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Prix
pierre andre taguieff
-
L'anarchisme ou le fanatisme de la liberté
Pierre-André Taguieff
- Editions de L'Observatoire
- 12 Novembre 2025
- 9791032933688
Considéré tour à tour comme un rêve émancipateur et comme une menace de chaos, l'anarchisme ne cesse de fasciner et de diviser. Dans cet essai brillant et érudit, Pierre-André Taguieff explore tous les visages de la pensée libertaire, de Proudhon à nos jours. Il montre comment l'exigence intransigeante de liberté, véritable « fanatisme » au sens donné à ce terme par André Breton dans son premier Manifeste du surréalisme (1924), se heurte à des tensions internes: entre révolution et utopie, révolte individuelle et projet communautaire, non-violence et « propagande par le fait ». Mais le philosophe retrace aussi la généalogie d'un mot longtemps diabolisé et analyse les représentations dépréciatives qui collent à la peau des anarchistes. Taguieff revisite ainsi toute l'histoire de ce courant protéiforme, des utopies libertaires du début du XIXe siècle aux néoanarchismes contemporains. Il éclaire ses liens complexes avec les avant-gardes artistiques, littéraires et intellectuelles. Sans éluder les zones d'ombre, il montre l'étonnante persistance d'un idéal et d'un imaginaire imperméables aux désillusions, qui n'ont cessé de jouer le rôle d'un « aiguillon » pour la pensée critique. Face aux dérives autoritaires et sécuritaires, ce livre passionnant redonne tout son tranchant à l'exigence libertaire. Il propose une réflexion aussi profonde qu'actuelle sur le refus du conformisme et de la servitude, sur la soif inextinguible d'autonomie et d'émancipation. Le « fanatisme de la liberté » a encore beaucoup à nous apprendre.
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Le Nouvel Opium des progressistes : Antisionisme radical et islamo-palestinisme
Pierre-André Taguieff
- Gallimard
- Tracts
- 7 Décembre 2023
- 9782073063243
S'il est vrai que les passions antijuives se sont mondialisées, c'est avant tout parce qu'elles se sont islamisées. C'est sur la base de cette matrice théologico-politique islamique que s'opère aujourd'hui la démonisation des Juifs. L'islamisation de la «cause palestinienne» fournit à l'antisionisme radical, dont l'objectif est la destruction de l'État d'Israël, sa légitimation. En témoigne l'appel au jihad dans la Charte du Hamas : «Il n'y aura de solution à la cause palestinienne que par le jihad.» Pour l'extrême gauche occidentale, la «cause palestinienne» joue le rôle d'une nouvelle «cause du peuple» tandis que les «sionistes» sont diabolisés comme les nouveaux «nazis». Mais la vision islamiste apocalyptique du «combat final» contre les Juifs, censés incarner l'ennemi absolu, voire le Mal, confère une dimension sacrale à la lutte contre Israël et le «sionisme mondial». La lutte contre les Juifs redevient la voie de la rédemption. C'est pourquoi les convergences entre les gauches radicales et l'islamisme mondialisé sont si inquiétantes.
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Tributaire d'une vision racialiste, le terme « antisémitisme » prête à confusion et ne suffit pas à rendre compte de toutes les haines antijuives. Le phénomène est ancien et protéiforme, de la judéophobie antique, qui s'oppose à la religion juive, jusqu'à l'antisionisme radical, en passant par l'antijudaïsme chrétien, la judéophobie antireligieuse des Lumières, celle, anticapitaliste et révolutionnaire, du socialisme des origines, et l'antisémitisme à proprement parler, racial et nationaliste.
Il restait à en dresser la typologie et la généalogie. C'est ce à quoi s'applique Pierre-André Taguieff, qui fait ici le tour de toutes les judéophobies pour montrer en quoi elles se fondent sur des rationalisations a posteriori destinées à légitimer des aversions, des peurs et des passions injustifiables.
