Daniel Rabreau

  • Le dessin d'architecture au xviiie siècle connaît une diversité et atteint une perfection qui lui donnent quasiment son indépendance par rapport à l'art de construire dont, à l'origine, il n'était que l'auxiliaire.
    Pratiqué d'abord comme un art mécanique, tracé de la coupe des pierres (stéréotomie), des plans, coupes et élévations de bâtiments, le dessin, également élaboré selon la technique illusionniste de la perspective, puis coloré comme un tableau, devint l'expression idéale d'un projet ou la représentation suggestive d'une vue d'édifice dans son environnement. au trait, au lavis, à l'aquarelle, à la pierre noire, à la sanguine, à l'encre bistre ou grise, rehaussé de gouache, souvent transcrit et largement diffusé dans le public par les techniques de la gravure, le dessin d'architecture s'est trouvé collectionné par les amateurs, les princes et les institutions dans l'europe entière.
    Témoins des échanges artistiques que l'esprit des lumières favorisait, résultats des chantiers internationaux que les plus grands architectes se voyaient attribuer loin de leur patrie, les fonds de dessins oú sont puisées les images de ce livre (saint-pétersbourg, stockholm, londres, berlin, vienne, parme, rome, paris et plus tardivement new york, washington) permettent de suivre, concrètement, l'évolution stylistique de la création architecturale au xviiie siècle - dans tous les domaines oú elle intervient : architecture religieuse et civile, habitat, art des jardins, scénographie et ornements.
    Diderot écrivait : "je vous conseille de vous méfier du talent d'un architecte qui n'est pas un grand dessinateur. " sa mise en garde traduit non seulement le haut niveau d'exigence oú était parvenue la formation des élèves architectes de l'époque : elle rappelle, avec les plus grands maîtres, les bibiena, piranèse, de wailly, boullée, que le dessin suggestif était devenu la composante initiale de l'architecture, celle de l'expression recherchée du projet et donc de l'échange entre l'artiste, le commanditaire et le public.

  • À l'Olympe versaillais du Roi-Soleil, puissante machine politique destinée à contenir la Cour dans une activité de loisirs, le siècle des Lumières oppose un essor culturel et une identité urbaine qui s'étend à tout le royaume. Surgissent alors des théâtres monumentaux, des théâtres-temples qui introduisent de manière emblématique l'architecture savante classique dans la salle de spectacle et rendent attractifs les nouveaux quartiers consacrés à l'espace des loisirs. Phoebus-Apollon rayonne désormais dans la ville. Le mythe d'un Âge d'or est réactivé dans l'image d'un Parnasse français que l'on découvre dans cet ouvrage à partir de l'étude architecturale et urbaine des réalisations ou des grands projets du siècle : la Comédie-Française et autres salles monumentales de Paris, les théâtres-temples de Bordeaux, Nantes, Marseille, Lille, Besançon, Dijon, Strasbourg ou Nîmes.

  • Vieille capitale des mythes et du cinéma européens, depuis les oies du Capitole jusqu'au florilège fellinien, la Ville éternelle est vouée aujourd'hui aux mouettes. Le Saint-Père n'y est pour rien. Les cardinaux se chargent de gérer l'État du Vatican qui prospère comme une verrue sur la botte de l'Italie républicaine et mafieuse. Fins limiers, inspecteurs, agents doubles, diplomates, monsignore, nonnes, espionnes, mouches et chèvres s'agitent sous la houlette de la PJ ou de la Curie, s'emparent des affaires et tentent de juguler les bavures ou d'adoucir l'effet des scandales. Quels résultats espère-t-on dans l'ombre de la Mafia et de l'Opus dei ? Malgré les assassinats qui conduisent l'intrigue, ce roman n'est pas un thriller, pas plus qu'un blasphème. On découvre un divertissement sur un sujet porté par la mondialisation. Urbi et orbi... A juger avec indulgence, comme un péché véniel. Le caractère des personnages, cyniques ou sympathiques, empêtrés dans une fatalité inexorable, s'offre à la bonne humeur du lecteur complice.

  • Qu'il s'agisse de souvenirs vécus ou de pure fiction, qu'importe ! Les courts récits de ce recueil offrent une unité de ton et d'inspiration, ironique, nostalgique ou tendre. La lecture ludique s'accorde-t-elle avec le but moral que l'auteur décline en variations sur le thème de la réactivité individuelle aux affres de la vie sociale ? Des situations ressenties de la petite enfance sur les bords de l'Atlantique, aux pérégrinations à l'étranger (Italie, Chine, Tunisie), l'évocation lé-gère et même potache de Mai 68 ou d'une activité professionnelle délocalisée à Bordeaux, libère quelques fantasmes heureusement distanciés. L'érotisme, qui n'est pas absent mais plutôt bienséant, s'expose dans la seconde partie du recueil : Trois agaceries galantes, contes « à la manière » du xviiie siècle ; non pas pastiches, mais re-flet des pensées les plus sincères de l'Homme des Lumières, de ses obsessions sensibles et sensuelles saisies à travers la psychologie d'un petit animal de compagnie (Bichon) ou les manigances d'un ancien jésuite sadique. Alors, comment ne pas se souvenir de l'ins-piration de trois grands peintres, génies du style galant : Fragonard, Greuze et Boucher ? 

