Religion & Esotérisme

  • Le salafisme s'est tragiquement imposé à nous. Cette nébuleuse regroupe autant de noms que de concepts différents : Daech, Wahhabisme, Etat Islamique, Jihadisme... qui sont parfois difficile à comprendre, Grâce à la liberté de ton et à l'érudition d'Azmi Bishara on découvre ce courant de pensée qui prône le retour au mode de vie des « pieux ancêtres », allant du fondateur de cette doctrine au XIIe siècle jusqu'à ses successeurs d'aujourd'hui.

  • La découverte inespérée des registres du collège Gambetta, grâce à l'acharnement de Claude Smadja, l'un des initiateurs du Comité Tlemcen, a permis que le nom de ma soeur Bella soit gravé avec ceux de ses camarades d'école assassinés comme elle

  • - Joseph Moingt est l'auteur d'un bestseller chez Temps Pre%sent : « Croire quand me)me », vendu a- 20 000 exemplaires. C'est un the%ologien de re%putation internationale., une personnalite% du monde catholique. Il est a)ge% de 102 ans.
    - Le livre paraî)t a- la pe%riode des cadeaux de Noe4l.

  • À dix-sept ans, j'étais anti-conformiste, empoisonnant, impossible, incrédule, coupeur de cheveux en quatre, intransigeant, colérique, plein d'idées délirantes, et toujours prêt à me disputer avec mes camarades et à conduire mes aînés au bord de la rage et du désespoir.
    Tout de même, je devais aussi avoir quelques qualités.
    J'étais aussi innocent - pas seulement inexpérimenté, mais innocent dans la mesure où la haine m'était étrangère. C'était aussi le cas de mes deux frères ; nous n'avions aucune haine. Quant à l'expérience, c'est une qualité que tout le monde acquiert en cours de route.
    Et j'étais devenu écrivain ; j'entendais le rester. Je n'avais jamais imaginé être quoi que ce soit d'autre, c'était bien la seule chose dont j'étais capable dans cette vie.

  • Soulever la question de la religion en prison en France, c'est immédiatement évoquer la surreprésentation supposée des musulmans, ainsi que celle de leur non moins supposée dangerosité potentielle.
    La cause semble entendue : la prison est le creuset de la radicalisation.
    Les antécédents judiciaires des auteurs des massacres commis au nom de l'islam en France depuis 2012 ont très largement alimenté cette thèse. Bien que les trajectoires de radicalisation ne passent pas nécessairement par la prison, le débat public laisse penser que les prisons sont devenues des « universités du jihad ». L'incarcération de plus de 500 personnes pour faits de terrorisme islamiste depuis 2014 et les agressions de surveillants par des détenus radicalisés n'ont fait qu'amplifier ce climat d'anxiété générale. Quel que soit le traumatisme provoqué par le terrorisme, la peur est mauvaise conseillère. Car c'est bien le spectre du terrorisme qui, des années 1990 aux années 2000, a fait émerger l'idée que l'islam est la première religion carcérale et surgir les décomptes à la rigueur douteuse des musulmans incarcérés.
    C'est encore elle qui a été le moteur de l'organisation d'une offre institutionnalisée d'islam, livré jusqu'au début de ce siècle à l'attentisme et aux traitements discrétionnaires des acteurs de terrain.
    Cet ouvrage ne se contente pas de pointer les effets pervers de la politique carcérale concernant l'islam telle qu'elle s'est mise en place depuis les années 2000. Il interroge aussi la manière dont l'univers carcéral conditionne la pratique religieuse. Si la prison produit une intensification du rapport au religieux, c'est peut-être que celui-ci s'offre comme une ressource pour affronter l'épreuve carcérale. À travers cette intensification, dont on montrera qu'elle peut se faire pour le pire comme pour le meilleur, se lit aussi la faillite de notre prison qui n'a de républicaine que le nom. La question de la radicalisation, qui aurait pu être l'occasion de réfléchir à notre vision de la peine, est une nouvelle illustration de l'abandon de l'ambition resocialisatrice de la prison au profit de ses seules fonctions d'expiation et de neutralisation.

