Divergences

  • La terreur féministe ; petit éloge du féminisme extrémiste Nouv.

    « Le féminisme n'a jamais tué personne ». Cette phrase est brandie depuis des décennies par le discours féministe majoritaire. Comme si les féministes cherchaient à rassurer un patriarcat pétri d'angoisse, ou à appuyer l'idée - déjà bien répandue - qu'une femme ne peut pas faire peur, qu'une femme ne peut pas être dangereuse. Mais est-il vrai que le féminisme n'a jamais tué personne ? Elles s'appellent Maria, Noura, Judith, Diana, Christabel. Elles ont fait usage de la violence contre la patriarcat. Elles ont touché au grand tabou. Pour nourrir une réflexion sur la place de la violence dans la lutte contre le patriarcat, Irene nous raconte l'histoire de ces femmes violentes.

  • « Pour faire simple, le féminisme est un mouvement qui vise à mettre fin au sexisme, à l'exploitation et à l'oppression sexistes. » Ainsi débute cette efficace et accessible introduction à la théorie féministe, écrite par l'une de ses figures les plus influentes, la militante noire-américaine bell hooks.

    Conçu pour pouvoir être lu par tout le monde, ce livre répond de manière simple et argumentée à la question « qu'est-ce que le féminisme ? », en soulignant l'importance du mouvement féministe aujourd'hui. Ce petit guide, à mettre entre toutes les mains, nous invite à rechercher des alternatives à la culture patriarcale, raciste et homophobe, et à bâtir ainsi un avenir différent.

  • Alternatives à la prison Nouv.

    Peu après la publication de Surveiller et punir, Michel Foucault est amené à répondre à la question suivante : « Y a-t-il des "alternatives" à la prison ? » Foucault doute que l'imposition croissante de conditions restrictives en dehors de l'enceinte de la prison témoigne d'une rupture avec l'emprisonnement ; le progressisme pénal et le développement de techniques de surveillance sembleraient aller de pair.

    Ainsi ne s'agit-il pas tellement d'inventer des « alternatives », mais plutôt de savoir si l'on souhaite diffuser ou faire décroître le contrôle social. La lecture rétrospective d'« Alternatives » à la prison, loin de tarir les questionnements sur l'actualité criminologique, suscite de nombreuses interrogations quant à l'extension d'une société policée. Des textes de Sylvain Lafleur, Toni Ferri et Anthony Amicelle viennent actualiser cette analyse.

  • Nos corps sont des terrains de résistance car ils sont pour d'autres des terrains à conquérir. Dans cet ouvrage accessible et personnel, en discussion avec les mouvements féministes contemporains, Silvia Federici entreprend d'extirper nos corps des pouvoirs et des dispositifs technologiques qui les aliènent et les transforment.

    Comment reprendre corps aujourd'hui alors que les publicitaires dictent à ce corps son allure, que les petits chefs l'épuisent au travail, que les médecins l'entourent de sa naissance à sa mort, et qu'on le marchandise jusqu'à la reproduction ? Comment le corps et le genre se forment-ils, entre histoire, luttes collectives, et politique de l'identité ?

    De l'examen de ces questions brûlantes, il ressort un refus : celui de la transformation du corps en machine (ouvrière, procréatrice ou esclave). Et une affirmation : la nécessité d'écouter le langage du corps, afin de retrouver par-delà ses frontières la continuité magique qui nous relie aux autres êtres vivants qui peuplent la terre.

  • « Le Macronisme est une nouvelle variante du fascisme, et il nous faudra avoir la plus grande attention à la façon de débrancher ces êtres de nos institutions au moment du changement démocratique nécessaire et qu'ils chercheront compulsivement à éviter ».

    Telle est la thèse de Juan Branco, normalien et docteur en droit, conseiller juridique de Julian Assange et de Wikileaks, spécialisé dans les violences politiques et de masse. Ce texte montre comment, dès les premiers jours de son mandat, se dessinait chez Emmanuel Macron une pratique du pouvoir dangereuse pour la démocratie, ancrée dans une histoire politique éloignée des préceptes auxquels sa rhétorique donnait l'impression d'adhérer.

  • « Le capitalisme est mort ».

    C'est sur ces mots que, le 29 juillet 2019, Jérémy Désir, ancien banquier de la City (place financière de Londres), débutait sa lettre ouverte de démission après dix années d'un parcours académique d'élite. C'est l'aveuglement de ces mêmes élites quant à leur rôle dans la catastrophe en cours, aussi bien que son parcours personnel qui l'ont conduit à cette conclusion inéluctable. Une démonstration aussi limpide qu'implacable sur la fin d'un monde, vu de l'intérieur, et des stratégies envisageables pour en précipiter la chute : seule alternative au chaos programmé.

