Crise Et Critique

  • On présente généralement Frédéric Lordon comme lauteur dune avancée théorique majeure pour refonder une gauche conséquente. Nous disposerions grâce à lui de moyens renouvelés dinterpréter le monde néolibéral et dune stratégie politique pour en finir avec laménagement social-démocrate du capitalisme. Tel nest pas lavis de Benoît Bohy-Bunel qui, loin de tenir son oeuvre pour la critique politique radicale quelle prétend être, la réfute ici sans appel, ny voyant rien de plus quun anticapitalisme tronqué qui convient aux idéologies de crise populistes. De quoi Lordon est-il le nom ? Un drapeau en berne d'une gauche décatie qui tente de réguler une fois de plus lÉconomie et la politique de façon « plus humaine ». Se donnant pour ambition de donner un panorama complet et critique des principales thèses dun auteur à loeuvre prolifique, l'auteur en appelle par là même à un renouveau de la lutte contre le capitalisme sur de tout autres fondements théoriques.

  • Il y a cent cinquante ans, Marx affirmait la nécessaire sortie du capitalisme par le moyen de la lutte des classes. Cent vingt ans plus tard, l'Internationale situationniste, emmenée par Guy Debord et Raoul Vaneigem, mettait en cause la société du travail et de la consommation. Le Manifeste contre le travail reprend la critique là où les situationnistes l'avaient arrêtée.

    Dans une société obsédée par la "valeur travail" et l'effroi que suscite sa disparition, ce livre-manifeste reprend le combat contre la transformation de l'individu en "ressource humaine". Il rappelle qu'une émancipation digne de ce nom ne peut faire l'économie d'une critique radicale du travail dont il faut se libérer.

    Un texte de référence écrit par Robert Kurz, Ernst Lohoff et Norbert Trenkle, nouvelle édition augmentée.

  • Aucun principe du marxisme ne semble plus fondamental que la référence à la division de la société en classes sociales, à l'intérêt de classe et à la lutte des classes.

    « L'histoire de toute société jusqu'à nos jours, c'est l'histoire de la lutte des classes » écrivait Marx. Mais les apparences sont trompeuses. L'oeuvre principale de Marx ne s'appelle pas « La Classe » et ne commence pas par cette catégorie, mais par celle de la marchandise. Le Capital s'achève en fait par la déduction systématique des classes.

    Dans un texte incisif et fondateur, Kurz et Lohoff prennent le parti de remettre sur ses pieds la riche critique marxienne de l'économie politique et en déconstruire les approches superficielles.
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  • Le capitalisme est le premier régime de l'histoire à acheminer le monde vers un gouffre énergétique qu'il perfectionne en intégrant la contrainte d'efficience énergétique à son axiome initial. La crise énergétique et ses retombées écologiques constituent partout le mur externe du métabolisme capitaliste. Pourtant, la thèse, jamais démentie par le marxisme traditionnel, de la réappropriation des moyens de production par les forces productives, reste largement partagée.
    Dans l'horizon d'un dépassement véritable de la forme de vie capitaliste, l'abolition du travail ne peut que signifier aussi la fin des technologies qui en ont indissociablement accompagné le développement, sous peine de réitérer une énième critique tronquée du capitalisme. Seule une exigence d'émancipation portée jusqu'à cette pointe pourrait à la fois cesser de consumer sans limites le monde matériel et offrir les bases sociales d'une autonomie retrouvée des techniques et des activités de production.

  • La crise du coronavirus sonnera-t-elle le glas du capitalisme, la fin de la société industrielle et consumériste ? Certains le craignent, d'autres l'espèrent. Avec l'épidémie, un facteur de crise inattendu est apparu - l'essentiel n'est pourtant pas le virus, mais la société qui le reçoit.

    Le Covid-19 est l'accélérateur mais pas la cause de l'aggravation de la situation de crise globale de la société capitalise mondiale. Il faut donc tenter de comprendre le lien entre la situation et l'épuisement structurel du capitalisme qu'a mis en lumière la théorie critique de la valeur depuis les années 1960. Le processus de crise fondamentale doit être le point de départ de l'analyse et de la réflexion sur la corona-crise.

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