Act Mem
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Voici un Etre. Obsédé par la vie donc par la mort. Hétéroclite, rafistolé, face au destin de tous, suspendu ! aussi un pauvre, avec la rage. Il croit, ne croit pas au retour du printemps, il ne croit pas, il croit que quelque part un jour -il est l'Aventure du Visage à son début. Comment dire ? Côté poème, un des premiers Sans-Nom ; côté espoir des hommes, la venue dans le lointain d'un vivant nouveau.
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Une femme raconte son arrivée à la clinique, heure par heure le " travail " qui précède l'accouchement, et l'accouchement lui-même, en décrivant l'expérience de la femme confrontée à l'univers médical d'une clinique de maternité.
Ce texte très dense, écrit sans fioriture, est l'un des rares qui témoignent directement de l'expérience physique et psychique d'une femme (en l'occurrence écrivain à part entière) à la naissance de son enfant.
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C'est le face à face, souvent comique, parfois dramatique, d'un maître et de son valet, engagés dans un dialogue sans fin.
Le maître est manifestement un misanthrope, dont le valet essaie de comprendre les propos pour en tirer une signification profonde, ce qui est évidemment tout à fait dérisoire. Le théâtre de l'absurde, aujourd'hui.
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Que chasse-t-elle ? l'insecte, autant dire rien.
Où chasse-t-elle ? en l'air, autant dire nulle part. la voilà décrite. que chassons-nous, nous autres ? des bribes, autant dire rien. où chassons-nous ? dans nos bibliothèques, autant dire nulle part. nous voilà décrits.
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Arsène Droch, directeur d'une usine de volaille, Brit'Butum, employée en CDI et Oyo, le livreur de l'usine se rencontrent pour la première fois...lors d'une grave collision.
Le chauffeur indemne témoigne de ce qu'il a vu. Dans le coma, entre la vie et la mort, Arsène Droch et Brit'Butum, ignorant leur situation antérieure, rejouent et détournent les rapports de domination et d'exploitation, de violence quotidienne au sein de l'usine.
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Ils sont trois ou quatre, filles et garçons, à boire, à parler, de tout et de rien, à la découverte de leur identité. C'est un jeu qui se poursuit à l'infini. « Copyright Electre »
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Lorsque l'abîme se dresse, que la pensée se heurte avec une lucidité sans faille à ce qui la menace, qu'elle se déploie en vain contre le tourment - se retournant contre elle-même -, que l'existence tressaille, réifiant l'effort, quand le bruissement intérieur anéantit progressivement l'idée même d'un avenir possible, quelle réponse opposer, fermement, à l'inexorable ? Léger mieux tente d'échafauder une hypothèse, de résoudre le paradoxe de trois vies auxquelles la création offre bien plus qu'un recours inespéré. Trois portraits, trois destins, trois femmes : Virginia Woolf, Sylvia Plath, Marina Tsvetaieva. Les trois grâces furent-elles Ies soeurs des Parques renvoyées à la nuit ?
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D'entrée de jeu, un télescopage rapide conduit du crime à la naissance, de la naissance au crime. Le récit ne s'embarrasse d'aucun temps mort. Appelés par un mot, par une scène, les décors surgissent à point nommé, puis se défont dans l'après-midi fin de siècle. Ici l'anonymat est la règle ; les lieux ne sont que des passages : chambre d'hôtel, boulevard, salle de cinéma, tribunal, cellule de prison, autobus, appartement squatté. Vivant au jour le jour « dans le gris de l'histoire », dépossédés de leurs propres émotions par le cours accéléré des événements, c'est à peine si les personnages ont le temps de se constituer une identité repérable par un surnom (Le Bouclé, Ange, Fifille, etc.). La violence qu'ils exercent sur les autres ou sur eux-mêmes n'est que l'envers de la nostalgie. À la fin, quand tout est joué, une dernière accélération transforme la souffrance en fait divers.
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Il n'y a qu'une seule sortie au défi politique que posent les réfugiés à l'Europe.
Cette sortie consiste à penser et à mettre en place un droit universel à la mobilité. Avec, en aval, le droit de demeurer (séjour à long terme, le droit d'asile (séjour à moyen terme, le droit de port (rester quelques jours et enfin le droit de passage. Un droit universel à la mobilité gui s'exercerait quelles que soient les raisons du départ : politique, économique, existentielle, culturelle ou religieuse...
Un droit qui aurait pour conséquences immédiates, ici et maintenant : l'arrêt des expulsions, la fermeture des centres de rétention, et la régularisation de tous les sans-papiers. Combattre pour ce droit c'est affirmer que l'identité est autre que territoriale, autre que nationale, que l'identité, pour paraphraser Arthur Rimbaud, le poète aux semelles de vent, " est ailleurs ". Anissa est la transposition théâtrale d'un témoignage recueilli auprès d'une jeune femme somalienne par " l'homme au dedans du dedans duquel " les spectateurs sont invités à rentrer.
