Langue française

  • Horst

    Xavier Mussat

    En géologie, géomorphologie et géographie physique, un horst désigne un bloc soulevé appartenant à la portion de croûte terrestre qui est restée stationnaire ou s'est soulevée tandis que, de chaque côté, les compartiments voisins s'abaissaient. Xavier Mussat a collecté ses concrétions graphiques dans quatre carnets réunis ici en un volume.

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    L. L. de Mars

    On considère ce qu'on voit, dans une bande dessinée, dans une double évidence : l'image ne laisserait rien échapper à notre regard, elle serait toute entière affirmation d'elle-même ; et l'image serait rendue plus évidente encore par le récit, dont elle ne serait que le contexte. Mais si le fait même de regarder devenait l'objet d'un récit ? S'il n'y était question que des rapports entre différents moments du regards, différentes façons de regarder, différents angles de vues ? et si cette question prenait son sens dans des questions politiques, celles par lesquelles un monde, une nation, une cité, se construit précisément en donnant à voir uniquement certains points de vue et en les appelant "réalité" ? Dans le chaos apparent des images de ce livre se dessine une forme d'éducation au regard, au discernement, à la conscience rénovée de la puissance politique des images.

  • L'univers de François Burland est à l'image d'un grand bazar. On y trouve toutes sortes d'oeuvres : papiers recyclés, collés, peints ou gravés, broderies qui s'affichent comme des dessins colorés, sculptures ou jouets bricolés aux échelles brouillées. Le tout s'affranchissant des contraintes esthétiques pour permettre le jeu libre des formes et la magie du désordre. Ces authentiques créations ont de quoi surprendre, elles possèdent un mot d'ordre : le slogan ou mieux une parole qui attrape. Pour comprendre l'esprit libertaire de cet artiste et sa capacité à être dans une attitude active et non soumise, il faut envisager la lecture de son oeuvre sous le signe de la résistance.

  • Depuis des décennies, avec une constance et une obstination qui traverse les époques, Schwizgebel fait oeuvre. Il faut entendre par là que l'homme bâtit un univers unique, avec ses films comme autant d'éléments qui font l'oeuvre. L'oeuvre, ou le fond, ou l'âme, soit des récits poétiques et référentiels qui s'inspirent des littératures et musiques et peintures classiques du monde pour être réinterprétés.
    Un récit de Schwizgebel peut tenir en un synopsis vite lu et à ce titre paraître léger ; on se défait immédiatement de cette idée quand on découvre les story-boards qui amplifient le synopsis et, de là, on évoque la forme. La forme compte autant que le fond, non qu'elle le dépasse mais elle est à ce point essentielle et substantielle qu'elle s'y agglomère pour donner la singularité de l'oeuvre : des films d'animations (ou dessins animés, un terme profane que l'auteur ne rejette pas).
    Ici, le respect qu'on doit à l'artisan en général fait qu'on admire ceux qui consacrent leurs talents à ce genre car enfin, on parle de films dont chaque seconde est remplie de douze dessins. Schwizgebel, ses douze dessins par seconde, il les fera. C'est une des ses empreintes, sur des cellulos, à l'acrylique (parfois au pastel sur papier) comme autant de tableaux, des tableaux si beaux qu'on les expose.
    Si la technique est traditionnelle (acrylique sur cellulos et prise des images au banc titre), la narration, qui induit des notions de plans-séquences, de boucles et de métamorphoses, est complètement originale. Dans cette nouvelle publication, ce sont tous les aspects du travail de Georges Schwizgebel que nous voulons mettre en avant, des synopsis aux tableaux finis en passant par les story-boards, les schémas, les croquis, sans oublier les sources et des images de l'auteur ainsi que son univers.
    C'est un livre référence qui parcourre la création de Schwizgebel dans la chronologie et qui est ponctuée d'exégèses, pour éclairer certains aspects du travail de l'artiste.

  • Guerre à la Terre articule au passage que Ellul consacre à Sparte dans sa somme sur l'histoire des institutions celui que Hérodote dédie aux Scythes de la Mer Noire. Hanté par la figure de l'étranger, le livre est conçu comme ce système de correspondances que la tradition chrétienne appelle lecture typologique. Son modèle est celui des jeux de passages thématiques, iconographiques et historiques entre l'ancien et le nouveau testament, tels qu'on les retrouvent frappant le portail du Duomo de Pisa ou la statuaire du jubé d'Albi.
    Mais ici, prise dans une double trame antique, c'est une troisième image fantôme qui se dégage, celle du contemporain et de ses propres mythes nationaux.

