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Prix
victor serge
-
Les hommes dans la prison
Victor Serge
- Libertalia
- La Petite Littéraire
- 2 Septembre 2025
- 9782377293919
HistoireLittérature
« Je marcherai sur cette route noire, tant qu'il faudra. Peut-être jusqu'à la folie ou la mort ? Si l'une ou l'autre me renverse, ce sera de haute lutte, malgré moi, sans que j'aie consenti à les craindre. La prison, je la vaincrai. »
En janvier 1912, Victor Serge est arrêté à Paris. Il est accusé d'être l'idéologue et le complice de la bande à Bonnot, un groupe de braqueurs anarchistes. Il va passer cinq années en prison, à la Santé puis à Melun. En 1930, il publie ce premier roman chez Rieder. Un récit « vécu », à caractère autobiographique, où le premier plan est occupé par l'épopée d'êtres humains qui luttent, échouent et triomphent. Ce « roman polyphonique de compassion et de solidarité » (Susan Sontag) est un grand livre sur la prison. À bien des égards, il anticipe les recherches de Michel Foucault décrivant avec force détails l'horreur des prisons et de leur fonctionnement. -
En 1919, la guerre civile fait rage en Russie ; au printemps, puis en octobre, peu s'en faut que les armées blanches, appuyées par les pays d'Europe occidentale, reprennent Saint-Pétersbourg, devenue Petrograd. Serge, qui vient de sortir d'une prison française, y arrive au début de l'année. Ville conquise est le récit romancé des mois terribles qu'il connaît alors. Rapidement, les conditions de vie dans Petrograd sont effroyables. Pénuries, famine, exécutions sommaires, menaces de grèves et de soulèvements matées par le mensonge ou dans le sang : dans une atmosphère d'apocalypse, les premiers signes du basculement du jeune régime soviétique vers le totalitarisme apparaissent - aux yeux de qui veut bien les voir.
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Les poèmes réunis sous le titre de « Résistance » ont été écrits en 1933 à Orenbourg dans l'Oural, où Victor Serge, dissident russe, se trouvait en exil. Témoignant des conflits politiques et culturels de la première moitié du 20e siècle, ces textes sont un éloge à ses proches amis et camarades, et rendent compte de la vie des exilés dans les steppes. Ils se font la voix des sans-voix, des humiliés, des offensés, des hérétiques et appellent à la résistance permanente ainsi qu'au refus de l'oubli.
Initialement parus en 1938 dans la revue Les Humbles, les poèmes de Victor Serge ont été publiés par les éditions François Maspero, dans la collection « voix », sous le titre Pour un brasier dans le désert. En 1998, les éditions Plein Chant publient une nouvelle fois ces poèmes dans la collection « Type-Type ».
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Mémoires d'un révolutionnaire 1905-1945
Victor Serge
- Lux Éditeur
- Pollux
- 19 Octobre 2017
- 9782895962663
Victor Serge a participé à plusieurs mouvements révolutionnaires du XXe siècle (anarchistes français, Russie, Espagne), mais il a toujours su résister à la force grisante de la foule et surtout, il s'est toujours fermement opposé, au prix de sa liberté, au totalitarisme que certains d'entre eux couvaient en leur sein.
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Dans la froideur d'une nuit moscovite, le camarade Toulaév, un apparatchik de haut rang du Parti communiste, est abattu en pleine rue. L'enquête commence et la machine bureaucratique du parti-État stalinien enclenche ses rouages totalitaires. Les suspects, arrêtés et interrogés les uns après les autres, sont pris dans les mailles d'un filet qui étend ses ramifications jusqu'à Paris et Barcelone. Ces inculpés n'ont en commun que l'innocence du crime dont on les accuse.
Remarquablement construit autour d'un fait historique réel (l'assassinat de Sergueï Kirov et les purges qui suivirent dans l'URSS des années 30), ce roman démonte la terrifiante logique des grands procès staliniens. Autour du "grand chef", centre d'une gigantesque toile d'araignée bureaucratique et policière, il brosse, dans Moscou balayé par la tourmente hivernale, le portrait de tous ceux qui, courageux ou lâches, dignes ou veules, seront broyés par l'enquête autour de l'assassinat d'un dignitaire du parti.
Au-delà de sa dimension historique, le livre expose, avec une subtilité que seule permet la fiction, les mécanismes sociaux et psychologiques qui rendent possible la soumission à la tyrannie.
