Flammarion

  • Cette anthologie rassemble un pan ignoré de la littérature française : les écrits que des femmes d'exception et quelques écrivains célèbres ont consacrés à un combat de longue durée, celui de l'égalité entre hommes et femmes. Accès à l'instruction, droits civils et politiques, droit au divorce, accès à tous les métiers, égalité des salaires : telles sont quelques-unes des revendications qui reviennent au fil des textes de ce recueil.
    De Christine de Pizan, première « femme de lettres » française, à l'icône féministe qu'est devenue Beauvoir, ces écrits se répondent et nous aident à penser les débats d'aujourd'hui. Montrant qu'il n'existe pas une histoire linéaire du féminisme, ils nous font découvrir des personnages engagés et parfois méconnus, nous donnent à entendre des voix plurielles, réunies par l'art de penser hors des chemins tracés.

  • Essai sur le don ; forme et raison de l'échange dans les sociétés archaïques Nouv.

    Qu'est-ce qui pousse les individus, mais aussi les groupes, à faire des dons? Pourquoi un présent reçu appelle-t-il une faveur en retour? Quelle force y a-t-il dans la chose que l'on donne? D'où vient la gêne que nous éprouvons parfois lorsque nous recevons un cadeau?Marcel Mauss répond à ces questions en analysant les différentes formes du don et de l'échange, des phénomènes certes économiques mais aussi politiques et religieux qui régissent nos relations en mettant en oeuvre une triple obligation:donner, recevoir, rendre. Le père de l'anthropologie moderne montre surtout comment le don lie les individus entre eux, fonde l'alliance, construit la paix.Par cet essai fondateur, Marcel Mauss livre l'un des plus célèbres textes de la littérature anthropologique, qualifié par Claude Lévi-Strauss de «révolutionnaire».Cette édition propose le texte intégral de l'Essai sur le don, suivi de quatre textes de Mauss qui en éclairent la lecture:«L'extension du potlatch en Mélanésie» (1920), «Une forme ancienne de contrat chez les Thraces» (1921), «Gift-gift» (1924), «Phénomènes économiques» (1947).

  • "Traiter les faits sociaux comme des choses" et poser les fondements d'une nouvelle science de la société qui, sur le modèle des sciences expérimentales, permette de mieux la décrire et l'expliquer : tel est le projet d'Emile Durkheim lorsqu'il publie Les Règles de la méthode sociologique, en 1895. Refusant l'explication du fait social par le biologique, la confusion de la sociologie avec la psychologie, théorisant l'influence du milieu social sur les individus, posant une série de règles méthodologiques, ce texte est un véritable défi lancé par Durkheim à ses contemporains.
    Pourquoi et comment lire encore ce grand classique aujourd'hui ? C'est la question à laquelle répond Laurent Mucchielli dans cette édition. Articulant de façon inédite les approches historique et sociologique, celle-ci s'adresse aussi bien aux historiens des sciences et des idées qu'aux enseignants et aux étudiants en sociologie. Cet ouvrage s'accompagne également d'un article de Durkheim contemporain des Règles ("L'état actuel des études sociologiques en France"), qui éclaire le contexte polémique dans lequel l'ouvrage fut écrit

  • Ce texte fondateur de la sociologie de la religion traite des motivations psychologiques de l'émergence du capitalisme en Occident. Il interroge également l'adéquation entre la recherche rationnelle du profit et les valeurs luthériennes et calvinistes. En complément, deux textes extraits du recueil "Etudes de la sociologie de la religion" paru en 1920.

  • En 1943, alors qu'elle a rejoint, à Londres, le commissariat à l'Intérieur de la France combattante, Simone Weil écrit ce qui sera sa dernière oeuvre. Sa mort prématurée quelques mois plus tard met fin brutalement à la rédaction de ce texte majeur par lequel elle entendait apporter sa contribution à la France d'après-guerre.
    Prélude à la nouvelle Déclaration des droits de l'homme souhaitée par le général de Gaulle, essai sur les causes du déracinement du peuple français et sur les conditions de sa renaissance, méditation sur la force et sur l'obéissance, L'Enracinement est aussi le testament spirituel de Simone Weil. Selon Albert Camus, qui l'édita pour la première fois en 1949, ce livre « d'une audace parfois terrible, impitoyable et en même temps admirablement mesuré, d'un christianisme authentique et très pur, est une leçon souvent amère, mais d'une rare élévation de pensée ».

