Guy Dupré

  • Les manoeuvres d'automne

    Guy Dupré

    • Omnia
    • 14 Mars 2013

    A travers l'histoire des guerres franco-allemande et franco-française, de Charles de Gaulle à François Mitterrand, l'histoire des femmes de légende comme Cécile Sorel, Anna de Noailles, aimées de Maurice Barrès, Simone, aimée d'Alain-Fournier, ou de mémorables mortelles comme Sunsarié de Larcône, "messagère" de la mort pour Roger Nimier, et "Louise de Prusse" qui initia l'auteur aux mystères de Verdun, Guy Dupré fait le récit d'une éducation sentimentale et intellectuelle.
    Etonnante galerie de portraits mais aussi billard sur lequel l'écrivain fait passer les trois " Barrès", les "deux fils à maman" Jean Cocteau et Maurice Rostand, les "deux Julien" Green et Gracq, le "fils de personne" Weygand, le "défenseur de l'Occident" Massis et le "fils de gendarme" Breton.

  • Le journal commence en 1953 au moment où Guy Dupré entre chez Plon, l'éditeur de Barrès et de Bernanos, et publie son premier roman Les Fiancées sont froides, qui lui vaudra un accueil très favorable auprès des critiques : Mauriac, Albert Béguin entre autres salueront l'arrivée de ce jeune écrivain. Dupré participe au monde des lettres, fréquente Jean Cocteau, Julien Green, Julien Gracq, Raymond Abellio et madame Simone (l'actrice Pauline Benda qui fut le dernier amour d'Alain-Fournier avant que ce dernier parte au front), croise Marguerite Yourcenar, Sunsarié de Larcône, Philippe Sollers, Jean-Edern Hallier, etc. Le récit de ces jours se déploie dans une langue alerte agrémentée de lectures et de propos rapportés avec beaucoup d'esprit. Guy Dupré fait part également de ses aventures féminines. Le livre s'articule en fragments journaliers, autant de portaits et d'impressions qui en peu de mots cernent l'essentiel.Souvent sans concessions, parfois caustiques et crues, ces impressions livrent la face cachée d'un écrivain, ses regards décapants sur la femme, la comédie du monde et la souffrance intime. Le journal s'interrompt en 1964 et ne reprend qu'en 1974 pour se clore en 1978. Ce n'est qu'en 1980 que Guy Dupré publiera à nouveau un roman, Le Grand Coucher. Ce journal comble les années de silence où Guy Dupré a cherché sa voie et a tenu sur des cahiers le fil des jours.

  • Sur les rivages de la Baltique, dans les années 1820-1830, un hussard déserte pour avoir enfreint les règles de son corps en se fiançant. Il devient écrivain public à Lubeck. Soutenu par l'amour des fiancées de 1814 et des veuves pour qui il remplace l'époux promis ou disparu dans les dernières batailles napoléoniennes, il lève une phalange de femmes pour exterminer la nouvelle e légion thébaine ". " Il semble que les femmes, dans Les fiancées sont froides, envisagent confusément la solution de la mante religieuse, écrivait Henri Thomas dans La Nouvelle Revue française. A cette menace, le mâle se dérobe. Mais la dérobade messied aux hussards ; leur parade sera offensive, offensante : comme ils ne se reproduisent pas entre eux, le recrutement est assuré par des rapts d'enfants... u Car le mythe de la séparation des sexes, s'il s'accompagne du ravissement des jeunes mâles, est ici porteur de la révolte essentielle : celle d'Artémis contre Antinoüs. Ecrit dans une langue étincelante, ce roman témoigne de la puissance d'imagination de Guy Dupré, mise au service de thèmes universels - la patrie, la femme, l'Histoire.

  • Je dis nous

    Guy Dupré

    Sous le titre je dis nous sont ici regroupés articles, préfaces ou études qui reflètent les préoccupations et prédilections majeures du romancier mémorialiste du Grand Coucher et des Manoeuvres d'automne. Des arrière-plans de la Révolution française à l'affaire Dreyfus, de la Grande Guerre au drame des officiers perdus, de la guerre franco-française telle que l'a vécue la première génération française d'anciens non-combattants à la décoloration progressive de l'Histoire de la France, c'est une véritable revisitation de nos anciens théâtres d'opérations intérieures et extérieures.

  • Les mamantes

    Guy Dupré

    Les Mamantes est un récit sous forme de lettre adressée à sa maîtresse de dix-neuf ans, durant les premiers mois de sa grossesse, par l'homme de quarante ans qu'elle va rendre père contre son gré. Le narrateur commence cette lettre juste après le coït et la termine juste avant le mariage de la future mère avec un autre homme, prêt à reconnaître l'enfant.
    Le refus de paternité du narrateur est lié à la répulsion amoureuse contre la jeune maîtresse qui a cherché à lui faire oublier - mais ne l'a pas pu - la maîtresse plus âgée qu'il vient de perdre et qui demeure son seul amour.
    Sophie, elle, ni par vengeance, ni par provocation, apporte à son amant la preuve qu'il n'est pas le fils du père qu'il croyait (un officier mort pour la France) mais le fils adultérin du diplomate suédois qui lui a servi de tuteur. Ainsi, à la rivalité en lui de la jeune vivante et de la morte amoureuse, s'ajoute chez le narrateur son déchirement entre deux filiations : celle de l'officier qui lui a légué un certain sentiment de l'Histoire et celle du diplomate initié qui lui a fait connaître l'autre face des choses. Un livre singulier, c'est le moins qu'on puisse dire...

