Joelle Losfeld

  • Milkman Nouv.

    Bien que se déroulant dans une ville anonyme, Milkman s'inspire de la période des Troubles dans les années soixante-dix, qui ensanglanta la province britannique durant trente années. Dans ce roman écrit à la première personne, une jeune fille, non nommée excepté par le qualificatif de « soeur du milieu » - grande lectrice qui lit en marchant, ce qui attise la méfiance -, fait tout ce qu'elle peut pour empêcher sa mère de découvrir celui qui est son « peut-être-petit-ami » ainsi que pour cacher à tous qu'elle a croisé le chemin de Milkman qui la poursuit de ses assiduités. Mais quand son beau-frère se rend compte avant tout le monde de tous les efforts qu'elle fait et que la rumeur se met à enfler, soeur du milieu devient « intéressante ». C'est bien la dernière chose qu'elle ait jamais désirée. Devenir intéressante c'est attirer les regards, et cela peut être dangereux. Car Milkman est un récit fait de commérages, d'indiscrétions et de cancans, de silence, du refus d'entendre, et du harcèlement.

  • El Paso, Texas, 1963. Huit ans après la disparition du tueur en série appelé le Dindon *, les lieutenants Rollie Fletcher et Will Drake enquêtent sur la mort suspecte d'un Marine. Ce ne sont pas des modèles de vertu mais la vertu n'a jamais résolu une affaire criminelle. La ténacité, si. Plus Fletcher et Drake progressent dans la recherche de la vérité, plus cet absolu leur échappe, plus l'enquête se révèle être une hydre aux multiples visages. La mort à tous les étages: voilà ce qu'ils auront au menu et qu'ils feront passer avec des balles blindées et des amphétamines. Pas de castagnettes mais des poings américains. Comme seule loi, la loi du talion version country : pour un oeil les deux, pour une dent toute la gueule. On remplit les cimetières comme on peut et on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs. En témoigne cette pluie d'étoiles mortes qui tombe du drapeau américain à la fin du livre.

  • Effroyables jardins

    Michel Quint

    " certains témoins mentionnent qu'aux derniers jours du procès de maurice papon, la police a empêché un clown de rentrer dans la salle d'audience.
    Il semble que ce même jour, il ait attendu la sortie de l'accusé et l'ait simplement considéré à distance sans chercher à lui adresser la parole. l'ancien secrétaire général de la préfecture a peut-être remarqué ce clown mais rien n'est moins sûr. par la suite l'homme est revenu régulièrement sans son déguisement à la fin des audiences et aux plaidoiries. a chaque fois, il posait sur ses genoux une mallette dont il caressait le cuir tout éraflé.
    Un huissier se souvient de l'avoir entendu dire après que le verdict fut tombé : - sans vérité, comment peut-il y avoir de l'espoir ? " l'auteur dédie ce court texte lumineux, émouvant et métaphorique à la mémoire de son grand-père, ancien combattant à verdun et de son père, ancien résistant.

  • 1954, USA : alors qu 'il fait sa tournée de nuit à la première neige, sur les hauts plateaux désertiques du comté de Garfield, dans l'Utah, le shérif Nick Corey découvre une voiture abandonnée. Au même moment, il voit atterrir un chasseur Sabre, sans aucune lumière. Et sans pilote. C'est le branle-bas de combat. L'armée et le FBI sont sur les dents. Quant à Corey, il se retrouve confronté à son propre passé : le tueur en série qui a assassiné ses parents et gâché sa vie réapparaît. Corey se lance à sa poursuite. Mais les cauchemars ont la dent dure... Et on peut tomber amoureux d'un agent du FBI.

  • Chassé de son pays d'origine par la Grande Famine, Thomas McNulty, un jeune émigré irlandais, vient tenter sa chance en Amérique. Sa destinée se liera à celle de John Cole, l'ami et amour de sa vie.
    Dans le récit de Thomas, la violence de l'Histoire se fait profondément ressentir dans le corps humain, livré à la faim, au froid et parfois à une peur abjecte. Tour à tour Thomas et John combattent les Indiens des grandes plaines de l'Ouest, se travestissent en femmes pour des spectacles, et s'engagent du côté de l'Union dans la guerre de Sécession.
    Malgré la violence de ces fresques se dessine cependant le portrait d'une famille aussi étrange que touchante, composée de ce couple inséparable, de Winona leur fille adoptive sioux bien-aimée et du vieux poète noir McSweny comme grand-père. Sebastian Barry offre dans ce roman une réflexion sur ce qui vaut la peine d'être vécu dans une existence souvent âpre et quelquefois entrecoupée d'un bonheur qui donne l'impression que le jour sera sans fin.

