Pierre Vidal-Naquet

  • Tout le monde a entendu prononcer le nom d'homère, tout le monde connaît les principaux personnages de l'iliade et de l'odyssée, ces deux livres qui sont la première pierre de notre culture européenne et à l'origine de notre littérature- la tragédie via l'iliade, la comédie via l'odyssée.
    Pierre vidal-naquet explique le mystère du (ou des) homère(s) ; il établit la cartographie des lieux de bataille, d'étape ou de voyage ; il montre comment homère décrit les prémices de la société démocratique, les rapports entre citoyens libres et esclaves, entre " grecs civilisés " et " barbares ", entre hommes et dieux ; il décèle ce que les textes nous disent du combat, de la mort, de l'au-delà, du pouvoir et de ses sortilèges.
    Le livre de pierre vidal-naquet n'est pas seulement la leçon d'un historien familier depuis un demi-siècle de l'univers grec, mais la meilleure et la plus simple façon de comprendre d'où nous venons.

  • Le 11 juin 1957, Maurice Audin, mathématicien, assistant à la faculté des sciences d'Alger, membre du Parti communiste, était arrêté par les parachutistes du 1er R.C.P. Le 21 juin, selon ses gardiens, il se serait évadé. Nul ne l'a plus revu vivant et Henri Alleg, l'auteur de La Question, fut un des derniers à l'avoir vu pendant sa détention, alors qu'il venait d'être torturé. Jusqu'à la fin de la guerre d'Algérie et au-delà, face à la justice, les auteurs de ce rapt maintinrent, général Massu en tête, qu'Audin s'était effectivement évadé. Un comité Audin se constitua à Paris et décida de faire une enquête. En mai 1958, Pierre Vidal-Naquet, dont ce fut le premier travail historique, publiait, aux Éditions de Minuit, L'Affaire Audin. Il y démontrait que l'évasion était une imposture et émettait l'hypothèse qu'une comédie avait, effectivement, été jouée, dans laquelle un officier de parachutistes avait joué le rôle principal. Quant à Maurice Audin, il était mort au cours d'une séance de tortures. Il n'était pas un musulman que l'on pouvait passer par profits et pertes, il fallut bien camoufler sa mort.
    L'enquête judiciaire, menée d'abord à Alger, fut transférée à Rennes, où fut jadis jugée l'affaire Dreyfus, et se prolongea jusqu'en 1962. Dans le présent livre, l'ouvrage de 1958 est réimprimé intégralement, avec quelques précisions supplémentaires. Pierre Vidal-Naquet a eu accès non seulement aux dossiers des enquêtes successives, mais aux archives conservées sur cette affaire au ministère de la justice. Ces archives permettent, pour la première fois, de faire l'histoire de l'affaire, avant le délai habituel de cinquante ans. On verra donc non seulement comment Audin a disparu, comment l'enquête confirma l'hypothèse de 1958, mais surtout comment l'autorité judiciaire, du juge d'instruction au ministre, en passant par les procureurs généraux, réussit à éviter que ce crime soit jamais jugé. Ce livre est donc l'histoire tout à la fois d'un meurtre et d'un déni de justice. Le meurtrier, un lieutenant de l'armée française, qui étrangla Maurice Audin le 21 juin dans l'après-midi, prit sa retraite comme colonel, en 1981, avec le grade de commandeur de la Légion d'honneur. L'affaire Audin ne fût pas l'affaire Dreyfus et la vérité ne triomphe pas, mais elle fut, en un sens, plus : le révélateur d'une société démocratique en crise. Par-delà la guerre d'Algérie, la mort d'Audin nous interpelle encore aujourd'hui.


