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  • La Vie de Jésus est un essai d'Ernest Renan, publié en 1863. C'est le premier volume d'un projet plus vaste, l'Histoire des origines du christianisme (huit volumes publiés entre 1863 et 1883). Ce best-seller européen fait scandale notamment en France car le philologue et historien présente Jésus comme une haute personnalité morale, rejetant sa divinité et toute intervention du surnaturel.

    Cet essai résulte de notes de lectures et d'ébauches consignées au jour le jour dans des carnets de Renan, prises lors de l'expédition française en Syrie et au Liban à laquelle il participe en 1860-1861. C'est en effet lors de cette mission archéologique que mûrit dans son esprit le projet de cette biographie en parcourant la Judée et la Galilée au printemps 1861. La confrontation des évangiles canoniques à la réalité historique le conduit à cette époque à procéder à un dépouillement de ces textes sacrés. Renan revient ainsi d'Orient en octobre 1861 avec le brouillon de la Vie de Jésus mais s'impose de ne pas le publier afin de ne pas se fermer les portes du Collège de France, comme le lui conseillent ses amis, notamment le théologien protestant Albert Réville ou le savant Marcelin Berthelot. Professeur d'hébreu au Collège de France où il succède à Étienne Quatremère en 1862, il en est suspendu quatre jours après sa leçon inaugurale pour injure à la foi chrétienne. Dès lors, la publication de cette biographie devient sa priorité.

    Le livre est publié le 24 juin 18637. Le succès public est immédiat : tiré à 10 000 exemplaires, 60 000 exemplaires sont liquidés en cinq mois et 430 000 exemplaires sont vendus entre 1863 et 1947, date de la dernière édition avec des ventes encore significatives, ce qui en fait un long-seller et l'un des best-sellers européens de l'époque. Il est l'un des livres les plus lus en France dans la seconde moitié du xixe siècle. En 1947, on compte douze éditions, 84 traductions en douze langues dont 60 pour la seule langue allemande.

  • Dans ce petit texte incisif issu d'une conférence donnée à la Sorbonne en 1883, Renan propose une réponse à la question : pourquoi le monde musulman fait-il si peu de place aux sciences? Avançant de manière argumentée, Renan conteste le rôle central attribué implicitement à la religion musulmane dans le développement scientifique du monde arabe au Moyen-Âge : Cette civilisation musulmane a été autrefois très brillante. Elle a eu des savants, des philosophes. Elle a été, pendant des siècles, la maîtresse de l'Occident chrétien. Pourquoi ce qui a été ne serait-il pas encore ? Voilà le point précis sur lequel je voudrais faire porter le débat. Y a-t-il eu réellement une science musulmane, ou du moins une science admise par l'islam, tolérée par l'islam ?

  • Ernest Renan est l'un des plus grands historien français, à dire vrai l'un des fondateurs de cette discipline dans notre pays, avec Jules Michelet ou Fustel de Coulanges.
    Comme tous les Français du XIXème siècle, il s'est beaucoup interrogé sur les origines et la nature de la Nation française, pour tenter de comprendre ce qui réunissait ces millions d'hommes et de femmes en une même communauté. Et la réponse à cette question, il l'a trouvée dans les structures mentales de notre civilisation, forgées pendant les longs siècles de l'époque celtique. Mais cette époque celtique, Renan considère qu'elle n'est toujours pas achevée...

    Un point de vue pour le moins passionnant, que l'auteur a développé dans un essai remarquable, La poésie des races celtiques, réintitulé ensuite L'âme celte, écrit en 1854, dont la profondeur est rendue plus percutente par la concision même du texte. Le texte fut par la suite augmenté d'un discours prononcé en Sorbonne en 1882, Qu'est-ce qu'une Nation ?

  • Ernest Renan a laissé, dans ses papiers de jeunesse, les notes prises au cours de ses lectures classiques pendant sa préparation de sa licence ès lettres en 1846, sur les chefs-d'oeuvre de Corneille, Racine et Bossuet. Le dernier morceau sur Bossuet, déjà plus achevé, est une dissertation d'examen. Bien que ces fragments aient conservé un caractère spontané et scolaire, ce petit ouvrage est aussi un témoignage historique sur la façon dont sont alors perçus ces trois auteurs classiques dans les institutions éducatives du milieu du XIXe siècle. Cet ouvrage comprend : - SUR CORNEILLE : Médée, Horace, Polyeucte, Rodogune, Héraclius, Nicomède, OEdipe, Sertorius - SUR RACINE : La Thébaïde (Stace), Alexandre, Andromaque, Bérénice, Bajazet, Athalie, De l'imitation de la bible dans « Athalie » - SUR BOSSUET : Le génie de Bossuet dans l'oraison funèbre

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