Phebus

  • Soufi mon amour

    Elif Shafak

    • Phebus
    • 26 Août 2010

    On peut avoir la quarantaine plutôt épanouie, être une excellente ménagère et une enviable mère de famille, et découvrir soudain que sa vie ressemble à un leurre. C'est ce que réalise Ella Rubinstein lorsqu'elle entame la lecture de Doux Blasphème, un manuscrit signé Aziz Z. Zahara, soumis à son jugement par un éditeur. Ce roman va définitivement changer sa vie. Il retrace la vie du poète Rûmi qui, au xiiie siècle, vit son existence prendre une nouvelle orientation et une nouvelle hauteur sous l'influence du plus célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz. Au fil des e-mails à Zahara et des pages de Doux Blasphème, Ella subit une métamorphose quasi spirituelle, semblable à celle que connut Rûmi dans sa relation avec Shams.
    Dans l'un et l'autre cas, à sept siècles de distance, il est possible de parler d'amour, de l'amour transcendé par la quête mystique à laquelle il appelle.
    C'est en romancière de premier plan qu'Elif Shafak explore ici, avec une incomparable intensité, les sentiments les plus élevés. Tout le Moyen-Orient du xiiie siècle est sous sa plume ressuscité et trouve écho en notre époque.
    Incandescent de bout en bout, Soufi, mon amour sait nous happer, nous séduire, nous transporter. Il est sans aucun doute le plus grand roman d'Elif Shafak à ce jour. AUTEUR : Fille de diplomate, la Turque Elif Shafak est née à Strasbourg en 1971. Elle a passé son adolescence en Espagne, puis étudié en Turquie. Après un master en « Gender and Women's Studies » et un doctorat en sciences politiques, elle a un temps enseigné aux États-Unis. Elle vit aujourd'hui à Istanbul. Internationalement reconnue, elle est l'auteur de onze livres, dont La Bâtarde d'Istanbul (Phébus, 2007), Bonbon Palace (Phébus, 2008) et Lait noir (Phébus, 2009).

  • Pour les aficionados de Melville et de Guerne, la traduction que ce dernier a donnée de Moby Dick (en 1954 aux éditions du Sagittaire) est un monument indépassable : le traducteur-poète est allé jusqu'à s'initier au parler « salé » des matelots américains du XIXe siècle, tel qu'il se trouve consigné dans les anciens lexiques marins ; et surtout jusqu'à s'inventer un français hautement
    « melvillien », puisque le grand romancier aimait à dire qu'il n'écrivait pas en anglais mais en outlandish la langue du grand Ailleurs.
    Cette traduction, malgré un bref passage en collection de poche (1980), est restée la plupart du temps introuvable au cours du dernier demi-siècle. On envie déjà le plaisir et la surprise de ceux qui auront à découvrir sa riche et rude saveur : que reconnaîtront tous ceux qui ont fréquenté d'un peu près le vieil océan.
    Quant au livre lui-même resté à peu près inconnu du public au temps de Melville, il n'aura vraiment été découvert qu'au XXe siècle, où sa violente modernité paraissait enfin accordée à la période de tempêtes qu'inaugurait alors l'histoire jusqu'à passer aujourd'hui aux yeux de certains, aux yeux de beaucoup, comme le plus grand roman de la littérature américaine.
    Moby Dick, qui peut se lire comme le plus formidable des récits d'aventures, est en effet autre chose et bien plus que cela. Car par-delà les tribulations du capitaine Achab lancé a la poursuite de la Baleine blanche se profile une autre quête : celle d'une humanité embarquée de force à bord d'une histoire qui reste pour elle un mystère.

  • Modern love Nouv.

    L'attente interminable d'une jeune femme qui vient d'envoyer un sexto à sa nouvelle conquête ; un premier rendez-vous se terminant aux urgences ; la chronique poignante de la thérapie d'un couple quinquagénaire ; le vertige existentiel de jeunes parents qui découvrent que leur fille adoptive est malade ou encore un amour de vieillesse qui prend fin trop rapidement.
    Les chroniques de Modern Love rapportent des histoires de flirts, d'aventures d'un soir et de passions dévorantes mais aussi d'amour romantique, platonique et familial, balayant ainsi un large spectre de ce qui façonne les relations humaines :
    L'amour.
    Panorama complet de la façon dont nos sociétés contemporaines envisagent et vivent ce sentiment complexe, le livre met en scène les défis qu'elles rencontrent (l'invasion de la technologie dans le dialogue amoureux ou la conjugaison parfois complexe de la relation de couple et du rythme effréné de la vie moderne) et leurs interrogations. Qu'est-ce qui façonne le désir ? Y a-t-il plusieurs formes d'amour ? Qu'est-ce que le couple ? Qu'est-ce qu'une famille ?

