Gallimard

  • « Je souhaite intéresser ici les lecteurs au témoignage d'une femme sur les femmes. Sous le titre général de La libido génitale et son destin féminin, je vais essayer, dépouillant le mot destin de ses résonances fatales, magiques ou déterministes, de témoigner en femme, en mère et en psychanalyste pratiquant depuis plus de vingt ans des faits d'observation que j'ai pu glaner concernant la sexualité dans son développement chez les filles, ne retenant ici que les traits que j'ai pu rencontrer chez le plus grand nombre. » À partir de cette expérience clinique très riche, Françoise Dolto explore le cheminement dynamique, de la naissance à la vieillesse, d'une libido au féminin, elle en suit les manifestations dans la vie érotique et passionnelle, dans la relation à l'autre et à la famille, déployant pour ce faire toutes les harmoniques du désir et de l'amour.

  • Le 6 janvier 1979, Françoise Dolto fonde la Maison verte avec cinq psychanalystes et éducateurs, à Paris, dans le XVe arrondissement. Aujourd'hui, son rayonnement persiste :&nb sp;près de dix mille enfants et parents y passent chaque année, et de nombreux lieux se sont ouverts en France et à l'étranger sur son modèle.

  • À cinq ans, Françoise Marette, dite «Vava», est déjà une épistolière. Depuis Deauville où elle passe ses vacances, elle reçoit des lettres de sa famille auxquelles elle répond avec vivacité et cocasserie. Jours tranquilles, très vite abscurcis par la guerre qui emporte un de ses correspondants, l'oncle Pierre avec qui elle se croit «fienser» et qui, en mourant, la laisse «veuve de guerre» à huit ans. Plus tard, la mort de Jacqueline, la soeur aînée, plonge la mère dans un deuil impossible qui la rend injuste avec son autre fille.
    Les lettre se font alors l'écho du combat mené par la jeune fille qui se cherche, s'oppose, se construit, rompant des fiançailles convenues, s'accrochant à des études de médecine «visées depuis l'enfance», entreprenant une analyse, et se retrouvant, comme elle l'écrit à son père, le soutien de toujours, dans une longue lettre qui fait le bilan d'une jeunesse, «pas du tout "fofolle", pas du tout "aigrie", "pas putain", "pas intellectuelle", pas laide non plus et pourtant pas mariée (...), une femme qui te fait honneur tout autant qu'à ma mère (...), femme à trente ans et prête à donner ma vie comme on donne un cadeau».

  • " dans les textes que j'ai réunis ici, il sera surtout question de l'enfant, de ses difficultés de développement et des manières de les vaincre.
    Il y sera question aussi de ses parents, de leurs angoisses, de leur façon de s'occuper de l'enfant, de le guider dans sa vie. les parents se posent aujourd'hui nombre de problèmes, ils doutent d'eux-mêmes. c'est tout à fait normal, étant donné la rapidité de l'évolution de la vie sociale, le déclin des valeurs qui, pour les parents, étaient jadis des valeurs sûres et qui ne le sont plus du tout à l'époque actuelle.
    Alors, ils n'ont plus, comme autrefois, confiance en eux, parce qu'ils ne savent pas quel avenir ils préparent à leur enfant ".
    " on m'a souvent posé la question de savoir si la psychanalyse peut tout expliquer. pour ma part, je crois qu'elle est là non pas pour " tout expliquer ", mais pour aider ceux qui se sont enlisés dans la répétition par refoulement de leurs désirs : les aider à sortir du même sillon du disque de leur vie, qui est en train de tourner sur place.
    Elle est là pour que la vie reprenne ses droits ".
    " la cure analytique met à jour les motivations inconscientes : si, à cause de ce qui se passe dans son inconscient, un être humain souffre, c'est en " parlant " sa souffrance qu'il va sortir de sa difficulté. la parole, c'est cela la découverte de la psychanalyse ; la parole comme médiatrice de tout ce qui se passe en nous de douloureux, à partir du moment oú elle peut être dite et écoutée, parlée et assumée ".

    Françoise dolto.

