Fluide Glacial

  • L'art du 9e art

    Emmanuel Reuzé

    Avant le succès de Faut pas prendre les cons pour des gens, Emmanuel Reuzé avait déjà sévi chez Fluide Glacial avec l'album L'art du 9e art. Faussaire de génie, il revisite ici la BD sous tous ses aspects et nous apprend tout ce qu'il faut savoir sur le 9e art : dessiner avec un Boeing, réaliser une BD en apnée comme Joann Sfar, étudier l'anatomie de Gros Dégueulasse de Reiser ou réussir une BD autobiographique de fille.
    La BD est évoquée depuis ses origines et répertoriée par professions et par styles. Le mauvais esprit de Reuzé n'épargne rien ni personne, à commencer par les théoriciens du 9e art qu'il convoque pour mieux les pasticher. La bible des lecteurs et des auteurs de BD existe enfin. Grandiose, exhaustive et surtout définitive !

  • En deux mots : Faut pas prendre les cons pour des gens est un album d'humour absurde sur la bêtise ordinaire, de plus en plus présente autour de nous.
    À la manière d'un Goossens ou d'un Fabcaro, il tord et maltraite les clichés de la société dans une BD hilarante et grinçante à souhait. Racisme ordinaire, mesures gouvernementales ubuesques, maisons connectées, quotas policiers, surpopulation carcérale, rejet des laissés-pour-compte...
    Reuzé n'épargne rien ni personne pour notre plus grand plaisir. Côté dessin, il singe la BD contemporaine qui n'hésite pas à reprendre le même dessin sur plusieurs cases.
    Comme vous l'aurez compris, ce bougre ne prend vraiment rien au sérieux, pas même son éditeur !

  • Succès surprise de 2019 (60 000 ex. GfK), Faut pas prendre les cons pour des gens revient en octobre pour un tome 02 toujours aussi absurde, hilarant et terriblement efficace. En ces temps où tout le monde se demande si l'on peut encore rire de tout, Reuzé et Rouhaud font fît de ces questions et nous offre un bijou d'humour noir et absurde que n'aurait pas renié Desproges. Chaînon manquant entre l'implacable lucidité des Idées noires et l'absurdité de Fabcaro, cette série fera date dans l'histoire de la BD.

  • A l'heure où les maîtres du monde s'alpaguent sur tweeter, qu'une épouse de président se fait financer un site indigent à coups de millions du contribuable, où l'on reproche à Hillary Clinton de s'emmêler les pinceaux entre ses boîtes mails persos ou professionnelles, on n'ose imaginer nos grandes figures des livres d'histoires, nos grands hommes, rompus à l'immédiateté, la précipitation, la concision exubérante cosubstantiel à internet.
    Pire, à croiser le fer avec des Julian Assange. La classe surannée d'un De Gaulle, la verve enflammée d'un Mussolini mégalo ou les poses christiques d'un Che Guévara sont réduits à 140 caractères espaces compris, un thumbnail à 72 dpi, un like ou encore un post bourré de fautes rédigé par un assistant illettré. C'est l'exercice auquel s'est livré Reuzé... Et ça vaut le détour(nement).

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