  • En 1919, des Japonaises quittent leur pays afin de rejoindre aux Etats-Unis des compatriotes auxquels elles ont été promises. Bercées d'illusions, elles vont endurer de cuisantes déceptions face à des maris brutaux, la xénophobie, un travail harassant, la barrière de la langue. Lors de la Seconde Guerre mondiale, suspectées par le pouvoir, elles sont enfermées dans des camps de concentration.

  • Il aura suffi d'un coup de fil et d'un malentendu pour que Willa Drake devienne la grand-mère d'une petite fille de neuf ans qu'elle n'a jamais vu.

    Avec humour et tendresse, Anne Tyler nous rappelle qu'il n'est jamais trop tard pour choisir sa vie.

  • Voici l'histoire de deux familles dans les dernières années du XXe siècle. L'une, les Kazanci, est turque et vit à Istanbul; la seconde, arménienne, les Tchakhmakhchian, s'est installée à San Francisco après le génocide. Chez les Kazanci, les femmes sont de grandes amoureuses, des hypocondriaques ou des fortes en gueule, et les hommes n'atteignent pas les quarante ans. Chez les Tchakhmakhchian, on est prude, religieux, sans imagination, frileux en tout, excepté Rose qui abandonne son époux pour se remarier avec un. Turc. Lorsque la fille de Rose, Armanouch, se rend à Istanbul pour y rencontrer la famille de son beau-père, elle se lie d'amitié avec la plus jeune des Kazanci, Asya, celle que l'on appelle la "bâtarde". Au cours du séjour d'Armanouch beaucoup de secrets seront mis à nu, et pas des moindres: inceste, rapt d'enfant, identité volée. Un meurtre conclura les révélations. Et la vie continuera.

    Elif Shafak est en train de devenir, avec Orhan Pamuk, l'écrivain turc le plus célèbre du monde. Née à Strasbourg en 1971, elle passe son adolescence en Espagne (sa mère est diplomate), avant de partager son temps entre Istanbul et l'Arizona. Tout en bâtissant une oeuvre de premier ordre (six romans à ce jour, dont The Flea Palace que Phébus publiera en 2008), elle mène une carrière de journaliste respectée (notamment comme correspondante régulière du New York Times). Elif Shafak est de tous les combats, ce qui lui vaut des menaces de mort. La Bâtarde d'Istanbul, le premier de ses livres à paraître en français, est déjà un succès aux États-Unis et lui a valu un procès retentissant en Turquie: parce qu'elle ose y aborder le génocide arménien, elle a été accusée d'"atteinte à la dignité de l'État turc".

    Avec ses intrigues à foison et ses personnages pour le moins extravagants, La Bâtarde d'Istanbul pose une question essentielle: que sait-on vraiment de ses originesoe Elif Shafak, écrivain engagé et n'utilisant pas la langue de bois, demande à son peuple d'affronter enfin son histoire, en particulier le génocide arménien et le massacre des Kurdes. Elle a le sens du récit, un humour féroce et un talent incontestable pour enchevêtrer la comédie au drame, le présent au passé. La Bâtarde d'Istanbul est donc une réussite romanesque, et un plaidoyer contre l'injustice, la bêtise et la haine.


  • Bobitza, le personnage principal, grandit comme une mauvaise herbe dans la banlieue de Bucarest entre pauvreté, alcoolisme et petites combines.
    À l'image de Kaspar Hauser, aussi baptisé l'orphelin de l'Europe et qui est apparu en 1828 à Nuremberg, il débarque dans un monde incompréhensible et nouveau, la ville et le capitalisme. Cela fait de lui le parfait représentant d'une grande partie de sa génération élevée sous la dictature crépusculaire de Ceausescu et sacrifiée sur l'autel de la transition démocratique.
    Construit au fil d'anecdotes et de saynètes, L'Enfance de Kaspar Hauser est composé de deux parties : l'enfance avant la révolution et la jeunesse dans les années 90. Le roman, vivant, tendre, parfois drôle et toujours très intelligent, dit aussi la force de l'instinct de survie conjugué à la puissance destructrice des changements sociaux et politiques.

  • Miarka

    Antoine de Meaux

    • Phebus
    • 1 Octobre 2020

    De son passage chez les éclaireuses, Denise Vernay avait retenu une leçon à laquelle elle fut toujours fidèle : « aider les autres le plus possible ». Elle y avait aussi gagné un surnom, Miarka. C'est le pseudonyme qu'elle choisit quand elle entre dans la Résistance.
    Elle a alors dix-neuf ans. Elle est la soeur aînée de la future Simone Veil, qui incarnera aux yeux des français le destin singulier de la famille Jacob dans l'histoire de notre pays. Une famille juive laïque, héritière d'une très haute culture en butte avec la barbarie.
    A Lyon, Miarka est agente de liaison. A pied ou à bicyclette, elle recueille les demandes de faux-papier, livre le journal du mouvement Franc-Tireur, collecte les informations.Arrêtée le 19 juin 1944, elle subit la torture de la baignoire, mais ne parle pas.
    Déportée à Ravensbruck, elle y constitue avec six autres détenues un groupe d'amies solidaires. Seules deux d'entre elles survivront.
    Antoine de Meaux dresse le portrait d'une femme d'exception. Il nous offre un document sensible et inspiré :
    Une oeuvre de mémoire alors que la haine gagne du terrain.

