Philippe Lacoche

  • Tendre rock

    Philippe Lacoche

    Au tout début de leurs amours, Antoine entraînait fréquemment Féline, à l'arrière-salle d'un café aménagé en petite discothèque. L'hiver picard convoquait les frimas sous des ciels bas à l'étain mouvementé. Il cueillait sa princesse au sortir du lycée. Le vent glacé avivait l'incarnat de son teint. Ils s'embrassaient longuement dans l'Ami 6, puis se dirigeaient vers ce lieu protégé. La nuit venait vite en ces fins d'après-midi scolaires. Mais, à l'intérieur de l'automobile, fous d'amour, c'était le soleil qu'ils regardaient en face. (...) Antoine garait avec hâte la voiture devant le café ; ils pénétraient dans l'établissement. L'odeur âcre du café et celle, sure, de la bière pression les surprenaient toujours, après celles, translucides, des vents glacés. (...) La première pièce qu'ils plaçaient dans le juke-box, déclenchait les fureurs bariolées des spots, et les hystéries fades des stroboscopes. » En janvier 1978, Antoine rencontre Féline, lycéenne, lors d'un concert de Téléphone dans la salle sombre et brumeuse d'une MJC du Nord. Immédiatement, ils se lient d'un amour tendre. Dans les cafés, sur les routes de campagne, dans la vieille Ami 6, au bord des champs, sur les chemins de halage le long des rivières, dans les rues de Paris ou dans les bars, ils inventent leur bonheur simple. Antoine a déjà presque la stature du rock critic qu'il rêvait d'être lorsqu'il est venu à Paris.

    Avec la très grande délicatesse d'écriture qu'on lui connaît, Philippe Lacoche restitue dans Tendre rock ses premières années de critique rock, d'amoureux.


    Philippe Lacoche est né en 1956 à Chauny (Aisne). Journaliste au Courrier Picard, il est l'auteur de nouvelles : Cité Roosevelt (Le Dilettante, 1993 ; prix du Livre de Picardie, 1993) et HLM (Le Castor astral, 2000; prix du Roman populiste, 2000), et de romans : La Promesse des navires (1998) et Un léger désenchantement (2000) aux éditions Flammarion.

  • Le chemin des fugues

    Philippe Lacoche

    • Rocher
    • 23 Août 2017

    À soixante ans, Pierre Chaunier est un journaliste à l'ancienne, incurable nostalgique du monde d'avant. Hussard rouge, il porte à la boutonnière sa nostalgie des Trente Glorieuses et son dégout des nouvelles technologies. Récemment quitté par une jolie chanteuse, Pierre pensait s'en sortir à coups de Prozac. Peine perdue. Il s'est remis à la Pucelle, une bière pression artisanale, a découvert les vins bio. Des cuites entre copains suivent. Des conquêtes d'un soir apparaissent. Une rencontre fulgurante avec l'Orangée de Mars, envoutante dame brune, n'en finit pas de hanter le narrateur. Mais dans les aubes blêmes de sa chère Picardie, les réveils de Pierre sont de plus en plus difficiles...

    Le Chemin des fugues explore l'intimité d'êtres fragilisés par notre «bel aujourd'hui», tout en poursuivant une impossible beauté, celle qui peut sauver le monde et le coeur des hommes.

  • il fait très chaud.
    c'est l'été. antoine, quatorze ans, descend de l'autorail pour passer les vacances chez ses grands-parents, dans un village de champagne. il retrouve son cousin, simon, seize ans, obsédé par la capture du monstre: un énorme brochet d'une douzaine de kilos qui fait régner la terreur dans la vesle, une adorable rivière. le monstre casse les lignes les plus solides; il a la gueule constellée de cuillères et de cicatrices.
    son regard est perçant, presque humain comme son intelligence. simon entraîne antoine dans sa quête qui sera contrariée par la présence mystérieuse d'un braconnier, et surtout par l'arrivée de la très belle et très brune solange.

  • Mise au vert

    Philippe Lacoche

    • Rocher
    • 4 Septembre 2019

    Pierre Chaunier, journaliste à l'ancienne, entame une belle histoire avec « l'Orangée de Mars ». Avec elle, il partage plaisirs de la chair, affinités littéraires et dégoût de l'ultralibéralisme qui gangrène la société. Un matin, ils décident d'agir : « Et si on plaquait tout pour fonder une communauté dans le Vaugandy ? » Ils parviennent à convaincre leurs amis et achètent une fermette perdue. Mais la petite bande et ses idées originales font rapidement des envieux. Un mystérieux voyou en col blanc s'est mis en tête de convertir le phalanstère humaniste et libertaire en un fleuron du capitalisme. Parviendra-t-il à ses fins, tandis que la révolte gronde dans le Vaugandy et partout en France ? Dans cette fable politique à l'humour rabelaisien, Chaunier et sa fine équipe vont mener une héroïque bataille qui risque bien de faire vaciller jusqu'au président de la République lui-même.

