Arlea

  • Conseiller de Néron après avoir été son précepteur, Sénèque est l'un des détenteurs du pouvoir impérial. Lorsqu'il rédige ce court traité, vers 58 après J.-C., il adresse une réponse à tous ses détracteurs, envieux de sa fortune, qui voient en lui un stoïcien de luxe. Comment douter que son aspiration au souverain bien et à la vertu soit sincère ? Comment ne pas entendre l'avertissement adressé à tous ceux qui se laissent gouverner par la débauche et la recherche des plaisirs ?

  • Le traité sur l'amitié - de Amicitia - qu'on trouvera ici dans une traduction nouvelle, est un des derniers textes de Cicéron. Pour le célèbre avocat romain, l'amitié est le bien fondamental : « Je me demande, écrit-il, si, à part la sagesse, les dieux ont donné aux hommes quelque chose de meilleur ».
    Comment choisir ses amis ? Comment les mériter ? Comment les garder ? Sur tous ces points, les réflexions de Cicéron n'ont pas pris une ride.

  • Faites l'amour pas la guerre. Au Ve siècle avant J.-C., en pleine guerre du Péloponnèse, Aristophane imagine un mot d'ordre encore plus efficace : ne faites pas l'amour et la guerre s'arrêtera. Une Athénienne audacieuse, Lysistrata, convainc les femmes des cités grecques de mener une grève du sexe. Un même aiguillon bande alors le désir des hommes, unis face à l'abstinence de leurs épouses.
    Tour à tour tendres ou résolument obscènes, les rapports hommes-femmes sont pour Aristophane l'occasion de laisser libre cours à son inventivité langagière. Cette nouvelle traduction redonne au texte sa vivacité et sa crudité originelles. Le sort d'Athènes dépend soudain de la transparence d'une petite robe jaune...

  • Les quatre traités réunis ici - Avoir beaucoup d'amis ?, Ne pas confondre le flatteur et l'ami, Tirer profit de ses ennemis, Écouter - ont pour thème la relation à l'autre et la bonne façon de communiquer avec lui.

  • Attachons-nous, soutient Épictète, à distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n'en dépend pas.
    La liberté et le bonheur commencent par l'intelligence de ce partage. Né à Hiérapolis vers l'an 50 avant Jésus-Christ, ancien esclave, Épictète fut, avec Marc Aurèle, le stoïcien qui exerça l'influence la plus profonde sur la morale occidentale. On trouvera ici dans une traduction élégante l'intégralité du Manuel et un choix des Entretiens.

  • Les livres II et III des Tusculanes sur la souffrance ont traversé les âges.
    Cette réflexion est un baume de sagesse pour notre mal de vivre.

  • De l'infiniment petit à l'infini de l'univers, en passant par la psychologie humaine et ses illusions, par l'histoire, enfin, de la civilisation, Lucrèce offre un saisissant raccourci de nos interrogations, inaugurant une morale du matérialisme, une morale du vivant et une morale du sentiment. De cette sensibilité résulte un sens du tragique qui ôte tout triomphalisme à ce poète des lumières et de la raison, le rendant ainsi proche de notre monde sans illusions.

  • Au chapitre 28 du premier livre des Essais - « De l'amitié » -, Montaigne prétend que « sa suffisance ne va pas si avant que d'oser entreprendre un tableau riche, poli et formé selon l'art », et qu'il s'est « avisé d'en emprunter un d'Étienne de La Boétie, qui honorera tout le reste de cette besogne ».
    Cette « besogne » n'étant rien de moins que Les Essais, on est en droit de penser qu'outre les devoirs d'amitié Montaigne manifestait pour le texte de son ami assez de considération pour avoir eu un temps l'idée de l'introduire au beau milieu de son grand oeuvre.
    Cette Servitude volontaire, la Boétie l'écrivit « par manière d'essai en sa première jeunesse (dix-sept ans) à l'honneur de la liberté contre les tyrans ».
    Jugeant que ce texte avait été modifié et publié par « ceux qui cherchent à troubler et changer l'état de notre police sans se soucier s'ils l'amenderont [les protestants] », Montaigne s'est « dédit de le loger ici » pour lui substituer un autre ouvrage de son ami, « produit en cette même saison de son âge plus gaillard et plus enjoué » : les vingt-neuf sonnets intégrés au chapitre 29 du premier livre des Essais - pour Madame de Gramont -, laquelle allait devenir la maîtresse d'Henri IV. Mais le sort qui avait empêché l'introduction de La Servitude volontaire dans Les Essais va de même, dans la première réédition, faire disparaître les sonnets de l'oeuvre de Montaigne. On les trouvera en annexe à cette édition de La Servitude.
    Également en annexe, nous proposons la lettre que Montaigne écrivit à son père sur la mort de La Boétie, lettre qui est un des chefs-d'oeuvre de la littérature épistolaire.

