Dictionnaires / Encyclopédies / Documentation

  • S'imprégner du quotidien de Naples ne peut laisser indifférent tant la vitalité de la ville s'impose. Lieu de création pour des centaines d'artistes et d'intellectuels, « paradis habité par les diables » d'après les banquiers florentins, enfer cauchemardesque pour les esprits rigoureux, Naples soulève des sentiments rarement modérés, en bien comme en mal. Peu d'endroits au monde sont pourtant aussi méconnus, aussi pétris d'idées reçues. Des Grecs aux Romains, en passant par les Normands, des empereurs germaniques aux rois angevins, aragonais et bourbons, chacun y a laissé une forte empreinte, et jusqu'au xixe siècle, la ville a été une des grandes capitales de l'Europe.

  • Cet ouvrage sur les libellules est particulièrement original. Alain Cugno, philosophe, écrivain, et depuis plusieurs décennies spécialiste des libellules, évoque ce monde merveilleux des « odonates » dans un style profond, vivant et passionné, qui intéressera tant les philosophes que les poètes (parfois les historiens des sciences) et les scientifiques les plus exigeants. Toutes les espèces du territoire métropolitain (environ 90) sont décrites avec rigueur. L'auteur passe en revue l'ensemble des genres et des espèces qu'ils renferment, et donne une grande clé de détermination des espèces, clé dont le fonctionnement inédit a été inventé, affiné et perfectionné durant des années d'observations. Chacune est illustrées à l'aquarelle (30 pl., trois espèces par planches) par Vanessa Damianthe, spécialiste du dessin naturaliste de haute précision.
    Évidemment, toutes ces odonates de France métropolitaine se retrouvent dans le classique Guide des libellules de France et d'Europe de Dijkstra et Lewington (Delachaux & Niestlé, 2007, avec nombreuses rééditions). Mais il s'agit-là d'un ouvrage purement scientifique, ne pouvant intéresser que les spécialistes de l'odonatologie. Le livre d'Alain Cugno et Vanessa Damianthe semble, par son mélange harmonieux de la poésie et de la science R credo de la collection « De Natura rerum » R pouvoir toucher tous les amoureux des « choses de la nature ». Un ouvrage créateur de vocations par excellence.

  • Le haut Moyen Âge de la Chine, qui s'étend du IIIe au VIe siècle de notre ère, représente une période particulièrement troublée sur le plan politique. Elle voit en effet s'établir sur le sol chinois une vingtaine d'États plus ou moins éphémères, dont certains sont fondés par des populations étrangères venues des steppes nordiques. Ces quelques siècles n'en sont pas moins extrêmement riches et bouillonnants du point de vue culturel. Pendant cette période, le bouddhisme s'acclimate au sol chinois et le taoïsme se constitue en véritable religion organisée. La littérature connaît d'importants développements, notamment dans le domaine de la poésie et de la prosodie. L'art bouddhique rencontre un âge d'or et donne lieu à de splendides réalisations sous la dynastie des Wei du Nord. La culture de cour qui se développe dans les États chinois du Sud exerce quant à elle une influence profonde sur les arts, qui se maintient pendant des siècles, notamment sous les Tang.

  • Inspiré de la notion de biodiversité, le terme « bibliodiversité » fait référence à un ensemble de publications variées dans le paysage éditorial, représentatives d'un système culturel équilibré où toutes les voix peuvent s'exprimer. Aujourd'hui, l'uniformisation des médias et la concentration des secteurs de l'édition et de la librairie favorisent le développement d'une culture standardisée et soumise, à grand renfort de campagnes marketing, à des exigences de rentabilité plus que d'originalité et de qualité. En quête d'une autre voix, les petits éditeurs indépendants entendent bien maintenir la diversité culturelle.
    S'inspirant de son propre parcours, l'auteure, militante féministe australienne et éditrice indépendante engagée, fait ici le lien entre l'évolution de la place de la femme dans notre société et la bibliodiversité, entre l'oppression des femmes et celle des créations à la marge, dédaignées par les poids lourds de l'édition. À l'heure du numérique et de l'autopublication, elle rappelle les fonctions indispensables de relecture et de mise en forme assurées par l'éditeur, qui garantissent la qualité d'un ouvrage. Elle s'attache aussi à mettre en avant les talents d'innovation des petites structures indépendantes, développant une nouvelle forme d' « écologie de l'édition » en marge des grosses structures vers une véritable bibliodiversité du XXIe siècle.

  • « Qui, parmi les femmes et les hommes politiques, qui, parmi nos « discoureurs » de télévision, bref, qui, parmi tous les grands ignorants qui occupent la plupart des tribunes, peut prétendre donner des leçons de français à qui que ce soit ?
    Sans parler de celui pour qui ils ont voté, ou pire, qu'ils ont laissé élire, et dont le parler est une perpétuelle insulte à notre langue. Qui est Victor Hugo aujourd'hui ? Qui est Lamartine, Jaurès, Blum ? À part peut-être Arnaud Montebourg, ils parlent tous mal le français. C'est triste mais c'est comme ça.
    Les citoyens le savent et, hélas, s'y Quel farouche grammairien s'exprime ainsi, quel défenseur ringard de la vieille langue française ? Ne cherchez pas, cher lecteur, chère lectrice: c'était, dans le 2011, la grande théâtreuse Ariane Mnouchkine, qu'on ne peut vraiment pas considérer comme une personne rétrograde et éprise du français guindé et puriste d'avant tant fait, avec Hélène Cixous, pour mettre en scène de magnifiques spectacles et faire connaître au grand public du Théâtre du Soleil les beautés vivantes de notre idiome !
    Cela me rend tout à fait à l'aise pour vous présenter la réédition, ou plutôt la refonte complète, de ce dictionnaire des difficultés du français la première fois il y a quarante ans, sous la houlette d'Alain Rey et d'Henri Mitterand, chez l'éditeur Tchou. Cette remise à jour était nécessaire, parce que le monde change, la société également et par voie de conséquence notre moyen principal d'échange entre citoyens et ressortissants de France et de Navarre, de la francophonie en un mot. Le français est en crise, dit-on: mais il l'est depuis toujours, le langage épousant étroitement les fluctuations du monde conte complexe qu'il exprime (et qui l'exprime), et il faut en finir avec le thème confortable mais mythique d'une langue parfaite et fixée pour l'éternité à partir d'une époque dite classique, quelle qu'elle soit. Il ne s'agit pas ici de « donner des leçons de français » à qui que ce soit, mais de montrer, de commenter, d'expliquer et d'illustrer les difficultés inhérentes à toute langue et en ce qui nous concerne, à la langue française. » JP Colin