  • Parodiant Tintin au Congo d'Hergé (1931), Anton Kannemeyer expose les contradictions et les paradoxes de la vie dans la postcolonie. Pappa in Afrika rassemble des dessins récents, des peintures et des bandes dessinées qui s'attaquent au colonialisme et à son héritage continu, adoptant Tintin, et ses multiples avatars, comme l'archétype du colon blanc. L'artiste est aussi provocateur que ludique et ne ménage pas les politiciens, les despotes et ses voisins des banlieues verdoyantes, qu'il soumet à un examen implacable et humoristique.
    En plus des dessins, des peintures et des tirages imprimés, le livre présente des bandes dessinées dans lesquelles Kannemeyer retrace l'aube de sa conscience politique en tant que jeune Sud Africain parlant afrikaans, dont la vie est liée aux joies et aux réalités de l'Afrique. Ses bandes dessinées et autres images singulières se confrontent et réfléchissent aussi au racisme ancré dans le langage et à la violence physique et mentale enracinée dans la société profondément divisée dans laquelle il vit.
    En convoquant une figure à la houppe typiquement belge, il nous renvoie à notre propre passé colonial

  • L'oeuvre poignant de Judith Forest enfin réédité en intégrale : les cultissimes 1h25 et Momon, Mister John, Travelling, etc. accompagné d'un appareil critique, des entretiens avec l'auteure, les articles marquants de l'époque, des croquis et dessins préparatoires.

    Judith Forest est une comète. Au long de sa courte et brillante carrière, qui n'aura duré que trois ans, elle aura été l'auteure de deux livres qui auront marqué leur époque et défrayé la chronique, avant de disparaître sans laisser de trace. Elle avait à peine plus de vingt ans (sa date de naissance est incertaine). Dans le second de ses livres, elle évoquait déjà son désir et son impression de disparaître, et son envie de se consacrer, loin du monde et des hommes, à l'herboristerie.

    Avec des contributions de Xavier Löwenthal, Thomas Boivin, William Henne, François Olislaeger, Fabrice Neaud, Thierry Groensteen, Morgan di Salvia, Clément Solym, Memphis Jack, Alain Lorfèvre, Romain Brethes, Nicolas Ancion, Marine Gheno et Christophe Poot.

  • [in]visibles

    Thierry Cheyrol

    [In]visibles se focalise sur des êtres fantasmagoriques issus de l'infiniment petit.
    Dans la lignée de Gaia, Thierry Cheyrol fait de ce monde microscopique un chef d'oeuvre bouillonnant de vie qui transcende la page en une explosion graphique.

  • Menses ante Rosam est le récit d'une genèse.
    Les mois avant Rosa, Aurélie Levaux a vu son corps se transformer, son ventre se déformer, son homme désorienté. Elle nous fait part de sa joie, de ses pleurs, de ses doutes, des très riches heures d'une grossesse. 50 dessins et broderies sur tissus et sur papier nous livrent un peu du mystère de l'enfantement, 50 broderies et dessins raconteront à Rosa l'attente impatiente de sa venue au monde. Les yeux du Seigneur fait directement suite à Menses ante Rosam : derrière les délicats ourlements brodés et sous la couture, il y a l'hymen déchiré et le placenta. Aurélie William Levaux tisse ses rêves d'interrogations douloureuses...

  • Dans la mythologie grecque, Ouranos ( ???a???: « celui qui fait pleuvoir ») est une divinité primordiale personnifiant le Ciel et l'Esprit démiurgique. Ce livre fait suite à Gaia, premier livre (et grand succès) de Thierry Cheyrol, paru en 2017 à La 5e Couche. Gaia (la Terre) est l'épouse d'Ouranos. Tel le Dieu de la Genèse séparant le firmament de la terre, Cheyrol se tourne (naturellement) vers les astres, après avoir exploré les entrailles fécondes de notre planète. Ainsi découvre-t-on une continuité, un isomorphisme, une «isoplastie», du bas et du haut (si tant est que ces mots aient encore du sens), du micro au macro. Il est un mot galvaudé, dès qu'il s'agit d'aborder l'oeuvre d'un auteur, qu'il faudra bien employer ici: Cheyrol nous délivre un Univers. Des astres imaginaires et d'improbables aérolithes filent au long des pages, comme autant de motifs graphiques qui n'ont d'abstraits que l'apparence. Le dessinateur décrit des invasions, des connexions, des fusions, des propagations, des conflagrations et des conquêtes, dans un bouillonnement dont on ne sait s'il est cataclysmique ou créateur, à moins que ce ne soit la même chose.

