Manucius

  • En 1828, l'une des femmes les plus en vue de Paris, la marquise d'Espard, dépose auprès du tribunal une requête visant à faire interdire son mari.
    Qu'est-ce qu'une interdiction? C'est - nous dit l'article 489 du Code civil de 1804 - le fait d'ôter à une personne majeure l'usage de ses droits civils: «Le majeur qui est dans un état habituel d'imbécillité, de démence ou de fureur, doit être interdit, même lorsque cet état présente des intervalles lucides». Mme d'Espard accuse le marquis, dont elle vit séparée depuis plus de dix ans, de l'empêcher de voir ses deux enfants qu'il a emmenés avec lui et de dilapider tous ses biens, au profit des Jeanrenaud mère et fils, des inconnus.
    Le marquis est-il fou ou possédé, comme l'affirme son avoué?
    Sa femme, une des plus redoutables harpies de La Comédie humaine, désire priver sa légitime moitié de ses droits, mais y parviendra-t-elle? Cette demande judiciaire ne cache-t-elle pas «quelque petit dramorama»? C'est le sujet de cette longue nouvelle (ou bref roman), sans doute «l'un des plus parfaits récits qu'ait écrits Balzac».

    Présentation et notes de Marie-Bénédicte Diethelm, spécialiste de Balzac et de Chateaubriand. Elle est notamment l'éditrice des romans inédits de Mme de Duras: Olivier ou le Secret (in Ourika, Édouard et Olivier ou le Secret, Gallimard, «Folio classique», 2007), Mémoires de Sophie suivi de Amélie et Pauline (Manucius, 2011). Chez Manucius, elle a également établi l'édition de La Messe de l'athée (2013).

  • 813

    Maurice Leblanc

    • Manucius
    • 20 Novembre 2020

    La première édition en volume (juin 1910) de ce célèbre roman et les différentes rééditions de ces 110 dernières années n'ont présenté que des versions écourtées et «simplifiées» de cette formidable aventure d'Arsène Lupin. Voici, pour la première fois en librairie, la version pré-originale de 813 dans son intégralité, telle qu'elle a paru dans le quotidien Le Journal du 5 mars au 24 mai 1910, avec des épisodes inédits, recélant maintes péripéties ignorées des plus fervents connaisseurs! Ce long récit foisonnant en coups de théâtre et en rebondissements a marqué un tournant dans la carrière de Maurice Leblanc. Avec 813, il devient véritablement LE romancier «populaire», l'écrivain à succès parmi les mieux connus de son temps.

  • En 1883, Kropotkine est condamné à 5 ans de prison pour activisme politique. Durant sa captivité, Élisée Reclus réunit ses textes parus dans Le Révolté et les édite sous le titre Paroles d'un révolté. L'ouvrage réunit ici les chapitres II, III et IV, intitulés: La décomposition des états, La nécessité de la Révolution et La prochaine Révolution. La décomposition des états est un texte saisissant par son actualité. Les questions soulevées par le rôle de l'état rappellent étrangement la crise actuelle et les revendications des «Gilets jaunes», ainsi est pointé du doigt, l'état emprunteur, mauvais gestionnaire, obèse ou encore inefficient. Ecrit il y a quelque 140 ans, ce texte à vocation révolutionnaire donne matière à réflexion sur la stabilité étonnante du Système dans ses pratiques !

  • Ajouté en 1887 aux 4 livres déjà publiés en 1882, le 5e livre du Gai Savoir s'intitule Nous autres hommes sans crainte. De quelles peurs Nietzsche s'est-il donc libéré ? Notamment de celle qui terrassait l'insensé du §125. Annonçant la mort de Dieu ce dernier invitait avec angoisse à en prendre la mesure. Si le déicide signifie la victoire de l'athéisme, elle présente le redoutable danger du nihilisme. De sorte que la mort du pouvoir spirituel se solderait par le culte de l'instant.
    Voilà pourquoi Nietzsche fait valoir les conséquences délétères de la politique contemporaine pour la culture, à l'heure où l'art ne prend plus racine dans le temps long des cristallisations symboliques, mais s'éparpille sous la pression d'une époque histrionique qui ne sait plus à quel saint se vouer.