  • En deçà de la profusion des religions, des Eglises et des sectes historiques, la religion tient à la nécessité pour les sociétés humaines de se créer des symboles et des interdits pour lier leurs membres et refouler leur violence. On peut donc voir dans cette combinaison de symbolique et de sacré, comme dans les langues d'Esope, la meilleure ou la pire des choses, une exigence anthropologique ou un obstacle à l'historicité. La modernité avait espéré dépasser cette ambiguïté par le progrès de la rationalité ou la réalisation d'utopies politiques qui promettaient un monde de valeurs univoques.
    Leur disqualification permet d'entrevoir les raisons socioanthropologiques des transformations de ce refoulé reliigieux, qui ne nous avait jamais vraiment quitté et avec lequel il faudra réapprendre à vivre.

  • - Actualite : proces en appel du cardinal Barbarin le 28 / 11/ 2019 - Les eglises se vident et les scandales se succedent, laissant l'institution demunie et les croyants abasourdis.
    Pour inciter l'É-glise a sortir de son impuissance et aider les fideles a depasser la tristesse et la colere, un journaliste et une universitaire catholiques de deux générations publient cet appel.

  • C'est un témoignage unique dans lequel Jacques Noyer, évêque émérite d'Amiens, revisite sa vie personnelle et sacerdotale, à l'âge de 93 ans. Il évoque son enfance et ses racines, au Touquet - où il était devenu ces dernières années le confident d'un certain Emmanuel Macron - et développe les raisons de son attachement à l'Eglise catholique et les sources identifiables de sa foi. Il n'hésite pas à aborder, plus franchement que jamais, les doutes, déceptions et colères qu'ont soulevés des décisions prises par la hiérarchie catholique.
    Par exemple dans la faiblesse de la demande de pardon adressée aux victimes de prêtres pédocriminels. Il défend aussi des positions audacieuses, telle que le mariage des prêtres, avec des arguments plutôt originaux. Et reconnaît avoir eu une vie amoureuse après être lui-même devenu prêtre. Jacques Noyer est décédé en juin 2020 alors qu'il était en train de terminer le dernier chapitre de ce livre.

  • Deux mille ans de monothéisme nous ont habitués à croire que Dieu ne pouvait être qu'unique, exclusif, vrai. En revanche, les polythéismes antiques envisageaient la possibilité de faire correspondre entre eux dieux et déesses provenant de différentes cultures (l'Artémis grecque et la Diane romaine, l'Égyptienne Isis et la Grecque Déméter), ou même d'accueillir des divinités étrangères dans leur propre panthéon. Cette disposition à l'ouverture a fait que le monde antique, même s'il a connu les conflits, voire les carnages, est resté étranger à la violence de nature religieuse qui a, au contraire, ensanglanté les cultures monothéistes et continue de le faire. Serait-il possible aujourd'hui de puiser aux ressources du polythéisme pour rendre plus faciles et sereines les relations entre les différentes religions? Si l'on part du principe que les dieux sont nombreux, il n'est plus nécessaire d'affirmer que ceux des autres sont de faux dieux ou des démons... On peut dès lors se demander si l'adoption de certains cadres mentaux propres au polythéisme ne contribuerait pas à réduire, au sein de nos sociétés, le taux de conflictualité entre les diverses religions monothéistes et entre leurs subdivisions internes.

  • Son originalité est d'avoir réuni deux histoires personnelles en une. La première est celle d'un jeune couple de Juifs polonais qui, fuyant la progression de l'armée hitlérienne en septembre 1939, part à l'Est, revient en 1941 à Varsovie dans le ghetto, arrive à survivre aux rafl es, aux déportations, aux camps, et en 1945, en négligeant les démons profondément enracinés dans la société polonaise, décide de revenir et vivre à Varsovie parce qu'il croit à la promesse d'un avenir meilleur... La deuxième histoire est celle de l'auteure à qui, enfant, on n'a rien dit, les uns pour la protéger, les autres pour façonner l'Histoire au service de l'auto-justifi cation d'un régime totalitaire.

