William Faulkner

  • « oui je le hais je mourrais pour lui je suis déjà morte pour lui je meurs pour lui encore et encore chaque fois que cela se produit...
    Pauvre Quentin elle se renversa en arrière appuyée sur ses bras les mains nouées autour des genoux tu n'as jamais fait cela n'est-ce pas fait quoi ce que j'ai fait si si bien des fois avec bien des femmes puis je me suis mis à pleurer sa main me toucha de nouveau et je pleurais contre sa blouse humide elle était étendue sur le dos et par-delà ma tête elle regardait le ciel je pouvais voir un cercle blanc sous ses prunelles et j'ouvris mon couteau. »

  • « Je lui avais dit de ne pas amener ce cheval, par respect pour sa défunte mère, parce que ça n'a pas bonne façon de le voir caracoler ainsi sur ce sacré cheval de cirque, alors qu'elle voulait que nous soyons tous avec elle dans la charrette, tous ceux de sa chair et de son sang ; mais, nous n'avions pas plus tôt dépassé le chemin de Tull que Darl s'est mis à rire. Assis sur la banquette avec Cash, avec sa mère couchée sous ses pieds, dans son cercueil, il a eu l'effronterie de rire ! »

  • Lumière d'août

    William Faulkner

    «La main allait, lente et calme, le long du flanc invisible. Il ne répondit pas tout de suite. Non qu'il essayât de l'intriguer. Il avait l'air de ne pas se rappeller qu'il devait en dire davantage. Elle répéta la question. Alors, il lui dit :
    - J'ai du sang noir.
    Elle resta étendue, parfaitement immobile, mais d'une immobilité différente. Mais il ne parut point s'en apercevoir. Il était couché, calme aussi et, de sa main, doucement lui caressait le flanc.»

  • Absalon, absalon ! est tout d'abord l'histoire de thomas sutpen et de sa descendance - l'histoire de son dessein : créer une plantation et y établir une dynastie pérenne, en sorte que ne puisse se reproduire la scène où s'origine ce dessein, lorsque le petit garçon qu'il était fut empêché par un esclave noir de franchir la porte d'entrée de la maison du planteur où son père l'avait envoyé porter un message.
    Cette porte-miroir lui renvoie, précisément parce qu'elle est barrée, l'image de son impuissance et de sa précarité de pauvre blanc dans une société où pouvoir, prestige et loisir appartiennent à la classe des planteurs.

  • Pour la première fois, toutes les nouvelles de Faulkner - une centaine d'histoires, dont quelques-unes étaient toujours inédites en français - se trouvent réunies en un volume.
    C'est la première fois aussi que les lecteurs français ont accès à l'ouvrage que l'écrivain avait lui-même constitué en 1950, Collected Stories (Nouvelles recueillies), renonçant à ses recueils antérieurs, Treize histoires et Le Docteur Martino, pour composer, avec leur contenu et dix-sept autres textes parmi ses meilleurs, six sections qui sont autant de facettes de son univers mental et fictionnel. Ce recueil monumental établit définitivement la réputation d'un Faulkner qui, quelques mois plus tard, devait recevoir le prix Nobel et que l'influente New York Times Book Review place alors «au-dessus de tous les écrivains américains depuis James et peut-être depuis Melville».
    Les «Nouvelles non recueillies par l'auteur» et ses «Nouvelles posthumes» s'ajoutent à cet ensemble. On y joint aussi ses premières histoires, parues dans la presse de La Nouvelle-Orléans en 1925 et dont la lecture dans l'ordre chronologique permet d'assister à la naissance d'un écrivain ; ses deux contes, l'un destiné aux enfants, l'autre (avec d'autres intentions) à une jeune fille plus avancée en âge ; et deux textes inclassables, à mi-chemin entre la fiction et l'autobiographie : le splendide «Mississippi», qui évoque par endroits les plus belles pages des sections narratives de Requiem pour une nonne, et «Et que faire à présent», dans lequel Faulkner réinvente la lignée dont il est le rejeton et se rêve en séducteur contraint de quitter la ville parce qu'«une fille eut des problèmes»...
    On sait que Faulkner composa plusieurs de ses romans en révisant, plus ou moins profondément, des nouvelles préexistantes. Un appendice propose ici la version originelle de celles qui, après de considérables remaniements, entrèrent dans la composition du Hameau et de La Demeure.
    Toutes les traductions ont été révisées par François Pitavy, à qui sont dues, en outre, les versions françaises des nouvelles inédites en français.
    Ce volume complète les cinq tomes de la série des oeuvres romanesques de William Faulkner dans la Pléiade. Il aurait aussi bien pu les précéder, car les histoires courtes de Faulkner constituent une porte d'accès idéale à son oeuvre. Qu'elles soient sérieuses ou tragiques, comiques ou ironiques, voire grinçantes, ou encore à la limite du fantastique, elles exploitent la même «mine d'or» que les romans, ce que l'écrivain appelait son «petit timbre-poste de pays natal» ou son «cosmos personnel» - qui élargit pourtant ici et là ses frontières hors du Yoknapatawhpha. Et, tandis que l'expérimentation formelle y est moins déroutante que dans certains romans, l'inventivité, l'audace, la liberté narrative y sont à leur sommet.