  • Cinquième rentrée, cinquième école pour Osei Kokote, le fils de onze ans d'un diplomate ghanéen, cette fois-ci, à Washington D.C, aux Etats-Unis, où il s'avère être le seul garçon noir de sa classe.
    Heureusement, il tombe par hasard sur Dee, la fille la plus populaire de l'école, qui n'a pas peur de s'intéresser à lui. Pour Ian, le troisième membre de ce triangle amoureux d'école primaire, cette relation naissante entre Dee et le garçon noir n'est cependant pas envisageable... Témoignage trop vraisemblable d'une cour d'école dans les années 70 aux Etats-Unis (que Tracy Chevalier fréquenta elle-même à Washington D.C.) ou remake shakespearien ébouriffant et ébouriffé en culotte courte ?
    On ne sait bientôt plus. Tout simplement du pur Tracy Chevalier, aussi à l'aise avec les grandes figures du théâtre élisabéthain qu'avec la peinture flamande.

  • Paul-Émile Victor aimait à rappeler que s'il avait consacré sa vie à l'exploration des régions polaires, c'était pour avoir lu un jour la relation du voyage de Sir Ernest Shackleton à bord de l'Endurance : à ses yeux le plus beau récit d'aventures qui ait été publié en ce siècle - rien de moins. Deux ans après qu'Amundsen eut atteint le pôle Sud, Shackleton s'embarque à bord de l'Endurance. Son but : débarquer sur la côte de l'Antarctique une équipe d'exploration au complet. et tenter de traverser, en traîneaux à chiens, le continent glacial dans toute sa largeur, de la mer de Weddell (Atlantique sud) à la mer de Ross (qui s'ouvre au sud de la Nouvelle-Zélande).En fait rien ne se passa comme prévu et l'expédition faillit bien tourner à la tragédie : il s'en fallut quasi d'un miracle. ou plutôt de l'obstination insensée d'un homme qui s'ingéniait à trouver dans la pire adversité des ressources insoupçonnables. Shackleton et son équipage ne réussiront même pas à toucher le continent : leur navire, prisonnier des glaces dès l'hiver austral 1915, finira broyé par la banquise après quelques mois de dérive. Il leur faut alors, pendant des semaines, pousser sur la glace leurs trois chaloupes montées sur traîneaux, jusqu'à la mer libre. et de là, tenter de remonter vers le nord et atteindre une île où l'on puisse les secourir. Après une navigation périlleuse au milieu des icebergs, sans nourriture et presque sans sommeil, la petite troupe réussit à toucher l'île Éléphant, aux portes de la mer de Weddell. Mais l'île est déserte et aucun navire ne fréquente ces parages. Shackleton ose alors l'impossible : il laisse sur place le gros de son expédition, qui tentera de survivre quatre mois durant presque privée de tout. et rejoint en canot, avec cinq hommes, les côtes de l'archipel de Géorgie du Sud où hivernent parfois quelques baleiniers - soit 1 500 km à la voile et à la rame à la veille de l'hiver austral ! Il lui faudra encore traverser, sans aucun matériel, les montagnes et les glaciers vertigineux de l'archipel ( jusqu'alors inexplorés) avant de toucher le premier poste civilisé. Puis organiser rien de moins que quatre tentatives pour rallier l'île Éléphant bloquée par les glaces. et ramener finalement son équipe au complet. Bref, un échec. Mais où Paul-Émile Victor persiste à voir la plus fabuleuse aventure jamais vécue par les hommes en terre australe. Et de s'étonner que la dernière édition intégrale de ce texte en français (avant sa remise au jour par Phébus en 1988) remonte aux années trente ! (C'est elle qui se trouve reprise ici, illustrée par les célèbres photos de Frank Hurley, membre de l'expédition - dont la BBC a tiré il y a quelques années un film primé dans plusieurs festivals internationaux.) Sentiment de la presse à l'occasion de la redécouverte de ce texte, résumé par Jean-Louis Ezine dans le Nouvel Observateur : « Quand on nous envoie Shackleton, même Paul-Émile Victor s'agenouille ! »


