Arlea

  • Toutes les cités grecques se réclament d'un héros fondateur mythique. Celui de Thèbes se nomme Cadmos.

    La fondation légendaire de Thèbes est la conséquence de l'enlèvement d'Europe par Zeus, jeune princesse phénicienne que le roi des dieux enleva en prenant la forme d'un taureau. Son père envoya à sa recherche ses trois fils, Cadmos, Phénix et Cilix. Ne la retrouvant pas, ils s'établirent en différents lieux de la Grèce. L'aîné, Cadmos, s'installa en Thrace, puis à Rhodes. Après de nombreuses mésaventures, il édifia la ville qui, avant d'être nommée Thèbes, fut appelée Cadmée.

    Les malheurs qui ont nourri le cycle thébain commencent avec Laïos, père d'OEdipe, héritier du trône thébain, en bas âge à la mort de son père. Chassé de la cité à sa majorité, Laïos trouve refuge à la cour de Pélops, roi de Mycènes, qui lui confie son fils Chrysippe, que Laïos enlève et viole. Pélops appelle alors sur Laïos et sur Thèbes la malédiction d'Apollon, et les catastrophes vont s'accumuler : Laïos sera tué par son fils et sa lignée souillée par l'inceste que ce fils commettra avec sa mère. Deux crimes entre tous les crimes.
    Le cycle thébain s'achèvera sur l'épisode des Épigones, les « descendants », qui se lanceront dans une nouvelle guerre.

    Violence et passions, assassinats, malédictions, fatalités inexorables. Il y avait là de quoi nourrir de grandioses tragédies, et les auteurs ne s'en sont pas privés.

  • Né en 1431 ou 1432, mort " après 1463 ", François de Montcorbier, ou des Loges, est passé à la postérité sous le nom de son supposé bienfaiteur, Guillaume de Villon. Si la vie du poète a toujours été entourée de mystère, son oeuvre, en revanche, a très vite été imprimée et diffusée : seize éditions se sont succédé de 1489 (Pierre Levet) à 1532 (Clément Marot). Aujourd'hui, la syntaxe et le vocabulaire ont tellement évolué depuis le XVe siècle que la langue de Villon est devenue difficile à comprendre pour nos contemporains. C'est donc une " traduction véritable qui est proposée dans ce livre, sous une forme " bilingue " - et bicolore : en noir et gros caractères les strophes " originales " à l'orthographe modernisée ; en bleu et petits caractères la traduction en français contemporain. Le savoir ne s'oppose pas au goût : comprendre les vers de Villon non seulement n'empêche pas de les goûter mais, au contraire, permet d'en saisir à la fois la portée, l'humour, la force et la grâce.

  • Conseiller de Néron après avoir été son précepteur, Sénèque est l'un des détenteurs du pouvoir impérial. Lorsqu'il rédige ce court traité, vers 58 après J.-C., il adresse une réponse à tous ses détracteurs, envieux de sa fortune, qui voient en lui un stoïcien de luxe. Comment douter que son aspiration au souverain bien et à la vertu soit sincère ? Comment ne pas entendre l'avertissement adressé à tous ceux qui se laissent gouverner par la débauche et la recherche des plaisirs ?

  • Le traité sur l'amitié - de Amicitia - qu'on trouvera ici dans une traduction nouvelle, est un des derniers textes de Cicéron. Pour le célèbre avocat romain, l'amitié est le bien fondamental : « Je me demande, écrit-il, si, à part la sagesse, les dieux ont donné aux hommes quelque chose de meilleur ».
    Comment choisir ses amis ? Comment les mériter ? Comment les garder ? Sur tous ces points, les réflexions de Cicéron n'ont pas pris une ride.

  • Faites l'amour pas la guerre. Au Ve siècle avant J.-C., en pleine guerre du Péloponnèse, Aristophane imagine un mot d'ordre encore plus efficace : ne faites pas l'amour et la guerre s'arrêtera. Une Athénienne audacieuse, Lysistrata, convainc les femmes des cités grecques de mener une grève du sexe. Un même aiguillon bande alors le désir des hommes, unis face à l'abstinence de leurs épouses.
    Tour à tour tendres ou résolument obscènes, les rapports hommes-femmes sont pour Aristophane l'occasion de laisser libre cours à son inventivité langagière. Cette nouvelle traduction redonne au texte sa vivacité et sa crudité originelles. Le sort d'Athènes dépend soudain de la transparence d'une petite robe jaune...