    1 autre édition :

  • C'est en 1947 que Jean Meckert publie Nous avons les mains rouges.
    Quatre mois avant Sartre, il s'attaque à la Résistance et à l'épuration qui a accompagné la Libération.
    De quoi parle ce roman noir et puissant ? Laurent Lavalette est embauché dans la scierie de d'Essartaut, un veuf qui vit dans les montagnes avec ses deux filles et un homme à tout faire, Armand.
    Laurent apprend vite que le patriarche est à la tête d'un réseau de résistants qui n'a pas déposé les armes et qui, régulièrement, organise des expéditions pour punir ceux qui se sont enrichis durant la guerre tandis que d'autres se battaient. Malgré les réticences de Laurent à s'engager dans des mesures expéditives, il prête cependant parfois main forte.
    Pour ses partisans qui n'ont pas mesuré leurs efforts durant la Guerre, la Libération a un goût amer, elle ne tient pas ses promesses d'égalité, de justice et de grand chambardement. Toutefois cette lutte sanguinaire laisse Laurent perplexe : « Laurent se demanda un moment en quoi cette doctrine différait du fascisme contre lequel ces résistants avaient combattu. » Comme dans la plupart des romans de Meckert mais aussi dans ceux qu'il écrira plus tard pour la Série Noire sous le pseudonyme d'Amila, le protagoniste de Nous avons les mains rouges est cet homme droit mais seul, réfractaire aux embrigadements de tout genre.
    Passionnant document sur un moment d'Histoire trouble et peu visité, ce roman est dans le même mouvement profondément humain.
    Présenté par Stéfanie Delestré et Hervé Delouche

  • Dans ce deuxième volume, Eustache et Hilda, ainsi que leur soeur Barbara sont sortis de l'enfance.
    Eustache poursuit des études à l'université après avoir hérité à la mort de miss Fothergill. Il est entouré d'un certain nombre d'amis, mais son caractère lymphatique ne semble guère l'avoir quitté. Toujours aussi timoré quant à son avenir, il semble se mouvoir telle une feuille au gré du vent. Hilda, quant à elle, s'occupe d'une clinique. Son caractère déterminé reste une constante de sa personnalité et son austérité a de quoi effrayer le tempérament porté à la légèreté d'Eustache.
    Le hasard les met un jour en présence de Dick, le jeune garçon séduisant qui avait un jour sauvé Eustache d'une mort certaine lorsqu'il était très jeune et pour qui Hilda éprouvait des sentiments teintés d'un léger trouble...

  • Dans les rues du Caire, Gohar, ex-philosophe devenu mendiant, sillonne avec nonchalance les ruelles de la ville et croise des figures pittoresques et exemplaires. Dans ce petit peuple où un manchot, cul-de-jatte, subit les crises de jalousie de sa compagne, on rencontre aussi Yéghen, vendeur de hachisch, laid et heureux, et Set Amina, la mère maquerelle. Il y a aussi Nour El Dine, un policier homosexuel, autoritaire mais très vite saisi par le doute à mesure que progresse son enquête.
    Un meurtre a eu lieu, celui d'une jeune prostituée...

  • En 1901, Erik Satie a trente-quatre ans. Sans ressources et sans avenir professionnel, il délaisse Montmartre et l'auberge du Chat Noir pour une chambre de banlieue sordide où, coincé entre deux pianos désaccordés et quatorze parapluies identiques, il boit autant, ou plus, qu'il compose. Observateur critique de ses contemporains, l'homme dépeint par Stéphanie Kalfon est aussi un créateur brillant et fantaisiste : il condamne l'absence d'originalité de la société musicale de l'époque, et son refus des règles lui vaut l'incompréhension et le rejet de ses professeurs au Conservatoire. Son isolement artistique est à peine compensé par les amitiés qu'il noue avec Conrad, son frère, Contamine de Latour ou Claude Debussy. L'excentricité d'Erik Satie se paie par la solitude, l'alcool et l'angoisse d'être passé à côté de son siècle, à côté de sa vie.

