Sciences & Techniques

  • Le vivant a-t-il une valeur en soi ? La nature est-elle libre ? Qu'est-ce que la crise écologique ? Qu'est-ce que la «nature humaine» ?

    Depuis un demi-siècle environ, les humanités écologiques recomposent les relations entre nature et culture, homme et animal, éthique et biologie, connaissance et imagination. Sur ces grands enjeux politiques et moraux de notre époque, qui mobilisent les jeunes générations, ce manuel assemble des textes clefs, des autrices et des auteurs, des questions structurantes - mais présente aussi des lignes de faille et de débat.

    Ce manuel repose sur une conviction simple : l'écologie n'est pas une nouvelle thématique qui s'ajoute aux autres - mais elle affecte l'intégralité des notions philosophiques et des enjeux de notre temps.

  • Après avoir réédité les trois volumes de WHAT THE FUCK ! , Le Monte-en-l'air se réjouit de publier un volume inédit, rien qu'à lui. WHAT THE GIGA SUPER FUCK ! propose une nouvelle sélection de photographies en provenance du monde entier et collectées au fil de pérégrinations sur la Toile. Et c'est toujours aussi ahurissant. Ce quatrième volume regorge d'images tout à la fois désopilantes et désolantes.
    Médusés, vous irez jusqu'au bout de ces 360 pages, bien contents de vous réfugier dans ces territoires à la limite de ce qu'un esprit est capable de concevoir.

  • L'histoire de la médecine, pour l'essayiste, critique et homme de culture Jean Starobinski, est au croisement exact entre ses formations et ses intérêts de médecin, de critique littéraire et d'historien des idées et des sciences. Son Histoire de la médecine, parue en 1963 dans la Nouvelle Bibliothèque illustrée des sciences et des techniques, des éditions Rencontres, et jamais rééditée depuis, en est l'un des témoignages les plus marquants. Starobinski rêvait d'une histoire sans frontières, qui relierait les différents domaines du savoir, la littérature, les arts, les sciences, la philosophie, la médecine, une histoire dont il s'est montré l'un des spécialistes les plus éminents de son siècle.
    Avec cet ouvrage, il puise à ces différentes de ces disciplines, et met en évidence avec une remarquable cohérence la manière dont elles se sont nourries mutuellement dans l'élaboration, au fil des siècles, de la figure du médecin, de l'ensemble des moyens diagnostiques et thérapeutiques dont il dispose, et de la nature du lien qui l'unit au malade. Ce faisant, il nous invite tout à la fois à une philosophie portant sur les valeurs fondamentales de notre existence, et une prise de conscience critique de la médecine, suggérant que cette dernière « ne nous rendra plus heureux que si nous savons exactement ce qu'il faut lui demander. »

  • Des paysannes et paysans dressent le portrait du pain d'aujourd'hui, depuis les champs de blés jusqu'aux fournils. Un ouvrage pédagogique et engagé qui donne de l'espoir face à l'impasse du productivisme agricole.

  • "Les véhicules autonomes sont-ils compatibles avec la lutte contre le changement climatique ? Qui veut des robots-compagnons pour s'occuper des personnes âgées ? L'usine automatisée est-elle le rêve des employés, ou celui des chefs d'entreprise ?

    Interpeller directement des chercheurs, ingénieurs et startuppers sur les implications politiques de leur activité, tel est l'objet de ce livre, composé de lettres ouvertes rédigées dans un style piquant, qui mêle la satire et l'analyse. Celia Izoard ouvre ici un dialogue avec les concepteurs des nouvelles technologies pour les interroger sur le sens de leur travail et analyser l'impact social et écologique des grands projets industriels de la décennie, dans un monde en proie à la crise climatique et à l'exploitation au travail. Elle les enjoint à « changer de métier », à l'instar d'Olivier Lefebvre, salarié d'une start-up de véhicules autonomes qui raconte à la fin de l'ouvrage son chemin vers la démission."

