Editions De Paris

  • Lorsque les Arabes conquirent d'anciens territoires chrétiens, enlevés aux empires byzantin et sassanide aux limes de la Péninsule arabique, les Chrétiens autochtones disposaient déjà d'une pensée et d'une culture élaborées, tant religieuses que philosophiques, adossées depuis longtemps aux grandes civilisations du patrimoine hellénique et de l'Orient antique. Manquait encore à l'islam des conquérants le sens du débat théologique ou philosophique.
    L'exemple le plus significatif fut incontestablement la relation entre les Chrétiens réfutant les objections que l'islam leur opposait et les Musulmans appelant à la foi en un texte incréé, à peine fini d'être collecté.
    La confrontation profita aux Musulmans dans l'élaboration et la formation d'une théologie propre, exprimée avec le double outil linguistique et notionnel apporté par les Chrétiens.

  • Ordinateurs, Internet, câble, numérique. Depuis la seconde moitié du XXe siècle, tous les prodiges informatiques reposent sur la Théorie des Codes.
    Cette théorie s'applique aussi aux textes écrits. Elle identifie un auteur avec une certitude qui peut dépasser 999 999 chances sur un million : chaque auteur présente des caractéristiques stylistiques dont il n'a pas conscience, mais que les mathématiques peuvent identifier. Ces caractéristiques, repérées dans un texte, sont-elles présentes dans un autre texte ? Cela permet de savoir si les diverses parties d'un même livre ont été écrites par un seul auteur ou par plusieurs.
    Appliquée au Coran, cette théorie révèle clairement plusieurs auteurs, décèle des dates de rédaction différentes et identifie des structures restées jusqu'ici cachées. Une perspective scientifique et insoupçonnée s'offre à nous, une lumière nouvelle éclaire le premier islam, sa nature, son histoire, et présente comme jamais encore vu l'islam d'aujourd'hui.

  • L'Islam s'enracine dans le judaïsme et le christianisme non pas directement mais à travers les dérives de cercles judéo-chrétiens qui avaient transformé le messianisme biblique en idéologie de salut - ils attendaient la seconde venue du messie en tant qu'il dominerait la terre, la soumettant au pouvoir de " Dieu " et surtout de Ses fidèles.
    Malgré les difficultés ou les abus d'interprétation des textes et des vestiges archéologiques - particulièrement des manuscrits de la mer Morte -, il est possible à l'historien de suivre cette pensée messianiste qui s'esquisse au IIe siècle avant notre ère : elle apparaît comme système de pensée dès la fin du Ier siècle de notre ère, et, à la fin du VIe, donne naissance à l'éphémère communauté judéo-arabe qui fut le berceau de l'islam.
    Loin des polémiques religieuses, cette synthèse, qui " révolutionne les conceptions des orientalistes sur les origines de l'islam " (Gérard Troupeau) confronte des analyses textuelles portant sur les documents juifs, chrétiens, musulmans et autres, aux apports des recherches islamologiques, archéologiques, etc. Résultant de plus de dix ans de recherches, cette étude se répartit en deux tomes, le premier étant axé sur le phénomène messianiste et le second sur les questions islamologiques ; elle a constitué la thèse de doctorat en théologie/histoire des religions qu'Edouard-Marie Gallez a soutenue à l'Université de Strasbourg II en 2004.

  • Le mot jihâd, qui évoque souvent à lui seul tout le problème de la violence en islam, renvoie à l'un des obstacles majeurs de l'intégration de la religion musulmane à nos sociétés modernes. Mais qu'en est-il précisément de ce terme qui revient régulièrement à la une de l'actualité ? C'est à cette question complexe et passionnante que Johan Bourlard a tenté de répondre dans ce livre qui, tout en étant le produit de recherches effectuées dans le cadre universitaire, se présente dans un langage accessible au non-spécialiste. L'auteur dresse d'abord un aperçu du problème : définition du concept du jihâd, bref historique des mouvements musulmans intégristes, réactions occidentales face aux attentats terroristes perpétrés au nom de l'islam. Il présente ensuite une analyse du thème du jihâd dans les textes fondateurs de l'islam : le Coran (parole d'Allah), la Sunna (tradition musulmane fondée sur l'exemple de Mahomet) et la Sîra (biographie de Mahomet). Johan Bourlard jette enfin un il critique sur quelques-unes des solutions apportées par les intellectuels contemporains pour tenter d'intégrer au mieux l'islam et plus particulièrement le jihâd dans la modernité.