  • C'est le roman de Faulkner où la souffrance atteint peut-être sa plus grande intensité : l'histoire tragique des deux amants est l'une des plus douloureuses qu'il ait écrites, et la mort de Charlotte Rittenmeyer, « le personnage féminin le plus déchirant de Faulkner », devient un récit poignant...
    Le titre est tiré d'un psaume qui rappelle la captivité des Juifs à Babylone. Ce thème de la captivité, de la privation de liberté, littérale ou métaphorique, est central dans le roman.

    Traduction révisée par François Pitavy. Préface et notes de François Pitavy.

  • «L'OEuvre de Faulkner nous apparaît avant tout comme organique et réflexif :Organique : malgré les apparences imposantes du "monument", nul oeuvre n'est moins préconçu que celui-ci, du moins au principe. Une fois plongées profondément ses racines, planté le décor et campés la plupart des personnages, l'oeuvre croît par poussées et rejets, greffes et reprises, explorations successives et réorientations. [...] Mais cette croissance est contrôlée et on y discerne vite une ligne directrice. S'il nous fallait à tout prix exprimer la figure que dessine cet oeuvre qui constamment se cherche et revient sur lui-même pour s'élever à nouveau, c'est celle de la spirale que nous choisirions. [...] Réflexif, aussi : il y a chez Faulkner, à un haut degré d'acuité, une conscience quasi-mallarméenne de l'oeuvre. D'une façon ou d'une autre, chaque livre dit qu'il est un acte délibéré constituant une étape dans le déroulement d'un drame qui a nom l'OEuvre même. À cet égard, aucun roman n'est plus révélateur que Tandis que j'agonise.» Michel Gresset.

  • Sartoris

    William Faulkner

    Pour pénétrer dans l'univers du vieux sud qui hante l'oeuvre de faulkner, prix nobel, la meilleure introduction est sans doute sartoris.
    On y trouve le grand thème social de la décadence, après la guerre de sécession. dans une atmosphère lourde de cauchemars, pleine de souvenirs du passé et de mystères jamais élucidés, apparaissent les principaux personnages de la saga faulknérienne et, au premier rang, ces sartoris, héroïques et fanfarons, dont chacun, de mémoire de vivant, n'est mort de façon naturelle.

  • «L'OEuvre de Faulkner nous apparaît avant tout comme organique et réflexif :
    Organique : malgré les apparences imposantes du "monument", nul oeuvre n'est moins préconçu que celui-ci, du moins au principe. Une fois plongées profondément ses racines, planté le décor et campés la plupart des personnages, l'oeuvre croît par poussées et rejets, greffes et reprises, explorations successives et réorientations. [...] Mais cette croissance est contrôlée et on y discerne vite une ligne directrice. S'il nous fallait à tout prix exprimer la figure que dessine cet oeuvre qui constamment se cherche et revient sur lui-même pour s'élever à nouveau, c'est celle de la spirale que nous choisirions. [...] Réflexif, aussi : il y a chez Faulkner, à un haut degré d'acuité, une conscience quasi-mallarméenne de l'oeuvre. D'une façon ou d'une autre, chaque livre dit qu'il est un acte délibéré constituant une étape dans le déroulement d'un drame qui a nom l'OEuvre même. À cet égard, aucun roman n'est plus révélateur que Tandis que j'agonise.» Michel Gresset.

  • La ville

    William Faulkner

    La ville met en scène l'ascension de Flem Snopes, avide de considération plus encore que de richesse, qui, parti d'une gargote sordide, va s'élever lentement dans la hiérarchie de la ville. Mais cette chronique d'un bourg du Mississippi, dévoilée à travers le prisme de trois narrateurs, est aussi une grande et pathétique histoire d'amour dont Eula Snopes, une nonchalante et fatale beauté, est l'héroïne.

    «J'ai pensé à toute cette histoire d'un seul coup, comme un éclair fulgurant illumine le paysage et que vous apercevez tout, mais il faut le temps de l'écrire. J'ai cette histoire en tête depuis environ trente ans.» William Faulkner.