  • La pandémie à la Covid-19 n'est certes pas un fantasme. Mais comment comprendre qu'elle suscite une peur folle, en grande partie coupée de sa dangerosité réelle, et qui relève, en réalité, d'une contagiosité psychosociale aux effets mortifères ? Cette contagiosité est une conséquence de la mondialisation, qui produit une mauvaise précarité associée à une triple perte de confiance en soi, en l'autre et dans le temps long.
    Dans ce contexte, l'ultime "objet" à perdre, pour le sujet humain, est son corps biologique chosifié, sans qualité psychique, sociale ni spirituelle, dans le contexte d'un biopouvoir qui réduit précisément le sujet à sa vie nue, otage de l'hygiène et de la médecine. L'état d'exception permanent, ou urgence sanitaire, peut rendre les humains fous d'angoisse et les remplir d'incertitude quant à la fiabilité des liens sociaux.
    Sapant les assises symboliques des cultures et des personnes, les excès du biopouvoir affectent la notion même d'avenir et de projets porteurs de sens. En tout cela, ils sont antagonistes aux droits de l'homme. Un seul antidote serait véritablement efficace : le retour à une bonne précarité, à la conscience du fait que l'on ne peut absolument pas vivre sans l'aide d'autrui.

  • Si nous nous sommes associés, le physicien et le philosophe, pour écrire sur les « idées noires » de la physique, c'est que les choses que la physique qualifie de « noires » sont intrigantes : le ciel noir, le corps noir, le trou noir, la matière noire, l'énergie noire... Que se cache-t-il derrière ces expressions... obscures ? Ce ne sont pas seulement de curieuses appellations, ce sont des idées qui ont joué et jouent encore, parfois, un rôle crucial en physique, comme l'expose l'astrophysicien Roland Lehoucq. En outre, il ne suffit pas d'analyser la manière dont la science change le sens de l'adjectif « noir », il faut aussi exposer comment cet adjectif « colore » l'expression scientifique en retour. C'est pourquoi le philosophe des sciences Vincent Bontems analyse ce que l'adjectif charrie subrepticement de l'imaginaire des ténèbres jusque dans le champ scientifique. L'idée noire devient alors une image noire qui est le motif d'une rêverie savoureuse. Nous expliciterons donc à chaque fois la dénotation de l'adjectif « noir », ce qu'il signifie vraiment pour un physicien, mais aussi sa connotation, c'est-à-dire ce qu'il évoque métaphoriquement, parfois inconsciemment. Couplant l'analyse épistémologique des idées noires à une psychanalyse des images noires, nous suivons ainsi l'exemple du philosophe Gaston Bachelard, qui étudiait déjà en parallèle l'évolution historique de théories de la propagation thermique et les associations d'images lors de divagations sur le feu, la science et l'imaginaire.

  • Pour une critique du design graphique rassemble dix-huit essais écrits par l'historienne du design Catherine de Smet depuis le début des années 2000. Publiée pour la première fois en 2012, cette édition revue et actualisée inclue trois nouveaux textes, jusqu'à présent inédits ou épuisés.

  • Un livre est très important. Personne n'a jamais payé le vrai prix d'un livre ; on ne paie que l'impression. Un livre est un don et doit être considéré comme tel. Accorder attention et estime à l'auteur renforce la puissance de l'écriture. Louis I. Kahn On a oublié que les maraîchers parisiens avaient atteint l'excellence au milieu du XIXe siècle. En l'absence de moyens de transport et faute de conservation par le froid, il fallait produire sur place de quoi alimenter un million d'habitants en primeurs, fruits et légumes frais. L'ingéniosité d'alors revient d'actualité. Très étudié aux États-Unis par ceux qui pratiquent la permaculture, ce manuel répond au besoin de produire localement les aliments les plus nourrissants et les plus goûteux possible. « Le livre, comme livre, appartient à l'auteur, mais comme pensée, il appartient - le mot n'est pas trop vaste - au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous. » Victor Hugo, Discours d'ouverture du Congrès littéraire international, 1878.

