Fayard

  • Une jeune fille vierge se marie avec un jeune homme chaste. La soirée se termine dans l'alcôve conjugale. La nuit sera longue... Ne commencez jamais votre mariage par un viol, disait Balzac en 1830. On comprend que ce soit d'abord les médecins qui se penchent sur le couple. Soucieux des dégâts accomplis sur le corps de la femme, parfois de façon irrémédiable, ils tentent d'instaurer un ordre moins brutal, mais largement codifié : leurs manuels d'hygiène vont édicter, et pour longtemps, une cartographie du coït matrimonial. Que se passe-t-il dans le lit des époux ? Et surtout que doit-il s'y passer ? L'adultère, inévitable avatar de la situation conjugale, révèle la profonde inégalité entre les hommes et les femmes. Sans rencontrer d'approbation, l'adultère du mari fait l'objet d'une grande tolérance, alors que la femme qui le commet est une criminelle. Le combat pour le divorce fait rage : voté en 1792, supprimé en 1816, il ne sera rétabli qu'en 1884. Ce sont les femmes qui, par milliers, le demandent.
    Comment naissaient, vivaient et se défaisaient les couples ? Les histoires se perdent, mais les écrits restent à partir desquels se réécrit l'Histoire : littérature médicale, juridique, romanesque, théâtre, jettent aujourd'hui toute la lumière sur "un bonheur conjugal" qui n'a pas toujours fait bon ménage avec l'amour.

  • Elles s'appelaient Divine, Elisa, Marie en Tête, Marie Coups de Sabre, Marguerite, Aglaé, Caca, Bijou, Olympia, Pépé la Panthère, Poil ras, Poil long, Crucifix, Irma, Amanda, Octavie, Belle Cuisse, Titine, Pieds fins, Paulette, La Grimpée, Gina, Nana, Fernande, Rosa...
    On les nommait courtisanes, filles de joie, de nuit, d'allégresse, de beuglant, d'amour, filles en circulation, filles à parties, à barrière, pierreuses, soupeuses, marcheuses, cocottes, hétaïres, horizontales, trotteuses, visiteuses d'artistes, lorettes, frisettes, biches, pieuvres, aquatiques, demi-castors, célibataires joyeuses, vénus crapuleuses...
    A travers le récit de la vie de ces femmes d'amour, Laure Adler voudrait qu'enfin justice leur soit rendue. Ni obscènes, ni esclaves, les prostituées ont marqué du sceau du désir qu'elles inspiraient toute une histoire des moeurs.

    Laure AdIer, éditeur, journaliste à France Culture et à Canal Plus, est une spécialiste de l'histoire des sentiments. Après Secrets d'alcôves, histoire du couple de 1830 à 1930 (Hachette 1983), elle a publié L'Amour à l'arsenic : histoire de Marie Lafarge (Denoël, 1986).

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