  • Jeune auteur à la bibliographie galopante - une dizaine de livres et des participations à divers collectifs et revues (Polychromies, Kiblind, Papier, Gorgonzola...) - Victor Hussenot exprime une vision affirmée de la bande dessinée.
    Amateur de contraintes, jouant souvent avec les codes, il multiplie les projets dans des directions biens différentes, mais toujours connectées. Avec Les gris colorés, paru à La 5e Couche en 2014, Hussenot proposait une série d'histoires courtes et de dessins montrant les sensations et les relations des personnages uniquement par des couleurs et des formes. Cette fois-ci, le dispositif mis en place par l'auteur est de nous proposer 80 silhouettes qui sont autant de récits intimes ou de descriptions des sentiments. L'Oubapo a profondément marqué Hussenot, qui a vu dans les contraintes une manière de représenter visuellement des questions existentielles et temporelles avec la boucle par exemple, comme chez Escher que l'auteur apprécie beaucoup. Faire de la bande dessinée avec des contraintes, c'était un moyen de réfléchir aux questions humaines et universelles, tout en dessinant.

  • Menses Ante Rosam est le récit d'une genèse.
    Les mois avant Rosa, Aurélie Levaux a vu son corps se transformer, son ventre se déformer, son homme désorienté. Elle nous fait part de sa joie, de ses pleurs, de ses doutes, des très riches heures d'une grossesse.
    50 dessins et broderies sur tissus et sur papier nous livrent un peu du mystère de l'enfantement, 50 broderies et dessins raconteront à Rosa l'attente impatiente de sa venue au monde.

  • Dans le jargon de l'édition, 48CC désigne une bande dessinée de tradition franco-belge, de 48 pages, en format A4, cartonnée et en couleur.
    Le 48CC est la pagination la plus économique, devenue la norme parce qu'elle est réputée plaire aux enfants. Ilan Manouach achète, dans le marché de seconde main, quarante-huit albums 48CC appartenant aux séries les plus populaires de la bande dessinée franco-belge, suivant le guide Moliterni. Les albums sont soigneusement scannés et chacune de leurs 2.034 pages au total est numérisée et nommée selon une classification simple où le numéro de page est suivi du titre de l'album. Par exemple : 34_La Horde du Corbeau. Toutes les pages de tous les albums portant le même numéro sont transférées dans un dossier spécifique.
    Ainsi, dans le dossier 34, on trouvera rassemblées toutes les trente-quatrièmes pages des quarante-huit albums scannés. Un total de quarantehuit nouveaux dossiers représenteront les quarante-huit pages de notre livre final. Le contenu de chacune des pages du livre final sera le produit de manipulations entamées sur les quarante-huit pages des albums scannées portant le même numéro. Les livres sont lus attentivement.

  • À l'origine, il y a une exposition d'Alex Baladi à L'Atelier 20 de Vevey, des dessins originaux au format A4 qui déroulent une galerie de personnages, de motifs et de techniques. C'est Lador, écrivain complet et homme curieux par excellence, multi-spécialiste comme au temps de la Renaissance, qui s'empare des dessins de Baladi pour en faire un récit en contrepoint, en spirales, et offrir par là un éclairage inédit aux dessins de Baladi. Qu'on n'y trompe pas, Course est pensé comme une bande dessinée en ce sens que les tableaux, comme autant de cases, se succèdent et se répondent pour faire un récit. Narrativement, en arrière-plan des motifs récurrents, il y le thème voulu par le dessinateur Baladi : la course. Les personnages, sur leur starting-block au départ, partent, courent, vont, prennent la tangente, fuient, incertains, paniqués, goguenards, absurdes.

