Edith Thomas

  • Les "pétroleuses"

    Edith Thomas

    «Il faut beaucoup de temps et de distance pour que les regards portés sur un événement et ses acteurs s'assemblent et quittent la polémique et la discorde. Cependant, certains événements gardent un pouvoir d'agitation qui n'en finit pas de relancer les passions. C'est le cas de la Commune de Paris de 1871... écrit Bernard Noël dans la préface de ce livre. Ce qui a eu lieu a eu lieu, c'est irrévocable. Cependant, on peut toujours interroger l'imbrication des événements et apercevoir dans leur passage quelque chose qui est demeuré en suspens. L'historien qui remarque cela peut ainsi donner du présent à ce passé. Le cours des choses, bien sûr, n'en sera pas changé mais un peu d'avenir sera introduit dans le révolu. C'est ce que réusssit à faire Édith Thomas en mettant au premier plan le rôle des femmes jusque-là toujours secondaire.» Le terme de «pétroleuse» fut inventé en 1871 pour stigmatiser les femmes que l'on accusait, à tort, d'avoir incendié Paris. Malgré l'absence de preuve, ces femmes au courage et à la détermination exemplaires, ont été fusillées par vagues anonymes, ou condamnées à la déportation. Comme pour leur rendre justice, Édith Thomas raconte ici leur histoire, l'histoire de la Commune vécue par des femmes en marche vers leur émancipation ; chacune réhabilitée dans son nom, sa profession quand elle en a une, son caractère, sa situation sociale, son rôle durant la Commune. Avec une grande exigence intellectuelle, une générosité constante et le sens concret de l'Histoire, Édith Thomas nous propulse au coeur d'une insurrection dont le génie particulier reste toujours fécond.

  • Édith Thomas, chartiste, historienne et romancière, fut un être entier, épris de vérité et d'une liberté abrupte et revendiquée. Est-ce pour cela que l'Histoire ne lui a pas rendu justice ?

    Résistante de la première heure, elle rejoint la rédaction des Lettres françaises et le CNE après la mort de Jacques Decour. Elle en est « la cheville ouvrière, celle qui assurait toutes les liaisons indispensables », écrit Claude Morgan. Dans le même temps, elle s'inscrit au PCF clandestin. Six ans plus tard, en pleine affaire Tito, elle est l'une des premières à en claquer la porte.

    1952 : Paulhan publie sa Lettre aux directeurs de la Résistance. Édith Thomas, elle, rédige Le Témoin compromis. Elle y analyse au plus près son cheminement politique et existentiel au cours de la décennie écoulée. Qu'en était-il de la Résistance ? Qu'en est-il du communisme ? Qu'est-ce qui l'a menée à cette partition brutale avec ses « camarades », alors que son adhésion au Parti avait tant signifié pour elle ?

    Les Éditions Viviane Hamy font reparaître son Jeu d'échecs, publié en 1970, quelques mois avant sa mort. La critique pointe alors la lucidité extrême de ce roman autobiographique qui « propose [...] des éléments nouveaux à l'examen du paradoxe de la femme d'aujourd'hui. Il faudra s'y référer à l'avenir ».

    Il était donc essentiel de rééditer ces Mémoires afin de mieux appréhender, soixante-dix ans après les faits, le rôle majeur que cette femme hors normes joua dans la Résistance intellectuelle et les années de l'immédiat après-guerre.

  • « Un soir que nous étions devant le feu, Claude me dit : « Si j'étais un homme, je t'épouserais. » Je m'entendis lui répondre : « Si j'étais un homme, je t'épouserais, mais pas si j'étais une femme. » Pourquoi ? « Parce que nous sommes dans le temps. Parce que nous ne pouvons pas nous défaire du temps et que nous ne pourrions rien construire ensemble de durable. Si tu étais un homme et que je fusse une femme, je ne pourrais pas accepter d'être définie par toi. » Il m'était douloureux de prononcer ces mots qui rompaient l'enchantement. Mais ce qui faisait le prix de notre rencontre, c'est qu'aucun mensonge ne pouvait se glisser entre nous, fût-ce au prix de notre déchirement ».

    Dans ce Jeu d'échecs, publié pour la première fois en 1970, l'écrivain pratique une archéologie multiple, d'elle-même, de son époque et de sa psyché. L'alchimie entre sensibilité et intelligence à fleur de mots suscite le choc et le vertige.