  • Avec cynisme, Quintus Cicéron montre à son frère Marcus Tullius, candidat au consulat, les « ficelles » d'une campagne efficace. On a joint à ce traité une lettre de Marcus Tullius à son frère sur l'art de gouverner une province.

  • Né en 1491 près de la ville d'Azpeitia, au Pays basque espagnol, ordonné prêtre à Venise en 1537, fondateur de la Compagnie de Jésus, Ignace de Loyola est mort en 1556. Parmi la masse d'écrits qu'il a laissée, émergent deux textes fondamentaux : les Exercices spirituels et l'autobiographie - appelée Testament ou encore Récit du pèlerin, qui ont exercé au cours des siècles une influence décisive dans la chrétienté, influence qui déborde largement le cadre de la Compagnie.

    Ces textes ont exercé une grande influence sur la chrétienté. S'éclairant mutuellement, manuel mystique et autobiographie proclament le même message : une méditation tournée vers l'action.

  • Le deuxième volume de la série est consacré à Hésiode et à son poème moral, Les travaux et les jours (vers 1 à 382), traduit en français et en chinois, toujours dans l'esprit de faire connaître des textes grecs et latins porteurs des éléments fondateurs de la civilisation euro-méditerranéenne. La publication explicite les principes de base de l'éthique populaire des Grecs : la démesure conduit les hommes à une folie qui les déshumanise et engendre tous les maux, alors que la justice constitue la loi à laquelle ils doivent se soumettre. Etre juste, c'est se fixer pour règle d'éviter de vouloir dominer autrui et de tout faire pour échapper à la tentation de se détourner du vrai et du bien.
    />

  • " c'est ici un livre de bonne foi, lecteur.
    Il t'avertit dès l'entrée que je ne m'y suis proposé aucune fin que domestique et privée. je n'y ai eu nulle considération de ton service, ni de ma gloire. mes forces ne sont pas capables d'un tel dessein. je l'ai voué à la commodité particulière de mes parents et amis : à ce que m'ayant perdu (ce qu'ils ont à faire bientôt) ils y puissent retrouver certains traits de mes conditions et humeurs, et que par ce moyen ils nourrissent plus entière et plus vive la connaissance qu'ils ont eue de moi.
    Si c'eût été pour rechercher la faveur du monde, je me fusse mieux paré et me présenterais en une marche étudiée. je veux qu'on m'y voie en ma façon simple, naturelle et ordinaire, sans contention [effort] ni artifice car c'est moi que je peins. mes défauts s'y liront au vif, et ma forme naïve [naturelle], autant que la révérence publique me l'a permis. que si j'eusse été entre ces nations qu'on dit vivre encore sous la douce liberté des premières lois de nature, je t'assure que je m'y fusse très volontiers peint tout entier et tout nu.
    Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre : ce n'est pas raison que tu emploies ton loisir en un sujet si frivole et si vain. adieu donc. " de montaigne, ce 1er de mars 1580.

  • Plutarque se pose ici en défenseur de la cause des bêtes. Reconnaître " l'intelligence des animaux ", le respect auquel ils ont droit, participe d'une réconciliation de l'homme avec le monde.

  • Voilà plus de vingt siècles que des millions de lecteurs ont été troublés par ces pages célébrant l'amour et le corps de l'aimée. Renan, dans sa traduction, s'est attaché à révéler ce « cantique amoureux que la piété du Moyen Âge avait habillé en Madone ». Le Cantique des cantiques est accompagné d'un commentaire sur l'âge et le caractère du poème.

  • Oeuvre de la maturité, les dernières Tusculanes récapitulent l'enseignement de Cicéron. Il y définit le souverain bien : la tranquillité intérieure, à laquelle il est parvenu au soir de sa vie.

  • Les Tusculanes définissent l'attitude du sage devant les réalités qui mettent l'âme au défi : mort, souffrance, chagrin, passion, bonheur. Il s'agit ici du livre I, le plus ample et le plus profond.

