Jacques Bonnet

  • Avez-vous peur de mourir dans votre sommeil, enseveli sous l'écroulement de votre bibliothèque ? L'accumulation de livres ne met-elle pas en danger l'existence même de votre famille ? Classez-vous les volumes par thème, langue, auteur, date de parution, format ou selon un autre critère de vous seul connu ? Peut-on faire voisiner sur une étagère deux auteurs irrémédiablement brouillés dans la vie ? Autant de graves questions se posant à cette espèce en voie de disparition : les bibliomanes, qui, outre la passion de posséder les livres, ont celle de les lire.
    Les bibliothèques sont des êtres vivants à l'image de notre complexité intérieure. Elles finissent par composer un labyrinthe dont pour notre plus grand, et dangereux, plaisir nous pouvons très bien ne plus sortir.
    Dans ce petit traité sur l'art de vivre avec trop de livres apparaissent, parmi nombre d'autres, Pessoa tentant de devenir bibliothécaire, Matisse postulant au poste de «contrôleur du droit des pauvres» ou encore le capitaine Achab et le mystère de sa jambe abandonnée à Moby Dick. En fait, ces milliers de pages qui occupent nos étagères sont peuplées de fantômes bien vivants qui, une fois rencontrés, ne nous quittent plus.

  • Eugène Atget (1857-1957), bien connu de tous les amoureux du vieux Paris est un des photographes les plus importants du XXe siècle. Découvert par les Surréalistes (Man Ray ou Robert Desnos) peu avant sa mort, il devint dans les années 1930 le père tutélaire de la photographie documentaire aussi bien américaine (Walker Evans, Berenice Abbott, Robert Frank, Lee Friedlander) que française (Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Izis, Willy Ronis, etc). Cependant qu'en Allemagne, Walter Benjamin l'utilisa abondamment. L'ouvrage de Jacques Bonnet est le premier à traiter Atget sous ses multiples aspects : sa biographie, la réception de ses oeuvres dans les décennies qui suivirent sa mort, sa place dans l'histoire de la photographie documentaire et dans la lignée des grands photographes de Paris du XIXe siècle, sa manière « discrète », la renaissance de son oeuvre aux États-Unis dans les années 1970, ainsi que certaines catégories de ses clichés souvent négligés : ses nombreuses photographies d'arbres et ses photographies de maisons closes ou de nus érotiques. Plus de 60 photographies laissent entrevoir les vies de cet inconnu célèbre.

  • Pendant plus de quarante années, le métier de mineur fut au centre de la vie de Jacques Bonnet. Les contraintes de la vie d'une fosse qui employait jour et nuit et tout au long de l'année plus de 4000 mineurs ne lui permettaient pas de s'extraire de ce monde à part. Le besoin d'évasion se faisant de plus en plus pressant à mesure que le temps passait, il put, tout en restant dans le cadre de son métier, s'intéresser aux mines des pays lointains, puis aux personnes et à leurs cultures. Sans rechercher l'exotisme ni le sensationnel, il témoigne avec «Adieu Foulard, Béguin et Barrette» sur ses expériences vécues pendant la découverte de ces pays et de leurs populations. De la Nouvelle-Galle du Sud (en Australie) à la Chine, en passant par l'Inde, l'Algérie, le Yemen, la Russie... Jacques Bonnet rend compte avec douceur et humanité des choses vues et entendues et apporte un témoignage précieux quant à la compréhension de ces régions pour lesquelles les fausses idées sont nombreuses et injustes. L'auteur fait ainsi rêver le lecteur en lui faisant vivre ses aventures dans de brefs et parfois intenses chapitres. Se rapportant à des époques déjà lointaines, «Adieu Foulard, Béguin et Barrette» est aussi une analyse sociologique qui permet d'apprécier le chemin parcouru par l'auteur dans plusieurs pays et sa rencontre avec les différents régimes.

  • Lorraine, 1939.

    De l'autre côté de la frontière a surgi un régime totalitaire qui appelle à l'expansion territoriale et affirme que l'Europe est destinée à être assujettie au Reich de Mille Ans. Malgré la relative sécurité de la ligne Maginot - infranchissable, disent les militaires - d'Hutpach reste en Zone Rouge juste devant les casemates à coupoles.

    Anxieux, les villageois se préparent au pire. Alors que petite et grande histoire se rencontrent, la jeune Rose, d'un optimisme sans failles, est séparée des siens.

    Que lui arrivera-t-il ?

    La guerre fait rage et la destinée de la jeune femme est bouleversée à jamais. Embrigadée dans le système du National-Socialisme, puis engagée malgré elle dans un détachement médical auxiliaire de la «Wehrmacht» et finalement envoyée à l'armée du Caucase, seul un miracle peut la sauver.

    Un témoignage poignant faisant la lumière sur une période sombre de notre Histoire.

  • A partir de 1870, les impressionnistes abandonnent aux pompiers la représentation faussement précise de la réalité et se consacrent à celle infinie des jeux des lumières.
    Bien qu'assimilé au groupe, Degas, lui, sans négliger la couleur, s'efforcera de saisir l' « insaisissable. Ses séries de danseuses ou de baigneuses n'ont rien à voir avec les séries de Meules de foin ou de Gare saint Lazare de Monet qui sont une suite de plans fixant la variation de la lumière. Monet peint des états changeant successifs, Degas s'efforce de saisir le mouvement lui-même. Il s'agit, en fait, d'une tentative héroïque d'introduire le temps dans l'espace de la toile, de la feuille de papier ou de la matière inerte de la sculpture.
    Cette quête est racontée ici d'abord dans ce qui a été le cadre de travail de Degas depuis sa formation jusqu'aux ateliers de la maturité du peintre des Batignolles. Le laboratoire de l'oeuvre est abordé ensuite du point de vue des sujets (portraits, chevaux, repasseuses, danseuses, nus), des techniques variées explorées par Degas (outre l'huile, le pastel, mélangé ou non au monotype, à l'eau-forte, la sculpture) et de ses différentes manières.
    La diffusion de l'oeuvre, enfin, à travers le cercle des amis collectionneurs, l'action des marchands et de la critique fait l'objet d'un chapitre à part .