    Les parapluies d'Erik Satie n'est ni une biographie, ni une hagiographie. Ce n'est pas non plus une fiction, mais c'est comme un roman sur le mal-être et la vie artistique, une création littéraire autour d'un personnage réel, rythmée comme les Gymnopédies.
    Les parapluies d'Erik Satie est le premier roman de Stéphanie Kalfon, qu'elle a conçu à la fois comme un hommage et comme un témoignage sur la vie du musicien. Si Erik Satie à trente-quatre ans ne sait pas encore qui il est, le lecteur de Stéphanie Kalfon reconnaîtra dans cet individu marginal et mélancolique l'une des figures de la musique, incarnée d'une part grâce à un style vif et enlevé qui réussit à faire entendre ses compositions et, d'autre part, à travers les nombreuses réflexions ironiques de Satie qui émaillent le récit : il prête son regard au lecteur, qui est lui-même confronté à la cruauté de la société de la Belle Époque.

  • Bastia, 1954 : Joseph, un garçon de douze ans, pense devenir fou quand des voix s'invitent dans sa tête... C'est le début d'un jeu de piste avec certains objets qui lui parlent et l'attirent. Secondé par Mammò, l'arrière-grand-mère sage et révérée qui prend son don comme une malédiction, Joseph se plonge corps et âme dans la résolution des mystères familiaux par l'entremise d'un anneau perdu, d'une vieille photo oubliée ou d'un disque remisé dans un grenier.

    Différents narrateurs, à différentes époques, prennent en charge le récit et éclairent l'histoire d'un jour nouveau. Les thèmes du roman sont multiples. Le don et la distance qu'il implique quand il vient toucher un enfant au hasard. L'amour bien sûr, et la force des femmes. Mères, soeurs, amantes, elles s'affirment au fur et à mesure comme les véritables héroïnes du roman. Des femmes fortes, aux histoires singulières, qui s'agrègent pour n'en faire qu'une. La véritable trame du livre. Parmi ces femmes, il y a Mammò. Mammò, qui a un secret. Joseph, pour le découvrir, devra arpenter des rues où plane encore l'ombre des deux guerres.

  • Après quarante ans d'exil, Maureen retourne à Cork pour retrouver son fils, Jimmy, qu'elle a été forcée d'abandonner. Une nuit, lorsqu'elle tue un inconnu en le frappant violemment à la tête, elle déclenche une série d'événements qui va secouer toute la ville de Cork et révéler différents personnages en marge de la société irlandaise.
    Ryan, 15 ans, qui deale et donnerait tout pour ne pas ressembler à son père alcoolique. Sa petite-amie Karine, magnifique et issue d'une classe aisée, avec laquelle il vit un amour pur et passionné, jusqu'à ce que la réalité les rattrape.
    Tony, dont l'obsession qu'il voue à sa voisine menace de les détruire, lui et sa famille. Georgie, une prostituée qui feint une conversion religieuse aux répercussions désastreuses.
    En renouant avec son fils Jimmy, Maureen découvre qu'il a grandi dans le quartier le plus dangereux de la ville et qu'il est devenu un gangster redoutable, mais cette meurtrière involontaire est heureuse de pouvoir compter sur lui pour la sortir de cette situation. En cherchant tous les moyens possibles pour expier ses nombreux péchés, et en premier lieu le meurtre qu'elle a commis, Maureen risque cependant de détruire le plan mis en place par Jimmy, et surtout de les mettre tous en danger.

    Dans un style vrai, cru et aussi poétique, Lisa McInerney dresse le portrait touchant, drôle et irrésistible de personnages pris au piège, qui voudraient s'en sortir mais courent tout droit à leur perte.

  • John Smythe est venu s'installer avec ses enfants, Cathy et Daniel, dans la région d'origine de leur mère, le Yorkshire rural. Ils y mènent une vie ascétique mais profondément ancrée dans la matérialité poétique de la nature, dans une petite maison construite de leurs mains entre la lisière de la forêt et les rails du train Londres-Édimbourg. Dans les paysages tour à tour désolés et enchanteurs du Yorkshire, terre gothique par excellence des soeurs Brontë et des poèmes de Ted Hughes, ils vivent en marge des lois en chassant pour se nourrir et en recevant les leçons d'une voisine pour toute éducation.
    Menacé d'expulsion par Mr Price, un gros propriétaire terrien de la région qui essaye de le faire chanter pour qu'il passe à son service, John organise une résistance populaire. Il fédère peu à peu autour de lui les travailleurs journaliers et peu qualifiés qui sont au service de Price et de ses pairs. L'assassinat du fils de Mr Price déclenche alors un crescendo de violence ; les soupçons se portent immédiatement sur John qui en subit les conséquences sous les yeux de ses propres enfants...
    Ce conte sinistre et délicat culmine en une scène finale d'une intense brutalité qui contraste avec la beauté et le lyrisme discret de la prose de l'ensemble du roman.