  • Ne croyez pas - sous prétexte que vous avez réglé leur compte aux dieux, avec ou sans linceul de pourpre, en quatre coups de cuiller à pot, et mis l'univers en bouteille, et parce que vous vous faites fort d'exorciser toute chose en l'appelant par son nom, comme on sonne un domestique, et de regarder le soleil bien en face quand ça vous chante - ne croyez pas que c'en est fait pour autant de l'Ombre inexorable qui vous hante et vous guide à chaque pas, lors même qu'elle semble vous suivre comme un chien.
    Voici l'éternelle Astrologie, à quoi beaucoup de sagesse vous ramène - si un peu de science vous en éloigne. Ainsi soit-il ! Léon-Paul Fargue, dans cet avant dernier livre, jamais repris, vient "rechercher l'illustration vivante des décrets astrologiques". Il y fait briller autant de constellations qu'il aura eu de vies à remplir et donne, par une ivresse verbale, une vision cosmique aussi sérieuse que cocasse : après Paris, ce sont les astres qu'il arpente pour y promener son "âme délinquante et ? ère".
    Pour cette édition Pierre Alechinsky réalise douze encres reproduites en pleine page.

  • Qui étaient les gnostiques ? Et comment le mouvement gnostique a-t-il influencé le développement du christianisme dans l'Antiquité ? L'Église at- elle rejeté le gnosticisme ? La somme de David Brakke présente une définition inégalée en France sur les gnostiques.
    Ce livre offre une incursion éclairante dans les débats les plus récents à propos du « gnosticisme » et de la diversité du premier christianisme. En reconnaissant que la catégorie « gnostique » est imparfaite et doit être reconsidérée, David Brakke plaide pour un rassemblement plus prudent des preuves sur le premier christianisme, connu comme école de pensée gnostique. Il met ainsi en évidence la manière dont le mythe et les rituels gnostiques se sont adressés à des questionnements humains élémentaires (notamment à propos de l'aliénation et du sens), répandant le message d'un Christ sauveur et permettant aux hommes de regagner leur connaissance de Dieu en tant que source ultime de l'être. Plutôt que de dépeindre les gnostiques comme des hérétiques ou comme les grands perdants de la lutte pour la définition du Christianisme, David Brakke soutient la thèse d'une réelle participation des gnostiques dans la réinvention en cours de la religion monothéiste. Si les autres chrétiens ont pu rejeter les idées gnostiques, ils les ont aussi et surtout adaptés et transformés.

  • En 1974, Günther Anders, s'adressant à des non-Juifs, entreprend à la fois de raconter et d'éclairer l'héritage qui fut le sien : fruit de plusieurs générations de Juifs allemands qui avaient cru à l'assimilation, ayant découvert son identité à travers le rejet violent de ses condisciples chrétiens, puis persécuté par le nazisme et exilé définitif, il se décrit comme l'un des « derniers Juifs » ayant regardé l'Allemagne comme leur patrie, « la langue allemande comme la langue, la musique allemande comme la musique ». Résolument sans dieu ni religion, et pourtant ne supportant pas l'idée de renoncer à sa judéité, Anders s'interroge ici sur les conséquences en lui du messianisme et sur la force morale et intellectuelle que la situation des Juifs assimilés donne à des êtres qui ont dû briser les tabous de l'orthodoxie. Cette très belle introspection, reliée à une conscience aigue de l'histoire, le conduit à examiner des thèmes aussi divers que la notion de « peuple élu », son aversion pour les icônes ou les risques du projet sioniste.
    Ce volume, constitué de plusieurs textes, comprend également une nouvelle intitulée Learsi (anagramme d'Israël), fable philosophique comme les aime Anders, dans laquelle son héros, Learsi ne parvient jamais à se faire une place dans le pays étrange de Topilie.
    Nous avons également joint en annexe des poèmes et deux lettres : l'une adressée en 1948 à son neveu qui vient de naître à Jérusalem, avec pour instruction de la lire lors de ses 15 ans, et le mettant en garde contre les possibles dérives liées à l'institution d'un État juif ; l'autre datant de 1982 et publiée alors dans la presse, adressée à la communauté juive de Vienne.