Avec ce roman rédigé en 1939 - dont la beauté et la force de l'écriture ont marqué les esprits lors de sa parution en 1948 et pourtant resté méconnu -, Victor Serge signe l'un des plus forts récits jamais écrits sur les procès de Moscou et les purges staliniennes, dont il offre ici une fresque panoramique complexe et belle malgré sa noirceur. Ici se joue la comédie humaine d'un État policier, le roman noir d'une révolution trahie qui dévore ses propres enfants en leur faisant confesser des crimes qu'ils n'ont pas commis.
Victor Serge, de son vrai nom Viktor Lvovitch Kibaltchiche (1890-1947), né en Belgique de parents russes réfugiés, milite d'abord à Paris au début du XXe siècle dans les mouvements anarchistes avant de rejoindre Moscou et de participer activement au déploiement de l'Internationale communiste. Révolté par la bureaucratisation du régime, il anime ensuite l'opposition de gauche antistalinienne. Incarcéré et exclu du Parti communiste, il finira sa vie en exil au Mexique. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, romans, essais... -
S'il est minuit dans le siècle
Victor Serge
- Éditions Grasset
- Les Cahiers Rouges
- 16 Septembre 2009
- 9782246163541
Avant Koestler et Soljenitsyne, Victor Serge décrit, avec S'il est minuit dans le siècle, la Russie de Staline comme une machine à broyer les hommes, corps et âme. Les opposants au régime meurent dans l'anonymat. Serge, qui fut l'un d'eux, leur a redonné un visage et des noms. Son livre, dès 1940, était un avertissement.
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Écrits et correspondances sur la révolution en Chine en 1927
Victor Serge, Léon Trotsky
- Science Marxiste
- Documents
- 25 Avril 2025
- 9782490073795
L'épisode de 1927 reste dans les mémoires comme une défaite du prolétariat, comme il y en a eu d'autres depuis 1848 dans l'histoire internationale de la jeune classe salariée. L'assaut du ciel par les communards de Shanghai et de Canton fait partie des « premiers feux » allumés en Asie par la grande lutte entre les classes modernes, qui commença en Europe avec la révolution industrielle et l'essor du capital. Les fusillades et les décapitations de la main de la canaille bourgeoise ne pouvaient assurément pas effacer cette tentative généreuse, et rendaient plutôt indélébile la leçon apprise à la dure école de la lutte entre les classes et transmise aux futurs continuateurs de l'oeuvre d'émancipation communiste de la société.
1927 fut une occasion manquée, qui rendit impossible la connexion entre la révolution chinoise et la révolution européenne, qui aurait pu forcer le maillon le plus faible en Chine pour s'attaquer au maillon le plus fort en l'Allemagne, selon l'approche de Lénine. Arrigo Cervetto écrit : « En Chine se sont trouvées réunies les conditions objectives qui auraient pu permettre à un parti communiste révolutionnaire, en conduisant au maximum la réforme agraire et en utilisant le mouvement des masses paysannes, de conquérir le pouvoir comme en Russie, d'exercer la dictature du prolétariat et de mettre ce pouvoir socialiste à la disposition de la stratégie révolutionnaire de l'Internationale communiste. La rupture de ce «second maillon» aurait porté un coup formidable à l'impérialisme européen déjà ébranlé, et aurait accéléré et radicalisé la lutte de classe des puissances impérialistes. La dégénérescence soviétique a renvoyé à un autre rendez-vous historique l'occasion de pouvoir souder en une stratégie mondiale deux révolutions aussi puissantes. On peut discuter tant qu'on le voudra, mais cette occasion s'est perdue avec 1927. »
Le rendez-vous historique n'est que reporté, et attend les révolutionnaires qui sauront se mesurer à l'inédit stratégique du nouveau siècle. -
Écris-moi à Mexico : Correspondance inédite (1941-1942)
Victor Serge, Laurette Séjourné
- Signes Et Balises
- Traces
- 5 Novembre 2017
- 9782954516356
Mars 1941. Victor Serge doit fuir la France occupée et le Mexique est le seul pays à lui accorder un visa. Il quitte Marseille sur le navire Capitaine Paul-Lemerle,
laissant sur le quai sa compagne, Laurette Séjourné. Le voyage est éprouvant : il lui faudra six mois pour gagner Mexico, via Saint-Domingue et Cuba. Les persécutions administratives sont innombrables, l'attente, insoutenable. Laurette ne parvient à le rejoindre qu'un an plus tard. Voici les lettres, inédites, échangées durant ces longs mois de séparation, la "séparation vaincue".