  • La fainéantise est élevée au rang des valeurs supérieures dans cette famille cairote : galal l'aîné n'a pas bougé de son lit depuis sept ans, rafik a renoncé à épouser la femme qu'il aime de peur qu'elle trouble sa somnolence.
    Serag, le plus jeune des frères veut commettre la folie d'aller travailler en ville au grand dam du vieil hafez qui exprime sa fureur en ces termes : " qu'est-ce que j'entends ? tu veux travailler ! qu'est-ce qui te déplaît dans cette maison ? fils ingrat ! je t'ai nourri et habillé pendant des années et voilà tes remerciements ! " albert cossery en appelle ici au sommeil comme d'autres à l'insurrection armée.

  • La narratrice tunisienne raconte sa mère. Comme le lui dit l'une de ses amies, il t'aura fallu une révolution (des jasmins) pour oser parler de tes rapports avec elle. Le sujet n'est pas tabou mais dévoiler, au sens figuré comme au sens propre, la personnalité maternelle n'est pas une affaire facile. D'autant que le silence familial a toujours été la règle. Raconter l'intime c'est mettre un sens à tout ce qui a été, est et sera. C'est essentiel aussi pour comprendre ce que sont et seront les bouleversements politiques et sociologiques. Fawzia Zouari raconte avec pudeur et authenticité la vie des femmes bédouines tunisiennes, la révolte de l'héroïne qui a dû parcourir un si long chemin pour se libérer sans la renier d'une tradition ancestrale à l'égard du rôle des femmes. La vivacité de l'écriture, la drôlerie de certaines situations, l'inspiration parfois lyrique fait songer aux écrits de Taos Amrouche.

  • Ce roman a pour cadre une ville du proche-orient gouvernée par un tyran grotesque.
    Un petit groupe de contestataires a décidé de le combattre avec pour arme principale la dérision. ils orchestrent donc, à son insu, une subtile campagne d'affichage qui provoque l'hilarité de la population. cette fable, contée avec un humour souvent féroce, illustre un des thèmes privilégiés d'albert cossery : la force des hommes libres contre l'idiotie des nantis.
    " c'est la condition humaine réécrite à la façon de beckett, avec beaucoup de joie de vivre en plus.
    " jean-claude le covec - le figaro magazine " sous le souriant scepticisme de façade, ce sont bien - pour reprendre le titre du roman - la violence et la dérision que dénonce un auteur décidément subtil. " jean-maurice de montrémy - la croix " ses huit ouvrages font l'éloge du dénouement, érigé en art de vivre, et de la paresse, conçue comme une philosophie et, surtout, une "façon de réfléchir".
    " marion van renterghem - le monde

  • Il y en a une qui prie, une autre qui est en prison, une autre encore qui parle à son chat, et certaines qui regardent les voisines de haut en buvant leur thé infect.
    Leurs maris ont tous disparu. Elles sont vieilles, certes, mais savent qu'elles pourraient bien rester en vie une ou deux décennies encore, dans ce pays où il n'est plus rare de devenir centenaire. Alors elles passent leur temps chez te coiffeur, à boire et à jouer au Scrabble, à essayer de comprendre comment fonctionne un téléphone, à commenter les faits divers, à critiquer leur progéniture qui ne vient pas assez, à s'offusquer de l'évolution des moeurs...
    Elles savent que le monde bouge, et qu'elles devraient changer leurs habitudes, mais comment faire, à leur âge? Aussi, l'arrivée de Nicole, une " jeunesse " qui entame tout juste sa retraite, et l'annonce d'une catastrophe imminente, vont perturber leur quotidien. Ce nouveau roman de Pascale Gautier est irrésistible par sa fraîcheur, sa volonté de prendre avec humour le contre-pied de certaines idées reçues sur la vieillesse.
    On y retrouve avec délectation la causticité et la liberté de ton qui caractérisent ses précédents textes.