  • « Je vous ai compris ! », « Ich bin ein Berliner », « I have a dream »..
    Nous connaissons tous ces citations fameuses, qui à elles seules racontent un moment crucial de l'Histoire. Mais savons-nous dans quel contexte elles ont été prononcées; quelle argumentation, quelle rhétorique les ont portées; en quoi elles symbolisent cette ultime magie du politique qu'est la rencontre d'un homme et d'une foule ? De Jaurès à Obama, en passant par Lénine, Hitler, de Gaulle, Mao Zedong, Martin Luther King, Simone Veil ou Jean-Paul II, ce recueil rassemble les grands discours qui ont marqué le XXe et le début du XXIe siècle.
    Les voix de ces orateurs, hommes et femmes providentiels, chefs charismatiques ou despotes tristement célèbres, nous font revivre « en direct » les événements de l'histoire contemporaine (la Résistance, la guerre froide, la création de l'Etat d'Israël...); elles nous renvoient l'écho des débats et des combats qui, au fil du siècle, n'ont cessé d'agiter les consciences: pour la paix et l'égalité entre les hommes; contre la pauvreté, la discrimination ou la peine de mort..
    Lire ou relire ces discours, c'est parcourir notre histoire, mais aussi redécouvrir la puissance de la parole et le sens profond de l'engagement.

  • Les mots « terre d'Israël » renferment une part de mystère. Par quelle alchimie la Terre sainte de la Bible a-t-elle pu devenir le territoire d'une patrie moderne, dotée d'institutions politiques, de citoyens, de frontières et d'une armée pour les défendre ?
    Historien engagé et volontiers polémiste, Shlomo Sand a, à grand bruit, dénoncé le mythe de l'existence éternelle du peuple juif. Il poursuit ici son oeuvre de déconstruction des légendes qui étouffent l'État d'Israël et s'intéresse au territoire mystérieux et sacré que celui-ci prétend occuper : la « terre promise », sur laquelle le « peuple élu » aurait un droit de propriété inaliénable.
    Quel lien existe-t-il, depuis les origines du judaïsme, entre les juifs et la « terre d'Israël » ? Le concept de patrie se trouve-t-il déjà dans la Bible et le Talmud ? Les adeptes de la religion de Moïse ont-ils toujours aspiré à émigrer au Moyen-Orient ? Comment expliquer que leurs descendants, en majorité, ne souhaitent pas y vivre aujourd'hui ? Et qu'en est-il des habitants non juifs de cette terre : ont-ils - ou non - le droit d'y vivre ?

  • Ce traité de John Stuart Mill a été publié en 1863. Il s'inspire de la morale de Bentham, fondateur de l'utilitarisme à la toute fin du XVIIIe siècle, qui partait du principe que le plaisir est l'unique but de l'existence. Mill, son disciple, a su comprendre que même une philosophie utilitaire ne saurait se passer d'une conscience et il a voulu la doter d'un sentiment du devoir et d'une obligation morale.
    Bentham avait lancé la formule : chercher le bonheur du plus grand nombre en identifiant toujours l'intérêt de l'individu à l'intérêt universel. Sans combattre ce point de vue, Mill observe qu'on trouve d'autant mieux le bonheur personnel qu'on le cherche moins, et qu'on y parvient en travaillant au bonheur des autres, à l'amélioration du sort de l'humanité.

  • Freud considérait ses Trois essais, dont l'écriture l'a occupé durant près de vingt ans, comme une « production d'une valeur comparable à celle de L'Interprétation du rêve ». Ils sont le lieu d'apports conceptuels majeurs, sur la libido, la pulsion, les zones érogènes, la sublimation, la fixation, la régression, la perversion, etc., qu'il ne cessera de reprendre par la suite.
    Freud montre non seulement les racines infantiles de la sexualité adulte, mais, plus radicalement, l'« infantilisme de la sexualité » humaine. Et il donne à la perversion une place fondamentale dans l'histoire de chacun : elle est « la disposition universelle originelle de la pulsion sexuelle humaine, à partir de laquelle se développe le comportement sexuel normal ».
    La sexualité freudienne n'est donc pas un instinct, elle est détachée des organes génitaux et permet une nouvelle approche des symptômes névrotiques. Elle mène à la conclusion qu'« il n'y a pas de différence fondamentale entre la vie mentale des gens normaux, celle des névrosés et celle des psychotiques ».