  • Mémorialiste de lui-même, Guy Dupré signe ici un livre inclassable et éblouissant. Sont-ce les archives du siècle ? Des mémoires ? Un récit ? Une auto-fiction ? où il lève le rideau sur le spectacle de sa vie. Né à Fécamp de papa normand et de maman nippone, éprouvant encore les crispations de la faim et les frustrations de la guerre, Guy Dupré, éditeur chez Plon et journaliste à Paris-Match, pourrait se définir, selon sa formule, comme "un agent de destruction dans une société pourrissante". Déjouant les contraintes de la chronologie, s'amusant à mêler les visages des femmes aimées et les figures revisitées de l'histoire littéraire, il dresse un théâtre d'ombres vivantes. Voici Jean Cocteau, "tout en mains, fanons et tendons". Voici Bernanos, en exil brésilien, réclamant l'aumône à son éditeur, la femme-enfant Lise Deharme, André Breton à l'âme expatriée, Gracq en sédentaire, Gabriel Marcel et sa tablette Ouija, l'avocat Stephen Hecquet dont un "monsieur muscle" a sculpté le visage. Le noir et blanc de la première guerre mondiale s'anime. Les chevaux piaffent, et à l'arrière, Marcel Proust, raconté (imaginé, plutôt) par Guy Dupré. A côté de la littérature, sa passion, l'anti-conformiste Dupré parle aussi de l'histoire tragique : celle d'Hiroshima, par exemple, ou de Dien Biên Phu, qui le hante. Sens du portrait. Erudition où rien ne pèse. Jubilation de l'histoire, traversée, fouillée, revue. Les personnages de Guy Dupré vivent au présent perpétuel, de l'Indochine à Verdun, des salons aux charniers, comme si la mémoire les avait gardés farouchement intacts.

  • Dis-moi qui tu hantes

    Guy Dupré

    • Rocher
    • 16 Janvier 2003

    " Un des tout premiers écrivains français vivants ", a écrit Edmonde Charles-Roux de l'auteur des Fiancées sont froides.
    " L'un des plus grands écrivains français et finalement un des plus modernes qu'il soit donné de lire aujourd'hui " selon Marc Lambron.
    Cette couvre non romancée de Guy Dupré regroupe des textes publiés entre 1955 et 1995, articles écrits à chaud ou études qui reflètent les préoccupations et prédilections majeures du romancier mémorialiste du Grand Coucher et de Comme un adieu dans une langue oubliée.
    Des arrière-plans de la Révolution française aux arcanes de l'affaire Dreyfus, de la Grande Guerre aux guerres coloniales, c'est une revisitation de nos théâtres d'opérations extérieures et intérieures, mais aussi une recherche en filiations et compagnonnages littéraires et spirituels ; la confraternité des gardiens et intercesseurs, tels Nerval et Apollinaire, Bloy, Breton et Bernanos, Vigny et Jünger, Jouve et De Roux, qui en dépit des feux de l'histoire nous ont aidé à ne pas oublier l'au-delà de nos jours.

  • L'intrigue des Fiancées sont froides se déroule dans les années 1820-1830 sur les rivages de la Baltique, où un hussard déserte pour avoir enfreint les règles de son corps en se fiançant.
    Il devient écrivain public. Soutenu par les veuves et mères de 1814, il lève une phalange de femmes pour exterminer la nouvelle légion thébaine et mettre fin à la " Terreur rose ". L'année du Grand Coucher est l'année du cinquantenaire de Verdun, où doit s'accomplir un attentat contre De Gaulle. Pour les affidés, il s'agit de conclure par un acte allégorique la guerre franco-française qui, de l'affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie, a changé nos trois couleurs en tissu cicatriciel.
    Pour le narrateur, il s'agit de dégager la part d'héritage ensevelie depuis la mort du Dieu des nations. Comme l'écrivit alors Maurice Nadeau : " Tout ce que Dupré nomme le "mélopéra" qui constitue l'histoire de notre pays depuis un peu plus de cent ans devient une cathédrale inversée dont la flèche pénètre jusque dans les assises mouvantes qui constitue notre histoire. " Fils d'un officier mort pour la France, le héros des Mamantes Olivier a été initié par son tuteur, diplomate suédois, aux secrets d'une fraternité ésotérique.
    Son bonheur et son drame sont d'avoir eu comme amante Charlotte, son aînée de quinze ans. Celle-ci morte, Olivier rencontre la jeune Julie à qui il se retient de céder : qu'elle le rende père et se rompra son pacte avec l'invisible, c'est-à-dire avec la chance de faire " revenir " Charlotte grâce au miroir magique. A la rivalité de la morte aimante et de l'aimable vivante s'ajoute le déchirement entre ces deux filiations : celle de l'officier qui lui a légué un certain sentiment de l'histoire de France et d'Epinal et celle du diplomate initié qui lui a fait percevoir l'ombre des amours après la chair.

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