  • Marcus a onze ans quand sa mère meurt dans un accident de voiture. On l'envoie vivre dans la maison en bord de mer de sa grand-tante Charlotte, sur une petite île de Caroline du Sud. Artiste peintre, Charlotte mène une vie solitaire et singulière, passant de longues heures dans son atelier en compagnie de bouteilles de vin qu'elle commande par cartons. Arrivé chez elle en juin, Marcus a tout l'été à occuper avant la rentrée, qui l'inquiète beaucoup : sensible et peu sûr de lui, il redoute la compagnie des enfants de son âge. Il lui préfère de loin celle du fantôme de la Villa Chagrin - une maison qui tombe en ruine tout au nord de l'île et inspire de nombreuses toiles à Tante Charlotte. Elle doit son nom (« Grief Cottage » en anglais) à l'incendie survenu des années auparavant lors de l'ouragan Hazel, et la disparition de la famille qui l'habitait alors. La présence que Marcus perçoit dans la maison, dont il croit même une fois discerner la silhouette, serait donc celle du fils disparu. C'est le début de sa fascination pour la Villa Chagrin et ce, ou plutôt celui, qui la hante : une relation ambiguë se noue entre lui et l'adolescent, dont on ne saura jamais vraiment s'il est fantôme, fantasme, présence surnaturelle ou imaginaire. À travers lui ce sont ses propres tourments que Marcus doit affronter : la perte de sa mère, l'absence d'un père qu'il n'a jamais connu et la lourdeur d'un passé qu'il ne cesse d'interroger. Mais c'est aussi avec douceur que l'été se déroule, entre escapades sur la plage, visites à la Villa Chagrin et discussions avec sa grand-tante, heureuse, derrière son air taciturne, de partager avec lui sa maison, ses souvenirs et les particularités des peintres qu'elle aime. Un été lent, ponctué par le rythme des marées, avec en toile de fond l'importance des silences et la délicatesse des relations qui naissent, du deuil qui se fait, de l'enfance qui passe.

  • Roseanne McNulty a cent ans ou, du moins, c'est ce qu'elle croit, elle ne sait plus très bien.
    Elle a passé plus de la moitié de sa vie dans l'institution psychiatrique de Roscommon, où elle écrit en cachette l'histoire de sa jeunesse, lorsqu'elle était encore belle et aimée. L'hôpital est sur le point d'être détruit, et le docteur Grene, son psychiatre, doit évaluer si Roseanne est apte ou non à réintégrer la société. Pour cela, il devra apprendre à la connaître, et revenir sur les raisons obscures de son internement.
    Au fil de leurs entretiens, et à travers la lecture de leurs journaux respectifs, le lecteur est plongé au coeur de l'histoire secrète de Roseanne, dont il découvrira les terribles intrications avec celle de l'Irlande. A travers le sort tragique de Roseanne et la figure odieuse d'un prêtre zélé, le père Gaunt, Sebastian Barry livre ici dans un style unique et lumineux un roman mystérieux et entêtant

  • Samantar, le héros de ce livre, déjoue le projet monstrueux du cheikh ben kadem, premier ministre de l'émirat de dofa, qui organise des attentats pseudo-révolutionnaires dans son propre état pour attirer l'attention des grandes puissances, peu intéressées par un pays sans richesses à exploiter.
    Ben kadem illustre les ravages du désir de puissance. samantar, c'est la philosophie, la flemme et la beauté. l'action se passe à bagdad.
    Comme toujours, albert cossery fait couvre de visionnaire en anticipant sur la guerre du golfe. l'ouvrage a été publié en 1984 par les éditions gallimard. il ne manquait plus que ce titre pour que soient réunies les oeuvres d'albert cossery dans la collection arcanes aux éditions joëlle losfeld.
    " cossery a le sphinx pacha dans les veines.
    Sa seule raison sociale : l'amour sous tous les épidermes. ce dandy solitaire ne cesse de se dire que le monde est peuplé d'imposteurs, que la joie d'être peut être captée dans le cristal d'une brève seconde en marge de la comédie humaine. " patrice delbourg - l'événement du jeudi