  • les compagnons de jéhu (1857) marquent pour dumas l'heure du grand retour au roman, après dix années vouées pour l'essentiel à quelques aventures journalistiques joliment ruineuses - un retour en fanfare, car le livres, de l'avis des connaisseurs.
    est l'une de ses plus fières réussites. ils constituent surtout le premier volet publié de la " trilogie des sainte-hermine ", qui depuis les blancs et les bleus jusqu'au chevalier de sainte-hermine (son grand roman perdu, retrouvé en 2005) embrasse la période cruciale de la révolution et de l'empire: trois récits que l'on peut lire dans l'ordre qu'on veut - dumas y a veillé - et qui figurent à ses yeux une manière de testament.
    l'épisode que retient cette fois le romancier nous conduit au 18-brumaire et à ses suites : oú la révolution, battue en brèche par le soulèvement royaliste. , va se trouver " sauvée " par une poignée de comploteurs rassemblés autour d'un général de trente ans. nous voici donc conviés à suivre. à la piste le brave roland de montrevel, dépêché en franche-comté par le jeune bonaparte pour mater l'armée invisible des compagnons de jéhu, qui tiennent le pays au nom du roi, détroussent les diligences et rançonnent les puissants de l'endroit avec un panache qui ne tarde pas à leur valoir la faveur du peuple.
    cavalcades, embuscades, trahisons sont bien sûr au rendez-vous et ont tôt fait de nous tenir en haleine. dès lors peut-on s'étonner de ce que ce roman, chouchou de tous les dumasiens avertis, ait fait de si brèves apparitions eu librairie depuis un siècle et demi. mais l'on se réjouira de ce que claude schopp, maître d'oeuvre de cette remise au jour, épluchant manuscrits et archives, se soit aperçu qu'on en avait jusqu'alors largement censuré le texte - qu'on découvrira ici dans une version enfin fidèle au voeu de dumas.
    et qu'on espère définitive.

  • Le docteur Battista vit seul avec ses deux filles depuis le décès de leur mère. Savant fou aussi sympathique que farfelu, il laisse volontiers son aînée, Kate, s'occuper de tout à la maison - et notamment de sa petite soeur, Bunny. Tout ce qu'il demande, c'est un sandwich pour son déjeuner et le moins d'intendance possible. Tout fonctionne parfaitement jusqu'au jour où Louis Battista découvre que le visa de Piotr, son jeune et brillant assistant, arrive très prochainement à expiration définitive... Pour ne pas remettre en cause son précieux rythme de travail, il imagine alors joindre l'utile à l'agréable : convaincre Kate et Piotr de se marier.

  • « Jacky a débarqué hier soir. Tel qu'en lui-même. Avec sa nouvelle femme, Cécile, une beauté mais pas une beauté tragique comme Véro, Cécile est plus conte de fées. Il a commencé par exécuter tous les mannequins de Nedim à la faux, décapités, avant qu'on rentre. Et tout dévasté son atelier. Tu le connais, il est sanguin. À notre arrivée il s'est calmé, même pas fâché, hospitalité par-ci hospitalité par-là, notre vieille amitié et tout le tralala. Il a aidé Nedim à nettoyer le bazar avec tout le monde. Mais Babette n'a pas confiance. Et quand Babette doute de quelque chose, elle n'a pas besoin de me donner ses motifs, je me range à son avis. ».
    Depuis que son épouse s'y est jetée du quatrième étage, Jacky n'a pas remis les pieds à La Vaquerie. Ses retrouvailles avec la propriété familiale sont explosives. Comme avec Tom, son vieil ami, aux prises avec des dettes de jeu. Le passé ressurgit.
    La violence aussi, comme un engrenage. Celle d'hommes qui jouent avec les femmes comme le chat avec la souris. Et qui, de leur corps, font un champ de bataille.

  • La vie commence à 60 ans

    Bernard Ollivier

    • Phebus
    • 28 Février 2008

    "La retraite est une aventure. Qu'elle soit ardemment souhaitée ou rejetée, elle est inéluctable. Il y a de nombreuses recettes pour la rater. Hélas pour ceux qui ne réagissent pas, il n'y aura pas d'autre chance; c'est la dernière. Comment ne pas transformer une période cruciale - a troisième et dernière partie de la vie après l'adolescence et la maturité - en marais intellectuel et physique, avant la déchéance promiseoe Voici 10 ans, alors que j'entamais cette dernière page de mon existence, j'étais déprimé, anémié, sans espoir et sans projet, en un mot désespéré. La chance et sans doute une volonté de vivre qui ne demandait qu'à s'exprimer m'ont permis de transformer cette "retraite" en une aventure fertile. De me re-fabriquer une existence riche et créatrice. A travers ma propre expérience, je souhaite montrer à tous ces lecteurs qui m'ont suivi sur la route de la soie puis dans l'aventure de Seuil que, pour eux aussi, "la vie commence à 60 ans".

  • Ce n'est qu'en 1990, soit trois ans avant sa mort, que stegner aura rassemblé en volume l'essentiel de ses nouvelles - dont on n'a retenu ici que la plus haute fleur (cinq textes, pas plus).
    Il s'agit là pour la plupart d'oeuvres de jeunesse, l'écrivain avant assez tôt délaissé le genre pour se consacrer au roman puis à l'essai historique. quelques-unes d'entre elles peuvent néanmoins prétendre au rang de chefs-d'oeuvre - et d'autant mieux que s'y retrouve, à l'état natif en quelque sorte, le précieux minerai qui servira de matière spécifique aux romans. comme dans les grands romans de stegner, la vie est là, solidement campée dans le réel, charriant son lot d'espérances et d'épreuves.
    Jusqu'à cette heure inévitable oú l'on se dit que ce rien, justement, apparaît comme la seule vraie richesse qui vous restera bientôt entre les mains. la sagesse de stegner, cavalier peu bavard, prend sa source dans l'antiquité : du côté de chez les stoïciens. il y ajoute son humour, et sa très fraternelle mélancolie. un cocktail comme l'amérique n'en offre pas souvent. conclusion du washington post : " l'un des plus grands ! ".

