Hugo Marsan

  • Place du bonheur

    Hugo Marsan

    " Au bout d'une heure de guet, il le repéra.
    Ce serait celui-là. Il s'offrit un premier plaisir : détailler sa proie avant que le jeune homme s'aperçoive de son manège. Il était plus près des vingt ans que des trente, estima André, mais il était très difficile de donner un âge précis à ces hommes sur la touche. Les jeunes chômeurs se camouflaient dans une grisaille défensive. Cependant, André savait par expérience que, pour peu qu'on leur portât intérêt, ils retrouvaient vite une deuxième adolescence d'autant plus impétueuse qu'ils craignaient d'en perdre le souvenir.
    Dégagés de la course à la réussite, délivrés d'un combat qu'ils savaient inutile, les chômeurs s'alanguissaient peu à peu dans une disponibilité dont ils finissaient par apprécier la coupable liberté. La seule servitude était le retour à la maison, d'autant plus redouté qu'ils en retardaient l'échéance. "

  • Le labyrinthe au coucher du soleil est le récit d'un amour hors du commun entre un père de hasard et le fils qu'il s'est donné.
    Arrivé à cinquante ans, cet homme quitte soudain son compagnon de longue date pour épouser une jeune femme enceinte qu'il persuade de garder son enfant. pendant plus de vingt ans, devenu le père d'un fils qui n'est pas le sien, il relate dans son journal l'insensé désir de survie qu'exprime en filigrane cet amour paternel tenté par l'absolu. hanté par les légendes antiques, hugo marsan affronte avec lucidité, lyrisme et perspicacité l'histoire de lucien, l'enfant-roi, tiraillé entre ce père omniprésent et une mère que les responsabilités effraient.

  • Dramaturge, Marcel Merson est le pivot d'un groupe d'amis fidèles.
    Il se comporte avec eux en petit roi tyrannique, mais les personnages du clan se flattent d'entretenir des liens indéfectibles. Tout bascule lorsque Marcel, lassé de son ascendant dérisoire, se retire à Belle-Ile-en-Mer, livré à une totale solitude. A paris, ses amis s'égarent dans de nouvelles passions. Venus de terre mystérieuses, Véréna et Jérémie perturbent un ordre sentimental pourtant bien rodé.
    A la fin de l'été, tous se retrouvent à Belle-Ile. Véréna, être sulfureux hors normes, fascine et inquiète Marcel et sa cour. Les liaisons se fissurent, les destins se disloquent. Véréna et les hommes est un roman polyphonique qui affronte la confusion des désirs et les dérapages de l'identité sexuelle.

  • Je l'ai tué! Tué : le mot martelait sa tête. Il fallait s'enfuir, mais Malik restait immobile, jambes coupées. Il perdit tous ses repères. Persuadé d'avoir assassiné l'homme, il se figea, debout à côté du lit où gémissait la victime. Pendant des mois, la vision du corps nu ensanglanté le hanterait. Malik ne se rendit pas compte qu'on lui arrachait son arme. Les gardes du corps le maintinrent fermement puis le lâchèrent.

    Jeune prostitué algérien sans papiers, Malik vit au jour le jour à Paris. Lorsque, recruté par une mystérieuse organisation paramilitaire, il se retrouve au coeur d'une tentative d'assassinat, sa vie bascule. Désemparé, il pense pourtant à contacter André, un ancien client. Comédien à la retraite, André coule désormais des jours paisibles à la campagne : il affiche une sérénité de vieux sage, mais peine à dissimuler des regrets. Paris et ses plaisirs lui manquent... Lorsque Malik resurgit brutalement dans sa vie et l'appelle à son secours, André jubile intérieurement. Inespéré, le retour de Malik lui offre un second souffle...

  • Les absents

    Hugo Marsan

    Le roman met en scène quatre personnages. Les "présents" : Martes et Lucien qui vivent ensemble une histoire d'amour.
    Les "absents" : Frédéric, l'ami de Lucien, gravement malade, et Denise, la mère de Marthe, sénile et amnésique.
    Au cours d'une nuit passée dans un pays d'Afrique noire, où vient d'éclater une révolution, Marthe et Lucien, désemparés, se réfugient dans le bar de Gaby et Ulysse. Le désordre de cette nuit provoque bientôt un autre désordre : celui de la résurgence des souvenirs. Pourtant unis, Marthe et Lucien vont être ramenés, séparément, à leurs douleurs, à leur peur, à l'absence.
    Comment se sauver de la mort qui les cerne ? Comme concilier le désir et la culpabilité ? Les absents ne sont-ils pas souvent plus forts que les présents ? Marthe et Lucien tenteront de répondre à ces questions, conscients que le destin impose toujours sa loi.
    Ecrit dans un grand souci de rigueur classique, le dernier roman de Hugo Marsan réussi à exprimer toutes les confusions intimes auxquelles chacun de nous est confronté. L'art de la clarté est mis au service des plus subtiles nuances de l'esprit et du coeur. "Les absents" s'ouvre sur des perspectives infinies qui forment, en profondeur, la trame secrète de toute existence.

  • Abel

    Hugo Marsan

    Franz se penche sur le fauteuil et glisse ses bras sous les épaules et les cuisses d'Aliocha. Il s'empare de sa proie. Aliocha rit lui aussi, tourne la tête vers moi, et amplifie son rire. Il s'accroche au torse de Franz, ses bras enserrent le large cou, et - je ne rêve pas - sa joue se colle à celle du bourreau. Il m'observe du coin de l'oeil. Sans le moindre effort, Franz soulève Aliocha de son fauteuil, et tous deux s'envolent, s'éclipsent dans les ténèbres des couloirs. Longtemps leurs rires et leurs cris résonnent dans l'escalier. J'ai pensé alors : Caïn rapte Abel, il va le tuer. Infirme de naissance, Aliocha vit reclus dans un château du sud-ouest de la France, entouré de serviteurs dévoués à sa cause qui arpentent comme des ombres les couloirs silencieux : le monde extérieur ne doit pas l'atteindre. Pour l'assister, Franz, beau et vigoureux jeune homme, lui prête ses jambes et son énergie. Ce " couple " étrange intrigue Denis, le précepteur d'Aliocha. Le sentiment de jalousie qu'il sent naître en lui le trouble... Quels liens unissent réellement Franz et Aliocha ? Quels secrets le château dissimule-t-il ? Naissance du désir, confusion des sentiments et manipulations tissent la trame du roman d'Hugo Marsan, qui plonge avec délice au coeur des passions humaines.

empty