Des lettres poignantes et belles. Les lettres d'amour de réfugiés.
Précédé de "Victor Serge au Mexique : le dernier exil", de l'historien Adolfo Gilly.
Extrait:
"... mes valises sont enfin arrivées de Ciudad Trujillo (ça te donne une idée de la facilité de voyager) et j'y ai retrouvé un carnet datant de nos premiers jours où j'avais noté beaucoup de choses sur toi. Ça a été comme si par miracle tu étais entrée, comme si j'avais pu te prendre pour un centième de seconde dans mes bras, la sensation de toi, de cette merveilleuse allégresse de t'avoir, de t'aimer, d'être aimé de toi, d'avoir ton sûr amour, ta chaleur, ta lumière. Pas de mots, cela dépasse tellement la pensée." -
Comment concilier individualisme et lutte collective ? Quelles sont les qualités individuelles qu'il faut cultiver et répandre pour qu'une révolution sociale change effectivement la vie ? Comment comprendre, dans la pensée nietzschéenne, la contradiction entre la générosité de l'esprit libre et la volonté d'une hiérarchie sociale ?
Autant de questions que Victor Serge, figure révolutionnaire incontournable du XXe siècle, cherche à résoudre par sa lecture personnelle du philosophe.
Publié en 1917 dans le journal anarchiste barcelonais Tierra y Libertad, ce texte, inédit en français, apporte un éclairage tant sur les oeuvres de Nietzsche que sur l'usage qu'en fait Serge et sur l'évolution politique de celui-ci.
Édition illustrée par Vlady.
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S'il y avait encore quelque part dans le monde une autre réalité, elle ne tenait plus dans la mémoire humaine que la place d'un souvenir plus teinté de doute et de peine que de regrets.
Les vieilles gens gardaient le mieux l'empreinte du passé mais leur rabâchage en devenait exaspérant. Il leur faisait plus de mal encore qu'à ceux qui se demandaient comment les faire taire. Combien de guerres y a-t-il eu ? La révolution, c'était aussi une guerre ! Les réponses de ceux qui, en un demi-siècle, semblaient avoir vécu tant d'événements qu'ils exagéraient certainement, restaient obscures ; et le prix d'un bon dîner, le confort des voyages en chemin de fer, devenaient des contes à dormir debout ou plus exactement des bobards de cinglés.
Parcours de figures indésirables dans une Europe qui court à la catastrophe, ce roman posthume évoque les derniers jours du Paris d'avant-guerre et le siège de Leningrad, en passant par la chute de Berlin pour finir dans la sierra mexicaine. Confrontés à l'implacable terreur, les protagonistes essayent de sauver leurs amours et cherchent à "s'évader d'un monde sans évasion possible".
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L'école du cynisme ; de la seconde guerre mondiale et ses raisons
Victor Serge
- Nada Éditions
- 26 Septembre 2019
- 9791092457346
Peu après le début de la Seconde Guerre mondiale, Victor Serge (1890-1947), figure révolutionnaire majeure, entame une brève collaboration au quotidien grand public L'Intransigeant. Dans une quinzaine d'articles, réunis pour la première fois dans cette édition, il analyse les prémisses du conflit.
Alors qu'il est minuit dans le siècle, Serge éclaire les origines et les raisons du pacte germano-soviétique, l'état intérieur de l'URSS et l'impitoyable répression qui y sévit. Fin analyste des rapports de force internationaux, il pointe aussi les limites de cet accord, la concurrence préventive que se livrent l'Union soviétique stalinienne et l'Allemagne nazie et la guerre qu'entreprend Staline contre le « petit peuple » finlandais.
Introduction et notes de Charles Jacquier.
" Ce n'est pas la girouette, chacun le sait, qui tourne, et parfois vite, c'est le vent. N'importe. Les poignées de mains échangées par Staline avec M. von Ribbentrop provoquent dans les bibliothèques, l'enseignement, les consciences serviles, des remaniements qui ne sont pas près de finir. Et 170 millions de citoyens soviétiques, réduits à cette seule pâture intellectuelle, chaque année remaniée à la suite des exécutions et des tournants imprévus de la tyrannie, sont mis ainsi de force à l'école du cynisme le plus outrageant. "
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Retour à l'ouest ; chroniques (juin 1936-mai 1940)
Victor Serge
- Agone
- Mémoires Sociales
- 22 Mai 2010
- 9782748901252
En un quart de siècle, l'Européen d'aujourd'hui a vu la guerre mondiale, des révolutions victorieuses, des révolutions vaincues, une révolution dégénérée, les fascismes, la crise économique, le réveil de l'Asie, de nouvelles guerres coloniales...
