Cheyne

  • Matin brun

    Franck Pavloff

    • Cheyne
    • 2 Mai 2002

    Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous ?

  • A mi-chemin de la nouvelle et de la poésie. Mi-prose, mi-vers. Seize courts chapitres et une histoire. Une histoire d'amour, le récit d'une rupture aussi, dans une langue dynamitée qui redonne, suite au travail de sape, de la saveur aux mots.

  • Jean-Pierre Siméon prête sa voix à un hypothétique sage chinois - Tao Li Fu - qu'il prend plaisir à imaginer à la fois vieux et facétieux... Cela donne cinquante-sept maximes, ici traduites en chinois, et dont certaines sont calligraphiées. Un livre raffiné et malicieux qui réjouira petits et grands.

  • Atelier du silence

    Jean d' Amérique

    Ville tes cafés tes rues au feu vertige qui te prend par la nuque quand le jour se penche pour ramasser rêves sans avis préalable la beauté te tranche tes briques scintillent et vont plus loin que le sang J. D'A.

  • Pipi, les dents au lit

    Laetitia Cuvelier

    • Cheyne
    • 31 Juillet 2015

    Laetitia Cuvelier évoque dans ce premier livre l'effervescence d'un foyer et la tentative d'être à la fois mère, amante et femme active. Dans la ritournelle du quotidien familial, elle saisit la spontanéité éclatante d'instants de vie, de mots minuscules et de gestes tendres.

    Extrait :
    J'ai appelé mon garçon.
    Pour lui dire.
    Au téléphone.
    Que ce sera un petit frère.
    Il a répondu.
    Tu me le passes ?
    J'ai un truc à lui dire.
    Ce soir je me demande toujours.
    Quel est ce truc.
    Qu'il avait à lui dire.

  • Je sais

    Ito Naga

    Pas besoin d'être grand clerc pour constater que, du monde, de soi et des autres, on ne sait pas grand chose. Il n'empêche. Il en est, biologiste, astrophysicien ou écrivain, qui ne désespèrent pas d'en savoir plus. C'est le cas de l'auteur de ce livre. Sa méthode? Celle du scientifique qui s'apparente à celle du poète ou celle du philosophe: un affût intense qui met en examen tout ce qui tombe sous le regard, l'ordinaire, l'infime, l'incident de préférence. Où se vérifie cette loi heureuse: sous chaque observation, mille énigmes nouvelles. C'est ainsi qu'Ito Naga, sur les traces de Joe Brainard («I remember») et de Pérec («Je me souviens»), mais en déplaçant l'enjeu de l'enquête vers le réel immédiat, propose l'inventaire amusé, imprévu, forcément provisoire, de ces données d'évidence qui présentent le réel pour ce qu'il est: un univers en expansion infinie.

  • Une rhétorique des nuages

    Hubert Voignier

    • Cheyne
    • 13 Février 2020

    Un nuage n'est jamais vraiment ici. On ne sait d'où il est venu, il est déjà en partance. Il a une forme, il se déforme, il suggère des images et des fantasmes. On l'a déjà vu, mais il est toujours nouveau. A-t-il seulement un début et une fin ? Il laisse comme une trace en soi, des histoires en devenir, des reflets de vie, qui n'attendent plus qu'un livre. Suivre cette Rhétorique des nuages, c'est suivre une phrase qui se déploie sur la page, en chercher les articulations et les périodes, s'installer dans son rythme. Rien de moins flou ou de moins vaporeux : Hubert Voignier sait parfaitement donner une forme à ce qui n'en a pas, une obstination à ce qui s'échappe. Peu à peu, au fil de la lecture et de ses effets, quelque chose parle et se dit, des principes d'existence apparaissent, et la rhétorique appelle la méditation, le signe révèle le silence qu'il contient. Une voie s'invente.

  • La leçon de sourire

    Loïc Demey

    • Cheyne
    • 8 Juillet 2020

    Sourire, ce n'est pas rire. Les hyènes et les êtres cruels rient mais sont incapables de sourire. Le sourire, lui, n'exhale aucun son, il est une expression discrète, feutrée, une émotion qui n'est pas destinée aux foules ni aux menaces. Il naît du ventre, traverse et se nourrit du coeur, il se comprime à l'intérieur des poumons, remonte le buste puis relâche la mâchoire en irriguant de douceurs les lèvres, les joues, et de lueurs l'iris. Le rire retentit quand le sourire s'écoule, se répand, il s'anime au contact des autres ou de leur souvenir.