  • Quel est le statut des préceptes moraux présents dans les textes sacrés des grandes religions ?
    De multiples difficultés apparaissent rapidement. Bible et Coran, pour nous limiter à ces livres, remontent à des périodes lointaines et portent la marque d'époques où les conditions de vie étaient très différentes des nôtres.
    Un bon nombre des questions difficiles d'aujourd'hui ne trouvent pas de réponses claires dans ces textes : questions de bioéthique, de morale sociale, du travail, ou traitant de la violence ou du terrorisme, des relations internationales, du système bancaire et de tant d'autres questions nouvelles.
    Dans tout ces cas, faut-il encore se référer aux textes sacrés et, si l'on y répond positivement, comment s'appliquent-ils ?
    C'est l'une des questions délicates que les Actes de ce colloque peuvent contribuer à éclaircir. Car en définitive, jamais la dimension morale ne peut être isolée de la conception que présente chacune des religions de la relation entre Dieu et les hommes.
    Ont contribué à cet ouvrage : P. Bruns, Mgr P. Debergé, H. Didier, E. Divry, N. Dura, I. Kristó-Nagy, M. Maróth, H. Nehmé, A. Noujaim, H. Rédissi, L.-TH. Somme, M.-Th. Urvoy

  • La tentation est forte de mettre les grandes religions monothéistes sur un pied d'égalité dans leurs pratiques d'expansionnisme religieux, que celles-ci relèvent du prosélytisme religieux ou de la conquête territoriale. En les renvoyant dos à dos, on conduit à leur imputer une commune responsabilité dans les conflits actuels sans chercher d'éventuelles différences dans les révélations qui fondent ces traditions religieuses.

    Il est difficile de rendre compte de la complexité du processus de conquête tel qu'on le rencontre dans le monothéisme et des spécificités de cette notion dans le christianisme et dans l'islam. Difficiles et douloureuses, les interrogations sont souvent éludées. C'est peut-être une raison pour laquelle la notion de conquête a peu été étudiée en histoire et en théologie des religions. En attendant la victoire définitive de la grâce divine dans les coeurs et dans le monde, les contributions rassemblées ici éclairent cette notion.

  • Le soufisme se présente comme l'aspect ésotérique de l'islam. Disséminé sur les cinq continents, les soufis représentent aujourd'hui 70-90 millions de musulmans. Les spécialistes de l'islam et les médias présentent le plus fréquemment le soufisme comme étant plus tolérant et pacifique. En réalité, la plupart des grands maître soufis ont explicitement prôné le petit jihâd, le jihâd belliqueux classique, appelant expréssement les dirigeants musulmans à accomplir régulièrement ce devoir religieux dans le but d'imposer l'islam au monde entier. Jamais dans leurs ouvrages le jihâd des coeurs ne remplace le jihâd guerrier, qui est perçu au contraire comme une cristallisation du jihâd des coeurs et la preuve de sa sincérité. Nombre d'entre eux ont d'ailleurs personnellement participé au jihâd guerrier, tant défensif qu'offensif. Les résultats de la recherche de E. Herrera sont surprenants : ils dévoilent l'aspect fondamentalement intolérant de l'immense majorité des grands maîtres du soufisme et de leurs disciples. Tant les doctrines chrétiennes et juives que les personnes y sont décrites d'une manière catégoriquement négative. Une nouvelle image, étayée par des centaines de sources, rapportés en français, pose les bases d'un nouveau débat sur le soufisme, débat qui devra désormais tenir compte de ces références qui renversent les idées reçues. - L'auteur : Ephraïm Herrera est docteur en histoire des religions à la Sorbonne, spécialiste de l'Islam. Afin de pouvoir lire les textes à leur source, il a appris l'arabe classique. Il est notamment l'auteur de Djihad, de la théorie aux actes (éditions Elkana).

  • En Islam « l'intention » est considérée comme l'esprit de l'action. Brigitte Lacombe Fakher, étudiant cette notion dans le manuel juridique de Fakhr al Muhaqiqqin, et en analysant des termes clefs : jurisprudence, adoration et actes cultuels, développe un des aspects de la connaissance de la pensée chiite, pensée encore imparfaitement connue.

  • L'analyse de la place de la religion dans l'identité et le fonctionnement de l'ordre social dépasse largement les questions d'actualité, si dramatiques soient-elles. La cohabitation dans une même société de plusieurs religions concurrentes - et dont les dogmes sont susceptibles d'être incompatibles - est compliquée par le fait que celles-ci peuvent ne pas prescrire les mêmes conduites à leurs fidèles. Or quand la loyauté fait défaut (si la dissimulation, voire le mensonge délibéré sont autorisés), quand la réciproque (dans l'exercice du culte ou la liberté de la conversion) n'est pas pratiquée, quand l'usage de la force est permise (non pas seulement par légitime défense mais comme instrument de conquête), aucune relation de confiance n'est véritablement possible. L'ordre social est alors réduit à des rapports de force.

    Ont contribué à cet ouvrage : Mohammad Ali AMIR-MOEZZI, Guillaume BERNARD, Michel BOYANCÉ, Peter BRUNS, Mgr Pierre DEBERGÉ, Edouard DIVRY o.p., Istvan KRISTÓ-NAGY, Heinz Otto LUTHE, Amal MAROGY, Miklós MARÓTH, Hoda NEHMÉ, Antoine NOUJAIM, Hamadi REDISSI, Luc-Thomas SOMME o.p. , Dominique URVOY, Marie-Thérèse URVOY, Philippe VALLAT

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