  • C'est l'été à Paris. Suite à une expérience traumatique, une jeune fille revient à elle dans la cuisine d'un restaurant, le Gravy. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle pleure à cause des oignons qu'elle est en train d'éplucher - pour le reste, c'est l'amnésie. Elle ne sait plus rien, ni qui elle est, ni d'où elle vient ou comment elle s'est retrouvée là. Son accent irlandais est le seul indice qu'elle possède. Commence une sorte de jeu de piste dans lequel elle tente de retrouver son identité. Alors qu'elle se trouve dans la file d'attente d'une pâtisserie du onzième arrondissement en compagnie de Daniel - collègue du restaurant et accessoirement petit ami -, elle croise un homme qu'elle est certaine de reconnaître, mais dont elle perd la trace. Parce qu'il sait peut-être la vérité sur son passé mais aussi à cause du sentiment poignant qui l'a saisie à sa vue, elle ne pense dès lors qu'à le retrouver. L'histoire est un véritable puzzle à reconstituer pour elle comme pour le lecteur. Lorsqu'elle trouve un carnet écrit de sa main chez Ségo, la propriétaire du Gravy et l'amie qui l'aide dans toutes ses démarches, le récit devient journal de bord, la chronologie s'ébranle, alors que nous sont révélées des scènes d'une autre vie : celle d'avant la perte de mémoire, celle surtout d'une relation passionnelle avec un certain Jérôme, homme marié qui ne cesse de lui échapper et de la fasciner. L'enquête que l'héroïne mène sur son identité est confuse, tout comme l'est sa vie en général depuis qu'elle est revenue à elle. Elle se met à traquer l'homme de la boulangerie, cesse de se rendre au travail, mène une existence insolite. Elle semble avoir perdu les codes et les habitudes sociales en même temps que la mémoire et se retrouve dans des situations absurdes, tantôt malheureuses, tantôt cocasses. À mesure qu'elle semble perdre pied, l'intrigue se resserre...

  • « Ce texte de La Belgique a été établi d'après les DVD des spectacles filmés par Bernard Dartigues en 1994, lors de leurs dernières représentations au Théâtre de l'Athénée. De même que celui de la première partie du Roman d'un acteur, L'Âge d'or, il est très différent de ce qu'il était lors de la création des spectacles au Théâtre Tristan Bernard, des Arts Hébertot, de la Renaissance, ou plus tard pour l'intégrale, du Cloître des Carmes ou de l'Athénée. Il n'aura cessé d'évoluer au cours des représentations, plus celles des tournées ou des «reprises» en maints autres lieux. Ces versions successives n'ont peut-être qu'une chose en commun :
    Leur «scribe». C'est-à-dire celui qui les aura, à chaque fois, scrupuleusement et intégralement retranscrites : Roger Goffinet. Mon travail aura consisté à «nettoyer» autant de fois le texte de ces retranscriptions pour le rendre jouable, à le mémoriser (ce qui ne fut pas rien) et finalement à le jouer. Je ne me suis jamais empêché, bien au contraire, d'improviser en public chaque fois que les circonstances ou l'inspiration m'en ont donné l'envie ou l'idée. Mais n'ai gardé que ce qui me paraissait juste, comme éliminé ce qui me semblait raté ou inutile. Bref, le texte que je vous présente aujourd'hui, comme celui que j'avais livré en 1994 pour la première partie, est le produit et le résultat de toute cette espèce d'expérimentation littéraire, cet atelier d'écriture naturel, que furent - en dehors de leur nature purement théâtrale, éphémère et ludique - ces représentations. On dit souvent du théâtre que c'est un «art vivant», jamais plus qu'ici peutêtre cette définition n'aura été plus appropriée. » (Ph. C.)

  • " tapie au sommet de la venelle des sept filles, la maison de si khalil, le propriétaire dégoûtant, craquait sous la rafale et achevait de se convertir en ruines.
    Il faut dire l'atroce vérité. cette maison ne tenait debout que par miracle. seuls, des fils de putain, aveuglés par une misère abjecte, pouvaient abriter leur chétive existence entre ces murs délabrés. une vulgaire baladeuse de marchand de laitues, passant dans la venelle, la faisait chanceler sur sa base. aussi, pour prévenir tout danger, avait-on interdit l'accès de la venelle à tout genre de véhicule ; et même à certains vendeurs ambulants, dont la voix trop puissante risquait - par des déplacements d'air néfastes - de précipiter la catastrophe.
    "

  • Dans ce recueil de cinq nouvelles, les personnages d'albert cossery survivent dans le plus total dénuement.
    Mais ils sont aussi extraordinaires par le regard qui leur donne la vie. on a rarement lu dans la littérature contemporaine des descriptions aussi aiguës, émouvantes, dramatiques de la pauvreté et de la misère mais toujours abordées avec humour et dérision. premier livre d'albert cossery, les hommes oubliés de dieu fut publié au caire en 1927 et traduit en plusieurs langues. il fut notamment publié aux etats-unis, en 1940, grâce à henry miller.

  • Lilly Bere est une vieille femme. Elle se souvient, à travers les hommes qu'elle a aimés, de son parcours, de son Irlande natale qu'elle a du quitter pour s'aventurer dans le nouveau monde, à cause des évènements politiques qui s'y déroulaient.

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