Honore Champion

  • Ce volume présente le premier recueil de Verlaine avec une analyse nouvelle des documents manuscrits et imprimés, mais aussi une étude de la construction du recueil. Avec leur mélange complexe de lyrisme et d'ironie, ces textes montrent un poète qui fait partie de la nébuleuse parnassienne, tout en cultivant des valeurs, esthétiques et éthiques, qui s'écartent de l'image que l'on s e fait généralement du Parnasse. L'implicite au coeur de cette oeuvre exige la prise en compte du contexte historique et culturelet la mise en évidence de ses audaces formelles, sémantiques et idéologiques.

  • Textes de littérature moderne et contemporaine a pour ambition de donner des éditions critiques renouvelées des grandes oeuvres littéraires et de rendre accessibles des textes inédits, dispersés ou introuvables.

  • « Je partis pour l'Orient, et j'y promenai deux ans mon inquiétude dans la Turquie, dans la Terre sainte, dans la Syrie, dans le Liban. Je revins. » Pérégrination d'un poète qui voyage en humaniste, sans préjugé négatif envers l'Islam, à un moment charnière pour l'Empire ottoman, menacé par les troupes égyptiennes. Périple révélateur du rôle déterminant de l'Orient dans l'oeuvre d'une des plus grandes figures littéraires et politiques du XIXe siècle.

  • Textes de littérature moderne et contemporaine a pour ambition de donner des éditions critiques renouvelées des grandes oeuvres littéraires et de rendre accessibles des textes inédits, dispersés ou introuvables.

  • À la mort de sa mère, Jeanne, jeune bergère désormais orpheline, se trouve exposée à la convoitise de trois hommes temporairement établis dans les environs de Boussac : un bourgeois libertin, Marsillat, un noble en quête d'aventures romantiques, Guillaume de Boussac, et un honnête et généreux gentilhomme anglais, sir Arthur Harley. Les trois hommes ignorent que l'héroïne est liée par un voeu qui l'empêche, à ses yeux, d'engager son coeur. Inspiré par un voyage de George Sand à Boussac, ce roman de 1844 est la première tentative de l'écrivain en matière de roman pastoral. L'exigence de représentation campagnarde y est étroitement liée à un questionnement des rapports entre classes sociales et de l'instruction dans les campagnes. Au roman pastoral se mêle ainsi le roman social voire le drame symboliste et - trace de son mode de publication - le roman feuilleton.

  • Voici « la dame aux camélias » (voir p. 70) de George Sand. Cette nouvelle édition d'Isidora fournira la preuve que le roman de 1846 mérite une place dans la lignée des grandes études de courtisanes du XIXe siècle, à côté de celles de Balzac, Dumas fils, Verdi, Zola et d'autres encore. Sand donne le point de vue d'une femme sur la misère qui a précipité tant de femmes de son époque dans la prostitution. Elle explore les obstacles que rencontre la femme dans le contexte urbain en plaçant symboliquement sa courtisane dans une serre à l'intérieur d'un jardin muré. Finalement, en tant que veuve d'un homme fortuné - un homme tout-puissant dans le roman bien qu'on ne le voie jamais - l'Isidora de Sand devient autonome et pourra aider autrui, comme elle le raconte dans l'autobiographie épistolaire qui clôt cette oeuvre « hardie », l'une des plus féministes de l'auteure.

  • Albert Mockel (1866-1945), écrivain belge, poète symboliste, installé en France en 1890, où il était attaché à la rédaction du Mercure de France et où il assistait régulièrement aux Mardis de Mallarmé, dirigeait de Paris la revue La Wallonie, qui s'assurait la collaboration d'écrivains aussi bien belges, Émile Verhaeren, Charles Van Lerberghe, que français, Vielé-Griffin et André Gide. Théoricien du symbolisme, Mockel fut un éveilleur de la conscience wallonne, prônant une solution fédéraliste au problème communautaire. Avec Propos de littérature (1894), il expose une esthétique poétique soumise aux références musicales et échafaude une théorie du symbole, enrichie ultérieurement par divers articles. L'hommage Stéphane Mallarmé, un héros témoigne des qualités de critique de celui qui fut le plus grand théoricien belge du symbolisme et auquel le présent ouvrage rend enfin justice.