  • Il existe depuis la fin des années 1950 un Dictionnaire historique de la terminologie géométrique des Grecs, de Ch. Mugler, en deux volumes (Paris, Klincksieck, 1958-1959) ; le Dictionnaire de la terminologie latine ancienne de l'arithmétique et de la géométrie que publient Les Belles Lettres concerne, de façon comparable, le vocabulaire latin de ces deux sciences mathématiques. Dès les années 100 apr. J.-C., on observe une tentative de traduction systématique des données géométriques euclidiennes en latin, dans l'ouvrage mutilé d'un certain Balbus, spécialiste romain de l'arpentage. Mais dès le Ier s. av. J.-C., Cicéron avait déjà joué un rôle important dans la création du vocabulaire mathématique latin, souvent par calque revendiqué des modèles grecs. Dans les années 500, l'oeuvre du grand Boèce constituera encore une documentation précieuse par l'utilisation qu'il fait du vocabulaire latin des mathématiques, et spécialement de l'arithmétique. Des termes que nous employons aujourd'hui assez fréquemment, même dans le langage courant, comme « corollaire » ou « proportion », sont des créations d'auteurs latins que l'on peut identifier, destinées à rendre des concepts apparus dans les mathématiques grecques. Une fois constituée, la terminologie latine de l'arithmétique et de la géométrie a connu une certaine permanence, puisqu'on l'observe encore dans la langue des grands auteurs comme Pascal.

  • Après Flaubert et son Dictionnaire des idées reçues, Ambrose Bierce et son Dictionnaire du Diable, voici Le glossaire des princesses, ouvrage hautement subversif, où le mauvais esprit le dispute volontiers à l'érudition.
    Historiques, réelles ou imaginaires, animées ou « paparazzées », les princesses, qui représentaient - avant Simone de Beauvoir - peu ou prou la moitié de l'humanité, sont ici étudiées avec le sérieux d'un entomologiste ivre : de A comme « anus » à Z comme Zahia, en passant par le « S » de Sarkozy et ses rapports tendus à la princesse de Clèves.

  • Ché b1 kC hot 2 find I'ss d'7 fraze... CmM 1posibl ! Tu l vE ? E ba reuch ds c'dico*. Si vous n'arrivez pas à comprendre cette phrase, ne vous affolez pas ! Il est encore temps de réagir. Analphabètes du SMS, coincés du chat, cette nouvelle édition enrichie du Dictionnaire insolite français-SMS est pour vous. Petit, pratique et drôle, il vous apprendra facilement à vous débrouiller dans la langue phonétique préférée des ados. Un dito utile et clair avec des exercices de traduction pour les futurs accros du réseau.

  • À mi-chemin entre l'analyse des commentaires métalinguistiques et celle des textes, entre syntaxe et sémantique, entre synchronie et diachronie, cet ouvrage étudie le dossier complexe de la variation.

  • Ce dictionnaire se présente comme l'outil indispensable nécessaire à l'enseignement de la langue corse dans ce sud très riche en histoire et très attaché à ce qui d'aucuns qualifient fallacieusement d'archaïsmes.
    Les auteurs ont, dans un souci de cohérence, dépassé aussi le cadre du simple lexique pour aborder des notions syntaxiques.
    Il ne s'agit pas de nier qu'il existe une langue corse, parlée sur tout le territoire insulaire, qui obéit à un seul code de transcription, et qui se plie comme toutes les langues, à des règles grammaticales et linguistiques précises. Toutefois, les parlers talavesi et rucchisgiani présentent des spécificités incontournables, qui, si elles n'étaient pas respectées dénatureraient complètement les parlers en question, et nieraient ainsi la qualité d'un patrimoine oral important, traduisant des réalités historiques, géographiques, culturelles.
    D'autre part pour mieux cerner les origines de la langue corse d'aujourd'hui, essentiellement romane, les auteurs ont choisi de faire figurer l'étymologie de certains mots français ce qui permet au lecteur d'effectuer les rapprochements ou au contraire de constater les différences existant entre le mot corse et le latin, le grec, parfois aussi d'autres langues, l'histoire jouant un rôle prépondérant dans l'évolution de tout idiome. Le substrat pré-indo européen du corse reste surtout visible dans la toponymie, source précieuse pour notre connaissance de cette langue première, aujourd'hui disparue à quelques exceptions près.
    Il semble en effet primordial pour tout peuple de garder sa langue, les structures de celle-ci, sa construction logique car cette même langue porte et transcrit la vision du monde de ceux qui la parlent. Elle dit l'imaginaire et les rêves, les valeurs et les peurs, et depuis des millénaires porte la parole des hommes issus d'un territoire qui ne fait qu'un avec ce qu'ils sont.

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