  • Le hameau

    William Faulkner

    Flem snopes, métayer sans fortune, s'introduit dans la famille warner.
    Secret et rusé, il parvient à épouser eula, la fille du vieux will warner, supplantant son rival labove, qui a tenté d'abuser d'elle. sur le triomphe de snopes, qui roule tout le monde, et qui symbolise l'avilissement du sud, s'achève ce premier acte d'une trilogie romanesque qui se poursuivra avec le domaine et la ville.

  • «L'OEuvre de Faulkner nous apparaît avant tout comme organique et réflexif :
    Organique : malgré les apparences imposantes du "monument", nul oeuvre n'est moins préconçu que celui-ci, du moins au principe. Une fois plongées profondément ses racines, planté le décor et campés la plupart des personnages, l'oeuvre croît par poussées et rejets, greffes et reprises, explorations successives et réorientations. [...] Mais cette croissance est contrôlée et on y discerne vite une ligne directrice. S'il nous fallait à tout prix exprimer la figure que dessine cet oeuvre qui constamment se cherche et revient sur lui-même pour s'élever à nouveau, c'est celle de la spirale que nous choisirions. [...] Réflexif, aussi : il y a chez Faulkner, à un haut degré d'acuité, une conscience quasi-mallarméenne de l'oeuvre. D'une façon ou d'une autre, chaque livre dit qu'il est un acte délibéré constituant une étape dans le déroulement d'un drame qui a nom l'OEuvre même. À cet égard, aucun roman n'est plus révélateur que Tandis que j'agonise.» Michel Gresset.

  • L'Intrus dans la poussière - Le Gambit du cavalier - Requiem pour une nonne - Parabole. Appendices : Discours du prix Nobel - Notes sur un voleur de chevaux - Chronologie synoptique du roman - Note sur « Parabole ». Édition d'Alain Geoffroy, François Pitavy et Jacques Pothier, trad. de l'anglais par J. et L. Bréant, Maurice-Edgar Coindreau, André Du Bouchet, Alain Geoffroy, François Pitavy, René-Noël Raimbault et Ch.-P. Vorce et révisé par Didier Coupaye, Alain Geoffroy, Michel Gresset, Claude Lévy, François Pitavy et Jacques Pothier, préface de François Pitavy.

  • Sanctuaire, l'un des romans les plus célèbres de faulkner, racontait l'aventure scandaleuse d'une jeune collégienne américaine, temple drake, séquestrée dans une maison close par un gangster dégénéré, popeye.
    Elle était libérée par l'arrestation de son " protecteur ", condamné quelques mois plus tard et exécuté pour meurtre.
    Sept ans après, temple drake est devenue une bourgeoise américaine, mariée au jeune homme qui fut le responsable de son infamie, et mère de deux enfants. elle a à son service une négresse, ancienne prostituée, nancy mannig?. survient un louche individu qui possède sur la vie passée de temple des renseignements compromettants (des lettres écrites à son frère qui fut l'amant de temple drake, quand elle était pensionnaire du bordel de memphis) et qui la fait chanter.
    Temple est-elle amoureuse de cet homme, ou bien reprise par le goût du vice ? elle décide de s'enfuir du domicile conjugal. pour la retenir, nancy mannigoe imagine un horrible forfait : de ses propres mains elle tue l'un des enfants confiés à sa charge. nancy est condamnée à mort. mais temple, sous la pression de son oncle gavin, avocat de la criminelle, se rend chez le gouverneur pour arracher la grâce de la coupable.
    Elle ne peut y parvenir, mais trouve au moins l'occasion de confesser sa propre turpitude et de se racheter par l'humiliation, première station du long calvaire qui l'attend.
    Telle est l'étrange et dramatique histoire que conte le grand romancier dans cet ouvrage, sorte de roman dialogué dont albert camus a tiré une pièce.

  • Pylône

    William Faulkner

    Elle était arrivée au sol avec sa robe, que le vent avait déchirée ou libérée des courroies du parachute, remontée jusqu'aux aisselles, et elle avait été traînée le long du terrain jusqu'à ce qu'elle fût rejointe par une foule hurlante d'hommes et de jeunes gens, au centre de laquelle elle était maintenant étendue à terre, vêtue seulement, des pieds à la ceinture, de boue, des courroies du parachute et de ses bas.

  • Le domaine

    William Faulkner

    Qui a lu le hameau n'a pas oublié le meurtre de jack houston par mink snopes, le paysan borné qui se venge d'une humiliation, et la longue nuit où l'assassin lutte contre le chien de sa victime avant d'enfouir le cadavre dans le tronc d'un arbre.
    Dans le domaine, troisième et dernier volume de la trilogie des snopes après le hameau et la ville, nous avons une nouvelle version du crime de mink, vu cette fois par l'assassin: la lente montée du ressentiment dans la cervelle obtuse de cette brute. un désir de vengeance qui le place dans la galerie des monstres habités par une seule pensée...

