Universite De Bruxelles

  • Dans un format court, ce livre illustre le principe de la vaccination et son effet bénéfique sur la population humaine en suivant le développement des vaccins du XIXe au XXIe siècle. Il explique aux lecteur·trice·s non averti·e·s les mécanismes biologiques de la réponse immunitaire qui nous protège efficacement et durablement des infections. Enfin, il pointe les enjeux sociétaux et l'importance de l'immunité individuelle et collective, dans un monde où les pathogènes circulent sans barrière, comme le montre la pandémie de la Covid-19.

  • Stuttgart, 1927 : Le Corbusier énonce le concept de plan libre dans le cadre de son célèbre manifeste des Cinq points d'une architecture nouvelle. Très rapidement, ce « mot-force » gagne son indépendance et s'impose comme un concept central de l'architecture moderne. En même temps, il s'ouvre à de nouvelles significations et devient ... rien moins qu' « indicible ».
    Dans le présent essai, l'auteur établit les déclinaisons sémantiques de ce concept et interroge ce qu'elles apportent à la compréhension de l'architecture corbuséenne, que ce soit au niveau des intentions, des processus de conception ou encore des expressions formelles et spatiales.
    Au-delà de cet objectif de clarification, l'étude est aussi guidée par une optique particulière : Le Corbusier voyait dans la nouvelle architecture le moyen par excellence d'une nécessaire réforme sociétale. Le terme « plan » en exprime à la fois le dessein et le dessin - tout autant qu'un motif d'ordre -, tandis que l'épithète « libre » renvoie bien évidemment à l'objectif d'émancipation qui l'anime. L'étude appréhende dès lors le plan libre dans sa dimension d'oxymore, comme expression métaphorique du regard que Le Corbusier porte sur le monde et des méthodes de conception qui en découlent, ouvrant ainsi une voie originale, voire inédite, pour revisiter son architecture et sa propre posture face à la modernité.

  • Selon Ibn Khaldun, la poésie constituait « les archives des Arabes, leur science, leur Histoire et leur sagesse. » Parmi les poètes passés à la postérité, quelques-uns revendiquaient fièrement leurs origines africaines, souvent associées à la servitude. Ce livre vous fera découvrir leurs vers, véritable témoignage de leur condition sociale. La poésie a toujours été l'art privilégié des Arabes - selon Ibn Khaldun, le célèbre historien du 14e siècle, elle constituait même « leurs archives, renfermant leur science, leur Histoire et leur sagesse. » Parmi la longue liste de leurs poètes passés à la postérité, depuis la période préislamique jusqu'au Moyen-Âge, quelques-uns revendiquaient fièrement leur teint noir, parfois associé à leur bédouinité, mais surtout à leurs origines africaines. En effet, le monde arabe a de tout temps été en contact avec l'Ethiopie d'abord, le reste de l'Afrique ensuite. Ce livre vous fera découvrir les vers de poètes célèbres comme 'Antara bin Shaddad - valeureux guerrier d'avant l'islam, fils d'une esclave éthiopienne devenu quelques siècles plus tard le héros d'une grande épopée - et de poètes moins connus comme Sulayk le brigand, voire anonymes, mêlant poésie guerrière et poésie d'amour, louange et satire, amertume et fierté, résilience et résistance.
    Au-delà de leur indéniable beauté, ces poèmes - allant de quelques vers seulement à de véritables odes - constituent un réel témoignage de l'intérieur à propos de la condition sociale des Africains dans la société arabe à travers les siècles, les séquelles éde l'esclavage étant l'un des sujets qu'ils abordent de manière récurrente, sans pour autant s'y limiter. D'une certaine manière, ils répondent aux autres poètes qui tantôt les moquent, tantôt vantent, en créant leur propre sensibilité, leurs propres métaphores, leur propre humour.

  • Fondement de la vie intellectuelle dans l'université et dans la société, condition essentielle pour une recherche et un enseignement de qualité, la liberté académique se trouve aux prises avec des menaces plus ou moins explicites, plus ou moins ciblées, dans divers pays du monde, brouillant parfois la frontière entre monde démocratique et monde non démocratique.
    L'enjeu de ce livre est de proposer une analyse conceptuelle de la notion de liberté académique, resituée dans une perspective socio-historique, avant d'aborder les différents contextes qui produisent des menaces sur elle. Faisant dialoguer philosophie et sciences sociales, recherches scientifiques et témoignages de terrain, cet ouvrage présente des études de cas en Azerbaïdjan, Belgique, Burundi, Chine, Hongrie, Iran, Liban, Russie, Syrie et Turquie. Ces cas nous donnent à voir une diversité des situations : conflit armé et situations post-conflit ; non-protection par l'État, voire criminalisation des chercheurs par celui-ci ; pressions économiques, sociales ou idéologiques, notamment. Ils mettent aussi en lumière des espaces improbables où la liberté académique survit parfois ainsi que des initiatives de solidarité transnationale entre académiques.

