Gabriel Zacarias

  • La crise du coronavirus sonnera-t-elle le glas du capitalisme, la fin de la société industrielle et consumériste ? Certains le craignent, d'autres l'espèrent. Avec l'épidémie, un facteur de crise inattendu est apparu - l'essentiel n'est pourtant pas le virus, mais la société qui le reçoit.

    Le Covid-19 est l'accélérateur mais pas la cause de l'aggravation de la situation de crise globale de la société capitalise mondiale. Il faut donc tenter de comprendre le lien entre la situation et l'épuisement structurel du capitalisme qu'a mis en lumière la théorie critique de la valeur depuis les années 1960. Le processus de crise fondamentale doit être le point de départ de l'analyse et de la réflexion sur la corona-crise.

  • Les archives sont devenues une matière centrale pour l'art contemporain, aussi bien dans la pratique des artistes que dans le travail des chercheurs ou l'activité des musées. D'une part, on observe une « pulsion d'archive » (Hal Foster) chez de nombreux artistes qui se servent des archives comme d'un matériau pour leurs oeuvres ou développent une certaine esthétique documentaire. D'autre part, l'archive est devenue un élément fondamental pour la recherche sur l'art contemporain et sa diffusion. Nombre d'oeuvres et de projets artistiques sont conçus comme des pratiques éphémères, et on ne peut de ce fait s'y confronter et les conserver que sous la forme de traces et réminiscences. La réflexion critique sur le dispositif de l'archive apparaît d'autant plus nécessaire que l'on assiste à une fétichisation progressive des archives : elles font désormais souvent l'objet d'expositions spécifiques et, de plus en plus recherchées par les institutions, elles voient leur prix monter en flèche. Cette valorisation actuelle des archives peut être vue aussi comme un symptôme de leur disparition, au moins sous leur forme matérielle traditionnelle, du fait de leur numérisation progressive.

  • Interrogations sur les commentaires récents qui entendent l'art contemporain comme synonyme de global art, le « globalisme » étant vue comme une antithèse de l'universalisme. Il y est question de tensions entre revendications d'une spécificité nationale et aspiration à une intégration à la scène globale de l'art. Ce numéro s'intéresse donc à la question de l'art global, non pas du point de vue d'une unification des pratiques artistiques à l'échelle mondiale, mais bien plus en prenant en compte les effets de la globalisation sur des pratiques locales.

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