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massimo montanari
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De la roquette aux artichauts, du radicchio à la cima di rapa, du café aux digestifs, l'amertume joue un rôle de premier plan dans la cuisine italienne. Aucune autre cuisine européenne n'a une telle prédilection pour cette saveur qui a d'ailleurs donné son nom à des produits bien connus : les liqueurs comme l'Amaretto ou les variétés infinies d'amari, les vins comme l'Amarone ou le Negroamaro, et même ces délicieuses friandises aux amandes, les fameux amaretti. L'historien de l'alimentation Massimo Montanari puise dans les sources littéraires, les traités de botanique, les traités d'agriculture, les recettes de cuisine et de diététique pour retracer les origines de la prédilection de ses compatriotes pour l'amertume, dont les racines sont à trouver autant dans la paysannerie que dans la noblesse.
Le goût amer se retrouve principalement dans les légumes crus, dans les salades et autres herbes, dont la consommation a caractérisé les habitudes alimentaires et l'alimentation des classes populaires et rurales au cours des siècles. Il est passionnant de suivre l'auteur et de constater combien « l'adoption de modèles paysans par la haute cuisine est un cas tout à fait insolite, qui caractérise l'histoire de la cuisine italienne comme aucune autre ». Dans l'histoire gastronomique de l'Italie, il existe de nombreuses démonstrations d'une influence « du haut vers le bas », du noble vers le populaire, et inversement. Cette « convergence inattendue », ce « subtil partage des goûts entre banquets aristocratiques et tables paysannes », pour reprendre les mots de l'auteur, nous emmène dans un voyage fascinant aux sources de l'amer. -
La chère et l'esprit ; histoire de la culture alimentaire chrétienne
Massimo Montanari
- ALMA EDITEUR
- 6 Avril 2017
- 9782362792236
Au commencement, le Christ des Évangiles est tributaire des normes alimentaires juives. Mais dans une page des Actes des Apôtres, un songe de Pierre libère la communauté chrétienne naissante de ces interdits. Les hommes cependant ont besoin de règles, raison pour laquelle le christianisme au cours des siècles élabore une série infi nie de modèles alimentaires hérités de la tradition juive, de la philosophie grecque et de la science de l'alimentation : rôle du pain et du vin dans l'Eucharistie, rapport à la viande, au sang et au gras, valeur de rachat du jeûne, modes culinaires, y compris monastiques, règles d'abstinence.
Dans cet essai paru en 2015, en Italie, Massimo Montanari parle de questions complexes avec une grande simplicité. Son autorité scientifique l'exonère des démonstrations pesantes et lui permet d'aborder les sujets avec une grande intelligence.
Un sujet d'actualité ; entre l'attirance pour le véganisme ou le végétarisme et les banquets de boudin, hier marqueurs d'anticléricalisme en période de carême, aujourd'hui destinés à discriminer d'autres religions, on voit que l'alimentation n'est pas qu'une affaire de goût.
Traduction de Jacques et Martine Pagan-Dalarun.