  • L'ouvrage propose une réflexion sur l'adaptation des « théories de la lecture » (Iser, Jauss, Eco, Jouve, ...) au domaine de la poésie. Il pratique également une analyse des théories poétiques (Deguy, Dessons, Gullentops, Tsur, ...) en choisissant l'angle d'attaque constitué par la lecture. Enfin, il offre une mise à l'épreuve de ces théories à l'aune de quatre textes de poètes contemporains de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle : Aimé Césaire, Bernard Noël, Dominique Fourcade, Florence Pazzottu.
    Qu'en est-il de l'immersion du lecteur dans la poésie actuelle ? Le lecteur peut-il « entrer » dans la lecture de poésie, par une immersion ou par promenade d'un corps mentalisé de lecteur dans un univers non complet ? Nous verrons qu'il y est guidé par des traces de mimésis, par les sensorialités des images et des rythmes, vécus de façon oblique. Le mode de lecture spécifique à la poésie éveille à la fois la perception de la forme et du sens, la première n'étant pas évincée au profit du second. Les analyses de textes font apparaître les grains, les textures spécifiques de chaque oeuvre : ainsi se combinent les perceptions des images, des rythmes et des sons, par le lecteur qui peut y investir ses affects aussi. Finalement, l'ouvrage cherche à montrer que la lecture poétique ne passe pas par de l'immersion mais par des moments d'intensité dans la lecture vécus par un corps imaginaire.
    Béatrice Bloch est professeure de littérature française contemporaine à l'Université de Poitiers, et membre de l'équipe de recherches FoReLLIS. Ses travaux portent sur la littérature contemporaine et sur les rapports entre musique et littérature. Elle a publié Une Lecture sensorielle : Le Récit poétique contemporain, Gracq, Simon, Kateb, Delaume (2017), et, en collaboration, Écriture picturale et écriture musicale de la littérature et des arts (2017).

  • De la libre concurrence au rapport de couple, en passant par la logistique, la stratégie militaire, la génétique ou la santé mentale, rien ne semble échapper à la communication et l'information. Ces dernières deviennent l'expression d'une réalité de plus en plus générique et recoupent un nombre croissant de domaines d'expérience. La communication est l'objet central de l'économie : le « capitalisme cognitif ». Elle équivaut au social : la « société de l'information ». Elle serait le seul vecteur de régulation politique et le garant de la démocratie à l'ère post-idéologique. Elle serait l'élément commun des sciences de la vie, des sciences mathématiques et des sciences humaines...

  • L'usage de la langue par les journalistes est régulièrement critiqué. Que les reproches à cet égard soient fondés ou non, de nombreux facteurs peuvent expliquer l'état du français dans les productions journalistiques. L'ouvrage offre une analyse approfondie de ces facteurs, en se focalisant sur cinq sites d'information belges francophones (DH.be, La Libre.be, Le Soir.be, RTBF Info et RTL Info). La question est envisagée à partir d'un angle particulier : les représentations et les discours de journalistes et de rédacteurs en chef, rencontrés lors d'entretiens.
    La première partie de ce livre étudie la manière dont les acteurs de la presse en ligne considèrent, d'une part, la langue qu'ils pratiquent et, d'autre part, celle qu'ils souhaitent idéalement proposer à leur public. S'intéressant au quotidien des journalistes, la seconde partie interroge la place du travail de la langue dans le processus de production de l'information en ligne.
    Cette recherche montre que la langue des sites d'information est régulée par des représentations sociales, des enjeux journalistiques et linguistiques, des contraintes et des pratiques professionnelles. Elle permet de comprendre les logiques plurielles et souvent opposées qui façonnent l'usage de la langue par les journalistes web.