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Critique de la déraison antisémite
Michel Onfray, Pierre-André Taguieff, Manuel Valls, Daniel Salvatore Schiffer
- INTERVALLES
- 21 Novembre 2025
- 9782369563723
l'ignorance, de calculs politiques cyniques, d'une défaillance morale ou d'une confusion individuelle et collective, voire d'intérêts ou d'équilibres géopolitiques mal compris ou instrumentalisés. Dédié à Boualem Sansal, qui devait y participer avant d'être arbitrairement arrêté, ce recueil dirigé par Daniel Salvatore Schiffer veut faire date pour répondre avec les arguments de la raison à la montée récente de ce nouvel antisémitisme librement affiché. Invoquant la rationalité et l'esprit des Lumières, ces textes appellent à un sursaut des consciences. En s'inscrivant dans le sillage d'Hannah Arendt, de Primo Levi et d'Emmanuel Levinas, Daniel Salvatore Schiffer réunit des figures engagées qui ont en commun une extraordinaire lucidité.
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Céline, la race, le Juif : Légende littéraire et vérité historique
Pierre-André Taguieff, Annick Duraffour
- Pluriel
- Pluriel
- 11 Juin 2025
- 9782818506707
En 1937, ennemi du Front populaire et partisan d'une « alliance avec Hitler », Céline choisit de devenir un écrivain antijuif. Il s'engouffre dans la vague antisémite, bataillant sans relâche contre le « péril rouge » et le « péril juif ». Pour confectionner ses pamphlets, il puise dans la propagande nazie diffusée pa diverses officines, dont il met en musique les idées et les slogans. Pendant l'Occupation, il fait figure de nouveau « prophète », de « pape de l'antisémitisme ».
Cette vérité historique heurte frontalement la légende de l'écrivain, celle de l'« écriture seule ».
Le cas de Céline est-il comparable à celui des autres intellectuels du collaborationnisme ? Jusqu'à quel point adhère-t-il à la vision hitlérienne ? Que savait-il vraiment sous l'Occupation ? Que peut-on reprocher à Céline, des mots seulement, ou aussi des actes ?
Ce livre croise la lecture des textes avec l'histoire intellectuelle et politique, et rompt avec les habituelles approches, plus ou moins apologétiques. L'érudition mise au service de la volonté de clarifier et de comprendre permet de construire une vision « décapée » de l'écrivain engagé.
Annick Duraffour, ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée de Lettres modernes. Spécialiste des rapports entre littérature et politique, elle a publié plusieurs études sur Céline.
Pierre-André Taguieff, philosophe, politologue et historien des idées, directeur de recherche au CNRS. Spécialiste du racisme et de l'antisémitisme, de l'eugénisme, du nationalisme, du populisme et des « théories du complot ». -
Par « théories du complot », on désigne des explications douteuses ou fausses qui s'opposent aux thèses « officielles » et mettent en scène un ou plusieurs groupes agissant en secret pour réaliser un projet de domination ou d'exploitation. Les conspirateurs fantasmés sont supposés être à l'origine de tous nos maux.
Le moteur de ces raisonnements ? L'insatisfaction cognitive face à des événements traumatisants. C'est de cette frustration porteuse de suspicion que dérive le discours complotiste contemporain, qui met l'accent sur le doute. Mais les réponses données, factuellement fausses, constituent de nouveaux dogmes véhiculés par les réseaux sociaux.
Pierre-André Taguieff fait l'hypothèse que le complotisme répond à une demande de sens et de cohérence : l'ennemi invisible et diabolique explique tous les malheurs des hommes. En cela, les récits complotistes réenchantent le monde, fût-ce pour le peupler de démons. Mais ils alimentent en même temps des accusations mensongères. Comment dissiper de telles illusions ?
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L'invention de l'islamo-palestinisme
Pierre-André Taguieff
- Éditions Odile Jacob
- Documents
- 12 Février 2025
- 9782415010300
D'où vient le rejet persistant d'Israël et du sionisme ? Pourquoi engendre-t-il tant de violence ? Faut-il y voir la principale forme contemporaine de l'antisémitisme ?
Dans cet ouvrage, Pierre-André Taguieff interroge : peut-on se contenter de voir dans le conflit israélo-palestinien le choc de deux nationalismes rivaux, un conflit entre dominants colonisateurs et victimes opprimées ? Selon lui, ce qui explique la radicalité du combat contre Israël et les sionistes, c'est en réalité l'islamisme devenu une idéologie guerrière mondialisée au cours du dernier demi-siècle. Il examine ici la genèse de l'islamo-palestinisme, ses sources idéologico-politiques et religieuses, ses rapprochements avec le nazisme et le communisme, puis, plus récemment, avec les mouvances gauchistes.