  • Devant l'ampleur planétaire du désastre, un nouveau mouvement écologiste a émergé au fil des marches pour le climat, des grèves de la jeunesse et des actions de désobéissance. Mais sa stratégie se réduit encore à adresser une demande de transition à de supposés décideurs.

    Pour Désobéissance Écolo Paris, collectif à l'origine des grèves scolaires dans la capitale, on a déjà perdu trop de temps à demander aux pyromanes d'éteindre l'incendie. L'inertie de ce monde n'appelle pas une transition, mais une rupture. Pratiquer une écologie sans transition consiste à interrompre dès maintenant l'oeuvre destructrice de l'économie et à composer les mondes dans lesquels nous voulons vivre. Et cela, d'un même geste.

  • Les forêts sont en flammes, le monde se réchauffe, les tensions s'aiguisent. Les écologistes commencent à se faire à l'idée que les gouvernements et les "décideurs" ne feront rien pour arrêter le ravage. Pour celles et ceux qui n'entendent pas rester sans rien faire, il y a un temps avec lequel renouer, où l'écologie était un vaste mouvement d'action directe, doté d'une histoire révolutionnaire et d'une stratégie.

    Cette histoire oubliée, c'est celle des années 1990 en Angleterre, où le gouvernement a dû plier le genou devant l'éclosion, sur son territoire, d'une myriade de "zones à défendre". Opposée à l'écologie résignée des ONG, une génération avait alors pris pour mot d'ordre : pas de compromis dans la défense de la terre?! Blocages de pelleteuse, bris de vitrine, débats passionnés, randonnées illégales, occupations de bureaux, ouvertures de squats, amourettes ensoleillées, vie dans les arbres - tout cela a été le quotidien de dizaines de milliers d'écologistes.

    Rédigé par un membre d'Earth First?!, ce récit critique de ces années intenses est riche d'enseignements politiques pour aujourd'hui.

  • Gilles Deleuze est connu comme le penseur de la création, de l'affirmation joyeuse et du rhizome. Mais Andrew Culp défend l'idée polémique que cette pensée radicale et joyeuse a perdu son potentiel de résistance au présent. Ces concepts créés pour combattre le capitalisme ont été recyclés dans des slogans publicitaires qui affirment allègrement que : « Le pouvoir est vertical ; le potentiel horizontal ! » Culp retrouve la négativité oubliée de Deleuze et perturbe la lecture dominante en révélant un réseau souterrain de conspiration, de cruauté, de terreur de l'extérieur et de la honte d'être humain. Un Deleuze révolutionnaire pour notre monde digital, de bonheur compulsif, de contrôle décentralisé et de surexposition.

  • Nicola Massimo De Feo (1939-2002) a la particularité d'opérer une réconciliation des traditions marxiste et anarchiste au regard des expériences dont les années 1970 italiennes et allemandes étaient porteuses.

    Dans Contre la révolution politique, la reprise de la séquence de l'anarchisme russe l'amène à penser à nouveaux frais la question de la prise de pouvoir révolutionnaire en un temps où elle apparaissait déjà de moins en moins désirable. Surtout, en confrontant les conspirations de cette époque avec leur figuration chez Dostoïevski, il aborde de front les ambiguïtés théoriques et pratiques du processus destituant dans la tradition de l'autonomie.

  • La multiplication à l'échelle planétaire de mouvements sociaux, inédits dans leurs formes et dans leur ampleur, semble venir contredire une certaine idée post-moderne de la « fin de l'histoire ».

    Dans ce court texte incisif, Mikkel Bolt Rasmussen, spécialiste des mouvements politiques et des avant-gardes artistiques, livre un essai original sur les théories de l'Histoire au regard des grands mouvements sociaux et des soulèvements insurrectionnels contemporains. Il nous engage alors à repenser la relation entre le présent historique et l'action politique.

    En opposant, sous forme de boutade, « la fin de l'histoire » hégélienne à la disruption d'Occupy, ce livre met en valeur l'actualité d'une « ré-ouverture de l'histoire ».

  • Si l'on récuse l'idée d'un effondrement fatal et déjà acquis, la mise en évidence d'une dynamique de crise structurelle implique que l'emprise du monde de l'économie peut continuer à se perpétuer, quoiqu'au prix d'une décomposition politique et sociale, d'une pression sur les "ressources humaines" et d'une dévastation écologique sans cesse exacerbées.

    Écrit sous l'effet du soulèvement des Gilets jaunes, le présent livre argumente que ce mouvement, tout comme les mobilisations pour le climat dont l'essor est presque simultané, est annonciateur de nouvelles formes d'explosion sociale qui sont vouées à se multiplier au cours des années à venir.