  • Livre essentiel, avec lequel Fethi Benslama fait le point sur une vingtaine d'années de travail. Travail exemplaire qu'il n'y a que lui à mener, lequel consiste à ne pas tenir pour rien les aspects fondamentalement subjectifs qui président à tout conflit ; dans le cas présent aux conflits qui dévastent les terres d'Islam. Des Musulmans, comme il est trop communément convenu de dire en Occident, suffit-il de parler en termes historiques, sociaux, économiques, géo-politiques ? Autrement dit : de masses ? Que peut-on en apprendre de déterminant en se servant des outils de la psychanalyse, par exemple ? Outils dont Fethi Benslama use ici d'une façon qui fera date, comme a fait date son livre La Psychanalyse au risque de l'islam.

  • On s'entre-tue plus que jamais au nom de Dieu et de ses divers prophètes sur cette fichue planète. Partout, même au « pays de Voltaire », les fanatiques de tout poil - à barbe, papillotes ou tonsure - tentent d'imposer leur morale sépulcrale, fondée sur des fables puériles et les plus absurdes superstitions. L'opium du peuple est devenu l'amphétamine des fous de Dieu.
    Certes, le retour du religieux se nourrit des multiples névroses et frustrations qu'engendre la société marchande... Et certes, le commerce de la foi prospère grâce à l'ignorance crasse et à la jobardise des croyants... Mais ce n'est pas une raison pour accorder des circonstances atténuantes à ceux qui vendent du vide à ces gogos et les manipulent : prêtres, imams, rabbins, gourous et autres bonzes, dont la cause commune, le grand oeuvre ténébreux, le but affiché ou secret, demeure l'asservissement de l'humanité.
    Les 144 citations rassemblées dans ce petit recueil constituent une réfutation plurielle - tantôt sévère, tantôt souriante - de la notion de Dieu et des sectes qui s'en réclament, mais aussi une dénonciation des mystagogues qui en vivent et des illuminés qui en meurent. Pour choisir ces aphorismes et propos, nous avons mis à contribution quelques-uns des innombrables esprits libres qui ont signalé, au fil de leurs écrits, l'imbécillité et l'hypocrisie qui forment la substance de toute religion.
    Ce livre fait suite, par sa forme et son esprit, au précédent recueil de citations publié par L'insomniaque en 2015, Le Réveil sonne : première humiliation de la journée.
    À l'heure où le discours religieux dicte à nouveau de plus en plus de comportements et s'immisce dans un débat politique public où il n'a rien à faire, tous les incroyants et les impies, les bons vivants et les blasphémateurs, encore majoritaires dans ce pays, se retrouveront dans ce rappel salutaire de la nocivité de toutes les religions.

  • Carnet de guerre d'un officier en première ligne lors du siège le plus long qu'ait connu une capitale à l'époque contemporaine, Vent glacial sur Sarajevo est un témoignage sans concession sur l'ambiguïté de la politique française durant le conflit en ex-Yougoslavie.

    Cette « capitale assiégée que nous n'avons pas su protéger », Guillaume Ancel la rejoint en janvier 1995 avec un bataillon de la Légion étrangère. Sarajevo est encerclée depuis déjà trois ans et sa population soumise aux tirs quotidiens des batteries d'artillerie serbes. L'équipe du capitaine Ancel a pour mission de guider les frappes des avions de l'OTAN contre elles. Des assauts sans cesse reportés, les soldats français recevant à la dernière minute les contre-ordres nécessaires pour que les Serbes ne soient jamais inquiétés. Sur le terrain, les casques bleus français comprennent qu'on ne leur a pas tout dit de leur mission et se retrouvent pris au piège.

    « Six mois d'humiliation » résume Guillaume Ancel qui dresse un constat sévère des choix faits par le gouvernement d'alors. En témoignant de l'opération à laquelle il a participé, il raconte ces hommes, ces situations, cette confusion et le désarroi qui, jour après jour, ronge ces soldats impuissants.