Pierre-André Taguieff soutient, dans ce livre à la fois savant et engagé, que le conflit armé entre Israéliens et islamistes palestiniens dévoile une guerre de civilisation entre Juifs et islamistes, un affrontement identitaire entre l'Occident libéral-démocratique et les régions du monde musulman en voie de radicalisation. -
Du racisme en général et du racisme anti-blancs en particulier
Pierre-André Taguieff
- H&O
- 15 Octobre 2025
- 9782845474338
Le racisme anti-Blancs n'existe pas. Telle est la thèse des néo-antiracistes pour qui le phénomène raciste est essentiellement lié à la « domination blanche » et à l'histoire prédatrice de la civilisation occidentale. Oser prétendre que différentes formes de racisme coexistent d'une façon conflictuelle fait de vous un complice objectif du fascisme et un « facho » vous-même. Le racisme anti-Blancs est partout. Il prédomine dans nos sociétés et dans le monde tout entier. C'est la seule forme de racisme qui doive nous préoccuper, affirment, de leur côté, certains tenants de la droite extrême. Alors, comment faire la part des choses dans ce débat truqué ? Comment expliquer, comprendre et évaluer correctement un phénomène que l'on nie ou dont on exagère l'importance ? Pour contourner ces biais idéologiques et cognitifs, Pierre-André Taguieff nous propose tout d'abord de revenir sur la définition même du racisme afin d'appréhender son caractère pluridimensionnel, dont la composante antisémite ne doit pas être sous-évaluée. Il examine ensuite comment le racisme blanc a enfanté l'antiracisme anti-Blancs, dans lequel il voit une forme masquée de racisme, et nous éclaire sur les raisons du déni que ce dernier engendre. Enfin, il nous alerte sur les limites et les effets pervers de ce nouvel antiracisme dévoyé.
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L'imposture décoloniale : science imaginaire et pseudo-antiracisme
Pierre-André Taguieff
- Alpha
- Essais
- 15 Novembre 2023
- 9782383880837
« Le chemin de la simple justice n'est pas facile à trouver entre les clameurs de la haine d'une part et les plaidoyers de la mauvaise conscience d'autre part », affirmait Camus en 1945. Ce constat reste d'actualité, quand des sectarismes menacent approches scientifiques et valeurs républicaines au nom du « décolonialisme » : essentialisation des identités minoritaires, qui racialise les questions sociales et politiques, communautarismes exclusifs qui divisent et opposent les citoyens, instrumentalisations cyniques de minorités supposées victimes d'une imaginaire « République blanche », attaques contre la liberté d'expression, les libertés académiques et la laïcité...
L'imprégnation décoloniale a fait surgir un nouvel espace de l'extrémisme politique : « antiracistes » racistes visant les « Blancs », gauchistes violents, islamistes plus ou moins masqués, complotistes, néoféministes misandres... Des groupuscules identitaires extrémistes s'érigent en tribunaux d'inquisition, censurent des oeuvres et imposent des « déboulonnages ». Ces nouveaux épurateurs, mus par le ressentiment, invoquent un prétendu « antiracisme politique » pour étendre le champ de l'intimidation.
Face à la prolifération de mémoires victimaires vindicatives et politiquement instrumentalisées, Pierre-André Taguieff dresse un état des lieux, analyse sans concession les discours décoloniaux et en esquisse une généalogie : autant d'éléments pour la discussion sérieuse d'une imposture de grande ampleur. -
Le nouvel âge de la bêtise
Pierre-André Taguieff
- Editions de L'Observatoire
- Essais
- 20 Septembre 2023
- 9791032928646
On combat avec raison l'ignorance, le mensonge, les préjugés ou encore les théories du complot. Toutes ces luttes intellectuelles impliquent un recours méthodique à l'analyse et à l'examen critique.
Mais peut-on lutter efficacement contre la bêtise ? Elle est partout, mais est insaisissable, semble indéfinissable.
Dans notre monde où les croyances politiques tendent à remplacer les vieilles croyances religieuses, la bêtise est inévitablement idéologisée.
Elle s'insinue en tout « isme » ? wokisme, antiracisme, décolonialisme... ?, masquée par la cohérence apparente des constructions idéologiques. Prenant le plus souvent le visage d'une grande vertu morale ou civique, la bêtise d'indignation se pare de révolte et d'insoumission alors même qu'elle suit les mouvements de mode. Pétrie d'émotions, elle hante à l'envi les débats publiques, les discours politiques, les émissions de variété et autres réseaux sociaux.