  • Pli d'écrire des lettres à ses parents, à ses proches, à ses amis. Cela fait partie de son éducation. Elle s'y adonne, sous le contrôle de sa gouvernante, avec un charme, une vivacité, un style, qui feront d'elle une grande épistolière. Cet art de vivre deviendra très vite un art de penser. À côté des intimes, des intellectuels, des artistes, apparaissent les grandes figures de la psychanalyse, Rudolph Loewenstein, Marie Bonaparte, René Spitz, et plus tard Daniel Lagache, Serge Leclaire, Wladimir Granoff, Maud Mannoni, et surtout Jacques Lacan, le compagnon de route. Puis viendront les « suivants », jeunes analystes à qui elle se fait un devoir de transmettre, et enfin tous ceux qui lui demandent conseil et auxquels elle répond toujours de longues lettres attentives.
    Ainsi dans ces lettres passent, en marge de son oeuvre théorique et clinique, les interrogations, les incertitudes, les débats, les intuitions qui parfois s'élaborent dans d'éblouissants face-à-face avec ses interlocuteurs. Mais, au-delà de cet extraordinaire témoignage sur l'histoire de la psychanalyse et de ses institutions, cette correspondance, à la façon d'un journal intime, révèle un aspect plus secret de sa personnalité, montrant dans des lettres plus personnelles combien sa vie familiale (son mari, Boris Dolto, et ses enfants) a enrichi sa réflexion.

  • " l'océan, mettons que c'est l'espèce humaine.
    Chaque vague est un individu qui va au maximum de ses possibilités d'expression et qui, à l'acmé de sa force, retombe dans la non-différenciation de la masse de l'océan. c'est cette rentrée dans l'indifférenciation [. ] qui représenterait, au moment oú s'amorce la chute de la vague, les pulsions de mort. " telle est la métaphore que françoise dolto développe pour dynamiser, guider sa réflexion, et transmettre sa pensée.
    C'est l'étude des enfants et des psychotiques qui l'a conduite à s'intéresser aux pulsions de mort. elle les analyse, pour la première fois dans ce séminaire inédit, à travers les différentes manifestations que sa pratique clinique lui a permis d'observer : dans leur lien ou leur dé-liaison avec les pulsions de vie, à chaque niveau de structuration de l'image du corps, avant ou après la castration primaire.
    Les pulsions de mort gravent ainsi, selon leurs impacts, le destin psychique de tout sujet.
    Françoise dolto apporte ici une contribution décisive au concept de pulsions de mort introduit par freud en 1920, dont elle étaye, précise et prolonge la portée psychanalytique. edition établie, annotée et présentée par colette manier, avec la participation d'elisabeth kouki. elles sont toutes deux psychanalystes.

  • Lire Françoise Dolto aujourd'hui dans ces articles et conférences, réunis ici pour la première fois, c'est la découvrir libre, étonnante, contemporaine. C'est éprouver la force d'une éthique qui la pousse à s'adresser à tous, parents et éducateurs, plaidant la cause des enfants et mettant les apports de la psychanalyse au service de l'éducation.
    Concrète, elle nous parle des enfants qu'elle a rencontrés dans sa vie professionnelle et privée, aux prises avec la réalité, dans des situations familiales qui mettent en jeu leur équilibre : l'arrivée du puîné, la séparation ou le divorce des parents, l'échec scolaire...
    Attentive, elle nous met à l'écoute des mots, des gestes, des comportements, des signes qui traduisent les souffrances enfantines. Elle nous rappelle que l'enfant est «un être de langage et que bien des difficultés trouvent leur résolution lorsqu'on les lui explique au mieux de son développement.».
    «Éduquer, c'est susciter l'intelligence, les forces créatives d'un enfant tout en lui donnant ses propres limites pour qu'il se sente libre de penser, de sentir et de juger autrement que nous-mêmes, tout en nous aimant.»

  • Tout est langage reprend et précise le contenu d'une conférence adressée à des psychologues, des médecins et des travailleurs sociaux dont l'intitulé était : «Le dire et le faire. Tout est langage. L'importance des paroles dites aux enfants et devant eux.» À travers ses réponses, Françoise Dolto tisse la trame d'une compréhension analytique de ce qui est déterminant pour la subjectivité humaine. Elle affirme la nécessité en toutes circonstances - le divorce, la mort, la circoncision, l'adolescence, l'adoption, etc. - du parler à l'enfant. Elle montre que c'est souvent jusque dans et par son corps que l'enfant exprime ce qu'il ne peut parfois signifier autrement.