  • À une époque où les «smartphones» permettent d'emporter avec soi des mélodies enregistrées aux quatre coins du globe, il est difficile de se représenter un temps où l'expérience de la musique dépendait absolument de la présence matérielle des interprètes et de leurs instruments. Le Traité des effets de la musique sur le corps humain (1758) de Joseph-Louis Roger, synthétisé par Ménuret de Chambaud pour l'Encyclopédie de Diderot et de D'Alembert et traduit du latin au français par le médecin réformateur Étienne Sainte-Marie, nous restitue la sensibilité d'un siècle pendant lequel on guérissait la mélancolie avec les arias de l'opéra italien et où toute la science du médecin se réduit à savoir accorder et toucher la lyre du corps humain. Dans un style imaginatif et limpide ponctué d'anecdotes, les textes de cette édition mettent au jour les connaissances dont disposaient les Lumières sur ce qu'on appelle aujourd'hui «musicothérapie».

    Édition et présentation de Philippe Sarrasin Robichaud. Candidat au doctorat, il s'intéresse aux discours traitant des effets de la musique sur le corps à l'âge classique. En 2018, il a fait paraître L'Homme-clavecin, une analogie diderotienne, une étude sur le rapprochement entre le corps humain et le clavecin dans l'oeuvre de Diderot et de ses contemporains.

  • Passions et Vanités est un recueil de 3 chroniques écrites pour Vogue. Elles décrivent une époque où les femmes avaient pour seul souci de séduire les hommes, le tout dans un univers de luxe et de volupté. Nous sommes au temps de Proust et de ses mondanités. Les femmes sont distinguées, les hommes sont riches et portent beau, bref, si l'univers d'A. de Noailles apparaît comme ouaté, confortable, il n'en demeure pas moins que le tableau proposé est plein de charme et non dénué de profondeur.
    Il s'agit d'écrire un monde singulier dont l'auteur saisit les codes à la perfection par la grâce d'une écriture fine et élégante. Les deux textes suivants sont plus personnels, plus lyriques, mais on y retrouve cet attrait propre à A. de Noailles, une écriture séduisante et toujours parfaitement juste.

  • La philosophie de Claude Henri de Saint-Simon (1760-1825) est à l'origine de nombreuses disciplines comme la sociologie ou la science politique. Elle est à la source des grandes idéologies contemporaines, socialisme, libéralisme, positivisme, anarchisme, technocratisme, communication. Chevalier d'un monde industriel nouveau, ce pionnier veut changer la société, faire l'unité européenne et promouvoir « l'association universelle ». Il pense une nouvelle société qu'il nomme « la société industrielle » et qui demeure la matrice de la vision occidentale du monde. Les disciples saint-simoniens contribuent ainsi aux Révolutions de 1830 et 1848. Certains deviennent de grands financiers et des capitaines d'industries, réalisant les grands travaux de chemins de fer ou du télégraphe, créant les maisons de crédit et les entreprises françaises de réseaux. Les utopies sociales et technologiques saint-simoniennes continuent aujourd'hui de se réaliser et de faire rêver.

  • La pensée de Nietzsche s'expose comme la transposition philosophique et littéraire de son expérience du monde et de lui-même, à laquelle il donne le nom de « Gai Savoir ». Derrière le mot d'ordre se cache une méthode rigoureuse et minutieuse, qui au-delà de toute recette, nous montre comment il revient à chacun d'entre nous d'appréhender notre vie et notre pensée en comprenant en quel sens elles dépendent l'une de l'autre. Le livre IV du Gai Savoir, « Sanctus Januarius », est une véritable méditation sur la manière dont la philosophie nous permet d'accéder à une maîtrise de soi d'un type nouveau : en comprenant comment le philosophe allemand conçoit « gaiement la gaieté », le lecteur est appelé lui-même à prolonger la perspective de Nietzsche pour lui-même.