  • Ce livre a pour objectif de mettre en exergue les principaux développements et enjeux relatifs à l'insertion de l'islam en Europe en s'appuyant sur le cas de la Belgique.
    L'insertion de l'islam en Belgique est un fait relativement ancien. En effet, près de soixante ans se sont écoulés entre les premières vagues migratoires essentiellement issues du Maroc et de la Turquie et l'entrée à l'école de la quatrième génération de Belges musulmans. Cependant, les attentats revendiqués par l'État islamique de mars 2016 ont réveillé - une fois de plus - les questionnements relatifs à la compatibilité de l'islam avec les "valeurs" belges et plus généralement européennes. Plus que jamais, l'amalgame entre l'islamisme radical qui produit ces violences et l'islam tel qu'il est majoritairement vécu et pratiqué dans nos sociétés est présent dans les consciences collectives. Et pas un jour ne passe sans que l'actualité ne draine un certain nombre de débats sur l'insertion de l'islam en général et de certaines pratiques spécifiques des populations musulmanes dans notre société. Tel est le constat qui a guidé l'écriture de ce livre qui a pour objectif de mettre en exergue les principaux développements et enjeux relatifs à l'insertion de l'islam en Europe en s'appuyant sur le cas de la Belgique.
    Cet ouvrage entraîne le lecteur au coeur des approches historique, sociologique et politologique du « fait musulman » belge et européen comme autant d'outils d'analyse de celui-ci. Il vise à encourager la réappropriation critique de nombreuses notions relatives au fait musulman véhiculées dans l'espace médiatique et politique et entend à une compréhension plus fine et nuancée de l'insertion de l'islam en Belgique, de ses enjeux et de ses dynamiques contemporaines. Ce livre s'adresse à toutes celles et ceux qui désirent acquérir une vue d'ensemble des enjeux posés par l'inscription de l'islam dans notre société.

  • Ce livre offre une perspective inédite sur la philosophie de Paul Ricoeur en la situant dans le contexte de son engagement socio-politique. Réfutant l'opinion commune que cette philosophie serait une pratique savante abstraite, née en réaction à la modernité et à la sécularisation, il reconstruit l'engagement de Ricoeur dans son époque, face aux grandes questions de (dé)colonisation, géopolitique, modernité, mondialisation, pluralisme culturel et activisme politique. On y découvre également comment ces préoccupations ont influencé sa vision de l'herméneutique et sa trajectoire philosophique. Le plaidoyer de Ricoeur en faveur d'un monde multipolaire et de l'égalité des traditions culturelles prend tout son sens et, pour la première fois, ses pratiques académiques anti-eurocentriques sont pleinement mises en évidence. Ernst Wolff ne se contente pas d'évaluer le travail de Ricoeur selon les termes de ce dernier, mais aussi à la lumière des sciences sociales. De plus, pour aller jusqu'au bout de la pensée même du philosophe, il la met en dialogue avec ses contemporains africains. Un travail nuancé et minutieux qui met en lumière la surprenante actualité de la pensée de Ricoeur et interpelle le lecteur sur la nature et les possibilités de l'herméneutique.

  • Ce Traité se rattache aux préoccupations de la Renaissance et, par-delà, à celles des auteurs grecs et latins qui ont étudié l'art de convaincre et les techniques de la discussion. Il passe largement les bornes de la rhétorique traditionnelle et envisage surtout les textes imprimés et les moyens discursifs d'obtenir l'assentiment.
    Les diverses espèces de discours, leur variation en fonction des disciplines et des auditoires, la manière dont les notions se modifient et s'organisent, l'histoire de ces transformations, les systèmes auxquels a pu donner naissance l'adaptation d'ensembles notionnels à des problèmes de connaissance fournissent ici un terrain de recherches d'une richesse incomparable.
    Les auteurs accordent une particulière importance à l'analyse des argumentations philosophiques, justement parce qu'elles sont censées s'adresser à des lecteurs sur lesquels ont peu de prise la suggestion, la passion ou l'intérêt.
    Parce qu'il décompose les raisonnements présentés aussi bien par les publicistes dans leurs journaux ou les politiciens dans leurs discours, que par les avocats dans leurs plaidoiries, les juges dans leurs attendus, les métaphysiciens dans leurs exposés, ce Traité de l'argumentation s'adresse non seulement aux logiciens et philosophes, mais aussi à tous ceux qui ont pris pour tâche de convaincre, à quelque titre que ce soit.
    Préface de Michel Meyer.