Pour Pierre-André Taguieff, il nous faut vivre avec elle, mais en multipliant les cloisons étanches. La tenir à distance en la prenant comme objet d'analyse ou comme cible d'une ironie méprisante.
Certes, le ridicule ne tue pas et la résilience de l'imbécile est sans limite, mais à l'âge de la « bêtise idéologisée de masse » qui est la nôtre, l'ironie demeure l'arme de l'intelligence, aussi minoritaire soit-elle. Ce n'est qu'ainsi que l'on peut nuire à la bêtise sans perdre son temps avec elle. -
Penser Salman Rushdie
Tahar Ben Jelloun, Daniel Salvatore Schiffer
- Editions de l'Aube
- 10 Novembre 2022
- 9782815953771
Le livre : 12 août 2022, État de New York : Salman Rushdie est grièvement blessé alors qu'il s'apprête à donner une conférence sur scène, 33 ans après qu'une fatwa a été émise à son encontre. Son hypothétique crime ? S'être rendu coupable, tout à la fois, de «blasphème » et d'« apostasie », sanctionnées par la peine de mort selon l'interprétation la plus extrémiste de la foi musulmane, l'obscurantiste charia, pour avoir écrit et publié, à travers le monde, ses « Versets Sataniques » : livre très vite devenu une des oeuvres de fiction - un roman et non un essai à thèses - les plus universellement célèbres.
C'est donc pour défendre Salman Rushdie, son oeuvre tout autant que sa pensée, mais aussi, plus généralement et par-delà son cas spécifique, nos valeurs démocratiques, que cet ouvrage voit le jour. -
Les protocoles des sages de Sion, des origines à nos jours : entretien avec Roman Bornstein
Pierre-André Taguieff
- Hermann
- Questions Sensibles
- 17 Janvier 2024
- 9791037006738
Le document connu sous le titre Protocoles des Sages de Sion est publié en Russie pour la première fois durant l'été 1903, dans une version abrégée où il est présenté comme le « Programme de la conquête du monde par les Juifs ». Pierre-André Taguieff retrace ici l'histoire du faux politico-littéraire le plus célèbre de l'histoire occidentale qui a été aussi le plus diffusé des faux antijuifs depuis le début du XXe siècle. En se fondant sur de nombreux documents, il analyse les raisons de son extraordinaire succès malgré les multiples - et formels - démentis publiés quasiment dès sa parution.
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Hitler, les protocoles des sages de Sion et mein kampf ; antisemitisme apocalyptique et conspirationnisme
Pierre-André Taguieff
- PUF
- 16 Septembre 2020
- 9782130824923
Lorsqu'il découvre les Protocoles des sages de Sion, début 1920, Hitler ne doute pas qu'il se trouve en présence d'un document révélant le programme secret des hauts dirigeants juifs, visant à devenir les maîtres du monde. Sa lecture du faux lui donne de surcroît un modèle d'interprétation de la révolution bolchevique, qu'il attribue aux Juifs. À partir du printemps 1920, se forme ainsi dans son esprit le mythe répulsif du « bolchevisme juif » à la conquête du monde, qui s'ajoute à la représentation préexistante du Juif comme maître de la finance internationale. Pour Hitler, lire les Protocoles, c'est apprendre à connaître les Juifs, comprendre les buts qu'ils poursuivent ainsi que leurs stratégies et leurs tactiques. C'est aussi expliquer la marche du monde par ses causes cachées. Les lire, c'est enfin se protéger contre « le Juif », voire commencer à gagner le combat contre l'ennemi absolu en se montrant capable de démonter ses mensonges et de déjouer ses manoeuvres : « Le jour où il sera devenu le livre de chevet d'un peuple, le péril juif pourra être considéré comme conjuré. » Jusqu'en 1939, les Protocoles seront utilisés par les services de propagande du Troisième Reich et les thèmes conspirationnistes empruntés au faux auront structuré définitivement, dès le moment de sa formation, l'idéologie nazie.
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Qui est l'extremiste ?