  • Capitalisme carcéral

    Jackie Wang

    Jackie Wang pose une question cruciale pour comprendre ce qui se passe actuellement aux États-Unis : comment un réseau carcéral et des appareils de répression policiers s'articulent-ils à la violence de l'économie et du racisme ? S'agit-il de la continuation directe, sous un autre visage, du système d'esclavage qui perdura jusqu'au XIXe siècle et sur lequel se sont fondés les États-Unis d'Amérique ? Est-ce un système de gestion des populations « surnuméraires », déclassées dans l'impossible course à l'American Dream du fait de leur position dans la hiérarchie sociale ? Les nouvelles formes de contrôle n'ont pas pour seul objet de mettre au pas les gens de couleur, mais aussi de les exploiter et d'en tirer profit en les enfermant dans le cercle vicieux de la dette. Au cloisonnement racialisé des populations s'ajoutent de nouveaux dispositifs comme les bracelets connectés ou les algorithmes de prédiction des crimes, qui font des villes de véritables prisons à ciel ouvert. Ce livre nous plonge au coeur de l'enfer du capitalisme américain, de ses logiques sécuritaires et de ses processus de racialisation des corps.

  • Nous pouvons redevenir des habitants de cette Terre, pris dans les rets de notre incommensurable cohabitation avec d'autres êtres. Singulariser les communautés des êtres du vivant que nous sommes, ce n'est rien d'autre que fragmenter le monde. Contre le cauchemar de l'utopie capitaliste qui prétend intégrer tout être, toute chose dans le monde global de sa décomposition : se désintégrer, à nouveau des manières de faire exister notre expérience, instaurer la différence. Retrouver des voies d'une politique inséparable de sa localisation. Il n'y a pas de monde commun qui préexiste à l'expérience que l'on en fait. Il n'y a que des formes de communisation qui rendent le monde ingouvernable. Cette nouvelle édition est l'ouvrage de référence de l'exposition Fragmenter le monde au Palais de Tokyo (2020).

    1 autre édition :

  • Horizons brisés

    Collectif

    Le désastre emporte tout, au point qu'il est plus facile d'imaginer la fin du monde qu'une bifurcation. Le collectif Liaisons - groupe de recherche partisane transocéanique - appelle cela "l'éclipse de l'horizon" : perte des perspectives et des repères qui nous permettaient d'envisager une possible révolution. Comment continuer de croire et de lutter en ce monde à l'ère de sa probable extinction ? Comment penser la victoire ? Dans Horizons brisés, des collectifs en lutte provenant de quatre continents tentent de répondre à cette question afin de mettre en commun la pensée révolutionnaire sur une échelle planétaire - au Mexique, aux Etats-Unis et en Chine en passant par le Soudan.

  • Le peyotl, appelé "la chair des dieux" par les peuples indigènes mexicains, est une plante psychotrope emblématique, employée entre autres pour soigner et consommée durant les fêtes. Mais les colonisateurs européens et missionnaires chrétiens qui n'y virent qu'une plante "maléfique", la rebaptisèrent "herbe du diable" et prononcèrent son interdiction. Cependant, malgré l'interdit et la répression, le peyotl continua d'être consommé durant la période coloniale et jusqu'à nos jours.

    L'auteur questionne les usages de psychotropes et leur prohibition, la "guerre à la drogue" comme guerre aux "drogués", l'histoire d'une guerre "morale" contre les minorités racisées.

  • Dans la Métropole, la sensation de vivre dans un camp de concentration planétaire est à son comble. Face à un bouleversement global et dévastateur des modes de vie, la question qui fait écho en nous est la suivante?: « Où fuir?? ».

    Occuper pleinement, arracher des territoires aux mains de la gouvernance mondiale capitaliste, créer des communautés sont les actes révolutionnaires de ceux et celles qui ont cessé d'espérer, de croire aux «miracles» de l'urbanisme et autres sciences du gouvernement. La création constante de mondes n'est pas un problème sinon un besoin vital dont on décide de se charger ou que l'on délègue à l'oppresseur.

  • Après l'année 2008 et son krach, les plans de sauvetage, les banqueroutes étatiques et les mouvements de réfugiés qui en ont résulté ces derniers temps, il devient de plus en plus évident dans les centres que le capitalisme est en train de tomber en morceaux. Quant à la périphérie, elle se désintègre elle aussi toujours davantage et s'enfonce dans la guerre civile, la criminalité et le banditisme. D'un côté comme de l'autre on voit se répandre un terrorisme d'exclusion, de démarcation, de verrouillage des frontières. Dans un tel contexte nous publions ce texte de Robert Kurz se rapportant aux thématiques de l'« impérialisme d'exclusion » et de l'« état d'exception ».