On comprend qu'il soit las et inquiet. On se souvient qu'il a beaucoup écopé dans tout ceci. Et pourtant, on voudrait lui crier que ce crépuscule d'un monde a besoin de lui, besoin de chacun de nous ; que plus les heures sont noires et plus il faut de fermeté à considérer les choses en face, à les nommer par leurs noms, à accomplir malgré tout le simple devoir humain. Le nouveau Moyen Age, où nous plongent les soubresauts du capitalisme finissant, nous impose la plus grande lucidité, le plus grand courage, la solidarité la plus agissante.
Aucun péril, aucune amertume ne justifient le désespoir - car la vie continue et elle aura le dernier mot. Aucune évasion véritable n'est possible, sauf celle de la vaillance. -
L'extermination des Juifs de Varsovie et autres textes sur l'antisémitisme
Victor Serge
- Joseph K
- 10 Février 2022
- 9782910686840
Lorsque le Maréchal Pétain se rendit en visite officielle à Marseille en décembre 1940, la Préfecture de Police procéda à nombre d'arrestations « préventives » afin d'assurer la sécurité du susnommé.
L'écrivain Victor Serge figure parmi ceux qui furent contraints à « prendre le large ». Son patronyme russe, Kibaltchitche, ainsi que la mention « apatride » apposée sur sa carte de séjour, perturba l'un des policiers chargés de l'embarquement qui demanda à Victor Serge s'il était Juif. Sans s'émouvoir, celui-ci répliqua avec calme et fermeté : « Je n'ai pas l'honneur ! » Cette solidarité, il n'avait pas attendu la fin de l'année 1940 pour la traduire en actes. Depuis plusieurs années - comme le lecteur pourra le découvrir avec les textes réunis dans ce volume -, il informait régulièrement militants et citoyens sur le sort inhumain infligé aux Juifs de par le monde et il dénonçait aussi bien les idéologies que les politiques xénophobes et antisémites.
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Sous ce titre sont réunis : Résistance (1938), Messages (1945-46, inédit), Mains (1947) et Destins (1912-1947, textes inédits ou disséminés dans des revues rares), constituant l'oeuvre poétique de Victor Serge (1890-1947), dissident russe mais écrivain français : romancier, mémorialiste, essayiste, historien, journaliste, traducteur, épistolier. Et poète authentique qui a choisi de témoigner pour les sans-voix, les éternels exclus de l'Histoire, les humiliés et les offensés, les hérétiques. En un temps d'orthodoxie béate ou stipendiée, un homme libre, qui connut l'exil, la prison, la déportation, la censure, le boycott, se dresse, refusant qu'il soit minuit dans un siècle de fer. Serge ou le refus du fatalisme et de la lâcheté. Ses "messages" sont inséparables des espérances et des tragédies, des victoires et des défaites de son siècle, de tous les siècles. Rien n'est jamais fini.
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Fruits d'une discipline militante et littéraire, ces carnets, livrés à la lecture sans médiation ni correction a posteriori, font alterner analyses politiques, témoignages et réflexions personnelles. L'ensemble propose les éléments d'une contre-histoire des années capitales du XXe siècle. Et on y retrouve à la fois les qualités d'écrivain de Victor Serge (finesse des portraits, description inspirée des villes et des paysages traversés) et l'originalité de ses analyses politiques (permanence de l'espérance socialiste malgré l'isolement et la défaite)
De Bruxelles à Mexico, en passant par Paris et Marseille, Serge porte un regard lucide sur une période particulièrement dramatique : alors qu'il était « minuit dans le siècle », il fait la preuve qu'on peut ne jamais abdiquer devant la force brute ni renoncer à l'espérance socialiste. -
L'an 1 de la révolution russe ; la vie en danger
Victor Serge
- Agone
- Mémoires Sociales
- 9 Novembre 2017
- 9782748903379
Ce livre se veut un tableau véridique, vivant et raisonné des premières luttes de la révolution socialiste russe. Désireux par-dessus tout de dégager aux yeux des prolétaires les enseignements d'une des époques les plus grandes et les plus décisives de la lutte des classes dans les temps modernes, je ne pouvais qu'exposer le point de vue des révolutionnaires prolétariens. Cette façon de faire aura pour le lecteur étranger aux doctrines communistes l'avantage de lui faire connaître comment ceux qui ont fait la révolution la comprenaient et la comprennent.