  • Récit non-linéaire de petites histoires quotidiennes de tout un chacun, Les Gris colorés est une série d'histoires courtes et de dessins mettant en rapport les sensations des personnages avec des couleurs afin de mettre en évidence la signification émotionnelle de chaque situation. Ces gris colorés sont une source sur notre nature d'homme et de femme dans notre société contemporaine.
    Le langage des bulles y est quasiment absent, comme pour mieux laisser place à celui de la couleur, au dialogue entre contour et surface.
    Se dégageant de la perspective et de la représentation de l'espace, Victor Hussenot donne la part belle au ressenti de ses personnages. Mettant la forme au service du fond, assumant le vide au profit du plein, il se débarrasse de la case et de la bulle, jouissant ainsi de l'espace de la planche. La séduction immédiate que procure la couleur, faisant écho au blanc de la page et aux contours net de son trait, confère au livre son accessibilité et sa facilité de lecture.
    Cette nouvelle édition est augmentée de 8 pages.

  • Derrière les délicats ourlements brodés et sous la couture, il y a l'hymen déchiré et le placenta. Aurélie William Levaux tisse ses rêves d'interrogations doulou-reuses. Sous le fard de ses paupières, pendant son sommeil tourmenté, l'éternel aiguillon du désir féminin : "faire la maman et la putain ?".
    Fil conscient, fragile, douloureux, toile écrue et colorée, motifs végétaux évoquant une sexualité onirique et fertile, les entrelacs d'Aurélie W. Levaux enserrent le lecteur dans une psyché trouble, où la bouche de l'enfant tête le sein tandis que les lèvres rubis de la mère s'offrent au plaisir. Aurélie Levaux, dans un miroir brisé qui nous la reflète en facettes multiples et dissonantes, coud à même sa peau un récit extraordinaire de désirs et de vie, et nous livre encore une fois son coeur, cru et tendre comme la main d'un nourrisson.
    On songe souvent à Frida Kalho, et à toutes les femmes exceptionnelles qui ont su, dans l'histoire, rendre la complexité du sexe, du désir et de la maternité avec les accents de la vérité et les ornements les plus éblouissants.
    Après Menses Ante Rosam, les éditions de la Cinquième Couche proposent ici une nouvelle édition des Yeux du Seigneur, cartonnée et en dos toilé.

  • Après une dure journée d'usine, quoi de mieux que d'aller s'en jeter un petit derrière le gosier? Après Querelle de Brest, après l'Opéra de Quat'Sous, Hareng couvre-chef est une évocation mythique et fantasmée des caves enfumées et des tangos au bord des docks. Dans ce récit illustré, le trait expressif et éclaté émerge des fumées irritantes des bas-fonds esquissés par Christophe Poot. Il réinvite une langue qui mêle à la fois onomatopées et expressions créées de toutes pièces. Ce livre est paru en 2001, mais l'auteur n'a depuis pas abandonné ses penchants pour le monde maritime, tant s'en faut. C'est donc une édition riche d'une dizaine de textes et d'illustrations inédites, présentées comme des chansons évoquant la vie des marins, le travail dans la marine marchande et la beauté des sites portuaires. Le style graphique s'est entretemps légèrement dépouillé, le style littéraire aussi, ce qui augmente encore l'intérêt de présenter cette ré-édition et ses prolongements dans l'imaginaire de l'auteur. Nous avons aussi voulu, pour cette présente édition, soigner particulièrement le choix du papier, des typographies et la fabrication du livre, pour vous offrir une lecture optimale de ce petit ouvrage à l'argot poétique et au dessin expressionniste.

  • Gaïa

    Thierry Cheyrol

    Toujours en devenir, Gaia se métamorphose et réagit aux éléments.
    Dans un environnement en apparence inerte et hostile, c'est un être survivant. Cette nature étrange, tout droit sortie d'un songe, se veut rassurante, familière, ouatée et simultanément vertigineuse et déconcertante. Les planches, aux compositions spectaculaires et saturées de Cheyrol, nous invitent, dans un amoncellement de motifs abstraits mais suggestifs, à assister à un récit cosmogonique fascinant et singulier où l'univers est ensemencé par des forces physiologiques et animales.