  • "Jusqu'à quel point le mouvement révolutionnaire fut il responsable de sa propre défaite ?" demandait Vernon Richards en 1953.

    Dans l'Espagne de 1936, que restait-il du projet communiste libertaire après le 19 juillet quand en le propulsant en Catalogne, en Aragon et en pays valencien, un certain nombre de militants de la CNT-FAI se rendirent compte qu'ils agissaient à contre-courant de leur organisation ? Comment parler encore de sortie du capitalisme quand un syndicat anarcho-syndicaliste "collectivise" le secteur productif sous l'égide de l'Etat, incite la classe ouvrière à s'adapter "au panorama économico-industriel du monde", et repousse aux calendes grecques l'abolition du salariat ?

    Premier volume : Et l'anarchisme devint espagnol Second volume : L'anarcho-syndicalisme travaillé par ses prétentions anticapitalistes 1910-1937.

  • Après avoir retracé les moments forts de la rencontre entre une partie des classes populaires espagnoles et l'anarchisme au temps de la première Internationale, l'auteure aborde dans ce deuxième volume les "deux manières d'interpréter le sens de la vie et les formes de l'économie post-révolutionnaire" qui s'agitaient au coeur de la CNT et de la mosaïque libertaire de 1910 à 1936.

    Après le 19 juillet 1936, une partie du mouvement, nourrie d'une solide culture de l'action directe, se lança avec enthousiasme dans un début de sortie du capitalisme, inédite par son ampleur et sa durée, une epérience dont les leçons restent à tirer.

  • Le 18 mai 2016, Nicolas Fensch, ingénieur informatique de 39 ans assène quatre coups de barre en plastique à un agent de police qui sort de son véhicule, quai de Valmy. Quelques instants plus tard la voiture s'enflamme. La photo fera le tour des médias et l'affaire prendra vite une tournure politique.

    Parmi les neuf prévenus, Nicolas est une énigme, tant pour la justice que pour le public. Élevé dans une famille catholique plutôt conservatrice, militant gaulliste dans sa jeunesse, il n'a rien d'un activiste et participe à sa première manifestation 3 semaines plus tôt, par hasard. Des cabinets de consulting à la prison de Fresnes, ce livre retrace le parcours hors norme de Nicolas Fensch, condamné à 5 ans de prison ferme en 2017.

    Écrit avec Johan Badour.

  • Mikkel Bolt Rasmussen analyse l'exercice du pouvoir par Trump afin de décrypter la formation d'un nouveau type de fascisme : le fascisme capitaliste tardif, empêchant toute sorte de changement social. Trump projette l'image d'une Amérique menacée, mais capable de se reconstruire en une communauté unie, blanche et patriarcale.

    Après quarante ans de développement inégal et sans limite aux États-Unis, le fascisme capitaliste tardif de Trump mêle culture populaire et ultra-nationalisme dans le but de renouveler la vieille alliance entre la classes ouvrière blanche et possédante, empêchant ainsi la constitution d'une alliance anti-capitaliste entre les mouvements Occupy et Black Lives Matter.

  • Le dérèglement climatique nous aurait fait entrer dans « l'Anthropocène », cette ère géologique durant laquelle l'espèce humaine serait devenue la force écologique majeure. Mais le dérèglement climatique est-il réellement imputable à « espèce humaine » de manière indifférenciée et prise comme espèce naturelle ? Des historiens ont mis en doute cette vision simpliste, en faisant de l'industrialisation - et donc du dérèglement climatique - un processus résultant avant tout des dynamiques du capitalisme, inventant à cette occasion un nouveau concept : le Capitalocène. Cet ouvrage effectue un panorama critique des propositions de ces historiens en vue d'une nouvelle histoire des causes historiques du dérèglement climatique.

  • Cent ans après la révolution d'Octobre, dans la crise civilisationnelle actuelle, est-il encore possible de penser et d'envisager le communisme ? Oui, répond Tarì, à condition de repenser radicalement la tradition des mouvements révolutionnaires qui se sont succédés pendant un siècle.

    Il confronte donc les différents mouvements sociaux contemporains : de l'insurrection argentine de 2001 à Occupy Wall Street, des Indignados au mouvement contre la Loi Travail, de la lutte du Val di Susa aux "printemps arabes". L'auteur repère les moments et les contenus inédits et dissensuels, en s'inscrivant dans un héritage théorique, irrégulier et fragmentaire, tenu de Walter Benjamin à Georgio Agamben.

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