  • En 1901, Freud publie Sur le rêve, un « résumé » de L'Interprétation du rêve, paru un an plus tôt. Et il y accomplit un tour de force : exposer de façon alerte, claire et concise les concepts ayant une valeur opératoire pour l'élucidation des rêves, qu'il illustre par de nombreux exemples.
    Il traite successivement : la question immémoriale du sens de la vie onirique ; celle, alors toute récente, de la méthode psychanalytique et de ses résultats ; le contenu manifeste et les pensées latentes du rêve ; les procédures de transposition du rêve (condensation, déplacement) et la déformation qui en résulte ; le refoulement et le compromis passé à la faveur du sommeil entre les intentions d'une instance psychique et les exigences d'une autre ; l'oubli du rêve, quand la censure retrouve sa pleine vigueur à l'état vigile ; les cas limites où le rêve ne peut plus remplir sa fonction de gardien et libère l'angoisse en provoquant le réveil ; le traitement des stimuli exogènes susceptibles d'influencer le contenu onirique ; enfin, le problème des désirs érotiques que découvre l'analyse dans la plupart des rêves des adultes.

  • L'écologie a désormais acquis la force de l'évidence. le choc répété des mots et des images a façonné notre conscience d'une nature fragilisée et des périls planétaires engendrés par al civilisation technologique. Cette anthologie inédite se propose de retracer la longue et sinueuse édification de l'écologie, des naturalistes des sociétés linnéennes aux éco-warriors, de l'"agent orange"" dans la guerre du Viêt Nam au nuage de Tchernobyl, des arbres plaideurs au verre d'eau de René Dumont lors de sa campagne présidentielle de 1974.
    Véritable guide de voyage à bord du vaisseau spatial "Terre", elle nous invite à de multiples cheminements aux côtés d'auteurs, connus ou moins connus, qui ont profondément modifié notre conception de l'écologie et de l'environnement.

  • 29 août 1909 : Freud pose le pied sur le sol du Nouveau Monde. Une université américaine l'a invité à venir présenter ses découvertes et résultats. Freud a cinquante-trois ans, le mot « psychanalyse » en a douze.
    En cinq leçons, Freud saura donner à un public profane une vue d'ensemble de sa méthode d'investigation et de guérison. Il en retrace les origines : Breuer (le cas Anna O., la théorie de l'hystérie, l'abandon de l'hypnose et l'avènement de la cure par la parole) ; Charcot (le traitement des hystériques et l'élaboration de la doctrine du refoulement) ; Jung (la méthode de l'association libre et la mise en évidence des « complexes » refoulés) ; le rêve comme « voie royale » d'accès à l'inconscient. Il montre ensuite le rôle central de la vie amoureuse et de la sexualité, en remontant à la « sexualité infantile » qui en est la clef. Puis il dégage les « destins » de la pulsion à partir du refuge dans la « maladie », pour terminer sur l'importance décisive du transfert.
    Ces Cinq leçons constituent la toute première introduction à la psychanalyse en même temps que son « coup d'envoi». Freud ne retournera jamais aux États-Unis, mais l'annonce au monde a été faite.

  • La Physiologie du goût est un recueil de mémoires. Mémoires d'humour, dans le ton héroï-comique, ou comment traiter de matières familières avec un rien de noblesse, un zeste de pompe ou de solennité. Cela pourrait lasser, si tout ne baignait dans la modestie et la gaieté. Brillat-Savarin est l'auteur le plus aimable qui soit. Mais il est question de cuisine. Brillat-Savarin (1755-1826) inaugure avec génie cette intellectualisation de la gastronomie qui ne devait pas cesser jusqu'à nos jours.
    Il est témoin de l'époque où s'impose le restaurant, lieu pour manger, au détriment de l'auberge, refuge du voyageur sans feu ni lieu, où l'on ne faisait guère que boire et se nourrir. La cuisine se professionnalise et toute profession suscite discours ; se mettre à table est affaire de langage. Au-delà du besoin de manger, le plaisir de la table est comme une mise en scène : le luxe du désir. La nourriture désirée est une sorte de cérémonie ethnographique par laquelle l'homme célèbre son pouvoir, sa liberté de brûler son énergie "pour rien".
    "En ce sens, dit Roland Barthes, le livre de Brillat-Savarin est de bout en bout le livre du "proprement humain", car c'est le désir (en ce qu'il se parle) qui distingue l'homme".