  • Élément décisif de la compréhension juive de l'Histoire, l'attente messianique a connu au cours des temps les expressions les plus diverses. Gershom Scholem étudie dans cet ensemble d'essais les mutations profondes qu'elle a subies, l'apparition des nombreuses utopies qu'elle a suscitées, et s'interroge sur le sens de cette idée dans l'oeuvre des maîtres du judaïsme contemporain, comme Buber ou Rosenzweig. À travers ce thème privilégié, il propose une formidable ouverture à la grande tradition culturelle juive.

  • Judaïsme et révolution

    Yvan Segré

    • Fabrique
    • 21 Octobre 2014

    On a coutume d'opposer Athènes et Jérusalem, la philosophie et la Bible, la raison et la foi, etc.
    Faisons table rase, partons d'une autre axiomatique : il y a deux sexes, il y a deux classes.
    Réexaminons, depuis cet axiome, l'apport de la philosophie, de la Bible, de la psychanalyse, à notre connaissance de ce réel : homme/femme, dominant/dominé.
    Dans Le désir ouvrier de la philosophie, Ivan Segré, philosophe et talmudiste, poursuit une lecture de Spinoza, de Marx ou de Freud, mis en regard des textes de l'antique tradition hébraïque (composée de la Bible et du Talmud).
    Il y est aussi question, bien entendu, du christianisme, singulièrement de Paul, et de Lacan.
    Il y est en revanche peu question de Mahomet et de l'islam, pour des raisons historiques : le Talmud se clôture au vie siècle, l'islam apparaît au viie. L'examen est donc reporté.
    Mais le principe est le même : les véritables divisions ne sont pas entre juifs, chrétiens, musulmans, etc., ou entre religieux et laïcs, elles sont transversales, divisant les identités elles-mêmes. Car ce qui divise réellement, ce qu'il importe de penser, c'est ce réel :
    Homme/femme, dominant/dominé. Analysant conjointement les textes plus antiques et les plus modernes, l'auteur s'interroge sur les invariants de la pensée émancipatrice.

  • Moïse

    Martin Buber

    « Si nous voulons apprendre de première main qui était Moïse et quelle a été sa vie, il nous faut recourir à la lecture du récit biblique. Les autres sources n'entrent pas sérieusement en ligne de compte. Nous ne disposons pas ici du moyen le plus important en d'autres circonstances pour obtenir la vérité historique :
    La possibilité de comparer les récits. Ce qui est préservé de la tradition d'Israël concernant les débuts de son histoire est contenu dans ce livre unique ; des peuples avec lesquels Israël est entré en contact au cours de l'exode d'Égypte en Canaan que ce livre relate, aucun fragment d'une chronique remontant à cette époque n'a été conservé, et dans la littérature ancienne de l'Égypte on ne peut trouver aucune allusion à ces événements. Mais le récit biblique lui-même diffère essentiellement dans son caractère de tout ce que nous sommes portés à considérer comme une source historique utilisable ; les événements qu'il rapporte ne peuvent pas s'être passés, tels qu'ils sont rapportés, dans le monde humain avec lequel l'histoire nous a familiarisés. La catégorie littéraire dans laquelle notre pensée historique doit les ranger, c'est la légende, et quand on parle de celle-ci, on admet généralement qu'elle est incapable d'engendrer en nous la représentation d'une succession de faits. » Martin Buber

