Religion & Esotérisme

  • Vers la fin du XIXe siècle apparaît en Europe centrale une génération d'intellectuels juifs dont l'oeuvre allait marquer la culture moderne. Puisant en même temps à des sources allemandes (le romantisme) et juives (le messianisme), leur pensée s'organise autour de l'idée (kabbalistique) du Tikkoun: la rédemption. Quelques-uns parmi eux sont plus orientés vers la religion: Martin Buber, Gershom Scholem, Franz Rosenzweig. D'autres sont plus attirés par les utopies sociales: Ernst Bloch, Georg Lukàcs, Erich Fromm. Entre les deux, à la fois à l'écart de tous les courants et à la croisée des chemins: Walter Benjamin et Franz Kafka. Malgré leurs différences, il existe entre tous une étonnante communauté spirituelle, fondée sur l'affinité élective entre la rédemption messianique et l'utopie libertaire. Ce livre est la première tentative de retrouver le réseau occulte qui les relie.

  • Le Commentaire du prophète Jérémie, ainsi que le Commentaire des lamentations de Jérémie sont deux oeuvres du premier enseignement de saint Thomas d'Aquin à Paris comme bachelier biblique, à savoir dans l'année scolaire 1251-1252 ou 1252-1253.
    Il s'agit d'un commentaire littéral, établissant le plan et commentant la pensée du Prophète, verset par verset. Le jeune Thomas d'Aquin y est déjà semblable à lui-même, faisant abstraction des conjectures de son temps et des opinions des écoles pour s'attacher au texte seul.
    Publiées pour la première fois, ces deux oeuvres exposent en parallèle au texte français l'original latin, afin de faciliter une lecture scientifique.

  • Ce monde est si bas qu'il abaisse les choses en les touchant.
    Il possède la triste puissance de réduire à ses proportions mesquines les pensées les plus sublimes, et ce qui est au-dessus des pensées. Il touche avec son équerre les sommets que son oeil ne voit pas, abolissant du même coup la gloire du sanctuaire, et l'horreur du péché, il essaie de passer le niveau, sur les montagnes, sur les vallées et sur les abîmes. Parmi les mystères qu'il a le plus capricieusement et le plus bassement ignorés et profanés, il faut citer le repos du Dimanche.
    Il a fini par le regarder, dans sa hideuse bonne foi, comme une ordonnance de police tombée en désuétude, comme l'ordonnance surannée d'une police surannée.

  • écrits juifs

    Henri Heine

    "Je ne me croyais pas de force/ à résister, sur le moment,/ J'ai résisté, j'ai eu la force,/mais ne demandez pas comment."(Henri Heine) Les Ecrits juifs de Heinrich Heine rassemblent des poèmes et de courts récits liés au monde juif dont est issu Heine. Le romantisme des poèmes d'amour laisse la place souvent au sarcasme et à l'ironie, visant l'antisémitisme de bon ton de ce début de XIXe siècle. C'est dans l'ambiguïté de cette ironie que l'on sent affluer l'être de Heine tiraillé entre ses origines juives et l'Allemagne.

  • Sermons

    Thomas D'Aquin

    "Un an passé à l'étude de Saint Thomas peut apporter plus que toute une vie dans n'importe quel autre auteur", écrivait Jean XXII. Dans ces sermons, tout autant que la profondeur théologique, c'est l'intimité spirituelle du Docteur de l'Eglise qui affleure. La dignité humaine ne s'atteint que grâce au secours divin, source de la béatitude à laquelle chaque croyant aspire.

  • Bernd Manuel Weischer est un orientaliste allemand. Né en 1937, disciple de l'illustre arabisant Carl Brockelmann, il est un des derniers représentants éminents de l'école orientaliste allemande, possédant une formation philologique irréprochable et une maîtrise parfaite tant de l'arabe que du persan. Il a publié de nombreux essais sur Attar, sur Kirmani, sur la mystique musulmane ainsi qu'un volumineux corpus de textes protochrétiens traduits du vieil éthiopien et un autre corpus traduit du grec sur la symbolique chrétienne. Il a passé sa vie dans plus d'une dizaine de pays musulmans où il a enseigné dans les universités, donné des conférences et travaillé comme conseiller pour divers organismes allemands et internationaux. C'est ce parcours qui va de l'Indonésie en passant par les Émirats, l'Afghanistan, le Sénégal jusqu'au Maroc où il vit aujourd'hui dont il nous relate les étapes dans ce livre à la fois savant et personnel.

  • Rédigé en 1852, au milieu de l'élaboration du Système de politique positive (1851-1854), le Catéchisme positiviste en justifie dès l'abord pleinement le sous-titre de Traité de sociologie instituant la religion de l'Humanité. En effet, les onze entretiens entre une jeune femme et un prêtre de l'humanité qui composent l'ouvrage constituent à la fois une vivante méditation de l'idée d'Humanité et un résumé dense, complet et didactique, de la foi positive proprement dite. Le Catéchisme positiviste est donc bien en ce sens ce qu'on pourrait appeler une oeuvre de propagande; et cela, sans cesser pour autant d'être philosophique. D'une part, le dialogue se déploie en effet sous la bannière d'une religion nouvelle, le positivisme, à qui son fondateur réserve rien moins que l'avenir humain. Mais aussi bien ce catéchisme n'a-t-il point été écrit, d'autre part, afin de cultiver en l'esprit oisif et confortable de vains doutes et de stériles hypothèses. Il s'agirait plutôt ici de donner des convictions actives aux hommes et aux femmes du peuple, dont les fantômes théologiques, mis définitivement à terre par la Révolution, ne sauraient désormais plus nourrir la raison comme le coeur. Il appartiendra donc au lecteur de comprendre comment, élevant les sciences modernes à la dignité d'une philosophie organique, Comte a pu également découvrir en elles les germes d'une spiritualité profondément humaine, d'après laquelle tracer les plans d'une République encore à venir: sans Dieu ni Roi.

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