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  • En 1882, dans un texte devenu le premier des classiques sur ce sujet, Ernest Renan (1823-1892) oppose une conception politique, civique et historique de la nation et une conception raciale, ethnique et impérialiste. A l'époque cette contradiction sépare la France et l'Allemagne à propos de l'Alsace-Lorraine, mais Renan voit plus loin que cette querelle.

    Il explique l'apparition des nations modernes par l'histoire des régimes et des formes politiques de l'Europe et fait une importante distinction entre nation et empire. Visionnaire, il anticipe les conflits à venir et les solutions démocratiques qui leur sont préférables.

    Les attentats de janvier et novembre 2015 ont cruellement rappelé à la France quelle était une nation, quelle pouvait être aimée et détestée, attaquée et défendue en raison de son histoire, son régime politique, sa culture et son mode de vie.

    Qu'est-ce qu'une nation ? est plus pertinent que jamais dans un monde global, international, impérial, mais très peu post-national.

  • Penseur majeur du XIXe siècle, Ernest Renan affirma : "L'islamisme ne peut exister que comme religion officielle ; quand on le réduira à l'état de religion libre et individuelle, il périra. L'islamisme n'est pas seulement une religion d'Etat, comme l'a été le catholicisme en France, sous Louis XIV, comme il l'est encore en Espagne, c'est la religion excluant l'État [...]. L'islam est le dédain de la science, la suppression de la société civile[...]." Djeman ad Dîn (1838-1897), intellectuel musulman d'origine persane, en voyage à Paris, lui répondit dans Le Journal des Débats : "Les religions, de quelque nom qu'on les désigne, se ressemblent toutes. Aucune entente ni aucune réconciliation ne sont possibles entre les religions et la philosophie. La religion impose à l'homme sa foi et sa croyance, tandis que la philosophie l'en affranchit totalement ou en partie. Comment veut-on dès lors qu'elles s'entendent entre elles ?"

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