  • Mahomet

    Pierre Bayle

    «Mahomet» est l'un des articles du célèbre Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle, donc une réédition partielle a paru en 2015 aux éditions des Belles Lettres. Ce Dictionnaire traitant tout particulièrement de philosophie et de religion (Bayle étant un spécialiste des religions, et l'un des premiers vrais «historiens des religions), il était fort logique que son auteur dédie un article au Prophète. Il s'agit en fait de l'un des plus longs articles du Dictionnaire (qui comptent 3 000 entrées), bien plus long que ceux consacrés aux philosophe (anciens ou contemporains de Bayle). Mahomet est non seulement une histoire du Prophète mais aussi une très très longue réflexion sur les origines de l'islam, ses coûtumes et surtout ses relations avec l'Occident. Bien évidemment, l'histoire officielle de Mahomet s'est précisée depuis l'époque de Bayle (en cela la biographie n'est plus vraiment à jour) ; en revanche, les réflexions de Pierre Bayle sur l'islam sont, elles, d'une grande actualité. Fort de son «scepticisme» consistant prendre du recul sur les religions et à les analyser objectivement, le Mahomet de Pierre Bayle est une analyse pointue des vices et des vertus des religions, au-delà du seul islam. Aucune réflexion sur les images (prétendûment interdites) du Prophète ici - l'objectif de Bayle est ici de resituer dans l'histoire des idées la juste place d'une religion. En cela, compte tenu des tentions religieuses de ce début de XXIe siècle, ses réflexions restent de premier ordre pour penser les religions - plus finement que ce que fait Voltaire avec sa «tolérance».
    Compte tenu de l'ancienneté de ce texte, une très longue préface précédera le texte et remettra en perspective les pensées de Bayle sur les religions. Cette longue préface sera écrite par Milad Doueihi, auteur de plusieurs livres au Editions du Seuil sur l'environnement numérique contemporain, mais qui est aussi (et initialement) un spécialiste de l'histoire des religions et de Pierre Bayle. Il s'agira donc d'une longue préface montrant de quelle manière il est utile de penser les religions en lisant Bayle - car au-delà de l'histoire des religions, il s'agit bien entendu ici de parler d'histoire des idées. Il ne sera question nulle-part, ici, de caricatures, d'images, de djihad ou de guerre de religions - mais uniquement d'histoire et d'idées. La mise en page d'origine du Dictionnaire, d'un grand format tabulaire, a été repensée pour offrir au lecteur contemporain un texte mis en page de manière lisible.

  • Dans cette synthèse magistrale, Eliezer Berkovits (1908-1992), un des grands rabbins et philosophes juifs du XXe siècle, analyse avec clarté les enjeux profondément humains de la Loi juive, la halakhah. Sa réflexion est nourrie de ses responsabilités de grand rabbin de Berlin en 1939, où il mesura comment une application trop rigide de la loi avait des effets catastrophiques pour certains juifs mis dans l'incapacité d'émigrer. Ces impasses le hanteront et inspireront une bonne partie de son oeuvre ultérieure, qu'elle porte sur le get (acte de divorce) et la condition des femmes ou le statut de la halakhah dans le contexte de la Shoah.
    Explorant les diverses techniques d'exégèse employées par les rabbins pour faire évoluer le droit, il s'interroge sur la notion d'autorité et la place de la halakhah dans une société démocratique.
    Il montre, dans le droit fil de la tradition rabbinique, que la Loi juive est toujours en construction puisque, suivant un fameux passage du Talmud, « la Torah n'est pas au ciel ».
    Ces pages posent admirablement le problème de la dimension éthique de la vie juive. La morale ne saurait être dissociée de la halakhah, autrement dit de ce « pont par lequel la Torah passe de l'écrit à l'acte vivant ». Ce cheminement est la loi même : le droit est toujours une négociation entre l'absolu juridique et des circonstances variables. Il doit être à chaque fois réinterprété et réinventé. À l'heure où l'université française commence à s'intéresser aux spécificités du droit talmudique, cet ouvrage préfacé par le rabbin et philosophe Joseph Isaac Lifshitz comble une lacune et permet de goûter à la vivante subtilité de l'architecture de la Loi juive et à son actualité.
    La traduction du livre d'Eliezer Berkovits est suivie d'une importante postface de Pierre-Emmanuel Dauzat, qui rappelle quelle fut la dimension de ce grand penseur, juriste et théologien, et explore notamment comment les rabbins ont utilisé le verset 126 du psaume 119 (« Il est temps d'agir pour Dieu, ils ont violé ta loi ») pour faire évoluer le droit.

  • Point de vue tre s original d'un theologien, ancien moine francisain :
    Pour le mariage homosexuel, pour l'euthanasie, etc.

  • " L'humanité vit non pas dans la lumière, mais au sein des ténèbres, plongée dans une nuit continuelle.
    Non ! dans mille et une nuits ! Et l'histoire "n'amènera jamais l'homme" à la lumière " Léon Chestov, " Mille et une nuits ", préface au Pouvoir des clés, janvier 1919.

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