  • Cette nuit, je l'ai vue

    Drago Jancar

    • Phebus
    • 9 Janvier 2014

    Veronika Zarnik est de ces femmes troublantes, insaisissables, de celles que l'on n'oublie pas. Sensuelle, excentrique, éprise de liberté, impudente et imprudente, elle forme avec son mari Leo, un couple bourgeois peu conventionnel, qui règne en maître dans son manoir. Leur indépendance d'esprit, leur refus des contraintes imposées par l'histoire, leur douce folie contrastent avec le contexte houleux de la Seconde Guerre mondiale et la nécessité de prendre parti pour les Allemands ou pour les partisans.
    Une nuit de janvier 1944, le couple disparaît dans de mystérieuses circonstances, laissant son entourage en proie aux doutes les plus cruels.
    Cinq voix qui tentent de cerner l'énigmatique jeune femme et d'expliquer sa disparition. Cinq voix qui délivrent autant de facettes de la personnalité de Veronika, à l'image de la Slovénie, en quête d'une identité complexe et traversée par une guerre plus trouble qu'il n'y paraît.

  • On aimerait tant parler de lui sans préciser de qui il fut le fils et de qui
    il fut le neveu, mais c'est impossible. Ce n'est pas même pas souhaitable :
    puisque Klaus Mann a porté son nom comme une croix, l'ignorer reviendrait à
    nier la part sombre de sa biographie. Quoi qu'il écrivît, ou qu'il se réfugiât,
    quoi qu'il entreprît, il y eut toujours quelqu'un quelque part pour lui
    rappeler ce qu'il n'avait pas oublié. Non que le Magicien lui eut fait de
    l'ombre : il lui cachait le soleil. C'est un grand malheur que de se faire
    écrivain sous un père écrivain. Qui plus est un homme mondialement célébré,
    plébiscité, adulé même. Soit on renonce, soit on creuse l'écart. Hors de
    question de le rattraper. Ne reste alors qu'à en prendre le contre-pied en
    toutes choses, dans la vie comme dans l'oeuvre. Puisque le père fut un créateur
    de génie, le fils s'attachera à être d'abord un témoin de son temps ; puisque
    l'un eut un comportement exemplaire en se tenant toujours au centre de la page,
    l'autre s'ingénia à s'agiter dans les marges en se donnant comme excentrique.
    Mais autant le père eut le génie de mener de front sa double activité
    d'intellectuel séculier et d'écrivain régulier, autant chez le fils,
    l'engagement politique éclipsa la sensibilité du romancier, non dans sa fiction
    mais aux yeux du public. Avec le temps, il se résigna à ce qui le minait.
    Certaines destinées ne se lisent bien que rétroactivement, comme si la fin
    éclairait le reste d'une lumière noire ; c'est notamment le cas des grands
    suicidés de la littérature, Heinrich von Kleist, Walter Benjamin, Kurt
    Tucholsky, Stefan Zweig, Virginia Woolf, Arthur Koestler, Mishima... Celle de
    Klaus Mann offre la particularité de se décrypter tant à partir de sa naissance
    qu'à compter de sa mort volontaire. Doit-on pour autant lire toute son oeuvre
    comme une « Lettre au père » ? Dans ses Souvenirs des jours heureux, dernier
    tome en date de son Journal interminable, Julien Green exprimait sa préférence
    pour Klaus Mann en raison de sa morbidesse inspirée, tellement plus inspirante
    que l'ennui bourgeois distillé par son père statufié. Au fond, que savent les
    Français de Klaus Mann (1906-1949) ? Qu'il fut le fils de Thomas Mann, cette
    montagne magique de la littérature contemporaine qui le domina au point de
    l'écraser au risque de l'éclipser durablement. Qu'il fut le neveu de Heinrich
    Mann, antifasciste exemplaire. Qu'il avait été dans sa jeunesse un dandy,
    homosexuel et drogué, dilettante et provocateur, assez insouciant pour
    consacrer neuf mois à arpenter la terre avec sa soeur non moins débauchée Erika
    en se faisant passer pour des jumeaux A travers le vaste monde. Que, pour se
    rattraper, il a laissé un magnifique journal intime sous le titre Le Tournant.
    Qu'il est l'auteur de Mephisto (1936), roman de la carrière d'un grand comédien
    inspiré par celle de son beau-frère, personnage ambitieux et lâche dont la
    corruption par le régime nazi, et par Goering en particulier, le poussera, de
    compromis en compromission, au faîte de la gloire publique et de la déchéance
    personnelle, ce que le réalisateur hongrois Ivan Szabo restituera
    magnifiquement dans son film Mephisto (1981) avec un Klaus-Maria Brandauer
    inoubliable dans le rôle-titre. Voilà ce que savent généralement les lecteurs