  • Pourquoi l'OTAN continue-t-elle à exister alors que l'ennemi qui a justifié sa création, l'Union soviétique, a disparu ? Ce livre répond de manière novatrice à cette question fort débattue, en traitant du développement du contre-terrorisme à l'OTAN dans les années 2000-2010.
    L'ouvrage prend le contre-pied des approches rationalistes et dominantes qui soumettent l'évolution de l'OTAN à une adaptation mécanique à un nouvel environnement international davantage instable. Ce livre propose une immersion sociologique dans le monde des pratiques professionnelles dites « contre-terroristes », qui sont à la source des mutations de l'Alliance euro-atlantique.
    À partir d'une enquête de terrain approfondie, combinant une centaine d'entretiens et des observations ethnographiques, l'auteur explique que la continuité post-Guerre froide de l'OTAN procède de l'institutionnalisation transnationale d'une logique de traitement préemptive de risques multiformes. La démonstration explore deux changements indissociables. Le premier réfère à la structure sociale portant la production du pouvoir au sein de l'OTAN, qui disperse la logique d'action multilatérale le long de possibilités sécuritaires très différentes (guerre en Afghanistan, surveillance en Méditerranée, développement d'armements). Le deuxième a trait au politique, à savoir l'exercice de la violence et la fabrication des figures de l'ennemi qui prolifèrent, s'imaginent et se banalisent à mesure que les initiatives de sécurité se multiplient. En proposant de renouveler les termes du débat sur les raisons de l'existence contemporaine de l'OTAN, l'ouvrage apporte aussi un éclairage original sur le travail quotidien des organisations internationales et les transformations en cours dans les politiques de sécurité contemporaines.

  • La guerre froide n'est pas qu'un bras de fer entre deux puissances politiques qui mesurent leurs capacités militaire, nucléaire, technologique et scientifique. S'y joue également une lutte pour gagner un pouvoir d'influence culturel beaucoup plus large et profond. Les deux blocs prétendent, notamment, défendre et incarner les normes de genre et de sexualité les plus justes et les plus en phase avec le «vrai» bonheur et l'harmonie amoureuse, ferments indispensables d'une société en bonne santé. Pour ce faire, ils puisent tous les deux dans les savoirs de la sexologie, alors en plein bouleversement. L'époque est en effet marquée par le développement de machines dont on attend qu'elles mesurent les performances sexuelles. Les progrès de l'imagerie médicale laissent croire en un avenir où tous les aspects du corps humain seront visibles et, donc, soignables (voir la photo de couverture: le psychiatre W.Reich à la recherche d'une force vitale universelle).
    Les études ici rassemblées montrent que, dans le domaine de la sexologie, le rideau qui sépare l'est et l'ouest était pour le moins déchiré, pour reprendre le titre d'un film d'Alfred Hitchcock qui traite d'espionnage scientifique. Les scientifiques, justement, et leurs théories sur la sexualité circulent d'autant mieux que l'un comme l'autre bloc partagent des valeurs communes de valorisation de la famille traditionnelle et de hantise de l'homosexualité. Des deux côtés, les sexologues, alors en voie de professionnalisation, tentent d'élaborer une expertise congruente avec le supposé savoir scientifique, le vécu raconté par leurs patient·es, les directives du régime dont ils dépendent et une société progressivement conquise par le discours de la «révolution Sexuelle». Entre conservation et subversion, ils soufflent ainsi le chaud et le froid sur les représentations de la sexualité.

  • Rhetoriques

    Chaïm Perelman

    Perelman avait l'habitude de publier régulièrement ses conférences et ses articles en volumes, où se mélangeaient ses différents domaines de prédilection tels, entre autres, le droit ou l'histoire. C'est ainsi qu'ont vu le jour successivement Rhétorique et philosophie (1952), Justice et raison (1963) et Le champ de l'argumentation (1970). Si une telle présentation permet de suivre l'évolution de la pensée, l'inconvénient en est la perte de systématicité.
    Il nous a donc semblé utile de reprendre tous ces recueils et d'en regrouper les textes fondamentaux par grands thèmes. Ce volume-ci des Oeuvres de Perelman concerne la rhétorique, la façon dont il la voyait, son rapport au langage, à la logique et à la connaissance en général. Mais aussi, la place qu'elle occupe dans l'histoire de la philosophie, une place sans cesse déniée et que Perelman s'est efforcé tout au long de sa vie de restaurer, sans oublier d'expliquer ce qui motivait les philosophes depuis Platon à traiter la rhétorique de discipline secondaire ou de dangereuse.

  • Chaïm Perelman est considéré comme l'un des plus grands philosophes du droit de ce siècle. Son originalité tient à cette volonté incessante de réhabiliter la vie du droit, qui naît de la controverse, au procès. Perelman renoue ainsi avec le genre judiciaire, que valorisait l'ancienne rhétorique.