  • Ce volume rassemble trois romans, dans des traductions profondément revues.
    Si je t'oublie, Jérusalem (1939), plus connu sous le titre Les Palmiers sauvages, raconte la vie tragique des amants Harry Wilbourne et Charlotte Rittenmeyer et les aventures héroï-comiques d'un forçat sur le Mississippi en crue. Faulkner y écrit en virtuose : tout lien factuel entre les deux intrigues a disparu ; seuls demeurent les jeux de parallélisme et de contrepoint, d'échos et de miroirs, et les réverbérations infinies de l'ironie.
    Le Hameau (1940), premier volet de la trilogie des Snopes, décrit l'ascension de Flem Snopes grâce à son mariage avec la fille (enceinte) de l'homme le plus riche et le plus influent du village. Faulkner y utilise toutes les techniques de la narration et du «montage» cinématographique pour assembler et reconstruire différentes nouvelles en une éblouissante fresque. - La traduction d'un dactylogramme partiellement inédit de «Père Abraham», première version du roman, est donnée en Appendice.
    Descends, Moïse (1942), roman généalogique qui s'attache aux destinées des McCaslin, est on grand texte palimpseste, méditatif et élégiaque, où se rassemble, se redistribue et se récrit dans une lumière nouvelle la quasi-totalité de l'oeuvre antérieure de Faulkner. - «Lion», nouvelle originale inédite en français, est donné en Appendice.

  • Qu'ils soient mendiants, contrebandiers d'alcool, propriétaire de restaurant pathologiquement jaloux, vagabond simple d'esprit ou menteur éhonté, les personnages de ces Croquis nous sont proches, sympathiques dans leur besoin avide de reconnaissance, d'amour ou de dignité.

    Une série de portraits brossés dans une langue âpre et vibrante d'émotion, par l'un des plus grands écrivains américains.

  • Au centre des plus célèbres nouvelles de William Faulkner, trois portraits de femmes denses et profonds : la tragique Miss Emily, cloîtrée dans sa maison comme dans ses souvenirs ; Minnie Cooper, vieille fille tourmentée par l'indifférence des hommes jusqu'au meurtre, et Nancy, la blanchisseuse noire abandonnée par son mari, dont le jeune Quentin raconte les peurs et les superstitions.
    Un voyage hallucinant au bout de la folie et des passions les plus dangereuses par l'auteur du Bruit et la fureur.
    Quatrième de couverture Au centre des plus célèbres nouvelles de William Faulkner, trois portraits de femmes denses et profonds: la tragique Miss Emily, cloîtrée dans sa maison comme dans ses souvenirs; Minnie Cooper, vieille fille tourmentée par l'indifférence des hommes jusqu'au meurtre, et Nancy, la blanchisseuse noire abandonnée par son mari, dont le jeune Quentin raconte les peurs et les superstitions.

  • Les larrons est le dernier roman de William Faulkner. Il s'agit là d'une histoire heureuse, d'un éclat de rire qui succède à la douloureuse intensité d'une oeuvre presque exclusivement dramatique.
    En 1905, le grand-père de Lucius Priest achète une automobile qui sera parmi les premières à apparaître dans la ville de Jefferson. Pendant une absence de son grand-père, le petit garçon et le chauffeur s'emparent de la voiture et partent pour Memphis. Un passager clandestin apparaît en cours de route : Ned, un domestique noir de la famille. Arrivés à Memphis, Lucien et Boon, le chauffeur, s'installent dans une étrange «pension de famille», dont la tenancière est la Miss Reba de Sanctuaire. Mille péripéties les guettent.
    Ce roman est une sorte de conte de l'âge d'or, un adieu souriant aux personnages qui, pendant tant d'années, ont été les compagnons de chaque jour du grand romancier.

  • L'intrus

    William Faulkner

    - oú essayez-vous d'aller, madame ?
    - a jefferson.

    - jefferson, vous lui tournez le dos, madame.
    - je sais, il a fallu que je fasse un détour à cause d'un arrogant et insupportable nègre qui a mis sans dessus dessous tout le comté, lequel soutient mordicus qu'il a assassiné un blanc.

  • Moustiques

    William Faulkner

    O Le temps d'une croisière au large de la Louisiane, la riche et excentrique Mrs Maurier réunit autour d'elle ses amis artistes... Brocardant la futilité et la médiocrité ordinaires de ces petits "moustiques" blancs, bourgeois et racistes, William Faulkner brosse un portrait réjouissant de la jet-set de son époque, déployant au passage son talent cruellement satirique.

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