  • Les quatre traités réunis ici - Avoir beaucoup d'amis ?, Ne pas confondre le flatteur et l'ami, Tirer profit de ses ennemis, Écouter - ont pour thème la relation à l'autre et la bonne façon de communiquer avec lui.

  • Attachons-nous, soutient Épictète, à distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n'en dépend pas.
    La liberté et le bonheur commencent par l'intelligence de ce partage. Né à Hiérapolis vers l'an 50 avant Jésus-Christ, ancien esclave, Épictète fut, avec Marc Aurèle, le stoïcien qui exerça l'influence la plus profonde sur la morale occidentale. On trouvera ici dans une traduction élégante l'intégralité du Manuel et un choix des Entretiens.

  • Les livres II et III des Tusculanes sur la souffrance ont traversé les âges.
    Cette réflexion est un baume de sagesse pour notre mal de vivre.

  • De l'infiniment petit à l'infini de l'univers, en passant par la psychologie humaine et ses illusions, par l'histoire, enfin, de la civilisation, Lucrèce offre un saisissant raccourci de nos interrogations, inaugurant une morale du matérialisme, une morale du vivant et une morale du sentiment. De cette sensibilité résulte un sens du tragique qui ôte tout triomphalisme à ce poète des lumières et de la raison, le rendant ainsi proche de notre monde sans illusions.

  • Au chapitre 28 du premier livre des Essais - « De l'amitié » -, Montaigne prétend que « sa suffisance ne va pas si avant que d'oser entreprendre un tableau riche, poli et formé selon l'art », et qu'il s'est « avisé d'en emprunter un d'Étienne de La Boétie, qui honorera tout le reste de cette besogne ».
    Cette « besogne » n'étant rien de moins que Les Essais, on est en droit de penser qu'outre les devoirs d'amitié Montaigne manifestait pour le texte de son ami assez de considération pour avoir eu un temps l'idée de l'introduire au beau milieu de son grand oeuvre.
    Cette Servitude volontaire, la Boétie l'écrivit « par manière d'essai en sa première jeunesse (dix-sept ans) à l'honneur de la liberté contre les tyrans ».
    Jugeant que ce texte avait été modifié et publié par « ceux qui cherchent à troubler et changer l'état de notre police sans se soucier s'ils l'amenderont [les protestants] », Montaigne s'est « dédit de le loger ici » pour lui substituer un autre ouvrage de son ami, « produit en cette même saison de son âge plus gaillard et plus enjoué » : les vingt-neuf sonnets intégrés au chapitre 29 du premier livre des Essais - pour Madame de Gramont -, laquelle allait devenir la maîtresse d'Henri IV. Mais le sort qui avait empêché l'introduction de La Servitude volontaire dans Les Essais va de même, dans la première réédition, faire disparaître les sonnets de l'oeuvre de Montaigne. On les trouvera en annexe à cette édition de La Servitude.
    Également en annexe, nous proposons la lettre que Montaigne écrivit à son père sur la mort de La Boétie, lettre qui est un des chefs-d'oeuvre de la littérature épistolaire.

  • Composé plusieurs siècles avant notre ère, Le Chant du Bienheureux - qui fait partie du Mahâbhârat - a connu une extraordinaire diffusion et conserve aujourd'hui encore toute son importance dans la pensée indienne.
    La traduction précise et claire d'Alain Porte permet de redécouvrir ou de découvrir un incontestable chef d'oeuvre.

  • Avec cynisme, Quintus Cicéron montre à son frère Marcus Tullius, candidat au consulat, les « ficelles » d'une campagne efficace. On a joint à ce traité une lettre de Marcus Tullius à son frère sur l'art de gouverner une province.

  • Né en 1491 près de la ville d'Azpeitia, au Pays basque espagnol, ordonné prêtre à Venise en 1537, fondateur de la Compagnie de Jésus, Ignace de Loyola est mort en 1556. Parmi la masse d'écrits qu'il a laissée, émergent deux textes fondamentaux : les Exercices spirituels et l'autobiographie - appelée Testament ou encore Récit du pèlerin, qui ont exercé au cours des siècles une influence décisive dans la chrétienté, influence qui déborde largement le cadre de la Compagnie.

    Ces textes ont exercé une grande influence sur la chrétienté. S'éclairant mutuellement, manuel mystique et autobiographie proclament le même message : une méditation tournée vers l'action.