  • Un roman aux réminiscences de vide-grenier ! L'empathie s'offre comme un sentiment précieux qui préserve des affres de l'atavisme familial le plus sournois. Etre bien dans sa peau n'est pas une vertu... La soeur et le frère, Léocadie, Eusèbe, n'ont pas choisi leur prénom, ni leurs parents ni même leurs propres enfants. Dans une ambiance bourge et délétère, la jeune fille s'était découverte nymphomane. Enfant taquine, mais surtout rebelle, qu'a-t-elle retenu des douces heures de vacances passées en banlieue parisienne, chez leur grand-mère ? Complice de ses frasques quand il devint préado, Eusèbe, lui, s'est construit une vie sage, dans l'aura du vieil aqueduc d'Arcueil. Passé l'âge de cinquante ans, ce ne sont plus des moeurs qu'il observe, c'est une psychothérapie sociétale qui menace son coeur d'artichaut. Avec empathie ? L'histoire, les monuments, la ville accueillante, plus que l'actualité en dérive, occupent ses pensées alors qu'il jardine. Mais devenu veuf, quand son fils s'éloigne, alors que l'ombre de sa soeur indigne et que le sexe prédateur refont surface, Eusèbe, qui déprime, voit ses rêves livrés à la psychanalyse. Humour et bonne humeur, plus que Freud ou Lacan, soutiendront son destin.

  • Claude nicolas ledoux (1736-1806), architecte du roi.
    Créateur inspiré du siècle des lumières, bâtisseur visionnaire, utopiste et écrivain d'inspiration maçonnique, l'architecte claude nicolas ledoux exerça d'abord son art avec succès comme ingénieur et dans le domaine privé sous le règne de louis xv. protégé de mme du barry, il édifia - outre de nombreux hôtels particuliers - le pavillon de louveciennes, le château de bénouville, celui de maupertuis et réalisa la décoration du café militaire.
    Puis, architecte du roi, il construisit sous louis xvi la saline d'arc-et-senans commandée par louis xv avant sa mort et les barrières de paris ; en province, avec la construction du théâtre de besançon, il fit progresser la réforme des lieux de spectacle. tombé en disgrâce à la révolution, il fut incarcéré à la force en 1793. empêché d'exercer, il commence la rédaction de l'architecture considérée sous le rapport de l'art, des moeurs et de la législation.
    Ce texte, superbement illustré de projets grandioses qui rendent compte de la surprenante modernité de sa vision, offre à la postérité toute l'étendue de la puissance créatrice de ledoux et une solide réflexion sur l'implication sociale et politique de l'architecture. lors des réformes urbanistiques de paris au xixe siècle, ses constructions furent pour les trois quarts détruites. en s'appuyant sur ce qu'il reste encore actuellement de ses édifices, sur les estampes de ses projets et réalisations ainsi que sur ses écrits, qui témoignent de ses aspirations, cet ouvrage propose de retracer le parcours du grand novateur humaniste que fut ledoux à travers une étude approfondie de son oeuvre.
    Cette étude s'accompagne de celle, indissociable, du contexte historique particulièrement mouvementé dans lequel ledoux vécut et s'articule autour d'une analyse sensible de la question du progrès des arts.

  • Souvenez-vous ! Flaubert : « Architectes. Tous des imbéciles. Oublient toujours l'escalier des maisons. » (Dictionnaire des idées reçues) L'escalier des Muses, vaste récit, philosophique, moral et pince-sans-rire, s'offre à l'initiation artistique des architectes en herbe. Vous aimez l'art ? Vous ne négligez pas le sexe ? Connaissez-vous la vie d'artiste au quotidien ? Ce roman déjanté et provocant, devrait combler votre curiosité. Certains personnages intellectuels et libidineux y subissent les arcanes d'une discipline rigoureuse : l'histoire de l'art. Des musiciens, des peintres, une danseuse, un architecte, un sculpteur, des modèles et une auteure illustrent leurs ambitions, entre libido et beau idéal... L'ambiance d'un quartier, rue Botzaris à Paris, où se trouve la cage d'escalier défendue par une concierge manipulatrice, et l'évocation de villes ou de sites magiques (Nantes, Marseille, Turin, la Saline d'Arc-et-Senans, la Presqu'île guérandaise) déterminent-elles l'échange des « arts réunis » dans le train-train journalier ? On découvre une satire, attendrie, des rêves et des comportements projetés vers l'acte créateur. Il initie également le lecteur au monde pervers de l'Université mal embouchée, non sans frémissements érotiques répétés. Pour se détendre.

