Saint-leger

  • Comment un des livres les plus anciens et les plus mystérieux de la foi  chrétienne, écrit au IIe siècle avant les Évangile, et redécouvert au XIXe siècle, nous dit cet  essentiel qui manque tant aujourd'hui pour la plénitude de notre vie intérieure.

    La Didachè est un petit livre très ancien. Son nom, grec, signifie : enseignement. Il a  été écrit en grec, sans doute en Syrie. Ce texte est à peu près aussi ancien que les Évangiles et  il était bien connu des chrétiens des premiers siècles ; au cours de l'Eucharistie, on le lisait avec  autant de respect que les lettres du Nouveau Testament. Pourtant il est resté caché très  longtemps : ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle qu'on en a retrouvé un manuscrit à  Constantinople. C'est un enseignement très simple destiné à ceux qui découvrent le Christ : des  préceptes de sagesse dans la ligne des écrits bibliques, avec une insistance sur la vie  fraternelle (l'entraide, l'amour fraternel), gage d'une vraie foi. La dernière partie, un peu plus  tardive, parle de l'Eucharistie, ce qui d'une part nous donne un témoignage sur la célébration  dans les premiers siècles, d'autre part nous transmet de très beaux textes eucharistiques. Un  petit livre sans prétention, mais toujours actuel, et qui s'achève sur la contemplation ardente du  retour du Christ : oui, viens, Seigneur Jésus ! 

  • À la fin du IIe siècle, Méliton est évêque de Sardes en Asie mineure (la Turquie actuelle). Il a écrit beaucoup d'ouvrages, mais il ne nous reste de lui que cette homélie prononcée dans la nuit de Pâques, probablement entre les années 160 et 170. Cette homélie s'apparente aux hymnes byzantines : c'est un long poème qui, pour essayer de dire un grand mystère, multiplie les images. Ce mystère toujours nouveau, celui de la Résurrection du Christ, nous concerne toujours, bien sûr : il annonce notre propre résurrection déjà commencée... « Comprenezle, mes bienaimés : le mystère de la Pâque est ancien et nouveau, provisoire et éternel, corruptible et incorruptible, mortel et immortel? Oui, la Loi est ancienne, mais le Verbe est nouveau ; la figure est provisoire, mais la grâce est éternelle ! »

  • Ce commentaire du Notre Père, par Cyprien, « m'a beaucoup aidé à mieux comprendre et à mieux réciter la prière du Seigneur », a dit Benoît XVI, rejoignant par-dessus les siècles Hilaire de Poitiers, Augustin d'Hippone et beaucoup d'autres évêques qui ont admiré et utilisé ce commentaire du Notre Père qui nourrira aussi notre foi.

  • Les homélies de saint Léon prononcées au cours des célébrations qu'il présidait comme évêque de Rome, parcourent toute l'année liturgique. Elles sont assez brèves, écrites dans une langue latine superbe, d'une grande précision théologique.
    De Noël à la Pentecôte, en passant par le Carême, le temps de la Passion et ce sommet qu'est la célébration de Pâques, saint Léon explique aux fidèles le coeur de la foi chrétienne, le mystère de l'Incarnation, extraordinaire « abaissement » du Fils de Dieu qui se fait homme pour sauver tous les hommes et les faire participer en un « admirable échange » à sa divinité. Le Pape Léon, par son action et ses écrits avait largement contribué à l'élaboration des définitions du Concile de Chalcédoine, devenues le fondement même du dogme chrétien.
    Léon Ier le Grand fut pape de 440 à 461. Il est connu pour son intervention dans les controverses christologiques du Ve siècle. Face au délitement du pouvoir impérial, Il négocia en 452 avec Attila la retraite des hordes Huns et en 455 avec Genséric la survie de Rome. Il meurt le 10 novembre 461

  • À la fin du IVe siècle, en Afrique du Nord, Augustin d'Hippone fonde trois communautés d'hommes. Il soutient et conseille des communautés de femmes.
    Quand il devient évêque, il écrit pour ses frères moines, sans doute en 397, une Règle:
    Il veut montrer comment vivre dans une communauté. Ce qu'il demande avant tout, c'est de vivre ensemble comme des frères, d'avoir "une seule âme et un seul coeur", de tout partager, comme les Apôtres et les premiers chrétiens.
    Cette Règle, écrite pour le monastère d'Hippone, est encore aujourd'hui la Règle de vie de beaucoup de religieux et de religieuses.