    français. Les plus curieux d'entre eux avaient également entrevu sa silhouette
    dans les études consacrées à l'émigration antifasciste allemande, Weimar en
    exil de Jean-Michel Palmier et Exil et engagement d'Albrecht Betz. C'est tout.
    Non que ce soit peu, mais c'est insuffisant pour un écrivain de cette trempe.
    Car Klaus Mann n'a pas attendu la démonstration de l'immonde pour attaquer,
    s'indigner, dénoncer. Ni atermoiement, ni tergiversation. Une ligne, une
    seule : on ne dîne pas avec le diable fut-ce avec une longue cuillère. Pas la
    moindre compromission, pas le moindre répit. Eût-il duré mille ans comme prévu,
    le IIIème Reich s'en fût fait un ennemi pour mille et un ans. Rares sont les
    intellectuels français de cette époque dont on pourrait en faire les frères en
    pugnacité. Un nom vient spontanément à l'esprit, pas des plus connus, hélas,
    mais des plus puissants par le souvenir qu'il a laissé dans la mémoire de ceux
    qui l'ont lu et le lisent encore, celui d'André Suarès. Il y a comme une
    parenté en prophétisme politique entre ces deux hommes au destin de Cassandres.
    Ils avaient un trait de caractère en partage, beaucoup moins répandu qu'on ne
    le croit, la lucidité. Son antinazisme ne l'a pas fait verser dans le
    stalinisme comme tant d'autres ; l'homo sovieticus lui aurait certainement
    reproché de mentir comme seul en est capable un témoin oculaire. Sa lucidité a
    fait qu'il s'est gardé à gauche comme à droite, ce qui n'allait pas de soi en
    ce temps-là. Trois ruptures ponctuent l'engagement de cet européen absolu :
    l'exil (13 mars 1933), le renoncement à la langue allemande (29 août 1939),
    l'endossement de l'uniforme de l'armée américaine (28 décembre 1942). En 1936,
    il dit de l'allemand que « c'est ma langue, même un Hitler ne peut pas me la
    voler », mais en 1939, il décide solennellement de n'écrire plus qu'en anglais.
    Au fond, son reproche fondamental au nazisme, au-delà des procès d'intention
    sur les crimes qu'il s'apprête à commettre, c'est d'être viscéralement
    « hostile à l'esprit ». D'être infiniment responsable de « la déroute de
    l'esprit allemand ». Qui dira après qu'il était un être frivole ? Lucidité,
    gravité, sagesse. Une rareté. Le 20 décembre 1931, lorsque le diariste dresse
    l'inventaire de tout ce qu'il a écrit au cours de l'année échue, les 550 pages
    de ce roman viennent en tête. Le Volcan demeure probablement son roman le plus
    achevé, mais tous portent sa marque, oscillant entre les deux pôles de l'espoir
    et du désespoir, charriant ses mêmes obsessions de l'homosexualité, du suicide,
    de la mort, les trois étant inextricablement nouées jusqu'à représenter une
    hantise unique. Point de rencontre à l'infini n'y échappe pas. Inutile de
    recourir aux traités d'optique ni au théorème de Chales et autres
    considérations sur les arcs curvilignes, nous ne sommes pas dans la
    métaphysique de l'asymptote. Jean-Michel Palmier a vu dans ce livre « une
    transition entre les récits et esquisses psychologiques consacrés à
    l'adolescence et ses oeuvres d'exil, plus politiques ». Comme un trait d'union.
    Autobiographique ? Comme le reste de sa famille de papier. Klaus et sa soeur
    Erika se profilent d'évidence derrière les héros ; il en va de même pour la
    plupart des autres à qui les spécialistes eurent tôt fait de trouver une
    doublure (le méphistophélissime comédien Gustav Gründgens, auquel Mann fut lié,
    derrière le danseur Gregor Gregori) ; gardons-nous pour autant d'en faire un
    roman-à-clés car ce serait le tuer, la durée de vie de ce genre-là n'excédant
    pas quelque mois ; de toute façon, il en va avec Klaus Mann comme avec les
    autres, tout personnage est une mosaïque de traits empruntés à cent autres,
    aucun n'est un bloc de granit. Jusqu'à présent, Point de rencontre avec
    l'infini demeurait inédit en français. Dominique Miermont, qui l'a découvert,
    l'a porté à Phébus qui en a confié la translation à Corinna Gepner, traductrice
    du Kafka de Contemplation, de Angelika Schrobsdorff (Tu n'es pas une mère comme
    une autre) et de Heinrich Steinfest (Sale cabot). Et pourquoi ne saluerait-on
    pas les passeurs d'un roman, et parfois d'un écrivain, qui, sans eux, seraient
    restés enfouis sous la poussière du temps ? Qu'a-t-il fait en 1932, temps de
    l'écriture de Point de rencontre avec l'infini ? Une année passée à voyager à