  • La Révolution du Jasmin et les soubresauts politiques qui suivirent n'ont pas rogné la fortune de Falco Rodriguez. Malgré la récession touristique qui frappe la Tunisie, le pactole amassé par cet émigré franco-espagnol n'est pas menacé. Toutefois il suscite espérance et convoitises. L'honnête homme, âgé de quatre-vingt-sept ans, veuf, sans enfants, a pris sa retraite dans une villa de rêve à Raf Raf - un pittoresque site balnéaire de la côte nord, ignoré à l'international. Patriarche d'une tribu de neveux et nièces qu'il a su regrouper autour de lui pour gérer ses biens, lié d'amitié avec un vieux notaire tunisien amateur comme lui de bons vins du cru, Falco lance l'idée d'un héritage utopique dont l'élaboration compliquée révèle ses aspirations. Il se projette en passeur d'une culture qu'il a caressé en solitaire ; pas seulement par altruisme, mais aussi à l'encontre de cauchemars d'où resurgissent certains souvenirs du Franquisme destructeur de son enfance...
    Mélomane en chambre, lecteur nostalgique de fiction, Falco vieillit obsédé par l'art romain implanté au Maghreb. A qui profitera la Fondation Reine Didon qu'il lance comme un défi à la tradition arabo-andalouses de son pays d'adoption ?

  • Ce manuel de référence mis à jour regroupe en un volume l'histoire de l'art du XVe au XVIIIe siècle. De la chute de Constantinople jusqu'à la révolution française, cet ouvrage parcourt toutes les formes et tous les courants de l'art européen. De la fin de l'Antiquité au classicisme des lumières, en passant par la peinture flamande et le maniérisme, les auteurs étudient en détail quatre grands ensembles : Les Temps modernes, La Renaissance, l'époque classique et les lumières pour mieux saisir l'importance artistique de quatre siècles de créativité.
    - En début d'ouvrage, une série de doubles-pages pour apprendre à faire un commentaire d'oeuvre (peinture, sculpture, architecture, arts décoratifs) NOUVEAU - Une approche chronologique par grand ensemble avec introduction détaillée exposant le contexte.
    - Une thématique développée par double-page constituée d'un texte courant, d'illustrations et d'encadrés.
    - Un appareil scientifique très précis qui rassemble cartes, plans d'architecture, chronologie, glossaire, index.
    Cette nouvelle édition est enrichie d'une mise à jour sur l'histoire des arts décoratifs à travers les siècles et couvre désormais deux zones géographiques encore inexplorées :
    L'art de l'Espagne et des pays de l'Est.

  • Avec l'invention du Public, le rôle de la critique et des médias, la culture encyclopédiste, la réévaluation des valeurs du passé et la politique réformatrice qui facilite l'émergence d'un nouvel art urbain face à l'art de cour, ce sont autant de questions apparues en Europe au XVIIIe siècle que l'histoire stylistique des oeuvres et des artistes, traditionnelle, ne traite guère.
    Du moins, les études qui se consacrent à la production artistique du siècle des Lumières, dans le champ des sciences humaines, ne touchent que trop peu le public d'aujourd'hui, largement sous-informé de l'extrême diversité des arts au XVIIe siècle et des mécanismes qui les réunit dans l'idée même de progrès.
    Agissant parmi le public, comme amateur très averti et donneur de leçons imaginatives et morales, Denis Diderot, critique d'art, témoigne pour ce public autant qu'il l'incite à réagir.
    La diffusion restreinte, par une correspondance manuscrite qu'étaient ses Salons, n'oblitère en rien - au moins au plan symbolique - ce rôle de témoin et d'incitateur du philosophe qui peut être comparé à celui des meilleurs chroniqueurs, vulgarisateurs ou théoriciens de l'esthétique de son temps. La célébration du 250e anniversaire du premier Salon de Diderot (1759-2009) est l'occasion d'illustrer cette valeur patrimoniale de l'histoire de l'art revisitée.
    Traitant de sujets totalement inédits, ou trop peu connus, les trente et un textes de ce volume abordent toutes les formes d'art (peinture, gravure, sculpture, architecture, urbanisme, jardin), les carrières d'artistes, l'esthétique, l'évolution du goût et les institutions artistiques. L'évocation de Paris ou de la province française, trouve des prolongements en Italie ou en Angleterre qui illustrent certains aspects politiques de la commande ou de la création.
    Ceux-ci sont regroupés en quatre grands thèmes: I - Autour de 1759: micro-chronologie politico-artistique (1744-1765), II - Formation et stratégies de carrière des artistes, III - L'imaginaire "à l'antique" et le "progrès des arts", IV - La réception des oeuvres, des projets et des polémiques artistiques.

  • Bâtir pour Napoléon : une architecture franco-italienne Nouv.

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