  • Une vingtaine de nouvelles sculptées dans la glaise du quotidien, du réalisme poétique et de la fiction échevelée. Voilà ce que propose Philippe Lacoche, un maître du genre, qui a obtenu le Prix Populiste en 2000 pour HLM. Créé en 1931, ce prix récompense une oeuvre littéraire qui " préfère les gens du peuple comme personnages et les milieux populaires comme décors, à condition qu'il s'en dégage une authentique humanité " ; une définition parfaite de l'ambition de l'auteur. Ce prix a récompensé en premier Eugène Dabit (Hôtel du Nord), puis des auteurs comme Jean-Paul-Sartre, Louis Guilloux, Emmanuel Roblès, René Fallet, Christiane Rochefort, Alain Gerber, Gérard Mordillat, Daniel Rondeau, Didier Daeninckx, Jean Vautrin, Patrick Besson, Daniel Picouly, Louis Nucéra, Laurent Gaudé, Akli Tadjer, Olivier Adam ou Jean- Luc Marty (en 2008).Folles, sombres, émouvantes et sensuelles - voire franchement érotiques, ces histoires sont toujours gorgées d'ambiances et pétries d'atmosphères. Car Philippe Lacoche fait indéniablement partie de cette école d'écrivains que l'on pourrait qualifier d'" atmosphériques ". Là, il nous conte l'histoire d'un adolescent qui se fait déniaiser en Espagne et au coeur des seventies par une trentenaire épanouie, experte et délurée. Ici, il nous invite à suivre Georges Genvray, pianiste de bar, compositeur refoulé, malheureux comme la pierre auprès d'une épouse au coeur sec et d'un beau-père odieux. Un peu plus loin, il nous donne à lire la lettre d'un être singulier qui écrit avec ses pieds. Et que dire de cet homme qui n'attend qu'une chose : la mort de son voisin qu'il déteste en secret ? Dans " Fabienne ", il dresse le portrait d'une fille de 16 ans, très très chaude et très câline, qui fait rêver tous les adolescents de la cité. Quant à la " Petite garce " - nouvelle éponyme -, lolita insouciante, elle ne se prive pas de faire souffrir le quinquagénaire qui l'attend, en vain, attablén dans un restaurant d'une ville ferroviaire et grise. Hussard fraternel, Philippe Lacoche n'a de cesse de se souvenir du panache de Jacques Perret et de l'humanité d'Henri Calet.

  • À Tergnier, petite ville ouvrière, dans les années 60, un enfant, fils de cheminot aux yeux écarquillés, observe la vie de sa cité, au jour le jour. Il y a là Martin, le camarade de jeux des premières années, perdu de vue, puis retrouvé dans un rade devant la gare ; Patrice qui découvre une grenade boche dans les gravas de maisons démolies, et entreprend de voir ce qu'elle a dans le ventre... Et les pères, excités par les vins mauvais, s'engueulent dans la fraîcheur du soir...


    Dressée au centre de la ville, comme au carrefour des destins, la pen­dule SNCF sert de point de repère : elle est « le phare des égarés », les héros fragiles qui ont fait l'enfance de l'auteur.


    Avec une mélancolie rentrée, Philippe Lacoche fait revivre un petit monde de fraternité, non formulée, mais bien réelle.

  • Septembre 1968 : Delphine, couettes blondes, K-way vert, fait sa rentrée dans le collège d'une petite ville ouvrière. Jérôme entre en 5e. Pour lui, c'est le coup de foudre : il se prend pour le grand Meaulnes ; elle sera son Yvonne de Galais. Elle l'ignore tout d'abord, et leur amour mettra quelques années à éclore.
    Bien des années après, Jérôme, sexagénaire fatigué et mélancolique, revient sur les lieux de ce premier amour. Tout a changé. Pourquoi leur histoire a-t-elle tourné court ? Serait-ce à cause de Jean Martin, étrange séducteur au visage meurtri et douloureux, passionné de théâtre, qui s'était inséré au sein de leur couple ? Ou à cause de leurs oncles, chefs locaux de la Résistance, gardiens jaloux de leur passé ?
    Pour lever ces mystères et calmer ses remords, un matin de décembre 2012, Jérôme prend sa voiture et part retrouver Delphine et les lieux clés de leur amour. Vite, agir avant que la neige ne recouvre tout de son silence... Peut-être n'est-il pas trop tard pour comprendre ?