  • Tertullien est né à Carthage, en Afrique du Nord, vers 160. Son livre est le plus ancien texte sur le baptême. Tertullien l'a écrit en 200. Il ne décrit pas les rites qu'il suppose connus, mais à partir de certaines allusions, nous pouvons retrouver comment, à Carthage, on baptisait. Ce qui l'intéresse, c'est de dire pourquoi on reçoit le baptême. En méditant sur l'importance de l'eau (dans laquelle le baptisé est plongé), il retrouve dans l'Écriture ce qui préfigurait le baptême.
    Tous savaient que recevoir le baptême n'allait pas sans risque. Tertullien, qui s'est converti en voyant les martyrs supporter la mort, insiste sur la préparation qui doit précéder sa réception.

  • Pour qui a découvert que Dieu est et qu'il est amour, le voir est un désir. Le vaste ouvrage d'Irénée de Lyon veut, dans une période troublée, affermir la foi et rappeler que nous sommes faits pour la vision de Dieu. « Le Fils nous donne de voir Dieu de multiples manières. en effet, si nous étions privés de Dieu, nous risquerions de mourir. oui, la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant. et la vie de l'homme, c'est la vision de Dieu. Les êtres que Dieu a créés nous le font connaître, et cette connaissance donne déjà la vie à tout ce qui existe sur la terre. Alors, quand le Fils de Dieu lui-même nous montre le Père, pour ceux qui voient Dieu par son intermédiaire, quelle plénitude de vie ! »

  • Les Pères de l'Église ont combattu avec vigueur la richesse qui aveugle et endurcit le coeur. Né en Cappadoce (l'actuelle Turquie), au IVè siècle, Basile, évêque de Césarée, est de ceux-là. Dans les années 368-369, la terrible famine qui sévit en Cappadoce l'amène à vendre une part de ses terres et à prononcer, à partir de la parabole du riche insensé (Luc 12, 16-21) et de l'épisode du jeune homme riche (Mt 19, 16-30), deux célèbres homélies sur les richesses, invitant les milieux aristocratiques, qu'il connaît bien, à la générosité et promouvant une plus juste répartition des terres, des maisons et des biens.
    « Ainsi, plus tu possèdes de richesses, plus tu manques de charité. En effet, si tu aimais ton prochain, tu veillerais depuis longtemps à faire passer tes biens dans les mains des autres. Malheureusement ils tiennent plus solidement à toi que les membres de ton corps. » On trouvera aussi, dans ce volume, une autre homélie, sur l'envie. Basile démonte impitoyablement les pièges de cet « animal venimeux » : « Il n'est point de passion plus pernicieuse que l'envie. Elle nuit moins à ceux qu'elle attaque, qu'à celui qui l'éprouve et qui trouve en elle un bourreau domestique. L'envie mine et consume ceux dont elle s'empare, comme la rouille ronge le fer. »

  • Ce texte est un témoignage de la confiance que les premiers siècles mettaient dans la Parole de Dieu telle qu'on la trouve dans les Écritures. Devant une situation apparemment bloquée - le frère qu'on lui amène semble installé dans sa rancune - Pacôme n'a d'autre recours qu'un long parcours biblique. cette façon de faire nous déroute sans doute, mais ce lent cheminement nous fait revisiter les textes bibliques et peu à peu prend au coeur même le lecteur du XXIe siècle.

  • Grégoire, évêque de Nysse, raconte à l'un de ses amis la Vie de Macrine, sa soeur.
    Macrine est l'aînée d'une famille de dix enfants, parmi lesquels cinq, dont Basile et Grégoire, sont des saints reconnus par l'Église. Elle est née probablement en 327. Quand le jeune homme auquel on l'avait fiancée meurt, elle décide de vivre pour Dieu seul et refuse tout mariage.
    Après la mort de son père, elle se retire dans une propriété de famille, à Annisa.
    Là, elle vit en communauté avec sa mère et ses anciennes servantes. D'autres femmes viennent se joindre à leur groupe. Elles mènent une vie toute simple de prière, de travail, d'accueil des malheureux.
    Grégoire, qui admire beaucoup sa soeur, raconte longuement ses derniers entretiens avec elle et sa mort. Il sait que les chrétiens trouveront dans ce récit un modèle pour leur montée vers Dieu et surtout une force renouvelée pour leur foi en la résurrection.
    Macrine a renoncé à la richesse, aux honneurs.
    Elle ne s'arrête jamais dans sa route à la suite du Christ : chaque épreuve est pour elle l'occasion de nouveaux progrès. Elle prie, elle médite la Parole de Dieu. Son coeur qui vit dans l'attente de son Seigneur voit arriver, avec joie, le moment de la rencontre avec lui.

