Langue française

  • Le capitalisme est le premier régime de l'histoire à acheminer le monde vers un gouffre énergétique qu'il perfectionne en intégrant la contrainte d'efficience énergétique à son axiome initial. La crise énergétique et ses retombées écologiques constituent partout le mur externe du métabolisme capitaliste. Pourtant, la thèse, jamais démentie par le marxisme traditionnel, de la réappropriation des moyens de production par les forces productives, reste largement partagée.
    Dans l'horizon d'un dépassement véritable de la forme de vie capitaliste, l'abolition du travail ne peut que signifier aussi la fin des technologies qui en ont indissociablement accompagné le développement, sous peine de réitérer une énième critique tronquée du capitalisme. Seule une exigence d'émancipation portée jusqu'à cette pointe pourrait à la fois cesser de consumer sans limites le monde matériel et offrir les bases sociales d'une autonomie retrouvée des techniques et des activités de production.

  • La prise de conscience du réchauffement climatique et de la crise écologique en général n'est plus l'apanage des scientifiques ; elle mobilise de plus en plus de citoyens et notamment de jeunes.
    Les injonctions à la responsabilité sont devenues omniprésentes : les citoyens sont invités à consommer de manière « écoresponsable », les entreprises et les gouvernements à « prendre leurs responsabilités », les militants ont des théories diverses sur les « vrais responsables », etc. La responsabilité ne cesse d'être renvoyée des uns aux autres, pendant que la direction d'ensemble reste inchangée. L'actualité pose ainsi la question des responsabilités avec une nouvelle acuité, dans le cadre d'un capitalisme qui se nourrit de toutes les critiques et y intègre l'impératif de développement durable.
    Au-delà d'une obsession pour le calcul de l'empreinte écologique, les enjeux planétaires obligent à réexaminer la forme de solidarité inconsciente de l'individu avec la civilisation dont il est issu. La crise écologique globale fait apparaître à la conscience bourgeoise les termes d'un compromis externalisé jusqu'ici. L'auteure revisite les fondements philosophique et psychanalytique du concept de responsabilité, afin de le dégager de son impasse moralisante. Elle réévalue un certain nombre de discours sur l'origine de la crise écologique et questionne le paradoxe des « solutions » qui ne remontent pas à la constitution même du sujet du capitalisme.

  • La crise du coronavirus sonnera-t-elle le glas du capitalisme, la fin de la société industrielle et consumériste ? Certains le craignent, d'autres l'espèrent. Avec l'épidémie, un facteur de crise inattendu est apparu - l'essentiel n'est pourtant pas le virus, mais la société qui le reçoit.

    Le Covid-19 est l'accélérateur mais pas la cause de l'aggravation de la situation de crise globale de la société capitalise mondiale. Il faut donc tenter de comprendre le lien entre la situation et l'épuisement structurel du capitalisme qu'a mis en lumière la théorie critique de la valeur depuis les années 1960. Le processus de crise fondamentale doit être le point de départ de l'analyse et de la réflexion sur la corona-crise.

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