  • " face à un eichmann réel, il fallait lutter par la force des armes et, au besoin, par les armes de la ruse.
    face à un eichmann de papier, il faut répondre par du papier. nous sommes quelques-uns à l'avoir fait et nous le ferons encore. ce faisant, nous ne nous plaçons pas sur le terrain oú se situe notre ennemi. nous ne le "discutons pas", nous démontons les mécanismes de ses mensonges et de ses faux, ce qui peut être méthodologiquement utile aux jeunes générations. " ces lignes, qu'écrivait en 1981 l'historien pierre vidal-naquet, gardent toute leur actualité.
    robert faurisson et ceux qui nient avec lui la réalité du génocide hitlérien n'ont pas désarmé, et certains médias continuent à réserver un accueil surprenant à leurs thèses délirantes. comprendre comment une telle aberration a pu voir le jour est donc plus que jamais nécessaire. tel est le but des essais réunis dans ce livre. " face au "révisionnisme", plus efficace qu'une législation d'exception, qui a alimenté en bois le bûcher, pierre vidal-naquet a ciselé une arme parfaite : les assassins de la mémoire.
    faites-le lire autour de vous, apprenez-le par coeur, pour le contenu et la méthode. " le figaro " le combat que pierre vidal-naquet livre contre les "assassins de la mémoire" est sans doute le plus difficile de ceux qu'il a eu à mener, parce que le plus douloureux. car la mémoire qu'ils assassinent, c'est la mémoire commune de notre xxe siècle et la plus insoutenable. on appréciera d'autant plus la force d'un livre qui ne cède à aucun moment aux facilités de la confidence, de l'émotion ou de l'invective [.
    ]. par son acuité, sa transparence, cette leçon de méthode devrait rendre confiance à tous ceux qui en venaient à se demander si le métier d'historien a encore un sens. si vous voulez savoir tout ce qui se cache derrière le "point de détail" de jean-marie le pen, lisez pierre vidal-naquet. " le nouvel observateur.

  • Ce livre commence aux environs de 355 av. J.-C., lorsque Platon rédige le Timée et le Critias. Assurément Platon a puisé dans la culture de son temps, d'Homère à Hérodote et Thucydide, mais le mythe du continent perdu, inséparable d'une Athènes également imaginaire, est son oeuvre propre. Reste que le mythe a connu d'incroyables développements, dans l'Antiquité d'abord, et a littéralement explosé à la Renaissance, singulièrement après la découverte de l'Amérique, rapidement identifiée par certains au continent imaginé par Platon. D'autres, peu nombreux, résistèrent, dont le plus remarquable est Montaigne. Les nationalistes s'emparèrent du sujet, de l'Espagne à la Suède et de l'Italie à l'Allemagne, singulièrement à l'époque hitlérienne. Les savants cherchèrent à expliquer par le continent perdu tantôt l'histoire de la planète, tantôt la préhistoire minoenne de la civilisation grecque. Les personnages de Jules Verne la visitèrent ou la reconstruisirent. Dans le " ghetto modèle " de Theresienstadt, un poète et un musicien identifièrent avec l'empereur de l'Atlantide le despote qui les incarcérait avant de les tuer. Il était temps que cette longue histoire fût écrite en français.

  • Une analyse de la démocratie grecque par un historien de l'Antiquité pour qui aucun document ne dispense l'historien de donner sa propre définition de ce qu'est l'histoire grecque.

  • « Ce petit livre est destiné à rappeler les crimes de l'armée française. Je dis bien de l'armée française, non de quelques officiers. Même si la majorité de l'armée a occupé le terrain plus qu'elle n'a torturé ou massacré [...], elle n'a jamais désavoué ceux qui égorgeaient, coupaient les têtes, mutilaient les femmes, les hommes et les enfants d'«en face» ».
    Cet ouvrage est un document contre l'oubli. À l'heure où la question de la torture pratiquée par les militaires français pendant la guerre d'Algérie revient sur le devant de la scène politique, la réédition de cet ouvrage, publié pour la première fois en 1975, offre une nouvelle occasion de regarder la vérité en face et de reprendre un travail jusqu'à présent inachevé : celui de la mémoire.
    Document exceptionnel, Les Crimes de l'armée française rassemble en effet des textes émanant des autorités militaires, politiques et administratives françaises et des témoignages d'officiers et de soldats. Ils apportent la preuve de ces crimes dont l'armée française s'est rendue coupable en Algérie, mais aussi en Indochine, et dont les responsables ont tous été amnistiés sans avoir même jamais été sérieusement inquiétés.

  • Les juifs, la mémoire et le présent.

    Sous ce titre ont paru, en 1981 et 1991, deux recueils rassemblés ici. y sont regroupés des textes très divers : articles scientifiques sur les crises et les affrontements qui ont ébranlé le judaïsme, du iie siècle avant notre ère aux négateurs du grand massacre du xxe siècle. sont également repris des préfaces à des ouvrages de passion et de raison, des reportages en israël, des prises de position dans la presse quotidienne ou hebdomadaire.