    travers l'Europe. A rédiger des démentis cinglants aux canailleries diffusées
    par le Völkischer Beobachter sur lui ou sur sa soeur. A écrire des articles, des
    préfaces, des chansons, des émissions, des notes et Douleur d'un été, une
    nouvelle sur Sanary. A traîner au Sélect de Montparnasse. A s'agiter
    fébrilement jusqu'à donner l'impression d'être toujours en mouvement. A visiter
    Gide, Green ou Cocteau en leur repaire. A absorber des drogues diverses. A
    s'enivrer de films, A nous la liberté, La Chienne, Le cuirassé Potemkine. A
    rêver puis à se faire le greffier de ses rêves dans son Journal. A songer au
    suicide en marchant la nuit dans Venise déserte. Et à lire, lire et lire
    encore. Déjà, son attachement au génie de l'Allemagne ne se manifeste plus que
    par son attachement à sa langue. Mais ni par sa terre, qui l'indiffère, ni par
    ses habitants, qu'il méprise. Il est un étranger dans son pays où rien ne le
    retient, lui a qui n'a pas attendu l'arrivée de l'infâme au pouvoir pour se
    sentir chez lui ailleurs. La question de l'exil intérieur ne se pose même pas,
    comme chez le poète Gottfried Benn, qu'il avait tant admiré ; son tempérament
    radical ne souffre pas ces nuances d'états d'âme. On part ou on reste. Pas de
    compromis possible : on ne pactise pas. Humant l'agonie d'une république dans
    cette Allemagne en décomposition, Klaus Mann anticipe la douleur qui sera la
    sienne d'être privé de patrie. Dans ses cauchemars, des visages ricanants et
    hideux viennent l'assaillir, à peine échappés des tableaux de George Grosz.
    Déraciné, il l'est déjà, avant même d'avoir quitté ce territoire où il étouffe.
    Lui qui se présente volontiers comme un intellectuel libéral européen, le voilà
    confronté au spectre de la solitude à venir. Trois fois plutôt qu'une. Cette
    année-là, il adapte Les Enfants terribles de Jean Cocteau pour la scène
    allemande et son Geschwister est un échec retentissant ; puis il publie ce
    roman Treffpunkt im Unendlichen que vous tenez aujourd'hui entre les mains sous
    le beau titre de Point de rencontre à l'infini qu'il résume comme une tentative
    de montrer sous la forme d'un récit la problématique complexe d'un groupe de
    bohémiens internationaux ; la critique littéraire est à peine plus indulgente
    que la critique dramatique. Même l'article de Süskind dans Literatur n'est pas
    très clairvoyant, c'est peu de le dire ainsi : « Il n'y a pas eu une seule
    recension vraiment satisfaisante de ce livre ; je n'ai jamais rencontré autant
    d'incompréhension jusqu'ici » note Mann amèrement dans son Journal (8 novembre
    1932). Non pas louangeuse, admirative, argumentée ou même simplement
    bienveillante, mais juste satisfaisante aux yeux de l'auteur. Dans le pire des
    cas, les critiques sont infâmes ; dans le meilleur, aimables, à l'étranger
    surtout. Il est vrai qu'il se montre aussi intransigeant, et aussi peu porté au
    compromis dans sa dénonciation du mal qui ronge à l'Allemagne, qu'il s'agisse
    de fiction ou de pamphlet. Ses pires détracteurs ne sont pas toujours à droite,
    ce qui l'attriste profondément. Même son camp lui reproche son mode de vie,
    d'où il infère une réputation de légèreté, de dandysme littéraire, de facilité.
    Toutes choses synonymes de bâclage, injustice qui ne pardonne pas. Que faire de
    ses romans quand le meilleur de sa réputation est avant tout assis sur son
    oeuvre d'essayiste, son acuité de témoin privilégié, son intérêt documentaire ?
    Ils sont jugés à l'aune de sa qualité d'intellectuel. Il est vrai aussi que
    Mann ne conçoit pas de s'adonner à une fiction qui ne soit pas de quelque
    manière autobiographique. Le créateur est ses créatures, lesquelles
    l'engendrent en retour en la magnifiant. Mais un romancier qui ose proclamer
    que Je n'est autre que lui-même est-il encore un romancier aux yeux du monde ?
    Il se console en se persuadant que de telles oeuvres ne pouvaient toucher qu'un
    cercle restreint. Il a l'habitude. Sauf que cette fois, il prend peur, ainsi
    qu'il le confie aux pages les plus intimes de son autobiographie : « La
    malveillance, -j'étais obligé de le reconnaître- avait pris de la profondeur,
    elle était devenue plus méchante, plus froide, plus hostile. Une malveillance
    qui veut détruire. Torturer d'abord, puis tuer. Une malveillance meurtrière,