  • Dans notre libre imagination

    Ito Naga

    • Cheyne
    • 8 Juillet 2020

    Les boulangers savent-ils qu'en fabriquant des croissants, ils réalisent une opération mathématique d'une étonnante originalité ? Dans cette opération, on cherche à mélanger deux choses le plus profondément possible. On étale d'abord une chose sur l'autre, puis on replie, puis on étale à nouveau, on replie et ainsi de suite. Peu à peu les deux choses se mélangent, comme dans la pâte feuilletée. Au fur et à mesure que cette opération avance et que le mélange grandit, les couches se multiplient et l'on passe par toutes sortes de motifs. Il y a dans les croissants des petits paysages stratifiés.

  • Eau la lumière reflétée, permettant tous les arcs-en- ciel, eau miroir des présages, inversant le paysage, arbres et bêtes, eau mine d'or, brillante de mille et un feux, trésor sans prix et pas à vendre.

    - Eau flaques d'eau, à sauter et s'éclabousser, bottes à pieds joints, eau pour les rires, pour les enfants, désaltérant les animaux, eau des balades en famille, dimanches d'hiver, eau ce qui reste des grandes averses de la veille.

  • Mon maître absolu en littérature et en poésie : c'est Ingres. Je voudrais écrire comme il peint : des personnages d'une grande beauté formelle mais qui ne sauraient exister en dehors de sa peinture parce qu'ils ne survivraient pas à la réalité. Sa grande odalisque par exemple n'est pas vraiment une femme. Elle a le cou trop long, le dos trop fragile. Sur terre, elle casserait mais sur la toile, elle est mieux écrite que tout ce qu'on a écrit jusqu'ici sur la beauté des femmes.

  • Cinq lèvres couchées noires

    Louis Adran

    • Cheyne
    • 12 Février 2020

    Cinq lèvres couchées noires est un poème puissant et mystérieux, et tout à la fois le récit épique d'une errance, celle d'une communauté imaginaire, un « nous » en mouvement qui entraîne le lecteur dans une désertion, ou peut-être un bannissement (mais quelle guerre a-t-elle pu à ce point jeter ce groupe hors de la ville ?). Les personnages déambulent dans des paysages aux couleurs, aux odeurs, aux saveurs tranchées. Toute la sensualité du lecteur est mise en alerte pour recomposer, par indices successifs, une ville et sa campagne, mais surtout un monde en plein bouleversement. C'est la langue, avant tout, qui trace le chemin, ouvre des brèches, sème le trouble, masque, démasque, et raconte le combat pour la possibilité d'une parole. Cinq lèvres couchées noires est un livre vivant, vibrant, qui, sitôt qu'on l'ouvre, semble s'échapper de l'idée qu'on en avait pour nous amener vers une nouvelle image, une nouvelle impression. Un livre qui profite de chaque silence pour nous ouvrir un nouveau paysage.

  • Considéré comme l'un des plus importants poètes chiliens d'aujourd'hui, Óscar Hahn n'avait encore jamais été traduit en français. Autour de larges extraits de Peine de vie, l'un de ses recueils majeurs, ce volume nous invite à un parcours poétique couvrant près de quatre décennies, depuis Art de mourir (1977) jusqu'aux Miroirs communicants (2015). La poésie d'Óscar Hahn se caractérise par des formes concises, une netteté limpide du vers et une aptitude à embrasser un large horizon de l'expérience humaine. Elle excelle à relier les détails concrets de la vie quotidienne, les situations existentielles ou les événements historiques à une dimension réflexive proche de l'apologue. L'amour, le temps, la solitude, la mort, la chute des Tours jumelles, les guerres au Proche-Orient sont autant de thèmes susceptibles de trouver place dans ses poèmes qui allient au naturel de la diction une persuasive unité de forme et d'atmosphère. La voix d'Óscar Hahn porte l'empreinte d'une longue tradition poétique remontant au Siècle d'or espagnol, tout en manifestant une évidente aptitude à réélaborer des formes d'oralité populaire. Ni la verve ironique, ni la veine ludique ou fantastique qui se font subtilement jour dans ses poèmes ne le conduisent à perdre un juste contact avec les vérités, les énigmes et les paradoxes des destinées humaines. Me charger de moi-même de par le monde n'est pas chose facile Me défaire de moi ou me laisser abandonné en quelque lieu non plus Ó. H.
    Un recueil de poèmes écrits pendant plus de quarante ans, se référant aussi bien aux tourments de l'époque qu'à l'expérience de la vie humaine dans son universalité.