Cette jeune femme quitta son pays en 1995 pour tenter de rejoindre, en Europe, un militaire français rencontré lors de l'opération Restore Hope. Anissa parle d'un double exil : celui d'une femme qui fuit la guerre et, pour avoir aimé un étranger, sa famille et ses compatriotes, et qui, depuis la corne de l'Afrique, se heurte, sous sa forme administrative, à la forteresse Europe.
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Au coeur du moment dangereux qui est raconté dans méthode (la première des quatre parties du Serpent Azza), moment de la claire et cruelle vision de sa vie régie par une répétition implacable, la narratrice - qui pourtant ne trouve plus depuis longtemps d'autre bonheur que de n'y être que pour ses feuilles là-bas...
Son cahier... - se laisse tenter (c'est le printemps!) par ce qui ne sera, espère-t-elle, qu'une "petite sortie", tranquille, agréable, reposante peut-être, en compagnie de quelques amies proches. Mais ces amies qui n'auraient pas posé de questions ont amené avec elles une inconnue, une mère, une curieuse, qui en pose, elle, et à laquelle il faut répondre! Alors "voilà des pans entiers, des années!" qui se précipitent...
Toute sa vie, de A à Z, de Z à A, parcourue en tous sens!
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Ici le livre commence à l'envers du temps.
De Sara Gemma à Fleuve renversé - il remonte vers le commencement - jusqu'au jour d'une violence furieuse - en passant par éclat rançon. maison à deux genoux. la Sorte. désert fleuve respirés. le livre du vrai. guerre trouvée. le livre de Lioube. lou des forêts. Syeeda. verres. couleurs pliées -. poème, c'est comment ? comme on arrête la vibration, quand elle met à nu l'écriture. et comme on voit la langue, quand elle touche les choses mêmes.
Ou quand le son est tout au bord - les livres sont inclus les uns dans les autres : les yeux et les corps aussi - depuis l'année 2010 jusqu'à septembre 1939 -
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Deux nuits de suite, nous avions joué au poker. Dans la villa du conseiller. Et c'était la troisième nuit. Une porte battait derrière ma chaise. « Copyright Electre »
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La question du nihilisme domine incontestablement - et sans doute aujourd'hui plus que jamais - l'horizon de notre temps. Elle reste indéfiniment ouverte et sans cesse à reprendre.
Cet essai, qui réunit des contributions théoriques et poétiques d'écrivains aussi différents que Philippe Forest, Claude Minière ou encore Martin Rueff et Isabelle Zribi, traverse et surmonte ce que Georges Bataille nommait "le début d'une désertion".
Quel est l'espace possible pour un écrivain et pour sa pensée aujourd'hui où la destruction du monde, ou encore sa destitution, semble probable oe
Comment dans un temps tragique ne pas donner prise à la tragédie oe
Et n'est-ce pas le déploiement du chant poétique qui s'oppose le mieux à toutes formes de négation oe
Ce livre ne mêle pas sa voix à la foule. Des vérités singulières s'expriment librement, ne se réduisant jamais aux goûts et aux impératifs de "la société du spectacle".
Il laisse surgir une parole qui nous concerne tous et varie selon les vies que l'on souhaite mener.
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Tout ça, c'est des états d'âme, et l'essentiel est incontestablement ailleurs. Mais soyons honnêtes, c'est peut-être bien à cause de ces états d'âme que nous courons après le poème oe... et pour ce qui est de l'essentiel, ma foi, qu'on soit ou non en train d'écrire, l'essentiel est toujours ailleurs.
Anne Talvaz.
Ce recueil est le quatrième d'Anne Talvaz, poète et traductrice de l'anglais, reconnue parmi les plus douées de la nouvelle génération. Née à bruxelles, elle vit en région parisienne, où elle exerce d'ailleurs le métier de traductrice.
Très nombreuses collaborations aux meilleures revues : Poésie 88, Banana Split, Action poétique, If, La NRF, La traductière, Le Nouveau Recueil, Petite...
Traduction en français de poètes britaniques (Douglas Oliver, Ken Edwards, Emily Brontë, Tony Harrison, etc), américains (John Ashbery, Sylvia Plath, Keith & Rosmarie Waldrop, Charles Reznikoff, etc), australiens, espagnols et latino-américains.
Elle a traduit en anglais de nombreux poètes français : Marie Etienne, Tita Reut, Véronique Pittolo, Claude Ber, Jacques Dupin, Jude Stéfan, Michelle Grangaud, Joseph Guglielmi...