  • Commencé en octobre 1888 Ecce Homo fut achevé le 4 novembre quelques semaines avant l'effondrement de son auteur. Divisé en quatre parties: Pourquoi je suis si sage/Pourquoi je suis si malin /Pourquoi j'écris de si bons livres/Pourquoi je suis une fatalité, il ne sera publié qu'en 1908. Ouvrage autobiographique, ce n'est pourtant jamais de sa petite vie dont nous parle Nietzsche. Le philosophe tend au contraire à mettre en lumière le caractère universel de certains événements vécus. Quelles pulsions, quels affects, quelle santé faut-il avoir pour faire la Généalogie de la morale? T el est l'objet d'Ecce homo et plus particulièrement de Pourquoi je suis si malin dans lequel Nietzsche expose une sorte de vademecum d'existence nécessaire à tout homme souhaitant développer sa vertu.

  • Extrait de Regards sur le monde actuel, La liberté de l'esprit succède à La crise de l'esprit qui constatait la faillite de l'Europe après la grande guerre.
    Vingt plus tard, posant un regard lucide sur les mutations qui secouent son époque, Valéry dissèque le monde actuel, relevant, non sans pessimisme, les accrocs de la modernité à la dignité de l'esprit. La critique qu'adresse le poète à la modernité et à ce qui la constitue essentiellement: une modification du rapport au temps, une baisse de la valeur de l'Esprit et un assujettissement de l'homme à l'argent. Les essais ici publiés sont éloquents à cet égard. Pour Valéry, c'est la fin du temps libre, ce temps où l'esprit se consacre à son propre développement par la fréquentation de l'art, de la philosophie, de la littérature.

  • Post-scriptum de ma vie est une oeuvre posthume de V. Hugo parue en 1901. Les textes ici proposés sont extraits de la seconde partie intitulée L'âme qui se veut plus philosophique ou méditative. Dans Les choses de l'infini Hugo disserte sur le cosmos. Mais l'exposé scientifique laisse rapidement place à la littérature, c'est-à-dire à l'enchantement du monde. L'homme lèvera toujours les yeux vers les étoiles et songera à la beauté inexplicable de sa présence sur terre. Quelle que soit la vitesse de la lumière, sa place au sein de cet infini demeure la seule question, celle pour laquelle la poésie, l'art ou Dieu, sont d'admirables réponses. Dans la même lignée, Contemplation suprême est une réflexion sur le rôle décisif de l'artiste dans la compréhension du monde.

  • Dans l'article sur le goût de L'Encyclopédie Montesquieu expose sa théorie de l'art en affirmant que la beauté d'une oeuvre vient de la relation entre sa force créatrice et l'effet qu'elle produit. L'idée qu'il se fait du goût repose donc sur une analyse des causes du plaisir qu'inspire une oeuvre d'art, et fait de l'impression ressentie un critère esthétique décisif.
    Ainsi, les sources du beau [...] sont dans nous-mêmes et en chercher les raisons, c'est chercher les causes des plaisirs de notre âme. [...] La poésie, la peinture, la sculpture, etc. [...] peuvent lui donner du plaisir. Voyons pourquoi, comment [...] cela pourra contribuer à nous former le goût, qui n'est autre chose que l'avantage de découvrir avec finesse [...] la mesure du plaisir que chaque chose doit donner aux hommes.

  • Tour du monde du covid

    Collectif

    • Manucius
    • 21 Janvier 2021

    Ce livre réunit sur la pandémie de Covid-19 les contributions de cent vingt-sept chercheurs et artistes, travaillant dans trente-huit pays répartis sur cinq continents. Leur collaboration a été rendue possible par l'Institut d'études avancées de Nantes. Chaque année des universitaires venus du monde entier y poursuivent librement leurs recherches, au sein d'une communauté de travail interdisciplinaire qui les confronte à la diversité des expériences et des façons de penser.
    L'ensemble des anciens résidents forme un véritable collège mondial de la recherche dont ce livre illustre un angle d'analyse original dans la saisie des multiples dimensions de cette crise sanitaire sans précédent. On y découvre les diverses modalités selon lesquelles les sociétés humaines appréhendent leur rapport au temps, à la maladie, à la vie et à la mort. L'expérience de la pandémie est étudiée à partir de nombreux points de vue comme celui de la critique de la rationalité économique dominante et des inégalités accentuées par la crise sanitaire, ou celui de l'architecture normative des sociétés, envisagée à l'aune des libertés publiques, de la responsabilité sociale des États et de leur défaillance.