    Édith Thomas fut de tous les combats du XXe siècle : la guerre d'Espagne, le communisme, la Résistance, l'Algérie. À l'inverse de Dominique Aury - dont elle fut l'amante - et de Simone de Beauvoir, sa discrétion l'a enfouie dans l'anonymat. Rééditer Le Jeu d'échecs lui rend enfin justice en mettant notamment en lumière sa parole prophétique quant à la lutte des femmes pour leur identité, leur indépendance, leurs droits...

  • « 4 octobre [1940].
    Les premières mesures contre les Juifs : le recensement. J'en pleurerais. J'en pleurais presque cet après-midi chez le dentiste qui m'en parlait - avec indignation : "Comment est-ce possible, chez nous, en France ?" J'ai l'impression que toutes ces mesures soulèvent de dégoût même les plus réactionnaires. Peut-être y aura-t-il quelque chose à faire un jour contre tout cela. Quand même. Vivre pour cela. Et c'est tout ».

    Édith Thomas (1909-1970) fut un des acteurs déterminants de la résistance intellectuelle durant l'Occupation. Cheville ouvrière des Lettres françaises, elle publie ses Contes d'Auxois aux Éditions de Minuit clandestines et trois de ses poèmes paraissent sous le nom d'Anne dans l'anthologie L'Honneur des Poètes. Sa rigueur, sa lucidité prémonitoire, sa formation d'historienne (issue de l'École des Chartes, elle fut conservateur aux Archives nationales jusqu'à la fin de sa vie), font de son Journal et du Journal intime de Monsieur Célestin Costedet (régal de méchanceté vengeresse) - qu'elle tint d'octobre 1940 à mai 1941 et que nous publions en seconde partie de cet ouvrage -, des témoignages de tout premier ordre. Les deux, écrits au jour le jour, dépendent des mêmes contingences temporelles et leur lecture simultanée se révèle passionnante et riche d'enseignements.

  • "Ce recueil collectif est le résultat d'un concours initié en novembre 2014 par Christophe Sueur, animateur sur Radio Plus Douvrin de l'émission « La Vie des livres ». Il compile les 10 nouvelles lauréates. La première a fait l'objet d'une lecture publique lors de La Nuit des Livres, le 4 juillet 2015, à Esquelbecq.
    Indépendance, de Denis Albot L'Encre et le papier, de Pierre-Antoine Brossaud Staline dans mon jardin, de Vincent Caumont À cran, de Marie-Edith Nijaki Les Fleurs noires de Dora, de Karine Guiton Fenêtre sur passé, de Michel Alomène Garde à vue, de Thomas Bigand Le Génie des maîtres sonneurs, de Gaëlle Chevet Et si Platon s'était trompé ?, de Nicolas Delmas La Grande Dame, de Claude Ferey"

  • Les pays d'Europe centrale et orientale ont connu en 1998 des évolutions politiques et économiques contrastées.
    En Europe centrale, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie bénéficient d'une relative stabilité politique ainsi que d'une situation économique plutôt encourageante également partagée par les états baltes (Estonie, Lituanie et Lettonie).
    Les pays de l'Europe du sud-est (Roumanie, Bulgarie, Albanie, Etats issus de l'ex-Yougoslavie) soulèvent davantage d'incertitudes sans parler du cas extrême de la République fédérale de Yougoslavie (Serbie-Monténégro) où le conflit du Kosovo a jeté sur les routes des milliers de personnes, semant l'inquiétude dans les Etats voisins comme en Macédoine, théâtre, elle aussi, d'une alternance politique ou en Albanie où l'autorité de l'Etat à grand-peine à s'affirmer.
    Quant à la Croatie, elle vit sous un régime toujours plus autoritaire et la République de Bosnie-Herzégovine demeure un Etat fragile où le problème du retour des réfugiés est loin d'être résolu.
    Dans un dossier de synthèse, Edith Lhomel dresse pour 1998 le bilan de l'élargissement de l'Union européenne à l'Est, analysant successivement les obstacles rencontrés, l'impact sur les politiques nationales et les opinions publiques désormais partagées entre pro-européens et euro-sceptiques, enfin les conséquences de ce processus d'intégration sur les relations entre les pays candidats eux-mêmes.
    Les chroniques régulières couvrent l'Albanie, les trois Etats baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, la Hongrie, la Macédoine, la Pologne, la République fédérale de Yougoslavie (Serbie-Monténégro), la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie.
    En annexe : les chronologies de l'année 1998, qui reprennent les principaux événements de politique intérieure, extérieure et économique, la liste des gouvernements et les résultats électoraux.
    Une importante bibliographie et un tableau des principaux indicateurs macro-économiques pour, l'ensemble des pays de la région terminent cet ouvrage.

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