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Histoire de l'alimentation
Massimo Montanari, Jean-louis Flandrin
- Fayard
- Biographies Historiques
- 16 Octobre 1996
- 9782213594576
Quand l'Homme a-t-il commencé à cuire ses aliments? Depuis quand peut-on parler de cuisine? A quelle époque les festins sont-ils apparus? Et l'habitude des repas réguliers? Et notre manière de manger, assis sur des chaises autour d'une table haute, chacun coupant sa viande avec un couteau dans son assiette, à l'aide d'une fourchette? Pourquoi d'une société à une autre et d'une époque à la suivante, le choix des aliments, leur valeur gastronomique, leur préparation et la façon de les manger sont-ils si différents?L'alimentation renvoie non seulement à la satisfaction d'un besoin physiologique, identique chez tous les humains, mais aussi à la diversité des cultures et à tout ce qui contribue à modeler l'identité de chaque peuple: elle dépend de leurs techniques de production agricole; de leurs structures sociales; de leurs représentations diététiques et religieuses, et des prescriptions qui en découlent; de leur vision du monde et d'un ensemble de traditions lentement construites au cours des siècles. Les relations entre ces aspects de la culture et les façons de se nourrir ont toujours existé, de la conquête du feu au débarquement de MacDonald en Europe.C'est cette longue histoire que ce livre nous invite à découvrir. Il y sera question de nourriture quotidienne, du rôle du pain, du vin et des épices, de l'art culinaire, mais aussi des famines qui frappaient périodiquement l'ancienne Europe, ou bien des transformations de la consommation alimentaire depuis deux siècles. On y verra que nos ancêtres avaient déjà des livres de cuisine et que les métiers de l'alimentation étaient encore plus nombreux qu'aujourd'hui. On y verra également comment la tradition occidentale s'est peu ou prou nourrie de cultures voisines: celles de la Mésopotamie et de l'Egypte ancienne, de la Grèce et de Rome, des Byzantins, des Juifs et des Arabes, et, finalement, des Américains.Cet ouvrage, auquel ont participé une cinquantaine d'historiens, a été dirigé par Jean-Louis Flandrin, cofondateur de la revue internationale Food & Foodways, professeur émérite à l'Université de Paris VIII _ Vincennes et directeur d'études à l'EHESS, et par Massimo Montanari, professeur à l'Université de Bologne et spécialiste de l'alimentation au Moyen Age.
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Le manger est culture, parce qu'il a inventé et transformé le monde. Il est culture quand il est produit, quand il est préparé et quand il se consomme. Il est le fruit de notre identité et un instrument pour l'exprimer et la communiquer. A travers les multiples manières de produire, de préparer, de consommer et d'interpréter la nourriture, à des époques et dans des lieux divers, Massimo Montanari nous introduit à un aspect essentiel de la culture humaine.
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Entre la poire et le fromage ; ou comment un proverbe peut raconter l'histoire
Massimo Montanari
- Agnes Vienot
- 25 Juin 2009
- 9782353260553
" Ne dis pas au paysan combien le fromage est bon avec les poires " : le proverbe est célèbre dans toute l'Italie mais peu nombreux sont ceux à en connaître véritablement la signification.
Voilà précisément l'objectif de Massimo Montanari. Il prend pour point de départ une apparente incohérence : comment donc un proverbe, texte issu directement de la culture populaire, peut-il exclure le paysan, représentant-même du peuple ? L'auteur part à la recherche d'indices à travers différents traités de diététique, recueils de proverbes, oeuvres littéraires et analyse chaque indication susceptible de le mettre sur la piste.
Entre théories scientifiques, philosophiques et modes alimentaires, Massimo Montanari retrace toute une partie de l'histoire passionante de l'alimentation. Vit, peu à peu, le mystère s'éclaircit. Loin d'être un simple dicton, ces quelques mots véhiculent une notion fondamentale pour l'histoire : la mainmise des classes dominantes sur le peuple. Et l'on voit ici combien celle-ci se traduisait jusque dans le contenu des assiettes.
Le proverbe prend alors une toute autre dimension. Massimo Montanari entraîne le lecteur dans une enquête toute en surprises et en rebondissements, à travers l'univers de la gastronomie.
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« Laissez-vous transporter par les textes d'autrefois. Chroniques, contes, vies de saints et d'empereurs, romans de chevalerie, pièces d'archives ou livres de cuisine. ils racontent des histoires amusantes, dramatiques, édifiantes ou simplement étonnantes à propos de ce sujet central de la vie des hommes de tous les temps : la nourriture et son partage, à table et ailleurs.
Vous y croiserez Charlemagne, saint François d'Assise et Dante, des inconnus, et des personnages de roman, comme Yvain, le chevalier au lion, et bien d'autres encore. » M. M.
Cette succession d'histoires qui se lisent comme autant de contes savants nous font voyager à travers les saveurs du passé.
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La faim et l'abondance. histoire de l'alimentation en europe
Massimo Montanari
- Le Seuil
- Faire L'europe
- 1 Février 1995
- 9782020136143