L'An 1 reconstitue la chaîne des événements qui ont transformé l'État-Commune de 1917 en dictature du Parti à la fin de l'année 1918. Victor Serge décrit les succès et les difficultés de cette première année, saisissant dans un même mouvement l'héroïsme populaire qui a donné naissance à la démocratie des soviets et les circonstances dramatiques dans lesquelles les acquis d'Octobre ont commencé à être entamés. Il rapporte aussi l'insurrection d'Octobre, la Paix de Brest-Litovk ou encore la naissance de l'Armée rouge.
Commencée en 1925, quand Serge fait parti de l'opposition de gauche du parti bolchévique, et achevée en 1928, après son exclusion pour « activité fractionnelle », cette fresque porte la marque de la répression dont a été victime son auteur, constamment surveillé, puis emprisonné par la police secrète stalinienne : l'ouvrage a été conçu en fragments autonomes pouvant facilement être envoyés au fur et à mesure à l'étranger, voire être publiés indépendamment en cas d'arrestation. L'An 1 est accompagné d'une longue postface critique écrite en 1947, qui ouvre « le chapitre difficile des erreurs et des fautes ». -
L'affaire Toulaev ; un roman révolutionnaire
Victor Serge
- Éditions Zones
- 8 Octobre 2009
- 9782355220197
La comédie humaine d'un État policier, le roman noir d'une révolution trahie qui dévore ses propres enfants. Un chef-d'oeuvre méconnu du XXe siècle.
Dans la froideur d'une nuit moscovite, le camarade Toulaév, un apparatchik de haut rang, est abattu en pleine rue. L'enquête commence et la machine bureaucratique du parti-État stalinien enclenche ses rouages totalitaires. Les suspects, arrêtés et interrogés les uns après les autres, sont pris dans les mailles d'un filet qui étend ses ramifications jusqu'à Paris et Barcelone. Ces inculpés, dont Serge fait le portrait saisissant, n'ont en commun que l'innocence du crime dont on les accuse.
Avec ce roman rédigé dans les années 1940, véritable classique méconnu de la littérature du XXe siècle, Victor Serge signe l'un des plus forts récits jamais écrits sur les procès de Moscou et les purges staliniennes, dont il offre ici une fresque panoramique complexe et belle malgré sa noirceur. Ici ce joue la comédie humaine d'un État policier, le roman noir d'une révolution trahie qui dévore ses propres enfants en leur faisant confesser des crimes qu'ils n'ont pas commis.
Au-delà de sa dimension historique, le livre expose, avec une subtilité que seule permet la fiction, les mécanismes sociaux et psychologiques qui rendent possible la soumission à la tyrannie. -
Cette trilogie de romans reflète la vie aventureuse de leur auteur, le révolutionnaire Victor Serge (1890-1947). Né à Bruxelles de parents russes anti-tsaristes, il s'engage à 15 ans dans l'anarchisme. En 1913, Victor est condamné à 5 ans de pénitencier à la suite de l'affaire dite des « bandits tragiques ». Expulsé de France en 1917, il rejoint à Barcelone les anarcho-syndicalistes, puis répond à l'appel de la révolution russe. Après avoir une nouvelle fois été arrêté en France, il arrive à Petrograd en 1919. Ce périple est la trame de Naissance de notre force. Mais la révolution que rejoint Serge connaît la famine, le froid et la Terreur blanche, et y répond par la Terreur rouge. Serge relate cette tragédie dans le dernier volet de la trilogie, Ville conquise.
Opposant inconditionnel au régime totalitaire, Serge est arrêté en 1928, puis relâché par Staline en 1936 grâce à l'intervention de Romain Rolland. De retour en Europe, il dénonce les Procès de Moscou, s'engage avec le POUM dans la révolution espagnole, et traduit Trotski.