    Il se trouve que pierre vidal-naquet, qui a choisi le monde antique gréco-romain comme l'objet d'études historiques, est aussi un juif. en tant que tel, il s'efforce de penser dans l'histoire, la mémoire, le présent, le destin des siens : journaliste ou historien de métier, c'est un même homme qui a écrit tous ces textes au nom d'un même engagement existentiel.

  • Le choix de l'histoire

    Pierre Vidal-Naquet

    • Arlea
    • 8 Février 2007

    Faire de l'histoire, c'était, à mes yeux, réfléchir sur la totalité. Il m'apparaissait que c'était le meilleur moyen de m'intéresser à tout ce qui me passionnait : l'histoire elle-même, bien entendu, la philosophie et la littérature, c'est-à-dire la poésie, le roman et le théâtre. Ce qui fait de Pierre Vidal-Naquet l'historien que l'on connaît, c'est son obstination à chercher, puis à dire la vérité et la justice dans un monde parfois hostile, et toujours confus. Son engagement fut complexe dès l'origine, car, s'il embrassa avec enthousiasme l'histoire ancienne - de la tragédie et de la représentation dans le monde grec -, il vécut l'histoire contemporaine avec passion, comme en témoignent L'Affaire Audin, La Raison d'Etat, La Torture dans la République. Le Choix de l'histoire montre comment Pierre Vidal-Naquet a su trouver un véritable équilibre entre son engagement politique et sa profession, entre la tragédie et la mémoire.

  • La torture a été officiellement abolie en france en 1788.
    La révolution n'en usa pas, ni l'empire. en 1959, pourtant, quatre étudiants portaient plainte à paris, pour avoir subi la question des mains de policiers en service, rue des saussaies, à deux pas de l'elysée. encore ne représentaient-ils qu'un cas parmi les milliers qu'on aurait découverts au même instant dans ces départements français que formait alors l'algérie.
    Comment en était-on arrivé là ? historien, pierre vidal-naquet est animé d'une passion, celle de la justice.
    Il démonte ici la logique d'un système qui, une fois mis - ou plutôt remis - en marche, est bien difficile à bloquer. comme il paraît tentant en effet, lorsqu'on est persuadé d'avoir raison, d'user de sa force pour écraser le " rebelle " désarmé ! raison d'etat. c'est précisément contre cette forme de régression que les hommes ont inventé le droit. on voit dès lors oú se situe le combat véritable, et comment, même gagnées, les " batailles d'alger " sont toujours des défaites.

  • Le premier tome de ces Mémoires, de la naissance de l'auteur en 1930 à son agrégation en 1955, esquisse le portrait d'une jeunesse dominée par la disparition à Auschwitz des parents, Margot et Lucien. Le second volume raconte la vie d'un homme pleinement engagé dans ses travaux universitaires et dans l'actualité de son temps et de ses conflits. Le récit d'une quête acharnée et quotidienne de la clarté, d'une volonté permanente de chercher et de dire la vérité et la justice dans un monde trouble et confus. On verra ainsi défiler quelques épisodes célèbres de notre histoire contemporaine, de l'affaire Audin (1957) à l'affaire Faurisson (1980) dont l'auteur fut l'un des protagonistes.
    Le récit lui-même fait l'objet d'une critique au fil de la plume, occasion pour Pierre Vidal-Naquet de dénoncer jusqu'à ses propres erreurs ou ses propres imprécisions.

    Pierre Vidal-Naquet (1930-2006) Historien, il a été directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, et directeur du Centre Louis Gernet, fondé par Jean- Pierre Vernant. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la Grèce ancienne et sur l'histoire contemporaine.

  • Les Grecs ont inventé la politique. On peut le dire sans crainte, dans la mesure où la politique implique non seulement le débat - d'autres sociétés l'ont pratiqué - mais le suffrage, la loi commune écrite, la résolution des antagonismes par des joutes verbales, et le vote des décisions auxquelles on peut donner une forme publique écrite. Les dieux sont évoqués en tête des plus anciens décrets, mais ce sont les hommes réunis en assemblée ou en conseil qui décident.
    Parmi les Grecs, les Athéniens ont inventé la tragédie, ce « fait social total » comme aurait dit Marcel Mauss, à la fois esthétique, littéraire et religieux.