  • Ce roman se résume comme une série de récits enchâssés qui présente les itinéraires spirituel et philosophique de quatre générations de moines au cours d'un siècle. Spiridion est le fondateur d'un monastère vers 1690 ; il transmet un manuscrit à son disciple Fulgence, parchemin qui restera caché dans sa tombe. Celui-ci passe la main à Alexis qui trouve dans le novice Angel « un fils de son intelligence ». Le roman finit avec l'arrivée des troupes napoléoniennes en Italie vers 1792. La quête de ces personnages est la même : rechercher la vérité religieuse et sociale, en faisant des lectures philosophiques et théologiques immenses à partir de la pensée grecque, et en étudiant particulièrement les auteurs jugés hérétiques par l'Église catholique. Pour eux cette dernière lecture représente le creuset de la vraie religion persécutée par le culte officiel. Selon Sand « les hérésies sont la grande vitalité de l'idéal chrétien ».

    Roman troublant, insolite, « austère » aux dires de son auteur, Spiridion n'a pas obtenu de succès auprès du grand public, à la déception de Buloz de la Revue des deux mondes. Mais il a trouvé des lecteurs admiratifs hors pair, tels Renan, Taine, le sculpteur Théophile Bra, le dessinateur Gustave Doré et le romancier russe Dostoïevski. Aujourd'hui on le lit comme une profession de foi de toute une génération de romantiques de gauche.

  • C'est en passionnée des pierres que George Sand a écrit ce petit « conte-roman-nouvelle » qui relate l'extraordinaire voyage au centre de la Terre, puis dans l'Arctique, du jeune Alexis, alors aide-conservateur au muséum d'histoire naturelle de la bonne ville de Fischhausen. Utilisant sa connaissance poussée des gemmes pour peindre des paysages minéraux éblouissants, l'écrivain entraîne le lecteur dans un monde merveilleux et fantastique où la découverte d'un ailleurs radicalement autre se fait parcours initiatique et donne l'occasion au héros de devenir l'homme qu'il doit être.

  • Rédigé en 1853, au plus fort de la création dramatique sandienne, Adriani appartient à ces oeuvres que l'auteure consacre à la cause de l'artiste. Un ténor mondain s'éprend de Laure, jeune veuve de la noblesse provençale atteinte de langueur morale depuis la mort de son mari. Alors que celle que tout le monde considère comme « folle » renaît au contact de l'amour et de la musique, la situation financière d'Adriani s'écroule. Leur union est compromise par l'avilissement auquel le destine le nécessaire monnayage de son talent. Mais c'est sans compter sur l'amour, la force de caractère et la détermination d'une Laure prête à braver les préjugés à l'encontre les comédiens. Ensemble, ils parcourront un chemin christique, affectivement, matériellement, socialement et artistiquement. Et en réhabilitant le chanteur, ils concilieront finalement idéal familial et réalité positive : ils incarneront cette « plénitude » non « invraisemblable » que George Sand souhaitait représenter.

  • Une histoire d'amour entre Faubourg Saint-Germain et Cévennes, avant 1848. Des aristocrates : un marquis savant et malade d'avoir eu un enfant lors d'amours clandestines, un frère duc d'Aléria, débauché vaincu par l'amour d'une duchesse de Xaintrailles qui redore le blason familial, une douairière très vieille France. Une orpheline de petite noblesse sera la nouvelle marquise malgré les traîtrises d'une fausse amie de couvent.

    La cause des femmes et de l'amour triomphera sur fond de dykes et de volcans, avec tempête de neige sur un Mont Mézenc peuplé de bouseux aux farouches ancêtres celtes. Bouviers aux lourds chariots, dentellières exploitées, paysans chanteurs et parents nourriciers à la rigide morale protestante peuplent ce récit-souvenir d'un voyage de Nohant au Vigan dont R.L.Stevenson suivra les traces lors de son voyage dans les Cévennes.

  • Dans sa promenade philosophique à travers l'art contemporain, Baudelaire compose une apothéose poétique de Delacroix. Il évoque aussi des oeuvres qui ne figuraient pas au Palais de l'Industrie, les pastels du pré-impressionniste Boudin, les eaux-fortes de Meryon et les géniaux dessins au lavis de Victor Hugo. Son compte rendu est une défense et illustration de l'imagination dans un siècle dont il accuse l'industrialisation comme origine de l'appauvrissement du génie français. La présente édition est une réimpression du texte original tel qu'il avait paru dans la Revue française. Le commentaire détaillé contient des citations abondantes des confrères de Baudelaire - Gautier, Dumas, Du Camp, Castagnary, Delécluze - qui permettent de se faire une idée concrète de la réception de l'art français au milieu du siècle dernier.