    Commencée en 1945, son oeuvre de philosophie juridique se poursuit pendant quarante ans. Elle s'élabore dans de nombreux articles que Perelman réédite dans Justice et raison (1963), Le champ de l'argumentation (1970), Droit, morale et philosophie (1976) et Le raisonnable et le déraisonnable en droit (1984). A partir des grandes classifications de Perelman lui-même, nous avons souhaité offrir aujourd'hui un ouvrage de synthèse qui restitue ses différentes contributions.

    Les thèmes de la justice, des rapports du droit et de la morale sont ainsi abordés dans la première partie. Quant à la seconde, elle porte sur la rationalité juridique nouvelle développée par Perelman, sur ses conséquences pratiques sur le raisonnement juridique et sur les lieux où s'exprime l'argumentation dans le droit.

    Le titre Ethique et droit ouvre à cette double préoccupation perelmanienne de servir la philosophie morale par une réflexion sur le droit et de montrer comment le droit s'ajuste dans la réalité sur les valeurs morales.

  • L'essor des partis et des entrepreneurs « populistes » représente l'un des phénomènes politiques les plus notables de ces deux dernières décennies, en particulier à droite de l'échiquier politique. Ce populisme de droite radicale s'incarne dans une multiplicité d'acteurs en Europe, à l'image des succès récents de ces partis en Italie, en France ou en Autriche. Les thèmes populistes ont également dominé la campagne présidentielle de Donald Trump aux États-Unis et le référendum britannique sur le Brexit en 2016.
    Au travers d'un état des lieux de l'important volume de recherches internationales consacrées à la question, l'ouvrage propose une réflexion sur la nature du phénomène populiste tel qu'il se donne à voir. Quels en sont les contours idéologiques ? Peut-on dégager des facteurs explicatifs communs du succès de ce populisme de droite radicale sur les continents européen et américain ? Le développement des droites populiste radicales participe d'une évolution structurelle des sociétés contemporaines, sous l'effet de profondes transformations économiques, culturelles et politiques. À l'image de l'Italie, de la Hongrie et des États-Unis, nombre d'acteurs populistes occupent désormais une place centrale au sein du jeu politique national et constituent un défi croissant pour l'équilibre des démocraties libérales.
    Gilles Ivaldi est chercheur CNRS à l'URMIS, Université de Nice, spécialiste du populisme et du phénomène de droite radicale, en Europe et aux États-Unis. Ses thèmes de recherche portent également sur les partis politiques et les comportements électoraux. Gilles Ivaldi a publié de nombreux articles scientifiques sur ces questions et il est l'auteur de deux ouvrages sur les élections présidentielles françaises de 2012 et 2017 en collaboration avec Jocelyn Evans. Gilles Ivaldi dirige actuellement en France le projet international SCoRE d'analyse comparative du vote de droite radicale populiste.

  • La publication par John Locke de son célèbre Essay Concerning Human Understanding (1690) puis de Some Toughts Concerning Education (1694) a marqué un véritable tournant dans le discours européen sur l'éducation. Ces deux ouvrages consacrent la défaite définitive de l'innéisme cartésien et leibnizien au profit d'un empirisme pédagogique qui fait de l'esprit de l'enfant une tabula rasa que les pédagogues auront pour tâche d'alimenter. Plus tard, en proposant, dans Émile, ou de l'éducation (1762), une éducation plus proche de « la Nature », Jean-Jacques Rousseau a posé un autre jalon majeur au sein du discours éducatif et a fait de nombreux disciples, tant professionnels qu'amateurs. Malgré cela, on le verra, le discours utilitariste d'adaptation de l'individu à la société a néanmoins continué à avoir, tout au long du siècle, de nombreux adeptes, notamment au sein des milieux bourgeois.
    C'est essentiellement au sein de ce cadre théorique contrasté que se développent les essais ici réunis. Du traité général d'éducation au simple journal tenu par un père à propos de l'éducation de son rejeton et de la vie de collège au préceptorat princier, ce sont les aspects théoriques et pratiques essentiels de l'éducation au XVIIIe siècle qui sont successivement évoqués.

