les sociétés du Nord et de l'Est de l'Europe.

  • Les Barbares ont une drôle de réputation. Les penseurs de la Renaissance leur imputent le naufrage de la seule véritable civilisation : Rome. Les historiens du XIXe siècle leur octroient volontiers l'origine des nations européennes : les Angles n'ont-ils pas donné leur nom à l'Angleterre, les Francs à la France ? Si les chercheurs actuels ont bien abandonné ces présupposés, leur travail historique reste délicat : les populations vivant au nord du Rhin et du Danube ne maîtrisaient pas l'écrit pendant toute l'Antiquité et l'apport considérable de l'archéologie ne compense qu'en partie cette quasi-absence de textes.
    Une chose est sûre aujourd'hui : le modèle explicatif des "grandes migrations" n'est pas le bon. Il ne permet notamment pas d'appréhender le processus qui a abouti à la création de nouvelles identités ethniques métissées autour desquelles se sont forgés, lentement, de nouveaux peuples.

  • Les Barbares ont une drôle de réputation. Les penseurs de la Renaissance leur imputent le naufrage de la seule véritable civilisation : Rome. Les historiens du XIXe siècle leur octroient volontiers l´origine des nations européennes : les Angles n´ont-ils pas donné leur nom à l´Angleterre, les Francs à la France ?
    Si les chercheurs actuels ont bien abandonné ces présupposés, leur travail historique reste délicat : les populations vivant au nord du Rhin et du Danube ne maîtrisaient pas l´écrit pendant toute l´Antiquité et l´apport considérable de l´archéologie ne compense qu´en partie cette quasi-absence de textes. Une chose est sûre aujourd´hui : le modèle explicatif des « grandes migrations » n´est pas le bon. Il ne permet notamment pas d´appréhender le processus qui a abouti à la création de nouvelles identités ethniques métissées autour desquelles se sont forgés, lentement, de nouveaux peuples.

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