  • Textes de littérature moderne et contemporaine a pour ambition de donner des éditions critiques renouvelées des grandes oeuvres littéraires et de rendre accessibles des textes inédits, dispersés ou introuvables.

  • Chronique d'un périple qui en 1850 mena Théophile Gautier de Milan à Rome et Naples, le Voyage en Italie réunit l'ensemble des feuilletons consacrés à l'Italie du Nord et à Florence, qu'il publia au fil du voyage et après son retour, dans La Presse puis Le Pays. Il nous restitue à la fois l'éblouissement de l'amateur d'art devant quelques-uns des édifices les plus prestigieux de la Péninsule et les impressions du flâneur qui réalise, au gré de ses promenades, des « daguerréotypes » de l'Italie actuelle et familière, sur laquelle il porte un regard particulièrement aigu. Venise y occupe une place de choix et Gautier contribua notablement à reconfigurer l'image ténébreuse qu'en avaient donnée les romantiques, au profit d'une réflexion plus concrète, notamment sur l'occupation autrichienne. Italia, qui fut le premier titre du volume, allait ainsi constituer à la fois un guide pour les voyageurs de la seconde moitié du XIXe siècle et l'une des bornes milliaires de l'oeuvre de Gautier.

    Édition établie, présentée et annotée par Marie-Hélène Girard.

  • Au cours de la dernière décennie du XIXe siècle, Jean Richepin eut l'ambition de faire revivre dans ses écrits le monde de la Décadence romaine. C'est avec une rare originalité qu'il déclina dans tous les genres littéraires sa fascination pour une latinité vue à travers Martial et Pétrone. Théâtre, récits, poésie, épigrammes : ses oeuvres latinisantes constituent un vaste ensemble au sein duquel se croisent et se recroisent des personnages bigarrés et fantasques. Mais l'oeuvre est plus qu'un simple tableau : l'écriture de Richepin, ciselée, lapidaire et rythmée, transpose en français un « latin de choix, aux mots clairs et durs ainsi que des diamants, aux phrases sonores et pleines ».

    Outre les Contes de la Décadence romaine, La Martyre, l'essai sur Poppée et le poème « Élagabal », cette édition propose pour la première fois à la lecture les épigrammes latinisantes de Richepin, ses « latineries » dans lesquelles, derrière le masque antique, ses contemporains surent se reconnaître...

    Édition établie et préfacée par Marie-France de Palacio.

  • Ce volume recouvre les contes et les récits publiés par Théophile Gautier depuis les premières oeuvres jusqu'en 1837. On y trouve aussi bien les premiers récits proprement fantastiques comme La Cafetière, Omphale ou la tapisserie amoureuse et La morte amoureuse, que des récits d'un érotisme léger et enjoué aux teintes antiques ou rococo, avec La Chaîne d'or et Le petit chien de la marquise. L'ensemble des Jeunes France, romans goguenards est une narration bizarre, mélange d'outrance et d'énormité, fantastique, satirique, inclassable, bref, d'un romantisme qui se moque de lui-même, plein d'ivresses et de vertiges. La bluette médiévale Le Nid de rossignols montre que Gautier sait aussi créer de toute pièce un conte romantique, tandis que le volume s'achève avec Fortunio, roman « incroyable » qui témoigne du goût pour le paradoxe de son auteur, de son humour et de son imaginaire débridé. On retrouve ainsi la palette riche et variée d'un écrivain qui varie genres et styles pour le plus grand bonheur du lecteur.

  • L'Uscoque, roman à la fois historique et oriental, est le dernier conte d'inspiration vénitienne de George Sand avant Consuelo. Le jeune Flaubert, qui a lu L'Uscoque dès septembre 1838 écrit à son ami Ernest Chevalier : « J'ai lu dernièrement l'Uscoque de G. Sand ; tâche de te procurer ce roman et tu verras que cet Uscoque est un homme qui mérite ton estime. » La réaction de Dostoïevski est plus frappante encore : « J'avais, je crois, seize ans quand je lus pour la première fois sa nouvelle L'Uscoque, une des plus ravissantes oeuvres de ses débuts. Je me souviens que j'en fus enfiévré toute la nuit. »