  • Il faut remonter au premier millénaire de notre ère, jusqu'à ce qu'on appelle l'Antiquité tardive, pour comprendre notre monde, ses traditions, ses déchirements : c'est ce que fait Peter Brown dans cet ouvrage passionnant où il nous montre comment, entre 150 et c. 750 de notre ère, l'univers antique, centré autour du Bassin méditerranéen et jouissant jusque-là d'une remarquable homogénéité, se divise en trois sociétés fermées les unes aux autres : l'Europe catholique, Byzance et l'Islam.
    En 476, l'Empire romain n'est plus ; en 655, l'Empire perse a vécu. Mais il s'agit moins de décadence que de dissolution. Pendant des siècles cohabitent des esprits classiques fidèles à la Rome éternelle et des nouveaux venus qui forgent le Moyen Age avec des outils hellénistiques. Les statues qu'on sculpte à l'image des nouveaux aristocrates portent encore la toge alors que ceux-ci ont déjà adopté la chemise de laine et la cape venues du Nord ; l'instruction garde son pouvoir mais les compagnons des muses de naguère ont pris les traits d'évêques méditant sur la Bible.
    Ainsi changea le monde : loin des champs de bataille, moins sous la pression des "barbares" que dans les esprits et les actes de ceux qui le vivaient au jour le jour. Tout un quotidien que fait revivre Le monde de l'Antiquité tardive.

  • Le livre de Robert Michels, paru à la veille de la première guerre mondiale, demeure un classique de la littérature politique.
    Pour Robert Michels, les partis politiques, nés de l'instauration de la démocratie, conçus comme des instruments privilégiés de son développement, deviennent inéluctablement, même les plus démocratiques d'entre eux, des organisations oligarchiques. Cette analyse descriptive devait conduire son auteur à constater que les véritables causes d'une évolution aussi générale tenaient à la nature des choses telle que les fait l'organisation sociale.
    Mais l'interrogation fondamentale, sous-jacente à tout cet ouvrage, reste plus actuelle qu'elle ne le fut jamais : ta démocratie est-elle viable ? Par ce pessimisme lucide que combat, cependant, le refus de désespérer, Michels rejoint un autre grand analyste des sociétés démocratiques : Tocqueville.

  • L'ouvrage propose un état des lieux de la politique sociale de l'Union européenne et ce dans ses multiples aspects : réglementation dans le Marché unique, questions liées à la libéralisation, redistribution via les fonds européens, coordination souple des politiques nationales.
    Mais surtout, le livre aborde de manière critique les enjeux proprement politiques qui se font pressants dans le contexte post-crise de 2008-2010 et le rôle de différents acteurs (institutions européennes, gouvernements, syndicats, ONG) : faut-il limiter l'accès des non-nationaux européens à l'Etat-providence national ?, la coordination des politiques sociales nationales doit-elle être plus contraignante ?, le dialogue social européen est-il mort ? Faut-il instaurer un salaire minimum dans tous les Etats-membres de l'UE ? etc...

  • D'aucuns évoquaient déjà la crise de l'intégration européenne au milieu des années 1960. Les experts et les responsables ont souvent noirci le tableau et le mot a été galvaudé. Il fait désormais pleinement sens : après un processus de réforme des traités long et difficile dans les années 2000, puis une crise économique et financière qui a failli avoir raison de la zone euro, l'Union européenne est confrontée aujourd'hui à une vague d'euroscepticisme sans précédent, au retrait du Royaume-Uni et aux dérives "illibérales" de plusieurs Etats membres.
    Dans ce contexte, la célébration en mars 2017 des soixante ans de la signature des traités de Rome a eu un goût amer. Personne n'ose plus nier la gravité de la situation et mettre en doute la nécessité de procéder à des réformes. Dans le même temps la question du rapport de l'Union avec les citoyens, qui était jusqu'alors un impensé de la construction européenne, s'est posée avec force et est venue compliquer la réforme des traités comme le fonctionnement courant de l'UE.
    Jusqu'au sommet des institutions européennes, on s'interroge sur le destin de l'Union et les scénarios les plus divers sont envisagés pour sortir l'intégration de l'impasse. Plus que jamais, la construction européenne véhicule toutes sortes d'espoirs, de craintes et de fantasmes. En comprendre les rouages, les acteurs, les procédures, les règles et les dynamiques est un préalable à toute réflexion sur le sujet.
    C'est l'objectif de cet ouvrage. Fondé en grande partie sur les recherches des auteurs, il propose une lecture simple et pédagogique du fonctionnement de l'Union qui, tout en faisant droit à la complexité des choses, évite de la dramatiser. L'ouvrage aborde les questions-clés de la construction européenne : déficit démocratique, politisation, rôle des Etats membres, européanisation, crise institutionnelle, représentation d'intérêts, euroscepticisme.

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