    Pendant des siècles, on écrit la Vie d'un personnage célèbre avec l'intention de délivrer un message. La Vie de Macrine, écrite par son frère, est un hymne de foi : l'amour du Christ remplit la vie de Macrine.
    Elle est aussi un témoin des débuts de la vie religieuse.

  • Augustin est né en 354 à Thagaste, en afrique du Nord. Vers 395, il devient évêque d'Hippone où il mourra en 430, alors que la ville est assiégée par les Vandales. Augustin aime prêcher et il sait passionner son auditoire qui réagit volontiers. Il puise sa science dans l'étude et la prière et, comme son maître le Christ, il se plaît à partager avec des gens simples ce qui donne sens à sa vie. Sa joie : parler de l'amour de Dieu. Une année, au moment de Pâques, il choisit de commenter la 1re Lettre de saint Jean : « J'ai tant de joie à parler de l'amour, dit-il à ses fidèles, que je ne voudrais pas arriver à la fin cette Lettre. Nulle part ailleurs il n'y a une si belle louange de la charité. Rien de plus doux ne peut vous être enseigné, on ne peut rien boire de meilleur. »

  • Augustin est né en 354 à Thagaste, en afrique du Nord. Vers 395, il devient évêque d'Hippone où il mourra en 430, alors que la ville est assiégée par les Vandales. Augustin aime prêcher et il sait passionner son auditoire qui réagit volontiers. Il puise sa science dans l'étude et la prière et, comme son maître le Christ, il se plaît à partager avec des gens simples ce qui donne sens à sa vie. Sa joie : parler de l'amour de Dieu. Une année, au moment de Pâques, il choisit de commenter la 1re Lettre de saint Jean : « J'ai tant de joie à parler de l'amour, dit-il à ses fidèles, que je ne voudrais pas arriver à la fin cette Lettre. Nulle part ailleurs il n'y a une si belle louange de la charité. Rien de plus doux ne peut vous être enseigné, on ne peut rien boire de meilleur. »

  • La Vie de Synclétique dit peu de choses sur les événements qu'elle traverse. au contraire, elle insiste beaucoup sur sa vie d'amie de dieu et sur son enseignement. C'est cela qui peut nous aider.
    Cacher ses bonnes actions, se réjouir lorsqu'on est méprisé et calomnié, bannir tout contentement de soi-même et toute présomption, voilà où est la priorité. Sans oublier la charité : en même temps qu'elle s'emploie à corriger ses propres imperfections, Synclétique se montre indulgente aux défauts des autres. Séduite par le Christ, elle vit avec lui une authentique relation de personne à personne.

  • Ce livre nous permet de mieux connaître Origène, un homme de prière, qui cite abondamment les Livres Saints qu'il a lus et relus. Origène insiste aussi sur le rôle de l'Esprit Saint dans la prière du chrétien. Ce livre est donc particulièrement utile aujourd'hui. Il est toujours difficile de prier en « esprit et en vérité », mais Origène peut nous y aider.

  • « Voici l'histoire d'un homme qui a mené une vie exemplaire. Son nom est Benoît, ce qui veut dire: "Béni". En effet, la bénédiction de Dieu est sur lui. Très jeune, il a déjà dans le coeur la sagesse d'un ancien. » Ainsi commence le récit rédigé par le pape Grégoire, mais ne nous trompons pas : si Grégoire raconte la vie de saint Benoît, il n'écrit pas une «biographie», mais bien une vita, c'est-à-dire une «histoire», un «témoignage» qui permette à l'auteur de faire passer un message spirituel. Voilà qui nous donne une clé pour bien interpréter et comprendre la profondeur de récits qui peuvent paraître naïfs à nos esprits modernes. Que veut nous transmettre Grégoire? Le pape moine veut montrer que Benoît a vécu une vie conforme au Christ, qu'il a été une vivante illustration de la Parole de Dieu exprimée dans les Livres saints. Il le présente comme un témoin exceptionnel du Seigneur dans un monde de violence et d'inquiétudes, il le fait connaître comme homme de Dieu pour tous les temps.
    Benoît, moine italien obscur du VI°s, deviendra « père des moines d'Occident », puis patron de l'Europe.