En juin 40, il quitte Paris, vit un moment à Marseille aux côtés de Varian Fry et d'André Breton, et part en exil au Mexique. Il y termine deux autres de ses chefs-d'oeuvre, Mémoires d'un révolutionnaire et L'Affaire Tulaèv avant de mourir dans la misère en 1947. Longtemps marginalisé sous l'influence des communistes, Serge jouit désormais d'un grand regain d'intérêt : il est traduit dans une dizaine de langues et régulièrement réédité en France.
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À quoi pourrait ressembler une littérature révolutionnaire ? Telle est la question à laquelle s'attaque Victor Serge dans cet essai publié en 1932.
Contre toute doctrine de parti, contre les dérives de l'avant-garde ? il n'est pas tendre avec le surréalisme d'André Breton ?, contre le roman psychologique à la mode, Victor Serge propose un « humanisme prolétarien » qui répondrait aussi bien à la révolution en gestation dans les pays occidentaux qu'à la révolution déjà trahie en Union soviétique.
On retrouve dans Littérature et révolution l'extraordinaire lucidité de Victor Serge sur les enjeux politiques et culturels. Sans illusion sur la littérature que les partis communistes préconisent, il nous présente ce que pourrait être une littérature libre, plurielle et intègre.
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Un hôtel borgne, dans le quartier du Marais, à Paris. Nous sommes en 1940, à la veille de l'Occupation. Les ministères évacuent leurs archives. Rouen brûle. Amiens est en ruine. Devant le comptoir du bistro attenant à l'hôtel Marquise, on échange des bobards, tandis que les filles continuent leur ronde sur le trottoir. Et les personnages défilent. Demain ils vont se disperser sur les chemins de l'exode. Ce sont les pensionnaires de l'hôtel. Il y a là, autour d'Anselme Flotte, le propriétaire du bistrot, un bougnat, Augustin Charras et sa fille Angèle, un réfugié russe, le docteur Ardatov, un révolutionnaire espagnol, Pepe Ortiga, le courtier Mortiz Silberstien. Ils partiront ensemble. {Les Derniers Temps} sont les ultimes instants de liberté, d'une certaine façon de penser et de vivre. Thème humain dont Paris est le symbole. De ce Paris, à la veille et au début de l'Occupation, il trace d'amples tableaux où passent, s'agitent, vivent des personnages remarquablement observés...
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1921. L'Insurrection de Cronstadt la rouge
Mouvement Communiste Libertaire
- ALTERNATIVE LIBERTAIRE
- 21 Avril 2011
- 9782914933216
Cronstadt 1921 : point de non-retour de la révolution. Deux conceptions, deux pratiques, deux tendances fondamentales du mouvement ouvrier s'y sont affrontées : du côté de Lénine et Trotsky, la conception du socialisme par en haut, de la dictature du parti, contenant tous les germes de la dégénérescence bureaucratique , du côté des insurgés de Cronstadt, la conception du pouvoir populaire réel, des soviets libres, du socialisme libertaire. Les insurgés appelaient à une « troisième » révolution en Russie : celle de février 1917 avait renversé le tsar, celle d'octobre 1917 la bourgeoisie, celle initiée à Cronstadt en mars 1921 devait en finir avec la dictature bolchevik pour instaurer « le vrai socialisme ». Cronstadt, c'est la défaite non seulement des marins, soldats et ouvriers les plus conscients, et les plus actifs acteurs de la Révolution russe, mais c'est aussi le muselage de toute la classe ouvrière pour une longue période.
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Intellectuel marxiste et révolutionnaire clandestin en russie tsariste, élu président du soviet de saint-pétersbourg pendant la révolution russe de 1905, condamné à la sibérie, évadé puis exilé, léon trotsky retourne en russie en 1917, rejoint le parti bolchevique de lénine, et se jette corps et âme dans la révolution.
De nouveau élu président du soviet de pétersbourg, il organise l'insurrection décisive d'octobre 1917. commissaire aux affaires étrangères, il négocie la paix avec l'allemagne. nommé au commissariat de la guerre, il fonde l'armée rouge et la mène à la victoire. après la mort de lénine, l'organisateur de la victoire se retrouve isolé par staline, qui s'entoure de bureaucrates communistes. trotsky, lui, prône la révolution mondiale et la lutte antibureaucratique, défendues par une minorité de révolutionnaires comme victor serge.