  • A l'enseigne amitie

    Jacques Bonnet

    En l'an 1582, Giordano Bruno, le célèbre philosophe, séjournait dans le quartier Maubert, à Paris. Cette même année, dans ce même quartier, eut lieu un horrible meurtre, signé de quelques mots énigmatiques en italien.
    On appela Bruno pour les interpréter. Une étonnante enquête, truffée de chausse-trapes, commençait, qui révélerait de tenaces préjugés, des haines, des rancunes mais aussi de surprenants coupables.

  • "De la Cour des comptes au ministère du Développement industriel et scientifique, en passant par l Institut Pasteur et le groupe Rhône Poulenc, Jacques Bonnet nous livre les fruits d un parcours riche, au sein d institutions françaises diverses, sur lesquelles il pose un regard éclairé et confiant. Un récit sensible et humain, qui brosse un tableau inhabituel du monde des énarques."

  • Les Historiettes de Tallemant des Réaux ne sont pas seulement un document essentiel sur la première moitié du XVIIe siècle, elles constituent l'un des monuments littéraires les plus méconnus, et les plus plaisants à lire, de leur époque.
    Ce petit livre est tout d'abord un hommage à leur auteur et à cette forme littéraire des plus répandues et souvent négligées : l'anecdote. On découvre en outre à lire Tallemant que les Historiettes trouvent, par les hasards de la littérature ou des influences, de mystérieuses correspondances avec des oeuvres à venir. Ainsi, apparaissent à y regarder de près des échos troublants de Tallemant chez Melville, Flaubert, Maupassant, Proust, Quignard ou Stephen King.
    Après Des bibliothèques pleines de fantômes et le plaisir à posséder des milliers de livres, c'est au bonheur de se promener parmi leurs pages que nous invite Jacques Bonnet.

  • Flaubert, sa nièce et la gouvernante Nouv.

    Le début de l'année 1846 fut tragique pour Gustave Flaubert, qui perdit son père et sa soeur bien-aimée, Joséphine Caroline, dite Caroline, des suites de la naissance de sa fille Désirée Caroline. Suivre le destin de Caroline, la nièce, éclaire sous un jour inattendu la fin de vie de Flaubert. Ce livre n'est pas une manière d'essai biographique, c'est une véritable enquête dans le gouffre psychique d'un écrivain, au gré des mille inflexions qu'offre la correspondance de Flaubert.
    Jacques Bonnet a travaillé durant une trentaine d'années dans l'édition et a enseigné dans plusieurs universités et à l'Institut de Sciences Politiques de Paris. Il est l'auteur notamment de Lorenzo Lotto (Adam Biro, 1997), Des bibliothèques pleines de fantômes (Denoël, 2008), Comment regarder Degas (Hazan, 2012), Eugène Atget, un photographe si discret (Les Belles Lettres, 2014).

  • L'Histoire générale de la danse (1723) offre un tableau historique de la danse et de sa place dans les sociétés de jadis et propose une description détaillée de la vie à la Cour de Louis XIV, et des différentes formes qu'y revêt la danse : le ballet, le bal masqué, les danseurs de corde, etc. Les deux derniers chapitres de ce volume offrent une suite à l'Histoire de la musique, en traitant de la musique naturelle (attribuée à Dieu) et de la musique élémentaire (attribuée aux esprits aériens). Il paraît que Jacques Bonnet se croyait dirigé par les soins d'un sylphe, et son intérêt très curieux aux procédés de la cabale se font voir dans cette dernière section. Le Parallèle de la peinture et de la poésie fait penser que le sylphe dirigeait mal : le traité est de Roger de Piles.

  • Le thème de la nourriture et du festin est, on le sait, universel.
    Il n'est pas surprenant que l'ensemble des traditions religieuses ait transposé dans l'ordre spirituel une donnée aussi fondamentale, aussi constitutive de l'homme et des êtres vivants que l'alimentation et la boisson : c'est cela le festin d'immortalité. Connaisseur averti des cultures d'orient et d'occident, Jacques Bonnet examine ici en profondeur les mythes fondateurs et les rites qu'observe, en diverses civilisations, le banquet des dieux.
    Que ce soit en Inde, en Chine, dans l'ancien monde celtique, au sein du judéo-christianisme ou dans les légendes du Graal, il s'agit toujours de réunir l'humain et le divin autour d'un repas festif où la joie partagée n'est plus celle de ce monde. Echange, dialogue, ouverture sur en-haut, la consommation de mets raffinés et de vins capiteux dans une ambiance harmonieuse, chargée de musique céleste et accompagnant de nobles propos, prélude à la transormation sacrificielle de la nature humaine en celle des dieux.
    Car loin d'alourdir, de river l'homme ici-bas, le sens du festin ouvre au contraire vers la légèreté sans attaches : l'immortalité n'est pas reconduction perpétuelle de nécessités terrestres mais l'élévation vers des noces spirituelles, libération en un mot. La vraie gratuité préside à ce repas : celle qui consiste, pour l'homme, à se dégager des tentations et à partager ; et, pour dieu, à s'offrir en nourriture pour la vie éternelle.

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