Arts et spectacles

  • James ensor

    Emile Verhaeren

    " L'entrée dans le royaume des masques, dont James Ensor est roi, se fit lentement, inconsciemment, mais avec une sûre logique. Ce fut la découverte d'un pays, province par province, les lieux pittoresques succédant aux endroits terribles et les parages tristes prolongeant ou séparant les districts fous. Grâce à ses goûts, mais aussi grâce à son caractère, James Ensor n'a vécu pendant longtemps qu'avec des êtres puérils, chimériques, extraordinaires, grotesques, funèbres, macabres, avec des railleries faites clodoches, avec des colères faites chienlits, avec des mélancolies faites croque-morts, avec des désespoirs faits squelettes.
    Il s'est improvisé le visiteur de lamentables décrochez-moi-ça, de malodorantes arrière-boutiques de marchandes à la toilette, de piteux bric-à-brac en plein vent. "
    Emile Verhaeren

  • Membre fondateur du Mercure de France, grand ami de Gourmont, admiré par Mirbeau, découvreur de Van Gogh, soutien de Gauguin et des peintres synthétistes, G.-Albert Aurier est un promoteur du modernisme, un éclectique revendiqué. Si le critique d'art a été, à juste titre, réhabilité par l'histoire de l'art, l'ensemble de ses écrits n'avait jamais fait l'objet d'une édition. Faisant la part belle à ses oeuvres littéraires encore méconnues tout en présentant la cohérence de ses projets esthétique, critique et littéraire, celle-ci souhaite lui rendre la place qu'il mérite dans l'histoire du symbolisme et du décadentisme. Elle témoigne aussi de sa position centrale dans les réseaux de l'avant-garde littéraire et artistique de son temps.

  • Adrien entreprend un voyage fantastique. Reprise de l'album à trous conçu par le dessinateur humoriste, dont les découpes dans les pages invitent à jouer sur la logique et la temporalité.

  • Inventaire

    Philippe Delessert

    Le monde de Philippe Delessert "est bien un monde poétique, c'est-à-dire un monde vrai, dangereusement vrai, merveilleux ou sorcier : un monde dont nous aurions pu et dont nous ne pouvons plus être les maîtres". (Ionesco)

  • Supports de rencontres secrètes, laboratoires de l'image fantaisiste ou convulsive, les cartes postales ne sont pas simplement, comme on pourrait le croire, ce royaume de la banalité fait de porches d'églises, de tours Eiffel et autres monuments vus et revus. Hyperboles, récréations photographiques, analogies animalières, féeries... autant de jeux formels qui réjouissent les yeux, engendrent des images radicalement nouvelles et racontent des histoires. L'histoire des sociétés, l'histoire d'un art aussi, quand bien même il est officieux et populaire.

  • Transgressif, virtuose et désinvolte, mal connu du grand public mais désormais reconnu par les institutions, comme la Bibliothèque nationale qui lui consacre depuis peu un fonds, le graphzine désigne une mouvance graphique et éditoriale héritière du mouvement punk et de la culture de l'autonomie. Ce premier essai d'envergure sur le sujet, à la fois historique et critique, rassemble de nombreux témoignages d'acteurs de cette scène en rupture avec le marché de l'art. Publié en coédition avec Le Dernier Cri (Marseille), ce livre à la couverture sérigraphiée bénéficie d'une très riche iconographie, imprimée en bi et trichromie.

  • Humanités

    Philippe Delessert

    "On disait alors : Philippe est un saboteur. Mais c'était faux. Il fallait y voir de plus près. Philippe était un farceur. Un farceur assez inquiétant et d'espèce métaphysique." (Claude Frochaux)

  • L'auteur examine la grotte de Lascaux et les images énigmatiques qu'elle abrite, avec un regard distancié et souvent amusé.