  • le premier tome de ces mémoires esquissait le portrait d'une enfance, d'une jeunesse dominée par la disparition à auschwitz des parents, margot et lucien.
    ce second volume raconte la vie d'un homme pleinement engagé dans ses travaux universitaires et dans l'actualité de son temps et de ses conflits. voici le récit d'une quête acharnée et quotidienne de la clarté, d'une volonté permanente de chercher et de dire la vérité et la justice dans un monde trouble et confus. on verra ainsi défiler quelques épisodes célèbres de notre histoire contemporaine, de l'affaire audin (1957) à l'affaire faurisson (1980) dont l'auteur de ce livre fut l'un des protagonistes.
    le récit lui-même fait l'objet d'une critique au fil de la plume, occasion pour pierre vidal-naquet de dénoncer jusqu'à ses propres erreurs ou ses propres imprécisions.

  • L'histoire " ne va pas de soi ".
    Depuis plus de quarante ans, Pierre Vidal-Naquet a montré, à travers de nombreux ouvrages, qu'un récit historique n'est jamais univoque, mais qu'il parle par des voix multiples. De plus, la lecture de chaque récit a elle-même évolué au cours des siècles, en fonction des préoccupations idéologiques et politiques de chaque époque. Le spécialiste de la Grèce antique s'est donc fait parfois aussi médiéviste, ou dix-huitiémiste ou contemporanéiste...
    C'est cette relecture permanente que Pierre Vidal-Naquet nomme le " grand écart ".
    Le présent ouvrage réunit deux ensembles de textes, écrits dans cette perspective au cours des vingt dernières années. Le premier ensemble étudie trois des principaux historiens grecs antiques (Hérodote, Thucydide et Diodore), à travers les lectures qu'en ont faites les temps modernes. L'auteur y éclaircit entre autres le rôle de deux grands épisodes fondateurs de l'histoire européenne : le mythe platonicien de l'Atlantide et l'épopée bien réelle d'Alexandre, modèle de la monarchie absolue.
    Les articles du second ensemble concernent la réappropriation de la démocratie athénienne par les Européens au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, entre le temps des Lumières et celui des Romantiques.
    La Cité grecque antique y devint un horizon politique pour les révolutionnaires français aussi bien que pour les combattants grecs qui luttaient, tel le général Macriyannis, pour libérer leur pays de l'occupation turque.

  • Publié en 1993, cet essai réagissait à une investigation frauduleuse sur Jean Moulin, premier président du Conseil national de la Résistance, mort sous la torture en juillet 1943. Ce journalisme à scandale affirmait alors que Jean Moulin, héros national inhumé au Panthéon, avait été un agent soviétique dès le début des années trente. De nombreux intellectuels ont répondu à cette accusation absurde. Mais cette affaire soulève d´autres questions que Pierre Vidal-Naquet analyse ici : peut-on, et surtout, a-t-on le droit de critiquer nos héros nationaux ? Quel sens confère-t-on au Panthéon ? Pourquoi la critique du « mythe Jean Moulin » par la résurrection d´un autre mythe - celui de Jean Moulin communiste - a-t-elle eu un impact aussi fort ? Remontant à l'Antiquité et à la création du Panthéon sous la Révolution française pour retracer la longue histoire qui va des héros aux saints, l'auteur décrit le processus de construction du mythe. Et il explique la démarche erronée qui transforme Jean Moulin en « homme du Parti communiste », mythe créé dès 1950 par Henri Frenay.