  • Renée Mauperin, jeune personne de vingt ans, mi-fille, mi-garçon, maladivement attachée à son père, refusant tous les prétendants qu'on lui présente, bourgeoise parlant un langage d'atelier, tiraillée entre l'amour de la justice et la morale du coeur, s'avère encore aujourd'hui un personnage d'une modernité déroutante et dont la hardiesse du caractère n'a d'égale que l'aristocratie du tempérament. Totalement en décalage avec les moeurs de son temps, elle apparaît pour cette raison même comme un contrepoint éclairant sur la jeunesse et surtout sur la bourgeoisie du Second Empire que croquent, avec une perspicacité toute spirituelle et souvent assassine, Edmond et Jules de Goncourt.

    Oeuvres romanesques sous la direction de Alain Montandon. Édition critique par Véronique Cnockaert.

  • Melchior, émouvant, tragique, cocasse et fantaisiste, incarne assez bien l'une des facettes de la littérature 1830, grave et railleuse.
    La Marquise, icône générique de la Nouvelle, promeut chez une femme déçue par la réalité positive l'illusion théâtrale comme vie véritable à travers un dialogue entre XVIIIe et XIXe siècles portant sur les moeurs et le jeu du comédien.
    La ballade La Reine Mab révèle une figure féminine archétypale de l'imaginaire sandien.
    Le Toast, nouvelle historique et satirique, brode sur le motif de la précaution inutile après Scarron, Molière et Beaumarchais.

  • « Les Contes d'une Grand-Mère font un tout, un volume pour une classe de lecteurs qui n'abordent pas les autres ouvrages ». Selon George, ces Contes, écrits pour ses petites-filles, étaient donc voués à bercer un auditoire particulier, épris de merveilleux, auquel elle souhaitait aussi transmettre son goût du savoir. Une Première Série parut en novembre 1873, la Seconde Série, en novembre 1876.

    Nombre de manuscrits ont disparu, ou ne sont pas localisables, (hormis ceux déposés au fonds Sand de la BHVP). Le sort nous a souri : nous avons découvert les autographes de quatre d'entre eux : Le Nuage rose, Les Ailes de Courage, Le Géant Yéous, L'Orgue du Titan. 744 pages, qui nous font pénétrer au coeur de la création sandienne, pour mesurer le travail d'amplification d'un conte comme Les Ailes de Courage, la richesse de l'inspiration de l'auteur, qui passe sans transition du promontoire de Pictordu à l'Olympe pyrénéen de Yéous, le soin minutieux qu'elle apporte à « lessiver » le premier jet, ou encore l'allégresse de l'écriture d'un conte composé en quatre jours : Le Nuage rose. Nous sommes heureux de faire partager au lecteur la primeur de ces découvertes.

    Édition critique par Suzel Esquier.

  • André :
    Sixième de la production sandienne, André (1835) est né en marge du Secrétaire Intime. Conçu à Paris, « rêvé » à Venise, écrit à Venise et à Nohant, le roman raconte l'histoire tragique d'un aristocrate et d'une grisette « pas comme les autres ». Roman des fleurs, premier roman « intimiste » de G. Sand, il propose déjà nombre de thèmes chers à la romancière. Dostoïevski le comptait parmi les meilleures oeuvres de G. Sand.

    Leone Leoni :
    Juliette Ruyter rapporte à don Aleo, qui l'aime et qui veut l'épouser, l'histoire de sa passion pour un aristocrate libertin, joueur et escroc qui l'a conduite à accepter des situations et des actes de plus en plus blâmables. Alors qu'au matin, son récit paraît l'avoir délivrée, il suffit d'un appel de Leoni pour soumettre à nouveau Juliette à son pouvoir.

    Écrit à Venise «en quatorze jours», ce roman de la passion inapaisable occupe une place particulière entre André et Jacques. Outre la présence de Venise, on y trouve la trace de la crise profonde vécue par George Sand en janvier et février 1834. En 1853, dans la notice pour les OEuvres illustrées, George Sand écrira qu'elle a conçu l'oeuvre comme un parallèle inversé de Manon Lescaut, la présentera comme une étude morale, dont le mérite tient à la vérité des caractères. Mais le dénouement qui laisse Juliette poursuivre lucidement un destin malheureux appelle le lecteur à s'interroger sur le sens de l'oeuvre.

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