  • Une étude subjective de W. Gilpin (1724-1804) et J. Thelwall (1764-1834). Le premier, l'un des créateurs de la théorie de la beauté pittoresque qui cherchait à faire valoir l'atmosphère des sites tourmentés, influença Thoreau et les peintres américains de la nature. Le second, lecteur de Gilpin, marqua Godwin, Coleridge et Wordsworth.
    Si Gilpin inaugure une nouvelle façon de considérer l'espace, lequel cesse de n'être qu'un panorama, Thelwall insuffle une dimension supplémentaire par la combinaison de ses observations : à la fois sensibles à la nature et attentives à la société. Au fil d'ouvrages infixables, ce touche-à-tout, poète et orateur, trace une pensée où philosophie de la nature et philosophie sociale sont inséparables. Si Gilpin montre le paysage, Thelwall cherche à le dévoiler.

  • Si la plupart des artistes d'avant-garde ont trouvé dans les arts premiers une source d'inspiration, Péret est sans doute le seul à avoir voyagé à la rencontre de ces objets de fascination. Peu avant sa mort, il préparait un ouvrage généreusement illustré consacré aux arts primitifs et populaires du Brésil qui n'a jamais pu voir le jour.
    La redécouverte inespérée, dans un fonds d'archives, de 150 négatifs nous permet aujourd'hui de rendre concret ce projet important et séduisant : parmi des formes plus familières, il a découvert de véritables hapax, des objets inconnus à ce jour des ethnologues.
    Imprimé en couleur pour restituer toutes les nuances des clichés de Péret, le livre est enrichi de nombreux documents donnant à voir la véritable aventure brésilienne que constitua cette enquête.

  • Rembrandt

    Emile Verhaeren

    " On peut le définir : le peintre des miracles. Tout, son métier, sa couleur, la lumière prodigieuse qu'il crée et dont il a doté l'art à jamais, le prédispose à cette mission suprême. Il n'est point un artiste spécialement religieux, il n'est point un assembleur de drames fantastiques, il n'est point un éveilleur de songes peints, ni un susciteur de symboles ; il est celui qui doue d'authenticité le surnaturel. "
    Emile Verhaeren

  • Auteur de quatre films documentaires en France dans les années 30, puis de trois autres en Angleterre dans les années 50, acteur dans une quarantaine de films français et anglais (métier qu'il a toujours pratiqué en dilettante afin de financer ses « activités mercenaires » qui lui tenaient plus à coeur), Brunius est surtout connu des cinéphiles pour ses rôles marquants dans L'affaire est dans le sac de Pierre Prévert (1932) et La Partie de campagne de Jean Renoir (1936), pour son film Violon d'Ingres (1939) - documentaire pionnier sur l'art populaire (avec, entre autres, le palais du facteur Cheval, sa découverte) -, enfin pour son essai sur l'avant-garde intitulé En marge du cinéma français.
    Mais s'il est une oeuvre immergée qui mériterait de remonter à la surface, ce sont les centaines de textes sur le cinéma, la littérature, l'art, le théâtre et la politique qu'il publia sur plusieurs décennies dans d'innombrables revues, journaux, catalogues d'expositions ou sous forme de préface, et dont nous proposons ici une anthologie, en y ajoutant un certain nombre de poèmes et lettres inédites (à sa fille et à André Breton), ainsi qu'un choix de témoignages de ses amis écrivains et artistes.
    Textes choisis, cela va sans dire, en fonction de leur qualité d'écriture et d'analyse, mais aussi par ce qu'ils révèlent du parcours et de la personnalité d'un écrivain qui n'hésitait jamais à parsemer ses démonstrations les plus pointues de digressions plus intimes. L'ordre chronologique aidant, on voudra donc bien lire aussi ce vaste recueil (en tout plus de 80 textes) comme l'autoportrait d'un artiste embarqué dans le tumulte de son demi-siècle.