  • " marc-aurèle fut l'honneur de la nature humaine.
    Sa religion est la religion absolue, celle qui résulte du simple fait d'une haute conscience morale placée en face de l'univers. elle n'est ni d'une race, ni d'un pays. aucune révolution, aucun progrès, aucune découverte ne pourront la changer ".
    Ernest renan " s'il existe un intercesseur vers qui il faudrait se tourner dans les moments difficiles, c'est à n'en pas douter vers l'empereur philosophe.
    Cette nouvelle traduction des pensées se distingue par la neutralité de ton adoptée, sans doute plus proche de l'original : un ton de confidence familière ".
    Alfred eibel

  • Rédigé en hébreu quelque deux siècles avant Jésus-Christ, le Cohélet - ou l'Ecclésiaste - a toujours fasciné philosophes, théologiens et poètes. Nombre de ses aphorismes sont passés dans le langage commun : " Un temps pour tout ", " Rien de nouveau sous le soleil ", " Vanité des vanités "... Inscrit dans l'Ancien Testament, l'Ecclésiaste demeure un texte énigmatique dont le caractère religieux n'est pas évident. Ernest Renan en propose une des plus belles traductions qu'il fait suivre d'une étude sur l'âge et le caractère du livre.

  • Même si elles ont réellement été échangées avec des personnages importants et avec ses familiers, les Lettres de Pline étaient destinées à la publication. Mais si l'on n'y sent nulle spontanéité, elles n'en constituent pas moins un témoignage unique sur l'antiquité romaine. Toutes les lettres retenues ont été classées par thème. À l'intérieur de chaque partie, l'ordre chronologique de publication a été respecté. Les titres sont du traducteur. Toutes les lettres, sauf trois, sont traduites dans leur intégralité. La belle traduction de Daniel Stissi rend le texte de Pline dans le français d'aujourd'hui, sans décalquer le latin littéral, mais en en respectant le sens.

  • Léonard de vinci était un génial touche-à-tout.
    Nous avons tous en tête des croquis de machines volantes, sous-marins ou autres mécaniques imaginaires. mais c'est un visage moins connu du grand homme que proposent les écrits ici réunis : celui du philosophe de cour, du fabuliste de palais, de l'homme disert et léger. en découvrant ces textes courts, incisifs, on devine que vinci, très prisé pour ses talents d'organisateur de fêtes, fut également un maître dans l'art de séduire, en dosant le difficile mélange de gravité et de drôlerie, de profondeur et de facéties, d'érudition et d'humour.
    Mais on peut aussi trembler des rudes mises en garde que léonard adresse à l'homme qui, depuis longtemps, se veut le centre du monde.

  • Sous le titre Le Souci du bien, sont réunis ici deux des plus fameux dialogues " socratiques " de Platon : Lysis et Charmide. Ces deux dialogues ne sont pas de simples traités " sur l'amitié " ou " sur la sagesse " (sous-titres respectifs des deux dialogues, que nous ont légués les exégètes antiques). Il s'agit de véritables débats philosophiques, enracinés dans un contexte historique, social, et symbolique. Plutôt que l'amitié à proprement parler (le terme de philia apparaît remarquablement peu dans le Lysis), l'auteur s'attaque aux notions que recouvrent les termes grecs de philos (ami) et philein (aimer). Platon, on le verra, subordonne d'ailleurs ces notions à l'amour du bien.

  • Composé plusieurs siècles avant notre ère, le chant du bienheureux - qui fait partie du mahâbhârata - a connu une extraordinaire diffusion et conserve aujourd'hui encore toute son importance dans la pensée indienne.
    La traduction précise et claire d'alain porte permet de redécouvrir ou de découvrir un incontestable chef-d'oeuvre.
    " egal dans son regard envers le blâme et la louange, habité de silence, heureux de toute chose, affranchi de l'espace, ferme dans ses pensées et partageant mon être, cet homme est cher à mon coeur ".

  • «Détourne-toi pour cracher, de peur d'arroser et de salir quelqu'un» ; «Lécher ses doigts graisseux ou les essuyer sur ses habits est également inconvenant ; il vaut mieux se servir de la nappe ou de sa serviette»...
    Ne rions pas trop des préceptes qu'Érasme propose à son élève. Quand on sait quels dérèglements connaît son époque, on ne trouve nullement extravagants les exemples qu'il donne ici pour illustrer son précis d'éducation.
    Favoriser les rapports humains, c'est rendre la vie moins dangereuse, moins heurtée, plus agréable, et même plus facile. Pour l'auteur de l'Éloge de la folie, ce principe doit être infusé dans l'âme des enfants dès leur âge le plus tendre, afin qu'ils soient conduits naturellement à cette délicatesse, à cette «propreté», qui, une fois oubliées les formules, laissent à jamais gravées dans les coeurs l'habitude et l'exigence de la bienveillance.

empty