  • Le célèbre chirurgien Desplein de l'hôtel-Dieu revendique un athéisme intraitable. Pourtant son jeune interne Horace Bianchon que Desplein a pris sous son aile le surprend devant l'autel de la Vierge à une messe dans l'Église Saint-Sulpice.
    Intrigué par ce paradoxe si peu en rapport avec la droiture morale de son maître, Bianchon mène l'enquête pour découvrir le secret de Desplein. Cette nouvelle que Balzac aº rmait avoir conçue, et écrite et en une seule nuit paraît en 1836 dans la Chronique de Paris , elle sera au fi nal intégrée dans les Scènes de la vie privée et constitue dans l'oeuvre de son auteur une curiosité. Peu connue et peu lue, elle dévoile un Balzac inédit, qui, loin de sa férocité habituelle, trace un portrait sensible de la bonté, de la gratitude et de la fi délité.

  • Kant (1724-1804) est un philosophe très sérieux, auteur (entre autres) de la Critique de la raison pure et de la Critique de la faculté de juger, son nom reste indissolublement lié à l'idéalisme transcendantal, doctrine en laquelle il démontre que nos connaissances sont issues de l'organisation des données de la sensibilité par les catégories de l'entendement, ce qui les fonde universellement, mais non absolument. Sa vie fut toute de rigueur, réglée à l'image de la machine:
    Horaires inflexibles et immuables, promenades à l'identique chaque jour, siestes millimétrées, etc. Ce que l'on sait moins c'est qu'il fut l'inventeur du portejarretelles transgenre, qu'il inventa une gymnastique anti-transpiration, et qu'il écrivit un petit précis sur les extraterrestres que nous vous livrons ici.

  • Une bibliothèque

    Albert Cim

    Quels livres faut-il acheter ? Quelle est la base d'une bibliothèque ? Quelles sont les conditions d'une bonne installation pour une bibliothèque ? Son exposition, son emplacement, les meubles, les rayonnages, etc. ? Faut-il la pourvoir d'étagères fixes, mobiles ; à crémaillères, à clavettes ? Comment choisir son mode de rangement et de classement des volumes ? Classement horizontal, de gauche à droite, par ordre alphabétique de noms d'auteurs ? Classement vertical, par ordre de matières ? Classement ad libitum, les plus beaux livres ou les plus aimés sur le devant, et derrière, les vilains ou les moins appréciés ? Autant de questions qui taraudent tout bibliophile.
    A l'instar de Jorge Luis Borges (La Bibliothèque de Babel) et d'Umberto Eco (De Bibliotheca), Albert Cym (1845-1924) risque ici sa version de la Bibliothèque parfaite. Chaque amateur y trouvera de quoi fortifier sa passion pour cet objet de ravissement sans fin qu'est le livre.

  • Paru en feuilleton dans le journal Le Mousquetaire en 1866, Le comte de Mazzara est publié pour la première fois en volume. C'est donc un inédit d'Alexandre Dumas qui est ici proposé, inédit d'autant plus intéressant qu'il se révèle original dans sa conception puisque fruit de la collaboration entre l'auteur français et Ferdinando Petruccelli della Gattina, député, journaliste et homme de lettres italien. L'intrigue se déroule en Sicile et se signale par une série d'accidents survenant autour du mystérieux comte de Mazzara. Dès qu'il apparaît en public, les gens le conspuent en lui attribuant la singulière insulte de Jettator. Pourquoi ce mot? Pourquoi cette défiance à l'égard du comte? C'est ce que va tenter de comprendre le vicomte Alphonse de Quinsac, héros malgré lui de cette histoire.