  • Martin est né au début du IVe siècle.
    D'abord soldat, il reçoit le baptême et, peu de temps après, il quitte l'armée pour rejoindre Hilaire, évêque de Poitiers. Il fonde une communauté d'ascètes à Ligugé, près de Poitiers, puis devient évêque de Tours en 361. Il fonde alors un monastère à Marmoutier, tout près de Tours, car il veut rester moine, même dans sa charge d'évêque.
    Pendant vingt-cinq ans, il annonce partout la Bonne Nouvelle de Jésus aux gens des campagnes de cette région. En effet, ils n'ont encore jamais entendu parler du Christ.
    Martin est un homme de Dieu: il vit pauvrement, prie beaucoup, fait des miracles et devient célèbre.
    Sulpice Sévère entend parler de lui. Il va le voir chaque année et décide d'écrire une Vie de Martin. Plus tard, il la complétera en racontant aussi sa mort.

    Sulpice Sévère a été marqué par la vie de l'homme de Dieu qu'était Martin. Il veut montrer comment Dieu et l'homme peuvent agir ensemble. Avec ce livre, le coeur et es actions de Martin sont restés vivants en France et en Europe jusqu'à aujourd'hui.

  • On ignore qui a écrit et qui a reçu ce texte, mais on peut pourtant le dater du II ou IIIè s et le situer en Égypte. Le rédacteur s'adresse à un personnage qu'il appelle Diognète. Celui-ci vit à Alexandrie et il cherche à connaître la religion des chrétiens. Il interroge : À quel Dieu les chrétiens croient-ils ? Quelles sont leurs cérémonies religieuses ? Pour tous les chrétiens, la vie avec Dieu est beaucoup plus importante que les choses de ce monde. Pourquoi ? Ils n'ont pas peur de mourir. Pourquoi donc ? Ils s'aiment beaucoup les uns les autres. Pourquoi ? Et enfin : cette race nouvelle, ou plutôt cette nouvelle manière de vivre, existe maintenant, et elle n'existait pas autrefois. Pourquoi ?
    Questions toujours actuelles ! La réponse qu'il reçoit est simple et belle, écrite par un croyant heureux. Les chrétiens ne sont pas différents de leurs contemporains, ils mènent la même vie, obéissent aux mêmes lois, à condition qu'elles ne les obligent pas à des actes qu'ils ne peuvent approuver. Leur amour est ancré dans celui du Christ.

  • Qu'est-ce que l'Église ? parler d'unité quand les divisions sont si apparentes semble illusoire ou utopique. Cyprien de Carthage, dans un 3e siècle déchiré par des luttes de toutes sortes, pose sans naïveté la question de l'unité qui est en Dieu : l'Église catholique (c'est-à-dire universelle) est une parce que « son unité vient de cette unité en Dieu, et elle est liée au mystère du Ciel. Si on croit cela, est-ce qu'on peut la diviser, la déchirer par des disputes ? » Oui, mais les divisions existent, on ne peut le nier : d'où viennent-elles ? Sans éluder le problème, Cyprien en pointe sans concession les causes les plus manifestes.

  • Dans l'Église ancienne, il est traditionnel que les nouveaux baptisés (de la Nuit de Pâques) reçoivent, pendant la semaine pascale, un complément de formation : il est généralement donné par l'évêque. Nous sommes sans doute en 415 ; Augustin a 61 ans. Il choisit de commenter la Première lettre de Jean, un écrit qui lui est cher. Il va prêcher tous les jours de cette semaine, puis il continuera le samedi et le dimanche pendant le temps pascal jusqu'à l'Ascension. Il explique le texte verset après verset, tantôt par un bref commentaire, tantôt en s'étendant davantage. Pour favoriser l'unité de son peuple, Augustin développe les nombreux passages de la lettre de Jean où il est question de charité. Sans se lasser, il répète qu'elle est le signe qui distingue les chrétiens. Mais il n'y a pas d'amour sans pardon.
    « Dire que Dieu est charité, c'est la louange la plus belle qu'on peut exprimer, je crois qu'il n'y en a pas de plus grande. Louange brève, louange magnifique ! [..] Que Dieu soit ta maison, et sois la maison de Dieu. Vis en Dieu, et que Dieu vive en toi » (9, 1).

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