Pierre-André Taguieff
- INTERVALLES
- Le Point Sur Les Idées
- 19 Août 2022
- 9782369563174
La notion d'extrémisme est une notion confuse. Censée permettre une classification, elle est surtout une diabolisation de l'adversaire. Mais ce terme polémique oublie souvent de décrire ce qu'il considère comme le Mal absolu. Il faut donc s'efforcer de dissocier, dans le discours politique, les réactions passionnelles et les réflexes idéologiques des menaces objectives, ce qui n'est guère facile. Les incarnations de la condamnation pour extrémisme sont nombreuses - « radical », « ultra- », « fasciste », « populiste » - et permettent souvent à peu de frais de s'exonérer de la description politique elle-même.Pour reconstruire la catégorie d'extrémisme et la rendre opératoire dans l'analyse des attitudes et des comportements politiques contemporains, il faut supposer l'existence d'une connexion entre trois composantes :
1° la légitimation de la violence comme méthode de résolution des problèmes politiques ;
2° l'intolérance et le sectarisme ;
3° le fanatisme, impliquant l'intransigeantisme, le manichéisme et le jusqu'au-boutisme, qui supposent de placer la défense de la Cause au-dessus de tout.
Alors peut-être pourra-t-on redéfinir un horizon politique désirable par-delà les extrémismes en tout genre qui brident nos libertés. Car on devrait pouvoir concevoir des limites légitimes et respectables en sortant du cercle des extrémismes. -
Théories du complot : populisme et complotisme
Pierre-André Taguieff
- Entremises
- Carte Blanche
- 23 Mars 2023
- 9782382550854
Depuis la fin des années 1980, Pierre-André Taguieff a consacré une grande partie de ses travaux de recherche et de ses réflexions au phénomène conspirationniste. Ses travaux, marqués par les analyses pionnières de Karl R. Popper, Hannah Arendt, Richard Hofstadter et Léon Poliakov, ont été ponctués par la publication de plusieurs ouvrages de référence, de sa somme sur les Protocoles des Sages de Sion (Un faux et ses usages dans le siècle, 1992 et 2004) à son Court Traité de complotologie (2013), en passant par La Foire aux « Illuminés » (2005) et L'Imaginaire du complot mondial (2006).
Dans le présent essai, Pierre-André Taguieff nous livre une magistrale synthèse des recherches conduites en Europe et aux États-Unis sur le complotisme et nous propose ses propres réflexions critiques sur ce phénomène multidimensionnel appelant des approches pluridisciplinaires. Multipliant les exemples et les études de cas, à distance des polémiques stériles entre complotistes et anticomplotistes, il nous offre une introduction claire et argumentée aux problèmes posés par la globalisation contemporaine des croyances conspirationnistes, dans une langue accessible à tous ceux que la question intéresse. -
Perçu comme tantôt exaltant, tantôt répulsif, l'eugénisme est le plus souvent fantasmé. À ce mot sont en effet associés des projets techno-scientifiques, des doctrines hétéroclites, des utopies, des lois, des mesures relatives à la procréation, des politiques de population, des comportements criminels. Dans la pensée sociale ordinaire, on peut précisément le définir comme la volonté de modifier le patrimoine génétique de l'humanité en vue de son amélioration.
Mais adhérer à une telle perspective, n'est-ce pas dès lors présupposer l'existence d'une inégalité génétiquement déterminée entre humains ? Et choisir sa descendance, n'est-ce pas jouer aux apprentis-sorciers ? Jusqu'où pousser l'aventure de l'autodétermination ?
Pierre-André Taguieff décrypte un projet qui en dit long sur la propension des hommes à se révolter contre la Nature... ou contre Dieu. -
Nous avons découvert un « autre » que nous n'imaginions pas : le jihadiste. Nous sommes stupéfiés de voir surgir des « barbares » d'un nouveau type, vivant et pensant dans un tout autre monde culturel que le nôtre, et fermement décidés à le soumettre ou à le détruire. Mais comment expliquer la séduction que ces fanatiques exercent ? Pourquoi font-ils des prosélytes ? Notre culture laïcisée nous fait sous-estimer la force des croyances religieuses qui animent les jihadistes.
L'islamisme radical représente la dernière des idéologies légitimant l'usage de la violence absolue contre les ennemis que ses adeptes désignent : mécréants ou infidèles. L'utopisme révolutionnaire s'est réfugié dans l'islamisme jihadiste, qui nous a déclaré la guerre. « Nous », c'est-à-dire non seulement les Occidentaux vivant dans des sociétés démocratiques, mais tous les humains décidés à défendre leurs libertés.