  • Les Lettres à Lucilius constituent, sans discussion le chef-d'oeuvre de Sénèque. Plus que ses traités et son théâtre elles dévoilent sa pensée et sa philosophie. Elles sont un fleuve souterrain qui a nourri de nombreuses vies de ses limons. Beaucoup de grands auteurs ont puisé en elles la plus essentielle des leçons : apprendre à vivre. Montaigne ne les cite pas moins de deux cent quatre-vingt-dix-huit fois dans ses Essais qui leur ressemblent tant.

    Des premiers chrétiens éblouis (Tertullien, saint Augustin) jusqu'à Henry de Montherlant ou André Comte-Sponville - qui n'ont cessé d'y faire référence -, combien furent-ils, au cours des siècles, à rester éblouis par l'éclat de cette correspondance ?

    Devant le succès des précédentes éditions proposant les lettres choisies et traduites par Alain Golomb, une nouvelle édition au format poche s'imposait. On trouvera donc dans cette édition les cinquante-six meilleures Lettres à Lucilius.

    Véritable courrier de l'âme, plaidoyer pour la vraie vie, manuel de détachement, invitation à la sagesse et au bonheur, elles sont à mettre sur les tables de chevet, ou plutôt dans les trousses de secours, à côté des Pensées pour moi-même de Marc Aurèle, de L'Ecclésiaste, des Quatrains d'Omar Khayyâm, ou de quelques autres livres essentiels, et nécessaires.

  • Né à Madaure, l'actuel Mdaourouch, en Algérie, dans la seconde moitié du iie siècle de notre ère, Apulée, écrivain fécond, brillant conférencier itinérant, s'affirme lui-même comme " philosophe platonicien ", et ses contemporains le reconnaissent comme tel. Il passe son enfance à Carthage, où il reçoit une première éducation et termine ses études à Athènes.
    Il voyage ensuite en Asie Mineure et séjourne à Rome, où il noue des amitiés dont il se prévaudra par la suite. Ces années d'études et de voyages voient aussi l'entrée d'Apulée dans la carrière de conférencier qui fera de lui une des gloires de l'Afrique romanisée.
    Son roman, les Métamorphoses, qui lui vaudra la renommée littéraire, est une oeuvre d'autant plus précieuse qu'elle constitue le second - et dernier - témoignage de la prose antique de fiction, après le Satiricon de Pétrone.
    Les Métamorphoses nous sont parvenues dans leur intégralité. En onze livres, le roman raconte les mésaventures du héros narrateur, Lucius, qui, désireux de connaître les mystères de l'au-delà, décide de séduire Photis, une servante de son hôte experte dans l'art magique. À la suite d'une erreur de la magicienne, il se retrouve transformé en âne au lieu de l'oiseau qu'il rêvait d'être. Pour recouvrer forme humaine, il lui faudra manger des roses. Il passe alors de main en main, et ses souffrances culminent quand son dernier maître décide de l'accoupler à une femme condamnée aux bêtes dans le cirque de Corinthe. Refusant de se déshonorer par cet acte sexuel public, Lucius-âne trouve la force de fuir jusqu'à la plage de Cenchrées, où il adresse une prière à la lune. C'est Isis qui lui répond, et le sauve : il trouve enfin des roses lors de la fête de la navigation consacrée à la déesse. À la fin du roman, Lucius recouvre forme humaine et, converti aux mystères d'Isis et d'Osiris, se fait prêtre de ce culte oriental.
    Par sa structure, ce roman est l'ancêtre des romans " picaresques ", oeuvres où le héros est un aventurier solitaire que ses tribulations mettent en contact avec divers milieux - marginaux (brigands, prêtres syriaques), ou populaires (artisans, esclaves, paysans, meuniers) -, et qui raconte lui-même ses aventures.

  • Le deuxième volume de la série est consacré à Hésiode et à son poème moral, Les travaux et les jours (vers 1 à 382), traduit en français et en chinois, toujours dans l'esprit de faire connaître des textes grecs et latins porteurs des éléments fondateurs de la civilisation euro-méditerranéenne. La publication explicite les principes de base de l'éthique populaire des Grecs : la démesure conduit les hommes à une folie qui les déshumanise et engendre tous les maux, alors que la justice constitue la loi à laquelle ils doivent se soumettre. Etre juste, c'est se fixer pour règle d'éviter de vouloir dominer autrui et de tout faire pour échapper à la tentation de se détourner du vrai et du bien.
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  • épigrammes

    Martial

    D'une humanité haute en couleur, les épigrammes de Martial sont proposées ici dans une traduction enfin fidèle à la verdeur et à l'allégresse de l'original.