  • "Chasseur heureux, guerrier vainqueur ou amant fébrile, peu importe la généalogie, le premier danseur fut le premier qui piétina, de joie ou d'exaltation, et qui communiqua à d'autres ce besoin de piétiner" - Dominique Noguez.
    Une brève méditation sur l'essence de la danse et sur le problème de son intelligibilité, suivie de notules extraites du journal inédit de Dominique Noguez, consacrées à des figures de la danse contemporaine (Merce Cunningham, Susan Buirge, Régine Chopinot).

  • Laquelle des deux puissances peut élever l'homme aux plus sublimes hauteurs, l'amour ou la musique ?...
    C'est un grand problème. Pourtant il me semble qu'on devrait dire ceci : l'amour ne peut pas donner une idée de la musique, la musique peut en donner une de l'amour... Pourquoi séparer l'un de l'autre ? Ce sont les deux ailes de l'âme. H. B.

  • " La peinture des sentiments tendres n'avait jamais été dans le génie de Michel-Ange. Dans la Divine Comédie, plus que dans tous ses autres ouvrages, il donna carrière à son goût pour le terrible. Son imagination, incessamment noircie par la lecture des prophètes, ne lui présentait que des images effrayantes, et la solitude dans laquelle il se plaisait augmentait ses dispositions mélancoliques. "
    Delacroix
    Rares sont les peintres qui furent aussi des théoriciens de talent. Delacroix était l'un d'eux. Dans le premier de ces recueils d'écrits, il expose sa conception de l'esthétique, du beau, des rapports entre littérature et peinture, etc. Le second recueil rassemble ses essais consacrés aux peintres qu'il considère comme ses maîtres : Raphaël, Michel-Ange, Poussin, ...


  • Saint ghetto des prêts Nouv.

    Ce « grimoire » nous convie à la traversée d'un quartier incorruptible au sein d'un monde qui s'écroule :
    Celui de Saint-Germain-des-Prés. C'est sous des oripeaux poético-sociologiques que se révèle ce ghetto, « bague au doigt de Paris ». En une vision quasi mythologique, Pomerand en restitue les beuglants, les voyous, les ivrognes, l'église - « l'unique sauvage du quartier » -, les putains intellectuelles, le jazz et les « pouètes » (Cocteau, Vian, Sartre...).
    En regard de ce long poème ardent qui préfigure les expérimentations de la beat generation, 47 planches métagraphiées, manières de rébus faisant chanter les signes, viennent habiller le texte et lui insuffler une symbolique nouvelle, donnant à cette oeuvre singulière le ton d'« un cran d'arrêt dans le verbiage » (Jacques Baratier).

  • Une monographie regroupant plus de trois cents jardins oniriques, fantasmagoriques et inédits à travers la France.

  • Mouvement intellectuel aussi bien qu'esthétique, manière singulière d'aborder l'existence, le dandysme se pare tour à tour d'élégance, de séduction, de goût de la provocation et de sens de la caricature. Fruit d'une collaboration entre universitaires, écrivains, conservateurs de musées et spécialistes des arts de la mode, ce catalogue riche de nombreuses photos réunit des contributions qui proposent un éclairage pluriel sur un phénomène où se confondent littérature, art et société.

  • Les Lettres d'Emile Bernard (1868-1941), peintre et écrivain, nous font découvrir l'artiste et ceux de sa génération sous un autre jour. Cette correspondance nous place dans la situation privilégiée de témoin et nous permet de considérer autrement les oeuvres et l'état d'esprit de leurs créateurs.

  • " Ainsi donc ne retranchons pas des æuvres de la Providence les harmonies qui prennent naissance dans la condition mortelle, notre châtiment ici-bas ; car elles ont leur beauté particulière ; ne les aimons pas non plus comme si nous voulions demander le bonheur à de pareilles jouissances. Puisqu'elles sont temporelles, saisissons-les comme une planche sur les flots. " Saint Augustin Présentation d'Anne-Isabelle Bouton-Touboulic.

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