Pierre-André Taguieff appelle à reconnaître ce fondamentalisme islamique guerrier comme le nouvel ennemi. Il retrace l'histoire de la doctrine du jihad jusqu'à ses réinterprétations, au XXe siècle, par les principaux théoriciens de l'islamisme. Il analyse enfin les usages du terme « islamophobie », instrumentalisé par certains pour mobiliser les musulmans et les pousser à l'auto-ségrégation, voire à l'engagement jihadiste.
L'islamisme jihadiste incarne une paradoxale révolution réactionnaire porteuse d'un projet impérialiste. Contre cet ennemi imprévu, le combat intellectuel et plus largement culturel est l'affaire de tous, musulmans anti-jihadistes compris.
L'analyse exigeante et lucide d'un grand intellectuel sur ce mélange inédit d'obscurantisme, de fanatisme et de propagande guerrière qui nous menace.
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Une France antijuive ? regards sur la nouvelle configuration judéophobe
Pierre-André Taguieff
- CNRS
- 15 Mai 2015
- 9782271087003
Treize ans après la publication de son essai majeur, La Nouvelle Judéophobie, Pierre-André Taguieff signe une étude stimulante dans laquelle il explore et analyse les formes les plus récentes de la haine antijuive, portée par un antisionisme radical mâtiné de complotisme et une islamisation croissante de la cause palestinienne. La tuerie antijuive de l'« Hyper Cacher », porte de Vincennes, le 9 janvier 2015, s'inscrit dans l'année terrible commencée le 26 janvier 2014 avec la manifestation parisienne « Jour de colère », mais aussi dans la dernière vague antijuive mondiale qui a débuté en octobre 2000 et touché particulièrement la France. Les actions jihadistes des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly montrent que, pour les islamistes radicaux, deux raisons suffisent pour mériter la mort : être juif, être « islamophobe ». La judéophobie contemporaine se caractérise avant tout par sa diffusion planétaire, qui lui fait perdre une grande partie de ses traits nationaux. La diabolisation des Juifs traverse désormais toutes les frontières. Dès lors, la lutte contre la judéophobie doit elle aussi être globalisée.
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Pourquoi déconstruire ? origines philosophiques et avatars politiques de la French Theory
Pierre-André Taguieff
- H&O
- 23 Novembre 2022
- 9782845474000
Dans ce livre, Pierre-André Taguieff montre que la « déconstruction » recouvre une littérature politico-philosophique aussi foisonnante qu'inconsistante qui, à travers les Gender studies et la « théorie queer », les études postcoloniales et la pensée décoloniale, l'antiracisme identitaire ou racialiste (qu'il appelle « néo-antiracisme »), la « théorie critique de la race » et l'intersectionnalité, a donné lieu à un mouvement intellectuel international dont l'objectif, parfois déclaré, est de criminaliser la civilisation occidentale en la réduisant à une expression du racisme, de l'esclavagisme, de l'« hétéropatriarcat » et de l'impérialisme colonial.
Tous ces courants idéologiques se proposent de « déconstruire » le discours hégémonique de l'Occident en dénonçant son universalisme supposé trompeur et sa « violence épistémique » dont les victimes seraient les peuples dits dominés, racisés et opprimés, ainsi que leurs cultures respectives, et les « minorités » essentialisées en tant que victimes « systémiques ». Tel est le fait inquiétant qui appelle à une réflexion sur ses causes : la civilisation occidentale est convoquée devant un nouveau grand Tribunal de l'Histoire pour répondre de ses crimes, imaginaires ou réels, et, surtout, elle est la seule civilisation à être mise au banc des accusés.
La culture « woke » en dérive, cette culture néo-puritaine et punitive de l'annulation (« cancel culture ») qui permet à des activistes de faire taire les contradicteurs en les diabolisant et de supprimer les auteurs ou les oeuvres qui ne leur plaisent pas, au regard de leurs dogmes idéologiques. Leur programme commun est de supprimer, dans le langage comme dans les pratiques sociales, les institutions et la culture, toute trace de stigmatisation, d'exclusion et de discrimination, ou plus simplement tout élément susceptible d'être « offensant » ou « blessant ». Ces guerriers de la « justice sociale », qui se posent en défenseurs des victimes, veulent donc créer une société parfaite, dotée d'une culture éthiquement « pure », selon leurs valeurs et leurs normes. Ils prétendent lutter contre toutes les discriminations, qu'ils supposent « systémiques » au sein des sociétés occidentales « blanches ».