Exclu du parti en 1927 puis banni, trotsky se retrouve de nouveau exilé et consacre le reste de sa vie à la lutte internationale contre le capitalisme et le régime totalitaire de son ennemi, staline. ce dernier l'accuse d'être un agent d'hitler et le fait assassiner au mexique en 1940. c'est cette vie, entièrement intégrée à l'histoire en mouvement, que victor serge et natalia sedova, la veuve de trotsky, se sont efforcés de retracer dans une biographie objective et véridique.
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Réflexions sur l'anarchisme ; actualité de l'anarchisme
Jean Bernier, Victor Serge
- Acratie
- 15 Mai 2014
- 9782909899404
Les textes de Serge et de Bernier publiés ici, avec cette double influence du marxisme et de l'anarchisme qui les constitue, peut irriter les puristes de l'un et l'autre camp qui considèrent l'antagonisme comme irréductible.
N'ont-il pas vu assez tôt la vraie nature du régime soviétique ? Sans doute. Certains s'en sont rendu compte un peu plus tôt, tant mieux pour eux. D'autres ont attendu 50 années de plus ! Tant pis pour eux.
L'intérêt de ces deux militants-écrivains, et les textes publiés ici en sont un exemple, c'est que leurs affirmations politiques sont toujours mise dans le contexte de l'époque. Elle ne sont jamais faite au nom d'une critique intemporelle (et donc toujours valable - comme ça on ne se trompe jamais !) comme savent si bien le faire les orthodoxies marxistes et anarchistes.
Victot Serge, qui fut avant tout un révolutionnaire, vit se briser l'espoir de « transformer la société », s'excusa presque d'oser écrire des romans et finit par laisser une oeuvre littéraire admirable qui transcende toutes les frontières et où, comme le dit son fils, le peintre Vlady, « l'éthique se mue en esthétique ». Une oeuvre qu'il composa dans l'errance, confronté à d'énormes difficultés matérielles, plusieurs fois dépouillé du peu qu'il possédait, poursuivi par la police et les dictatures, avec pour seul et unique désir l'impérieuse nécessité de redonner vie à des êtres humains uniques et inconnus.
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Le nouvel impérialisme russe : l'URSS est-elle socialiste?
Victor Serge, Boris Souvarine
- Spartacus
- 1 Janvier 2015
- 9782909963884
Publié 25 ans après la mort de Victor Serge, ce recueil rassemble quatorze de ses articles consacrés à l'Union soviétique entre 1937 et 1947. Victor Serge, qui avait passé 15 ans en U.R.S.S et y avait été emprisonné, n'était revenu en France qu'en 1936, à la suite d'une campagne internationale pour sa libération. Ils sont précédés de textes de Max Schachtman, Magdeleine Paz et Lucien Laurant présentant chacun l'un des aspects de sa personnalité.
Boris Souvarine, l'un des fondateurs du Parti communiste français, secrétaire de la IIIe Internationale, exclu en 1924, a publié la première biographie critique de Staline dès 1935.
En une trentaine de pages, il retrace la consolidation du pouvoir de Staline dans le parti communiste russe, jouant de la nécessité de conserver une direction collective tout en concentrant en pratique la prise des décisions concrètes dans le secrétariat général dont nul ne chercha vraiment à l'écarter, malgré la mise en garde de Lénine. Les débats théoriques sur la politique économique, sur l'attitude à adopter vis-à-vis de la paysannerie auxquels il prend part à cette époque apparaissent rapidement comme étant des étapes dans la lutte pour le pouvoir. La logique du bolchevisme, qui aboutit à incarner dans la direction du parti la conscience du prolétariat de sa mission historique, investit cette direction d'un pouvoir illimité. Comme à une question quelconque, cette conscience toute puissante ne peut apporter qu'une seule réponse, tout désaccord ne peut être qu'une déviation, voire une trahison.
Ceci dit, la façon dont Staline a utilisé le pouvoir que la mainmise du parti sur l'ensemble de la société lui conférait, ne ressort, selon Boris Souvarine, d'aucune théorisation cohérente. Mais si les traits du régime propres au caractère de Staline lui-même sont morts avec lui, le stalinisme, en tant qu'ensemble de méthodes d'exercice du pouvoir à travers un parti qui contrôle seul un État présent dans tous les domaines de la vie sociale, semble encore largement inspirer de nombreux régimes à travers la planète. Comprendre comment Staline a pu ainsi instaurer un régime durable de terreur est une première étape dans le combat contre de tels régimes.