  • En 1900, il est le géographe le plus célèbre au monde et une gloire nationale. Grand voyageur, anarchiste militant venu du calvinisme, admirable écrivain que l'on compara à Buffon ou à Michelet, végétarien et sensuel, communard et taulard, féministe et défenseur de l'union libre, intellectuel autodidacte sans oeillères ni frontières trois fois parti en exil, Élisée Reclus (1830-1905) est, enfin, en passe de devenir un classique.
    Le lecteur d'aujourd'hui s'empare d'Élisée Reclus pour jouir de la beauté de sa langue et mieux comprendre les enjeux de notre époque. Le chantre de la libre association des individus selon leur « bon vouloir », d'une mondialisation égalitaire, d'une fraternité humaine d'échelle planétaire, qui a toujours refusé d'appartenir au « monde banal des classes gouvernementales », ne s'impose pas à nous comme un maître. Il fait bien mieux : son tact et sa passion nous éclairent et nous inspirent. Il demeure aujourd'hui ce « phare dans le lointain » évoqué par son neveu, l'historien de l'art Élie Faure.
    Cet ouvrage est ce que l'on nommait au XVIIIe siècle un « esprit », une distillation de l'ensemble des écrits d'Élisée Reclus.
    Il invite à goûter la qualité exceptionnelle d'une oeuvre et celle de l'encyclopédiste lumineux qui la composa.

  • Extraits du chef-d'oeuvre de J. Michelet, qui au-delà de sa valeur documentaire et historique se distingue par son style lyrique et romantique.

  • On connaît le plan, resté fameux, de la première partie de la brochure de Sieyès :
    1. Qu'est-ce que le tiers état? - Tout.
    2. Qu'a-t-il été jusqu'à présent dans l'ordre politique? - Rien.
    3. Que demande-t-il? - À être quelque chose.
    Grand brûlot politique, écrit avec une vigueur et une brutalité rares, Qu'est-ce que le tiers état?, publié en janvier 1789, rend immédiatement son auteur célèbre et connaît un succès retentissant.

    Sieyès y attaque la noblesse «étrangère à la Nation», dresse le bilan négatif de la politique passée et montre la tâche à venir. Que faire pour rendre le peuple heureux? Avoir recours à la Nation et non aux privilégiés, car la Nation est tout, elle est l'origine de tout. La Nation doit donc se donner librement sa Constitution et les lois qui protègent les citoyens et décident de l'intérêt commun. Ainsi seront posés les fondements de la société nouvelle.

    Oeuvre de circonstance, Qu'est-ce que le tiers état? allait devenir l'un des textes fondateurs de la société moderne.

  • Véritable petite bibliothèque portative, ce titre inaugure une nouvelle série de la collection « Champs ». Anthologie thématique conçue et préfacée par un adepte et connaisseur de la marche, l'ouvrage propose un parcours guidé des pratiques diverses de cette activité à la fois physique et méditative, au fil du temps et des caractères.
    De Pétrarque à Julien Gracq, en passant par Rousseau, Thoreau, Rimbaud, Virginia Woolf ou Jean Giono, flâneurs des villes et randonneurs sauvages, promeneurs solitaires, vagabonds, explorateurs n'auront plus de secret pour vous.

  • Sous le terme de « métapsychologie », proposé par Freud vers 1895, aux débuts de la psychanalyse, se trouve désignée « la psychologie qui mène au-delà (méta) du conscient ». En 1915, l'heure est venue pour le créateur de la psychanalyse de présenter une synthèse de ses acquis. S 'il n'acheva jamais le grand traité qu'il projetait, sont demeurés les essais précieux que l'on trouve ici retraduits et présentés de façon à en montrer la genèse, la thématique et l'héritage.
    La pulsion et ses destins, le refoulement, l'inconscient : les concepts fondamentaux de la psychanalyse y sont définis et explorés avec rigueur et souplesse, tandis que le rêve et la mélancolie sont revisités de manière révolutionnaire. Le lecteur soucieux de s'introduire, un siècle plus tard, dans les arcanes de la psychanalyse fera ici la connaissance de la « sorcière métapsychologie ».