Cette vision racialiste et « discriminationniste » de l'ordre social fonde leur combat idéologique, qui puise dans un imaginaire victimaire. -
Le retour de la décadence ; penser l'époque postprogessiste
Pierre-André Taguieff
- PUF
- 9 Mars 2022
- 9782130826507
La « religion du Progrès », soit le progressisme au sens fort du terme, fait l'objet d'une incrédulité croissante. L'apparition d'une nouvelle religion séculière, l'écologisme, est à l'origine d'une puissante vague de pessimisme, voire de catastrophisme, qui rejoint les diagnostics de déclin ou de décadence portant sur la civilisation occidentale, par ailleurs accusée de tous les maux (capitalisme, racisme, sexisme, colonialisme, productivisme). La solution est-elle dans la décroissance et une limitation des naissances ?
En tout diagnostic de la décadence, il faut distinguer entre les faits observables et parfois mesurables, les interprétations ou les évaluations inévitablement subjectives et les instrumentalisations plus ou moins cyniques. Prendre au sérieux la question de la décadence, c'est faire un tri entre les discours décadentistes. Aujourd'hui, le « retour de la décadence » s'entend de trois manières : un vieux refrain chanté dans l'espace idéologico-politique, un diagnostic portant sur un ensemble de faits dans l'évolution des sociétés occidentales, enfin, une catégorie de l'interprétation historique. La décadence se développe dans un récit, sous la forme d'un mythe susceptible d'infinies interprétations. Mais ce mythe alimente aussi des politiques de la peur qui se traduisent par des chasses aux sorcières. Ce refrain de la décadence est entonné par des intellectuels de tous les bords politiques. Il faut se demander pourquoi, et aussi vers quoi ce sentiment nous conduit.
Faut-il se contenter de cultiver les peurs ou pratiquer le déni ? Ou bien s'engager à répondre aux défis que le sentiment décadentiste cache et révèle tout à la fois ? -
Le sens du progrès ; une approche historique et philosophique
Pierre-André Taguieff
- Flammarion
- Champs Essais
- 17 Octobre 2006
- 9782080801678
Dès ses premières conceptualisations, aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'idée de progrès implique l'abolition des limites jusque-là imposées au savoir et au pouvoir de l'homme : l'humanité est indéfiniment perfectible, l'avenir ouvert et constellé de promesses.Mais au cours du XXe siècle, les croyances progressistes sont ébranlées par la découverte d'une barbarie scientificisée et technicisée. La puissance dangereuse mais bénéfique de Prométhée s'est transformée en pouvoir de destruction.La promesse d'une amélioration de la condition humaine demeure cependant un horizon de sens pour l'humanité. Aussi importe-t-il de repenser le progrès. L'entreprise suppose d'en retracer quatre siècles d'histoire conceptuelle et politique et d'en analyser les principales théorisations.Un exercice de pensée qui se propose de rompre avec les évidences reçues ; car si le progrès a un avenir, c'est à la condition d'être «défatalisé» et «désutopisé».
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«?Peut-on sortir de l'antisémitisme?? Et comment???» Cette question conduit Pierre-André Taguieff à s'interroger sur le philosémitisme, qui désigne originellement, dans les rapports entre chrétiens et Juifs, le passage du mépris hostile au respect et à l'estime. Dans ce nouveau livre, il procède à l'examen approfondi des stratégies et des positions marquées par la haine ou la défense (ou l'amour), parfois ambiguë, des Juifs, auxquels on reproche soit leur universalisme, soit leur communautarisme.
Ce livre examine les argumentations pro- et anti-juives développées par un ensemble d'auteurs et de figures publiques, du grand historien Michelet au journaliste Yann Moix. Il y est question des postures ambiguës des penseurs des Lumières, mais surtout de l'antisémitisme du XIXe siècle et du XXe sous toutes ses formes, ainsi que de l'antisionisme radical du XXIe. On croise des personnages aussi différents que Mirabeau, l'abbé Grégoire, Wagner, Nietzsche, Drumont, Zola, Renan, Bernard Lazare, Clemenceau, Barrès, Bloy, Bernanos, Blanchot, Gide, Maritain, plusieurs papes, Céline, Rebatet, Xavier Vallat, Alain, Sartre, Simone Weil, Arendt, etc., dont Taguieff analyse avec brio les positions souvent variables, ambivalentes ou contradictoires, non sans traquer aussi les faux-semblants.