  • Ceci n'est pas un livre sur la bande dessinée abstraite. La conjonction "et" dans Bande dessinée et abstraction est fondamentale. Elle signale notre intention d'explorer l'entre-deux en combinant ce qui d'emblée pourrait sembler hétérogène : des bandes dessinées aux esthétiques nettement différentes, des textes usant de perspectives clairement distinctes. Le "et" est un moyen de rencontre et, dans ce cas, il désigne une interaction entre bande dessinée et abstraction telle que les deux en sortent mutuellement refigurés. Ce principe de montage entend ouvrir à la fois le concept d'« abstraction » et celui de « bande dessinée » en desserrant l'étau de leurs définitions canoniques qui, globalement, calquent l'abstraction sur le non-mimétique (en histoire de l'art) ou l'utilisent pour désigner un mouvement conceptuel allant du particulier à l'universel, alors que la bande dessinée est, elle, généralement perçue comme un médium texte-image de narration séquentielle. En réfractant l'abstraction à travers la bande dessinée et vice versa, une multiplicité d'autres termes se trouvent ainsi convoqués d'une telle manière que les deux termes sont infléchis par des distinctions opératoires supplémentaires.
    Idéalement, Bande dessinée et abstraction cherche donc à offrir un lieu de rencontre entre culture savante et populaire ; histoire de l'art et recherche en bande dessinée ; littérature, poésie, dessin et écriture ; art majeur et art mineur ; highbrow, lowbrow, nobrow, etc.

  • Anthologie de l'esprit est un recueil d'histoires courtes réalisées par l'auteur finlandais Tommi Musturi (Sur les pas de Samuel, Les livres de monsieur Espoir, Beating...) ces vingt dernières années. Il constitue une plongée dans la diversité formelle et narrative de son oeuvre en bande dessinée.
    Musturi utilise et éprouve de nombreux styles et manières de raconter pour livrer des messages et des idées souvent complexes. L'Anthologie de l'esprit s'achève par un article sur le «style» en tant qu'outil cardinal du dispositif artistique et narratif.

  • Collages

    Robert Varlez

    Robert Varlez est un artiste originaire de Liège (Belgique). Collagiste, éditeur et auteur de bande dessinée conçue comme art narratif, plastique et kinésique, art du rythme et du mouvement syncopé, dont on a pu relire récemment les résultats chez Hoochie-Coochie ou Adverses. Collages est le premier livre d'une série reprenant les expérimentations découpées, déchirées, maculées, poétiques, politiques, philosophiques...
    Issues d'une pratique de plus de trente ans de l'auteur. En 1972, Robert Varlez a créé la revue mensuelle 25 (ou M25), animée par Jacques Izoard, qui connaîtra 152 numéros. Il a publié des bandes dessinées expérimentales basées sur les jeux formels dans la revue littéraire Minuit, dirigée par Tony Duvert. Il revendique des influences aussi différentes que le dessinateur Martin Vaughn-James (qu'il a édité), le dadaïsme, le surréalisme et des photographes Eadweard Muybridge (chronophotographie) ou Étienne-Jules Marey. Il vit actuellement en Belgique, près de Charleroi, et s'adonne toujours aux collages.

  • Les personnages de cette histoire attendent un train qui n'arrive pas. Pour certains d'entre eux, cela fait des années. Une galerie de personnages s'entrecroise dans le hall monumental d'une gare aux allures de cathédrale, qui pourrait être Anvers ou une gare qui lui ressemble, pas loin d'un port et à côté d'un zoo : le chef-contrôleur, qui s'arroge un pouvoir tyrannique sur les voyageurs, le bagagiste indiscret, le journaliste et rédacteur en chef de La gazette de la Station, le courtier en assurance, le clown, le contrôleur retraité, le barman, la prostituée, le contrôleur stagiaire, le prêtre, le peintre, etc. Jan, un jeune marin, s'éprend de Mona, la fille du chef-contrôleur. On échafaude des théories sur l'état des choses, l'attente interminable, le despo-tisme du contrôleur, l'arrivée d'un train, un jour, etc. Les personnages sont enfermés dans leur fonction, comme les protagonistes d'un spectacle de marionnettes.
    La Station est un système économique et social à ce point cohérent que ses habitants croient dépendre de son existence. Ils l'ont en tout cas adopté. Par conséquent, ils y tiennent et la venue même du train tant espéré serait une forme d'Armageddon. C'est une société en minia-ture. C'est aussi une image mentale très forte, dont dépendent psychologiquement certains voyageurs. Jan tente de remettre en question ce système. Comment contester ce qui ne repose sur rien mais à quoi tous se sont adaptés ?

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