Mille Et Une Nuits

  • «Cette réalité des camps, méprisée par ceux qui la fabriquent, insaisissable pour ceux qui la subissent, c'est bien en vain qu'à notre tour nous essayons d'en découvrir les restes.
    [.] Qui de nous veille de cet étrange observatoire pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ? Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? » Le poète Jean Cayrol (1911-2005) a écrit le puissant commentaire qui accompagne les images du film Nuit et Brouillard réalisé en 1955 par Alain Resnais. Véritable «coup de poing dans nos consciences », il rappelle ce que fut la réalité concentrationnaire au quotidien.

  • Comment peut-on être à la fois un grand séducteur et l'un des plus grands criminels du xxe siècle ? Jusqu'à la découverte de cette correspondance, tout n'était que spéculation. Au fil de cet échange épistolaire, le philosophe Botul, auteur de La Vie sexuelle d'Emmanuel Kant, conduit Landru à se dévoiler...
    Ces lettres nous offrent enfin un témoignage direct du monstre de Gambais, celui d'un Landru voulant remédier à la triste condition des femmes...

  • Il était le candidat de « l´État modeste ». L´homme qui allait faire baisser les impôts des Français et gérer nos finances en bon père de famille. Les 53 % d´électeurs qui ont cru que Nicolas Sarkozy allait remettre les finances publiques du pays d´aplomb n´en ont pas eu pour leur argent, c´est le moins qu´on puisse dire. Jamais le pays n´a été aussi endetté. Jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, la France ne s´est appauvrie aussi rapidement qu´au cours des quatre dernières années. La faute de la crise ? Non, celle d´un Président qui, après s´être augmenté lui-même - une première dans la Ve République -, a multiplié les dépenses inutiles et les cadeaux aux plus riches.  Détails de l´ardoise record de 450 milliards laissée par Nicolas Sarkozy aux Français.

    Deux journalistes ont compilé les chiffres. Leur tableau donne une image inédite du bilan financier 2007-2011. 

  • " La note de dictée, c'est le QI à la française ! " François de Closets ne risque pas de l'oublier.
    A l'âge de quatorze ans, il était jugé inapte à poursuivre des études supérieures en raison de sa mauvaise orthographe. Aujourd'hui, il s'interroge. Pourquoi notre orthographe est-elle si difficile ? Objet de vénération et instrument de ségrégation, pourquoi suscite-t-elle tant de passions ? Au terme d'une enquête menée auprès des meilleurs connaisseurs de notre langue, François de Closets retrace l'extraordinaire roman du français, nous en raconte les épisodes les plus surprenants et montre comment l'orthographe est devenue une véritable religion d'Etat.
    Il révèle surtout la révolution en cours. Le XXIe siècle sera celui de l'écrit. Internet, SMS, blogs, courriels : notre environnement technique repose sur une nouvelle écriture, électronique, fluide. Mais les jeunes accros du clavier connaissent de moins en moins bien l'orthographe. Cette évolution est-elle irrémédiable ? Annonce-t-elle une anarchie graphique généralisée ? Certainement pas. L'imprimerie avait fixé l'orthographe, l'informatique va la libérer.
    Pour peu que nous apprenions à bien utiliser les correcteurs électroniques, nous pourrons mieux connaître notre langue et faire moins de fautes. Il faut aimer le français avec passion et l'orthographe avec raison.

  • Le monde change ; Le Monde aussi, mais pas forcément dans le bon sens. Le quotidien fondé par Hubert Beuve-Méry a été la victime d'un détournement. Après avoir conquis la direction du Monde en 1994 et s'être affranchi de tout contrôle réel sur la gestion de l'entreprise, Jean-Marie Colombani, Edwy Plenel et Alain Minc ont installé le nouveau Monde au coeur des réseaux de pouvoir français. Du soutien à Balladur lors de la campagne électorale pour la présidentielle de 1995 à la « chasse au Messier », en passant par un appui aux nationalistes corses dans le cadre du Processus de Matignon et par les campagnes contre les « nouveaux réactionnaires », la direction peut à loisir honorer ou discréditer hommes politiques, patrons et intellectuels, selon leurs intérêts propres et leurs choix partisans. Usant de son pouvoir d'intimidation, Le Monde a insidieusement glissé de son rôle de contrepouvoir vers l'abus de pouvoir permanent... C'est l'histoire de cette dérive que racontent les deux auteurs après deux années d'enquête.
    Le danger est devenu d'autant plus grand pour la démocratie que Le Monde bénéficie encore de l'aura de son passé et qu'il demeure un média influent, voire dominant, dont les télévisions et radios s'inspirent tous les jours, même s'il est davantage craint que respecté.
    Bref, il fallait « investiguer sur l'investigateur ».