  • La publication des Parerga et Paralipomena fut à l'origine de la reconnaissance et du succès tardifs de Schopenhauer. Le dernier essai des Parerga sont les Aphorismes sur la sagesse dans la vie. De la réputation en est le quatrième chapitre et livre une réflexion morale sur la vanité, l'orgueil et la gloire. Comme à son habitude Schopenhauer est sans concession, ainsi, chacun cherche à éviter le dédain ou l'humiliation, à obtenir l'opinion favorable d'autrui, c'est pourquoi l'opinion des autres est nuisible à notre bonheur. La vanité est la base de cette volonté de reconnaissance, or le bonheur n'est pas à chercher dans la considération de l'autre car il s'agirait d'un bonheur externe, fluctuant, éphémère.

  • Dès l'âge de 12 ans (en 1856) et jusqu'à la fin des ses études, Nietzsche s'est attaché à l'exercice autobiographique avec lequel il devait renouer, de façon ultime, en écrivant Ecce Homo (1888). S'il serait hasardeux de chercher dans ces textes de jeunesse la formation des concepts nietzschéens, il n'en demeure pas moins qu'apparaissent, au fil des descriptions et des narrations, les éléments déterminants de ce qu'on se résoudra à appeler « l'invention d'une singularité ». Sans doute, celle-ci n'apparaît pas déjà comme une « vocation philosophique », mais elle en dessine les prémisses qui sont tout autant la genèse d'une sensibilité que celle d'un rapport au temps et, plus explicitement, au temps fini de la vie, à la mortalité. Mais surtout cette singularité s'invente dans un rapport aux livres, à la lecture et à la répétition de l'écriture à commencer par l'écriture de soi, véritable anamnèse.
    Dans le présent volume, on propose donc d'abord une traduction des plus significatifs de ces textes autobiographiques. Ensuite une longue postface intitulée L'invention d'une singularité qui pourrait se résumer dans une méditation de l'adage pindarique que Nietzsche avait choisi de faire sien : « Deviens celui que tu es ! »

  • L'origine de la peinture est l'un des premiers textes de Félibien (1660). Il y esquisse une théorie de l'art qu'il développera dans son oeuvre majeure que sont les Entretiens... (1666-1688) et dont la publication correspond à la naissance de la critique d'art en France. Jusqu'au milieu du XIXe siècle il connaît un grand succès dut à l'aisance de sa prose, mais aussi parce qu'il inaugure une réflexion discursive sur les beaux-arts, où tout en cette matière, restait à inventer. Mais il demeure par ailleurs intéressant à lire parce qu'il conçoit que l'art, par essence, a quelque chose à dire. La perfection des oeuvres ne consiste dans aucune observation de règle qui s'apprenne, mais dans la puissance d'engendrer des effets qui se font connaître seulement dans la sensibilité qui les reçoit.

  • La publication des Parerga et Paralipomena en 1851 fut à l'origine du succès tardif de Schopenhauer. L'un des essais des Parerga conçus comme «compléments» à la pensée de leur auteur, sont les Aphorismes sur la sagesse dans la vie. De la différence des âges de la vie en est le chapitre 6 et livre une réflexion morale sur les étapes successives de toute existence humaine, à savoir l'enfance, la jeunesse, l'âge mûr et enfin la vieillesse. L'auteur décrit ces différents âges en y recensant les forces et les faiblesses de chacun d'entre eux, laissant à la vieillesse - temps de de la sagesse - un avantage incomparable sur tous les autres, sous réserve «d'avoir conservé l'amour de l'étude [...] et en général la faculté d'être impressionné jusqu'à un certain degré par les choses extérieures».

  • Rouff connut la célébrité grâce aux écrits qu'il consacra à la gastronomie, ainsi trouve-t-on dans sa bibliographie un texte réjouissant qui propose un portrait de Brillat-Savarin, personnage qui, loin de n'être qu'un esthète, fut aussi un aventurier dont la vie fut à l'image de son époque, marquée par des bouleversements majeurs. Au cours d'une vie agitée, il avait vu passer bien des événements. [...] Il y a là le sourire indulgent d'un homme qui, ayant vu s'écrouler les régimes, avait gardé l'idée que seuls les instincts sont éternels et, parmi ceux-ci, l'instinct de subsister! Comme cet homme avait du goût, il finit par penser que ce besoin de se nourrir devait être transformé en volupté, ce qui est en somme la marque la plus certaine et la conquête la plus sûre de la civilisation.

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