  • Ces deux fameux traités, La Colère et La Clémence, sont un réquisitoire contre la violence. L'Homme apaisé illustre la fatalité du malheur mais aussi les certitudes d'une vie pacifiée.

  • " c'est ici un livre de bonne foi, lecteur.
    Il t'avertit dès l'entrée que je ne m'y suis proposé aucune fin que domestique et privée. je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver certains traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive la connaissance qu'ils ont eue de moi.
    Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention [effort] ni artifice car c'est moi que je peins. mes défauts s'y liront au vif, et ma forme naïve [naturelle], autant que la révérence publique me l'a permis. que si j'eusse été entre ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t'assure que je m'y fusse très volontiers peint tout entier et tout nu.
    Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. adieu donc. " de montaigne, ce 1er de mars 1580.

  • Plutarque se pose ici en défenseur de la cause des bêtes. Reconnaître " l'intelligence des animaux ", le respect auquel ils ont droit, participe d'une réconciliation de l'homme avec le monde.

  • Voilà plus de vingt siècles que des millions de lecteurs ont été troublés par ces pages célébrant l'amour et le corps de l'aimée. Renan, dans sa traduction, s'est attaché à révéler ce « cantique amoureux que la piété du Moyen Âge avait habillé en Madone ». Le Cantique des cantiques est accompagné d'un commentaire sur l'âge et le caractère du poème.

  • Au XVIe siècle, l'oeuvre majeure de Rabelais (Gargantua, Pantagruel, Troisième Livre, Quatrième Livre et Cinquième Livre) a été publiée sur une durée d'environ trente ans, de Pantagruel (1532) à l'édition posthume du Cinquième Livre (1564).
    L'édition Arléa se présente ici sous le titre Les Cinq Livres, auxquels fait suite, un très bref ouvrage, la Pantagruéline Pronostication, almanach humoristique parodiant les très nombreuses prophéties du temps (Nostradamus est un contemporain de Rabelais).
    Arléa avait publié en 1999 une édition des seuls Gargantua et Pantagruel, « en français moderne », qui n'était qu'un remaniement de l'orthographe. Avec le temps, les lecteurs capables de lire la langue du XVIe siècle (même ainsi aménagée) étant de moins en moins nombreux, Les Cinq Livres présentés ici sont donc, cette fois, purement et simplement traduits (vocabulaire, syntaxe, ponctuation, disposition...), dans une unique et constante exigence : aboutir à un texte respectueux de la grammaire et du dictionnaire de notre temps, tout en respectant également la fidélité au texte original - fidélité qui n'exige en rien la littéralité.
    Il s'agit donc d'un Rabelais rendu accessible aux non spécialistes, à tout lecteur diligent, qui permet de comprendre, grâce à l'intelligence du texte, pourquoi cette oeuvre a traversé les siècles et s'est répandue dans tous les pays.
    Rendre Rabelais accessible, c'est d'abord faire litière de tous les lieux communs qui empoisonnent l'image de ce moine, médecin et écrivain.
    Aujourd'hui, en effet, l'épithète de « rabelaisien » n'évoque le plus souvent que banquets, libations, beuveries, ébriétés triviales, gaudrioles, chansons à boire et goinfreries... Or, une fois la lecture rendue plus fluide, la compréhension du texte devenue plus aisée, on découvre un homme bien loin de l'image qu'il a chez nombre de nos contemporains.
    On connaît, certes, son érudition encyclopédique, ses talents de médecin qui, partout où il exerça, furent reconnus par ses pairs, sa curiosité universelle, sa haine des hypocrites de tout poil, son indépendance envers les autorités, sa foi « évangélique », rebelle aux dogmes, son humour, voire sa gaieté, mais on découvre en le lisant - et en le comprenant - des qualités autres, des qualités qui sont l'apanage des grands hommes de tous les temps : un pacifisme affirmé, un amour de l'humanité et, surtout, cette bonté sans laquelle, selon Montaigne, toute autre science est inutile à celui qui ne la possède pas.
    Cette édition étant principalement destinée à des lecteurs peu familiers de la littérature de la Renaissance et de Rabelais en particulier, la traduction ne pouvait suffire ; c'est pourquoi le texte est accompagné de très nombreuses notes infrapaginales, concernant chaque emprunt de Rabelais (citation traduite avec précisions sur l'auteur et l'oeuvre), chaque personnage célèbre (avec courte biographie).

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