  • « Je me souviens de l'odeur de la ruelle, quand il pleuvait sur la poussière, le soir, après les chaudes journées d'été. Elle se mêlait à celle, un peu âcre, du sureau qui émanait des taillis du terrain vague coincé entre le mur orné de tessons usés de la maison de mes parents et la cité Roosevelt (Tergnier, Aisne). Une petite cité provisoire, construite à la va-vite après la guerre, avec des bicoques aux toits recouverts de bitume et aux murs fragiles qu'on défonçait à coups de marteau. »


    Au début des années 1960, sur ce terrain de jeu que recouvre le béton, les gamins du quartier, fils de cheminots, d'ouvriers et d'épiciers, organisent des concours de billes, des matches de football à la sortie de l'école et de fabuleuses parties de pêche dans le canal. Et ils obser­vent avec étonnement la rudesse du monde des adultes troublé par la lointaine guerre d'Algérie : les jeunes appelés qui disparaissent là-bas, l'arrivée des pieds-noirs...


    Philippe Lacoche fait revivre, avec une grande sensibilité, toute une époque qui sentait le linoléum et le tabac blond des Balto.

  • Découvrez , le livre de Philippe Lacoche. " Sur la paille ". Vu son luxe, rarement résidence pour cochons âgés aura plus mal porté son nom. Qu'ont-ils donc fait pour mériter pareil sort ? Que des choses honorifiques. Certains sont de purs héros, d'autres de véritables stars; d'autres encore se sont distingués par une conduite exemplaire, une déclaration stupéfiante, un geste hors du commun. Ces porcs très célèbres se devaient d'éviter de finir en côtelettes, en boudin, en saucisson ou en rôti dominical. "Sur la paille", paradis des vieux cochons ? C'est indéniable, et ce n'est que justice. Il fallait un lieu mythique, féerique pour accueillir ces animaux merveilleux. Leurs vies sont des contes qui valent leur pesant de saindoux.
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  • rico est là, sous la dalle, au cimetière.
    son visage de gitan dégaine un sourire grinçant sur la photo de l'ovale sépia qui orne sa tombe. rico est mort. mais de quoi au juste ? le narrateur va mener l'enquête pour le savoir. on le suit alors pas à pas dans sa vie d'accordéoniste de bal musette au coeur des années soixante-dix, dans la picardie profonde. une vie émaillée de regrets amers.


  • lady b est un long poème pop et érotique interprété sur scène par un groupe rock.
    c'est aussi un concept album joint au livre. il s'agit du portrait d'une femme et de ses aventures singulières avec le narrateur, un stendhalien au regard froid. ces aventures se conjuguent aussi avec cosette, une adorable lolita qui est à " leur service ", et avec roger, un ours acheté chez ikéa, qui se révèle un voyou invétéré. des pérégrinations libertines, dadaïstes et franchement rock'n'roll.

  • Elle revient de Paris. Elle lui apprend qu'elle a rencontré un autre homme.
    Lui est près du feu.
    Dehors, il fait déjà presque nuit. C'est la fin de l'automne. Il est 18 heures.
    Le compte à rebours a commencé : il se donne vingt-quatre heures pour tenter de la convaincre de rester auprès de lui.
    D'interrogations en souvenirs, d'éclats de voix en pardons, les deux amants se déchirent, se consolent, s'éloignent, pour mieux se retrouver, se plongent dans le passé pour éviter de voir l'avenir.
    Ce couple en péril tente de comprendre, de répondre à la question, celle que tous se sont un jour posée : comment en sommes-nous arrivés là ?

  • Prix Populiste 2000 pour HLM, recueil de nouvelles déjà publié au Castor Astral, le romancier Philippe Lacoche (qui connaît le succès avec Des Rires qui s'éteignent, éditions Écriture, présent sur plusieurs listes de prix en 2012) est avant tout reconnu comme nouvelliste.
    Avec Au fil de Creil, il donne un aperçu de son savoir-faire en la matière. Six nouvelles ancrées à Creil, ville de l'Oise, ville autant picarde que ville de banlieue, ville méconnue qui, pourtant, possède ses richesses patrimoniales et humaines. Ville qui l'a inspiré. Mais qu'on ne s'y trompe pas : les six histoires de ce nouveau livre n'ont rien de régionaliste ; elles sont universelles. Exemple : celle de Roberte, dame mûre - ancienne maîtresse de Victor Bruges, écrivain mythique, hussard élégant - qui fait la connaissance d'un jeune auteur passionné, lui aussi, de l'homme de lettre adulé. Celle d'une dentiste qui porte le nom d'une pin-up des seventies qui posait dans Lui et Playboy ; elle faisait rêver le narrateur qui épuisait sa belle santé d'adolescent à mater les formes voluptueuses de la dame sur les posters des revues fétiches. La dentiste serait-elle cette pin-up qui pourrait être Françoise Arnoul ou Catherine Rouvel ? Celle de Prunelle, jeune femme fantasque qui s'est mis dans l'idée de se faire fabriquer un soutien-gorge en bois sur mesure. Elle contacte un menuisier de Creil, concupiscent et vicieux, qui la pelote. Prunelle se rebelle ; ils se battent. Un incendie se déclare qui, à un téton près, eût pu embraser la ville entière. Celle d'amours interdites qui débutent par cette phrase prononcée en gare de Creil : « J'embrasse une brosse. » Des histoires aussi cinglées que réjouissantes et brillantes. Philippe Lacoche s'impose décidément comme un des tout meilleurs nouvellistes français.