    Pierre Péan est enquêteur-écrivain. Philippe Cohen est journaliste et responsable du service Économie de Marianne.

  • Édition critique établie sous la direction de Vincent Duclert et Pierre Encrevé, avec la collaboration de Claire Andrieu, Gilles Morin et Sylvie Thénault « Le 17 février 1959, à Alger, un inspecteur des Finances âgé de vingt-huit ans remet au délégué général en Algérie un rapport, qu'il ne lui a demandé qu'officieusement, sur une réalité ignorée de l'opinion publique et pourtant essentielle de la guerre d'Algérie, les camps de regroupement dans lesquels sont parqués plus d'un million de villageois, dont plus de la moitié d'enfants. Faute de nourriture et de soins, ces populations, qui connaissent déjà une mortalité enfantine effrayante, que l'auteur du rapport évalue à près de 500 enfants par jour, sont menacées de famine, dans l'ignorance totale de l'opinion et l'indifférence apparente des autorités civiles et militaires. Alerté par l'auteur lui-même, le cabinet du garde des Sceaux du gouvernement de Michel Debré, Edmond Michelet, décide de communiquer ce rapport à la presse. Le 16 avril, France Observateur et le 17 avril 1959, Le Monde (daté du 18) publient de larges extraits du rapport et soutiennent sa vision alarmiste du sort des populations algériennes.

    Interpellé par Waldeck Rochet à l'Assemblée nationale, le 9 juin, le Premier ministre se risque à dénoncer un complot communiste... Il sait pourtant à cette date que 1a. fuite vient du cabinet d'un de ses ministres et que le rapport est en réalité l'oeuvre d'un inspecteur des Finances tout nouvellement promu, ancien dirigeant des étudiants socialistes, et dont il a demandé en vain en Conseil des ministres la révocation : Michel Rocard. » La question des camps de regroupement reste aujourd'hui encore l'une des tragédies les plus méconnues, et les plus importantes. de la guerre d'Algérie. Le Rapport de Michel Rocard révéla las conditions dramatiques du déplacement de masse dos populations pratiqué par l'armée française et son caractère inhumain. Ce document essentiel est présenté pour la première fois sous le nom de son auteur, accompagné d'un éclairage historique complet.

  • On leur demande de soigner vite, bien, avec les dernières techniques et les dernières molécules, mais au moindre coût ; on leur demande d'être nuit et jour, toute la semaine et le dimanche sur le pied de guerre, à l'hôpital ou dans leur cabinet de campagne ; on leur demande de surveiller leurs prescriptions, de se plier aux contrôles.
    On leur demande de répondre de leurs actes devant la justice et le risque zéro. On leur demande de penser désormais en gestionnaires. On leur demande de tout faire pour sauver les vies et on leur demande d'abréger les souffrances de cas désespérés. Ils n'ont pas le droit à l'erreur. Depuis quelques années, leur dévouement est malmené par un feu roulant d'attaques : le trou de la Sécu, ce serait de leur faute, tout comme l'ensemble des dysfonctionnements du système.
    On sait bien la portée de ces attaques sur les patients. Mais qui ose écrire leur effet démoralisateur sur toute une profession ? Faut-il vraiment crier haro sur les praticiens qui assistent, dans un profond désarroi, à l'agonie du système de santé ? La société, c'est-à-dire vous et moi, leur en demande toujours plus, en leur accordant de moins en moins de reconnaissance pour l'accomplissement de leur tâche.
    Nous conduisons lentement mais sûrement les médecins à un épuisement moral qui a déjà ses répercussions taboues : ils sont de plus en plus nombreux à craquer, chaque jour, sous le poids de la pression sociale, administrative, judiciaire et financière. Qui nous soignera si les médecins eux-mêmes sont malades ? Olivia Benhamou a enquêté sur la difficile condition de médecin en France. Elle a interrogé nombre de praticiens, du généraliste de campagne au réanimateur en néonatalogie, des responsables de soins palliatifs aux internes d'un service d'urgences.
    Elle confronte leurs témoignages au dossier de la santé publique et dresse ainsi un tableau alarmant de l'exercice de la médecine aujourd'hui.

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