  • Ce volume aborde la théorie de la plus-value, puis la question du salaire, et enfin les notions d'accumulation du capital et d'accumulation primitive.

  • L'homme n'appartient ni à sa langue, ni à sa race : il n'appartient qu'à lui-même, car c'est un être libre, c'est un être moral [...]. La vérité est qu'il n'y a pas de race pure, et que faire reposer la politique sur l'analyse ethnographique est une chimère. Les plus nobles pays, l'Angleterre, la France, l'Italie, sont ceux où le sang est le plus mêlé ! » Souvent cité mais quasiment jamais lu, ce texte publié initialement en 1869, véritable profession de foi d'Ernest Renan, reste d'une étonnante actualité.

  • Lorsque ce livre paraît en décembre 1987, l'événement est retentissant. Pour la première fois, le plus haut personnage de l'État soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, dénonce ouvertement les travers du système. En proposant des changements radicaux à l'intérieur comme à l'extérieur, Gorbatchev annonce au monde, soixante-dix ans après Octobre, qu'une autre révolution est en marche.
    Trente ans plus tard, qu'en reste-t-il? À la lumière de la chute du bloc soviétique, on est tenté de lire en Perestroïka l'annonce de la dislocation à venir. Mais méfions-nous de l'illusion rétrospective : Gorbatchev entend bien sauver le système et non le renverser, et de nombreux contemporains ont relevé que son programme n'était en fait que bien peu révolutionnaire.
    Livre-choc devenu document d'histoire, Perestroïka demeure la pièce-clé d'un suspens politique à l'échelle mondiale, et le symbole d'un des temps forts de la mémoire contemporaine.

  • Qu'est-ce que le pragmatisme ? Un des rares termes de la langue courante qui vienne de la philosophie, qui plus est de la philosophie américaine. Le psychologue et philosophe William James, frère du célèbre romancier, compare le pragmatisme au corridor de l'hôtel-philosophie : chaque chambre est occupée par un philosophe avec sa doctrine propre, mais tous doivent emprunter le corridor comme voie d'accès ou de sortie. Il n'importe donc pas d'être athée ou théiste, idéaliste ou réaliste, moniste ou pluraliste, pour être pragmatiste - le pragmatisme est au moins en première instance un simple moyen pour rendre clairs les concepts de ces différentes doctrines, que chacun a donc intérêt à utiliser pour le profit de sa pensée.
    Cette méthode d'élucidation, qui réactualise l'empirisme anglais dans la lignée de Locke, de Berkeley et de Hume, s'est également développée en une théorie générale de la connaissance, laquelle débouche sur une nouvelle définition de la vérité. Le Pragmatisme, publié en 1907, est à nouveau actuel. Pour beaucoup de philosophes contemporains, dont Richard Rorty et Hilary Putnam, il est un remède contre les « crampes philosophiques » qui gênent périodiquement le débat d'idées. Il était donc temps de revenir à ce texte fondamental de la philosophie américaine, enfin disponible dans une nouvelle traduction présentée et annotée.

  • Sous ce terme de « métapsychologie », néologisme proposé par Freud à l'origine de la psychanalyse, vers 1895, se trouve désignée « la psychologie qui mène au-delà (méta) du conscient ». En 1915, l'heure est venue pour le créateur de la psychanalyse de présenter une synthèse de ses acquis. De ce grand Traité inachevé, mais sans cesse réécrit, sont demeurés ces essais précieux, que l'on trouve ici retraduits et présentés de façon à en montrer la genèse, la thématique et l'héritage. La pulsion et ses destins, le refoulement, l'inconscient : les concepts fondamentaux de la psychanalyse se trouvent définis et explorés avec rigueur et souplesse, tandis que le rêve et la mélancolie sont revisités de manière révolutionnaire. Le lecteur soucieux de s'introduire, un siècle plus tard, dans les arcanes de la psychanalyse fera ici la connaissance de « la sorcière métapsychologie ».
    On ne peut qu'être saisi de la belle rationalité freudienne, où la « fantasmation » spéculative rejoint l'extrême singularité du fait clinique ? ce qui donne à ce livre la portée d'un véritable Discours de la méthode psychanalytique.

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