  • L'apport le plus marquant de françoise dolto à la théorie psychanalytique est le concept d'image inconsciente du corps.
    La première théorisation de cette notion, centrale dans son oeuvre, date des années 1956-1958. ce sont les textes inauguraux de cette élaboration conceptuelle qui sont présentés ici.
    L'image du corps est ce par quoi l'enfant acquiert une idée de lui-même, une représentation qui est l'amorce du sentiment de soi par lequel le petit humain construit son identité. cette image se met en place dans les relations parents/enfants, et principalement dans la relation primordiale à la mère, dès le début de la vie, y compris in utero.
    Quand ce jeu interrelationnel se passe mal, cela peut avoir des conséquences pathologiques et entraîner des régressions graves.
    A travers les cas de lionel et de marie-louise, françoise dolto nous montre comment, dans la relation de transfert à l'analyste, l'image du corps est révélée par les dessins et les modelages que font les enfants.
    Le travail psychanalytique permet alors de déchiffrer les failles de la structuration du sujet qui sont à l'origine de sa souffrance, et d'y porter remède.

  • «La solitude m'a toujours accompagnée, de près ou de loin, comme elle accompagne tous ceux qui, seuls, tentent de voir et d'entendre, là où d'aucuns ne font que regarder et écouter. Ami inestimable, ennemi mortelle - solitude qui ressource, solitude qui détruit, elle nous pousse à atteindre et à dépasser nos limites».
    La solitude caractérise le petit humain dès la naissance et le place dès lors dans une dépendance radicale à Autrui. Se référant constamment à ses rencontres cliniques et aux faits de sa vie privée, Françoise Dolto déploie une grande fresque de l'histoire du sujet, de l'origine à la fin. La plupart des grands thèmes de son oeuvre y sont présents, avec des variations sensibles de ton et de temps, car ce livre polyphonique traverse plus de vingt ans de sa recherche.

    Édition de Gérard Guillerault, Élisabeth Kouki, Colette Manier et Alain Vanier. Édition revue et augmentée.

  • L'originalité de ce recueil, dans lequel sont réunis des textes souvent inédits, c'est de donner, en marge de l'essai majeur sexualité féminine paru précédemment dans cette collection, des avancées théoriques, des éclairages et des variations sur ce thème central de la pensée de françoise dolto.
    Les mythes de la féminité et les fantasmes au féminin, le maternel, le masochisme féminin, le désir inconscient de procréer, le féminin et les institutions, le corps et le coeur, le désir et l'amour sont autant de sujets qui permettent à françoise dolto d'esquisser la trajectoire de ce destin féminin d'une libido qui n'est jamais statique, mais toujours en mouvement.

  • Des adolescents, Françoise Dolto disait qu'ils sont comme le homard pendant la mue, sans carapace, confronté à tous les dangers et à la nécessité d'en «suinter» une autre. Pour les aider à accomplir cette métamorphose qui est comme une seconde naissance, Françoise Dolto, sa fille Catherine Dolto-Tolitch et Colette Percheminier ont écrit ce livre.
    Il s'adresse d'abord à vous, les adolescents (à vous, les homards). Mais il est à mettre entre toutes les mains, à laisser traîner dans la maison pour que les enfants, les parents, tous les jeunes et tous les adultes le lisent avec profit. Paroles pour adolescents donne des idées pour sortir des situations difficiles, parle des choses trop souvent tues ou mal abordées dans la vie de tous les jours : l'amitié, l'amour, la sexualité, la violence, la drogue, la honte, les parents et les adultes. Il signale les pièges et donne des forces pour faire des choix, pour prendre ces risques qui amènent à être responsable et autonome. Il aide aussi les parents à se détacher de leurs enfants avec moins de souffrance et plus de respect.
    Ce livre veut fêter la force de vie des adolescents, leur capacité à inventer l'avenir, car, disait Françoise Dolto, «la société changera sous la pression des jeunes»

  • Françoise Dolto était un grand médecin d'éducation. On disait d'elle qu'elle avait le don de double vue sur le coeur des enfants. Elle savait parler leur langage. Écoutez-la s'adresser en direct aux enfants et, de bulle en bulle, poser ses mots sur les événements les plus importants de leur vie.

    Dans cet album, Françoise Dolto parle aux enfants et aux parents, avec des mots pour grandir, soigner les chagrins, les peurs, les violences, les handicaps de toutes sortes, tout ce qui peut peser sur le destin de chacun, mais aussi pour saluer les joies, les progrès, les réussites, les petits et les grands bonheurs de la vie.

empty