Cet ouvrage fait oeuvre de salubrité publique. Il est précieux pour déchiffrer les nouvelles phraséologies des discours identitaires qui se plaisent à fantasmer l'ennemi, alimentant l'esprit du soupçon et aiguisant les tensions entre les groupes humains.
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Pierre-André Taguieff revient sur la récente séquence judéophobe, celle de la période 2000-2018.
Les attentats djihadistes commis en France ont provoqué une prise de conscience de la menace, d'une ampleur qui n'avait pas été nettement pressentie, bien qu'annoncée par des signes inquiétants : dès 2001, l'auteur avait donné une première analyse du phénomène émergent.
Il fallait donc redessiner le paysage et tenter de repenser la nouvelle configuration antijuive, en perpétuelle métamorphose, dans laquelle se rencontrent les extrémismes : complotisme, concurrence victimaire, antisionisme radical, négationnisme et islamisation croissante des discours.
Pierre-André Taguieff retrace la généalogie, depuis 1967, de la haine des Juifs telle qu'elle s'est idéologisée dans le monde arabo-musulman post-nassérien. Cet imaginaire judéophobe s'est ancré en France, puis en Europe, à compter de la seconde Intifada (2000), et se diffuse désormais massivement sur les réseaux sociaux, dans un contexte marqué par la déstabilisation du Moyen-Orient.
Dans l'espace politico-intellectuel français, la dernière vague judéophobe est moins portée par les milieux nationalistes traditionnels que par des milieux gauchistes et islamistes qui instrumentalisent et retournent contre les Juifs (les « sionistes », disent-ils ordinairement) des représentations empruntées à l'antiracisme, à l'anticolonialisme, à l'anti-impérialisme, à l'antifascisme ou à la critique du communautarisme.
C'est cette configuration inédite, qu'il qualifie d'« islamo-gauchiste » depuis le début des années 2000, que l'auteur prend pour objet de réflexion. -
Philosophie de l'antisémitisme ; que signifie haïr les Juifs au XXIe siècle ?
Michaël Bar-zvi, Pierre-André Taguieff
- Les Provinciales
- 24 Octobre 2019
- 9782912833594
« Écrire une philosophie de l'antisémitisme au-delà de la tentation politique impose à un Juif de notre terrible siècle un défi sans pareil. La présence du phénomène est telle que les philosophes eux-mêmes n'ont pas su toujours résister aux captieuses questions, ni même aux promesses de lumière. Le Juif n'est plus Satan dans l'obscurité, mais la nuit elle-même. De Dreyfus à la dictature des pétrocraties, Jacob devenu Israël par sa victoire sur l'Ange ne parvient pas à maîtriser son diable?: l'antisémitisme. Sans quitter jamais l'esprit de l'homme moderne, il devient système, aventure horrible ou parole. Nulle philosophie n'est possible aujourd'hui hors des limites tracées par les expériences totalitaires. L'holocauste assure la continuité à l'ère de l'inflation et des ordinateurs.
Comme si les grands chiffres de la "crise"avaient conçu à l'avance une théorie du charnier et de la tyrannie dans laquelle la haine doit trouver son «compte». Économie de la persécution diraient nos actuels sophistes. Pourquoi porter préjudice à l'histoire de quelques erreurs de calcul?? Si l'antisémitisme n'est qu'un des visages de la bêtise, de l'hybris ou de la bestialité, comment expliquer l'odieux itinéraire qui mène la nation juive de l'émancipation à Auschwitz, à travers le siècle du pacifisme et de l'ennui?? Combien de temps nous faudra-t-il pour raconter à nos enfants que l'idée du bonheur a conduit le peuple à la nuque raide du Sanhédrin de Bonaparte aux Viatlags?? » Michaël Bar-Zvi, Philosophie de l'antisémitisme « L'oeuvre secoue, dérange. Son auteur a l'audace de distinguer entre les formes diverses de l'antisémitisme, de diagnostiquer les dernières venues, de proférer (d'un ton calme, avec un humour presque trop secret) des vérités désobligeantes... » Pierre Boutang « Plénitude et pertinence de la réflexion, excellence de l'écriture. » Emmanuel Levinas «Nourri d'une immense culture, Michaël Bar-Zvi est allé à l'essentiel, sans se soucier de respecter une quelconque orthodoxie. » Pierre-André Taguieff