  • " le chasseur noir "", titre d'un chapitre de ce livre - devenu un classique depuis sa parution en 1981-, est un personnage de la mythologie grecque : c'est un jeune homme qui part à l'aventure pour subir l'initiation, qui s'emploie aux techniques de la ruse, mais qui disparaît pour ne plus revenir.
    par là, l'auteur entend montrer qu'il aborde le monde grec, non par la voie royale de l'agora, de l'assemblée du peuple et de la plaine, mais par celle des marges: les jeunes gens, les femmes, les artistes, les esclaves, les lointains de la cité. il s'agit pourtant d'une entreprise globale la pensée grecque - celle des poètes, des mythologies, des philosophes - et la société grecque sont ici étudiées dans leur liaison, pour l'effet de miroir qu'elles exercent l'une sur l'autre, tant l'une est incompréhensible sans l'autre.
    les textes rassemblés ici abordent quatre thèmes principaux l'espace et le temps ; les jeunes et les guerriers ; les femmes, les esclaves et les artisans ; la cité pensée et la cité vécue. ainsi apparaît l'unité de l'ensemble, fondée sur la mise en rapport de ce qui semble a priori séparé. au terme du livre, bien des rapprochements inattendus apparaissent comme nécessaires et prennent ce qu'il est convenu d'appeler un sens.
    ces études ont en effet une ambition commune : montrer qu'il y a un sens. c'est là une entreprise qui concerne un tout autre public que celui des seuls spécialistes du monde grec. " l'approche de pierre vidal-naquet est surtout anthropologique [. ]. il s'agit d'atteindre, à partir d'analyses très savantes et subtiles des textes, les fondements primitifs de la vie sociale, intellectuelle et politique grecque.
    " le monde.

  • Histoire de l'humanite

    Pierre Vidal-Naquet

    • Fayard
    • 9 Décembre 1992

    Sous la direction de Pierre Vidal-Naquet, une équipe d'historiens - pour la plupart collaborateurs de l'École des Annales - et un groupe de cartographes animé par Jacques Bertin offrent au grand public une histoire de l'humanité, de la Préhistoire à nos jours. Le déroulement chronologique est interrompu, quand cela s'impose, par la synchronie qui rapproche les continents : Rome et la Chine, l'Amérique et l'Europe. Une histoire des Etats, des frontières, des guerres et des périodes de paix, mais aussi des sciences et des arts, dans la longue durée comme dans les temps courts.

    Sur chaque double page, le lecteur trouvera :

    - Des cartes qui fixent graphiquement le moment décisif d'une société sous différents aspects (frontières, conquêtes, ressources naturelles, évolution démographique).

    - Un texte qui explique la logique d'une époque, d'une société (évolution politique, guerre, prospérité, crises et réformes).

    - Une chronologie qui donne très clairement les repères, les dates, les événements importants pour la période étudiée.

    - Une illustration en couleurs à la fois séduisante et représentative.

    Autour de ces quatre registres, de page en page, c'est toute l'histoire de l'humanité qui est retracée, des temps obscurs à l'époque contemporaine. Cet atlas constitue une prodigieuse source de connaissances, utile à tous.

  • Pourquoi ai-je accepté de présenter au public ce livre terrifiant, qui jette une lumière crue sur le massacre subi par les Kurdes entre mars et septembre 1988 ? D'abord, bien entendu, parce qu'il s'agit d'un livre d'histoire, fondé sur des sources irrécusables, quatorze tonnes de documents émanant de la bureaucratie irakienne, des documents qui ne sont pas codés comme les documents nazis, ou qui le sont très rarement.
    A ces documents qu'il fallait classer, traduire, interpréter, s'ajoute l'enquête sur le terrain menée par les hommes et les femmes de Human Rights Watch, organisation humanitaire américaine, qui veille à l'application des droits élémentaires, un peu partout sur la planète. Les documents étudiés par la section du Moyen-Orient de Human Rights Watch permettent de faire l'histoire de ce qui s'est passé dans le Kurdistan irakien de mars à septembre 1988 : arrosage de villes et de villages au gaz, massacre des hommes, des femmes et des enfants, établissement de camps de concentration, de prisons parfois meurtrières, fusillades en masse, tortures diverses.
    Ils permettent, grâce aux enquêtes qui les accompagnent, non, bien évidemment, de faire parler les morts, mais de reconstituer nombre d'histoires individuelles, celles de femmes et d'hommes qui ont échappé aux assassins. Si cette étude ne laisse aucun doute sur la volonté de tuer, elle permet de voir que, même au sein de la bureaucratie, de l'armée et de la police irakiennes, il y eut des hommes qui surent se comporter avec humanité.
    Il ne s'agit pas de condamner un peuple, mais d'analyser une pratique qui fut, je le dirai aussi nettement que possible, monstrueuse. Et pourtant personne n'a enlevé Saddam Hussein pour le traduire devant la Cour de justice internationale de La Haye.