  • Lors d'une séance de signature de son dernier livre à Amiens, le narrateur apprend que Clara, une jeune fille qu'il a aimée, est morte depuis vingt ans. Il la croyait mariée, mère de famille. Il éprouve un choc... Il la revoit, gaie, délurée, apprentie hippie au cours des seventies, au côté de son amie Katia, morte elle aussi dans un accident de voiture.
    Le narrateur, perturbé, erre dans la ville, et finit par appeler son copain Pierrot qui, lui aussi, les a connues. Les deux amis se retrouvent, se remémorent des souvenirs. Les boums. L'histoire amoureuse du narrateur et de Clara. Puis sa liaison avec Katia.
    Un jour, un représentant de commerce, vulgaire, aviné, se vante d'avoir « cueilli » une jeune auto-stoppeuse qui s'est offerte à lui.
    C'était Clara. Le narrateur la revoit un peu plus tard, vers 1980, amaigrie, au Golf Drouot, à Paris, une nuit. Ce fut là leur dernier contact.
    Le narrateur s'apprête à quitter la maison de Pierrot. Il s'enfonce dans la nuit.
    Dans le silence où se balancent, ballottés par le vent, les rires de Clara et de Katia.
    Comme des rires qui s'éteignent.

  • « Babe est très distinguée ; c'est aussi pour cela que je l'estime beaucoup. J'aime sa façon de tenir le journal entre l'index et le majeur ; j'aime quand la lumière du soir se reflète dans l'ébène de ses yeux.
    Babe n'est pas titulaire d'une beauté fade ; souvent, je l'en félicite. Son nez aquilin témoigne d'un caractère qui, doux la plupart du temps, sait aussi s'affirmer en cas de nécessité. Babe, à présent, a vingt-cinq ans et vous le fait savoir. Elle tient à sa liberté de jeune lionne comme à la pointe de ses tétons. Gare à celui qui voudrait l'en priver.
    Babe ne ferme jamais la porte quand elle est aux toilettes ; c'est un signe d'ouverture d'esprit. Impudeur émouvante.
    Babe aime l'amour, le plaisir et les hommes. Elle est assez intelligente pour n'avoir rien contre les filles. C'est une qualité qui dégage de l'horizon les nuages de la morale, et laisse entrevoir de délicieux plaisirs.
    Aimer Babe contribue à tuer la banalité de l'existence. »

  • Hlm

    Philippe Lacoche

    Découvrez HLM, le livre de Philippe Lacoche. Ces nouvelles braquent leurs caméras sur des cités HLM, quelque part là-bas, en Picardie. Elles examinent des fragments de vie dans le biotope urbain. La drogue, le football, le chômage, la solitude, mais aussi quelques grands traumatismes, comme la guerre d'Algérie ou celle de 40. Chacun ressasse son amertume ou peaufine sa vengeance sous le crachin poisseux balayant les gares de triage, les écluses, les péniches glissant dans le brouillard. Les nouvelles de Philippe Lacoche pourraient être noires, elles ne sont que grises comme le béton des Habitations à Loyer Modéré, comme l'âpre quotidien. Ces bouleversantes histoires de sans-grade et de héros claudicants, ces existences essorées révèlent avant tout une profonde humanité.

  • Découvrez , le livre de Philippe Lacoche. Roussel a perdu un ?il et il lui manque le pouce et l'index à la main droite. A l'âge de dix ans, il avait découvert une grenade, oubliée dans un champ, en Provence. Intrigué, il eut l'imprudence de la frapper avec un marteau. L'explosion l'a rendu infirme. L'enfant blessé devient un jeune homme rebelle, farouche. Mais il ne veut pas se considérer comme une victime. Sa passion pour la photographie devrait le sauver. Il commence une carrière difficile. Photos érotiques, photos de plage, la médiocrité le guette. Enfin il rencontre Marie, son grand amour.
    Le malheur le frappe à nouveau. Marie disparaît. Fou de douleur, il regarde le soleil en face lors d'une éclipse. C'est comme s'il regardait sa propre mort. De tous ses clichés, un seul va échapper au désastre, un portrait de Marie.
    Philippe Lacoche, romancier délicat et nostalgique, peintre du Nord des petites gens, a élargi ici sa palette. En s'éloignant des bals populaires et des virées en scooter, il cède aux charmes désenchantés de la passion et du romanesque.

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