    une haine-nazie : voilà l'image grimaçante que m'opposaient les colonnes des
    journaux et, au théâtre, les visages du public. On ne pouvait plus voir cela
    sous un angle comique, comme les scandales de ma prime jeunesse. Cela devenait
    sérieux ». Impossible de séparer cette peur née de l'accueil de Point de
    rencontre de l'infini de sa lecture. Ne cessons d'y penser. Excès de
    barbituriques à 42 ans à Cannes : comment ne pas penser au suicide de Richard
    Darmstädter à Nice dans ce roman ? L'un et l'autre écrasés par leur père. Rien
    n'est glaçant comme ces signes prémonitoires nichés dans un roman, où l'on voit
    une créature accomplir un geste fatal dix sept ans avant que son créateur n'en
    fasse autant. Il a mis fin à ses séjours comme si, au mal qui le rongeait, il
    ne pouvait mettre un terme qu'en devenant forcené ou dément et qu'il se
    refusait à ce dilemme. Fin de partie et début de la légende maudite. Il a voulu
    que ces mots fussent gravés sur sa tombe : « Celui qui veut sauver sa vie la
    perdra » tiré de Luc 9, 22-25 qui poursuit : « ...mais celui qui perdra sa vie
    pour moi la sauvera ». Cruel est le préfacier qui gâte le plaisir du lecteur en
    dévoilant l'histoire qu'il s'apprête à découvrir. Vous n'en saurez donc presque
    rien avant. Rien de l'hôtel de la rue Royer Collard, des juges de la Sainte
    Vehme, de L'Amour d'Amélie, des babys-bandits pleureurs, de l'impertinence du
    docteur Goebbels, du néant tenu pour la perfection et de la mélancolie qui
    sourd de ces pages. Rien avant de les avoir lues jusqu'à s'en être imprégné au
    point de se croire soi-même rescapé du monde d'avant. Ne jamais oublier
    l'avertissement de Graham Greene : « A novel i s never what it is about ». Mais
    lorsque vous y rencontrerez des mots ou des expressions « en français dans le
    texte », dites-vous bien que, si au-delà de la convention, un certain nombre
    d'entre eux le sont à la lettre, tout le roman est en quelque sorte « en
    français dans le texte » par l'esprit. Il faudra le travail du temps avant que
    Klaus ne soit plus un Kleiner Mann. Ni « Petit Mann », ni « petit homme ». Ni
    même celui qui a réussi à se faire un prénom jusque dans sa mort. Juste un
    écrivain à part entière. Les Français seront peut-être les lecteurs par qui
    cette tardive reconnaissance finira peut-être par s'imposer : après tout, ne
    leur doit-on pas déjà la consécration, durable et triomphale, de Stefan Zweig,
    négligé sinon dédaigné ailleurs y compris chez lui ? Certains soirs à
    Montparnasse, on croit deviner la silhouette de Klaus Mann à la terrasse du
    Dôme et de la Rotonde ou dans la salle du fond, au Sélect, et ce n'est pas tout
    à fait une coïncidence. Depuis qu'on le lit davantage, il est vivant. Il fut la
    vigie de cette Atlantide. Cette Europe-là est morte et non ressuscitée. Klaus
    Mann s'en fit le chroniqueur d'une effrayante lucidité, jusqu'à mettre à jour
    ce que Jean-Claude Milner désignera dans un essai implacable comme « ses
    penchants criminels ». Plus on pénètre dans son monde, et la sensibilité de ce
    roman nous y aide comme peu d'autres textes, plus il apparaît que l'on ne sait
    pas tout de ce que nous réserve le passé. Après la publication de Contre la
    barbarie, il faut louer celle de Point de rencontre à l'infini pour sa
    contribution à la cause. Mais la route sera longue : dans le très complet
    Dictionnaire du monde germanique, comme dans l'Histoire de la littérature
    allemande, il n'y a rien entre la notice de Heinrich Mann et celle de Thomas
    Mann. Peut-être le notre n'a-t-il jamais existé que dans nos imaginations ? Si
    l'on peut atténuer la douleur des morts, alors il serait temps de prendre Klaus
    Mann au sérieux en le lisant à la hauteur de sa propre histoire. On ne saurait
    mieux rendre justice à un écrivain exilé de lui-même qu'en le réconciliant avec
    son ombre. Pierre Assouline Klaus Mann, Le Tournant, traduit de l'allemand par
    Nicole Roche, Solin, 1984 (avec une préface de Jean-Michel Palmier) Journal.
    Les années brunes 1931-1936, traduit de l'allemand par Pierre-François Kaempf,
    Grasset, 1996  Méphisto,, Denoël, 1975 (avec une préface de Michel Tournier)
    Dictionnaire du monde germanique, sous la direction de Elisabeth Décultot,
    Michel Espagne et Jacques Le Rider, Bayard, 2007 Histoire de la littérature
    allemande, sous la direction de Fernand Mossé, Aubier, 1995

empty