  • A l'heure où l'on s'interroge à nouveau sur les relations d'origines entre judaïsme et christianisme, où des formes nouvelles d'antisémitisme se manifestent, la réflexion de Jacques Maritain apparaît comme un apport majeur.
    Dans cette Europe des années trente, assombrie par les persécutions antisémites, il est bien peu d'intellectuels chrétiens pour les refuser avec la vigueur nécessaire. Le philosophe Jacques Maritain sera le premier d'entre eux... Avant un Mauriac ou un Bernanos, il ose rompre le silence au sein d'un catholicisme français encore marqué par l'Action française et les souvenirs de l'affaire Dreyfus. Car pour Maritain, l'antisémitisme est inacceptable, et même impossible au sens propre du terme.
    Au nom de sa foi, au nom de ce mystère d'Israël dont il ne cesse d'approfondir le sens, il récuse toute forme de racisme biologique, tout en alertant la conscience assoupie de ses contemporains. Ce volume rassemble les principaux écrits de Jacques Maritain dénonçant l'antisémitisme et intègre les diverses réactions des intellectuels de l'époque à ses prises de position courageuses André Gide, Lucien Rebatet, Marcel de Corte ou Emmanuel Levinas.
    Les textes du philosophe sont précédés d'une longue présentation de Pierre Vidal-Naquet : " Jacques Maritain et les Juifs ", tout à la fois biographie intellectuelle et contribution à l'histoire contemporaine, qui éclaire d'un jour nouveau le rôle prophétique de Maritain.

  • Ce premier volume des Mémoires de Pierre Vidal-Naquet parcourt ses vingt-cinq premières années, de sa naissance en 1930 jusqu'à son agrégation, en 1955 : la guerre d'Algérie, qui prendra tant de place dans sa vie, était commencée.

  • Le premier tome de ces Mémoires esquissait le portrait d'une enfance, d'une jeunesse dominée par la disparition à Auschwitz des parents, Margot et Lucien.
    Ce second volume raconte la vie d'un homme pleinement engagé dans ses travaux universitaires et dans l'actualité de son temps et de ses conflits. Voici le récit d'une quête acharnée et quotidienne de la clarté, d'une volonté permanente de chercher et de dire la vérité et la justice dans un monde trouble et confus. On verra ainsi défiler quelques épisodes célèbres de notre histoire contemporaine, de l'affaire Audin (1957) à l'affaire Faurisson (1980) dont l'auteur de ce livre fut l'un des protagonistes.
    Le récit lui-même fait l'objet d'une critique au fil de la plume, occasion pour Pierre Vidal-Naquet de dénoncer jusqu'à ses propres erreurs ou ses propres imprécisions.

  • La démocratie grecque vue d'ailleurs. Titre un peu étrange, à première vue, pour ce recueil d'essais qui rassemble des textes sur Homère, Platon, la Grèce mycénienne, l'Atlantide aussi bien que le despotisme, la Révolution française et Ernest Renan... En fait, la réflexion sur le système démocratique n'a jamais cessé d'être au coeur du travail de Pierre Vidal-Naquet.
    Ailleurs social : on retrouvera dans ces pages l'étude des femmes, des esclaves, des étrangers, ou d'autres exclus de la Cité, qui permet d'en comprendre le noyau central.
    Ailleurs temporel : la Cité grecque s'oppose à des formes politiques qui l'ont précédée et que nous lisons aujourd'hui à travers elle. Toute cité n'était pas démocrate, et Sparte, sa contemporaine, est à l'opposé d'Athènes. Enfin, de réalité vivante, la démocratie grecque est devenue représentation.
    L'ailleurs intellectuel commence avec les critiques de la démocratie, il se poursuit avec le christianisme, il se prolonge avec la découverte, au XVIIIe siècle, des valeurs démocratiques, à travers l'époque révolutionnaire et les lectures que Marx et Renan donnèrent de l'héritage grec.
    Egalement, tout discours historique voit ce dont il parle d'ailleurs, il est dans l'historiographie. Moses Finley et Arnaldo Momigliano sont sans cesse présents dans ces pages car ils ont été des interprètes privilégiés.
    Ces essais forment un itinéraire intellectuel où se retrouvent la richesse et l'unité plurielle du monde grec.

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