Cahiers Du Cinema

  • Jacques Doillon commence sa carrière dans les années 1970. Comment poursuivre le cinéma français après la nouvelle vague, c'est la question que se posent tous les cinéastes de cette génération, également marquée par les événements de mai 68. Son premier film, sorti en 1973, L'An 01, conçu par le dessinateur Gébé en témoigne.
    La marque de son cinéma est une approche sans pareille de la psychologie et des sentiments. Qui a vu Dominique Laffin dans La Femme qui pleure n'est pas près de l'oublier. Il contrôle avec la plus grande rigueur l'expression des sentiments par un travail inlassable sur la direction des acteurs, où il est passé maître. Il fait jouer indifféremment de grands acteurs comme Michel Piccoli, Jane Birkin, des non-professionnels ou des débutants. Et c'est sans doute lorsqu'il met en scène des personnages d'enfants que les qualités de sa mise en scène ressortent le mieux. C'est également un dialoguiste attentif qui règle l'agencement des mots et la texture des accents comme une partition musicale.
    Il porte haut une morale de la liberté des êtres humains grâce à la rigueur dune mise en scène qui donne toutes leurs chances aux personnages à qui ses scénarios ont donné naissance et qui se retrouvent en prise avec les pires des situations. Le Petit criminel, parmi ses films récents en est un exemple marquant.
    Laure Adler, en empathie avec le cinéma de Jacques Doillon, sensible à la force de son observation du monde, est allée à sa rencontre pour une série d'entretiens qui constituent le point de départ de cet ouvrage.
    Une analyse filmographique et thématique de Laure Adler complète les propos du cinéaste.

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