  • Elle sent les mots coller à elle comme du goudron.
    Elle a appris à voir sans regarder, à rester impassible.
    Pas de larmes. Elle sait reconnaître l'attitude de celui qui s'approche et qui va mordre. Les yeux qui brillent un peu. L'air détaché et content de soi.
    Quelque chose en elle est devenu poisseux.
    Elle suit les pointillés pour disparaître.

  • Je te nous aime

    Albane Gellé

    Elle a commencé par enlever le couvercle et puis tout doucement elle est sortie de son bocal. il animal autant que le chien par terre quand ils se roulent, et alors qu'est-ce qui la gêne ? il et elle savent les souffrances pour sortir de leurs ombres, se désencombrent de leurs peurs, osent quel scandale se servir du mot joie.

  • Grandirs

    Clara Molloy

    • Cheyne
    • 8 Juillet 2020

    Parfois surviennent des signes, lorsque les coïncidences se multiplient. Au moment de tomber amoureux ou d'avoir un enfant, lors de la perte d'un proche. Quelque chose d'inexplicable vient s'ajouter au réel. C'est le même principe qu'avec un voeu : il ne faut pas divulguer son secret, au risque de voir le charme se rompre. Personne ne va vous entendre. La beauté de ce que vous avez perçu se fane si vous cherchez à la partager.

  • Face à une vaste baie qui donne sur le danube : la pièce de travail de reiner kunze.
    Dans cette pièce, une table nue comme une page vierge. sur cette table : une statuette, cadeau d'un sculpteur de rda, lorsqu'en 1977 le poète n'eut plus d'autre horizon de survie que de partir. c'est une toute petite statue façonnée par des gouttes de métal fondu. elle tient dans le creux de la main : un homme qui se mord le poing pour étouffer son cri. une telle intensité, si peu de matériau : ainsi la poésie de reiner kunze.

  • Rencontres et guet-apens

    Milo de Angelis

    • Cheyne
    • 31 Octobre 2019

    Rencontres et guet-apens. « Guet-apens » car la connaissance de soi et de la réalité peut aussi contenir des pièges, des chausse-trappes, «une vérité qui a perdu le chemin». Ces poèmes sont des dialogues solitaires avec les autres - les amis, les disparus, tous les êtres de rencontre. Ces poèmes sont aussi des relevés topographiques, sensibles, de lieux arpentés à Milan : l'Institut Gonzaga où le poète fut lycéen, la prison de haute sécurité où il travaille... Dans sa troublante incandescence, la poésie de Milo De Angelis ne cesse d'explorer les rapports entre le monde où nous vivons et les zones profondes de la psyché, les énergies antagonistes de la mort et de la vie, le moment contemporain et les temps immémoriaux. je voudrais te parler, mon unique ami, ne parler qu'à toi qui es entré dans le terrible et qui as marché sur le fil des gouttières dans la torsion musculaire de cent nuits d'insomnie, et tu t'es sauvé pour un rien... et moi maintenant je te refuse et je t'aime, comme on aime une semence féconde et désespérée. M. DE A.

  • Aller à la découverte des hautes herbes, au détour de paysages repeints aux couleurs de la reverdie annuelle, est un bonheur comparable à celui de se lever tôt pour constater que le soleil règne en maître absolu sur la campagne, avant que ses rayons, frappant de plein fouet les yeux du promeneur matinal, à peine éveillé, ne le jettent, l'esprit à moitié sonné, sur le carreau éblouissant des routes.

  • Les poèmes du jeune auteur iranien Rezâ Sâdeghpour sont emprunts d'un humour né de la lucidité face à l'existence. Ici, le dénuement s'accompagne d'un sourire plein d'amertume.
    Les brefs poèmes qui composent Le Bris lent des bouteilles font entendre une voix attachée à la tradition de la poésie persane mais dont la question est, elle, universelle : comment sourire, malgré les ténèbres ?

  • Solitude Europe

    Sébastien Fevry

    • Cheyne
    • 17 Décembre 2018

    Car, enfin, fallait-il que nous soyons épuisés / Pour nous retrouver au mitan d'octobre / Comme deux enfants désunis / Au bord de cette route qui ne mène nulle part / Sinon aux bords de la Grande Casse.

  • Allant pour aller

    Jean-Marie Barnaud

    • Cheyne
    • 8 Juillet 2020

    Et pourtant se dit-il ;
    Comme la beauté résiste ;
    Et parle fort !
    Aucune douleur aucune plainte ;
    Ne déchirent ;
    Le bleu du ciel ;
    Suffit d'une inflexion de voix ;
    De l'abandon d'un regard ;
    D'une caresse ;
    Pour ensauvager une âme ;
    Et la hausser ;
    à sa vraie hauteur ;

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