  • Largement tributaire des possibilités qu'offrent la photographie, la programmation, les procédés d'impression, de diffusion, de reproduction, notre environnement visuel est traversé de part en part par la technique. Pourtant ces opérations sont bien souvent maintenues dans l'ombre de questions plus nobles portant sur les graphistes, leurs démarches et les formes qu'ils produisent. Le rôle historique et opératoire de la technique ne semble pas encore avoir été étudié dans le champ du design graphique avec autant d'assiduité que dans d'autres domaines.
    Les différentes contributions de cet ouvrage montrent selon plusieurs éclairages complémentaires, que la technique n'est pas réductible à des opérations quantifiées ou à des objets fonctionnels, mais qu'elle revêt plus largement une dimension anthropologique beaucoup plus ancienne et profonde que ce que nos environnements technologiques ne laissent imaginer.
    La technique croise des pratiques, des normes, des habitudes et des « manières de faire », c'est-à-dire tout une somme de choses qui font partie intégrante des processus de création sans forcément y apparaître explicitement. Interroger la fabrication, la conception et les outils en design graphique, c'est tenter de redonner une lisibilité à ces questions pour mieux comprendre les formes visuelles de notre environnement quotidien.
    Cet ouvrage témoigne de la multiplicité des approches possibles sur le sujet et de la fertilité d'une thématique qui reste encore largement à défricher, au croisement du design, des études visuelles et des humanités numériques.

  • Si l'on admet volontiers que la redécouverte de l'Antiquité a permis aux disciplines humanistes de connaître un nouveau souffle lors de la Renaissance, un préjugé demeure concernant la science de la Renaissance qui aurait au contraire eu à se battre contre la science de l'Antiquité pour éclore, la lutte contre le géocentrisme d'Aristote et Ptolémée étant l'exemple le plus connu.
    Il n'en est rien. Les travaux de Copernic et Galilée se sont justement fondés sur des recherches de la science hellénistique qu'ils assumaient parfaitement. Loin de s'opposer à la science grecque, la Renaissance s'est appuyée sur elle pour pouvoir faire émerger la science dite moderne. Outre l'exemple de la gravitation, l'auteur démontre, avec des sources et citations très précises, qu'il en va de même pour l'idée de gravitation, la théorie des marées, l'atomisme et la notion de molécule. Il remarque enfin que la volonté de nous éloigner de la science grecque a mené au cours du XXe siècle à des dérives non-scientifiques de la science contemporaine (avec l'usage irrationnel de la physique quantique) et à un oubli progressif de la méthode démonstrative (avec la dégéométrisation des mathématiques). Le retour à une connaissance de la science grecque ainsi qu'à la langue grecque permettrait aujourd'hui de réconcilier scientifiques et littéraires dans une perspective aussi bien culturelle que scientifique.

  • La santé mentale s'est considérablement transformée. En quelques années, elle sera passée du champ psychiatrique au champ économique, se départissant de son aura négative associée à la folie pour revêtir les habits attrayants de la « santé mentale positive ». Cerner ses métamorphoses devient une nécessité politique puisqu'en son nom se dessinent de nouvelles politiques publiques ayant pour perspective énoncée le bonheur, le bien-être et une vie réussie pour tous les citoyens. Pour autant, peut-on détacher cette recherche de bien-être du contexte général traversant notre société ? Promouvoir la qualité de la vie alors que dans le même temps les conditions de vie des populations se dégradent, prétendre à la déstigmatisation alors que de nouveaux processus ségrégatifs se développent : ces paradoxes dévoileraient-ils le nouveau visage de la santé mentale en tant qu'opérateur de légitimation de la rationalité néolibérale ? Si nous devrons nous élever contre ces injonctions au bonheur, de bien-être et de vie réussie « du berceau à la tombe », ce sera pour mieux analyser ce que recouvrent ces entités présentées comme « naturelles », comme mesures de bon sens allant de soi, avec pour objectifs énoncés de faciliter, d'optimiser voire d'améliorer nos vies.

  • Robert Van Gulik, orientaliste et sinologue éminent, auteur de La vie sexuelle dans la Chine antique, des nombreuses et très célèbres Enquêtes du juge Ti, de publications concernant divers aspects de la civilisation chinoise traditionnelle, diplomate en Orient, a aimé et élevé chez lui, à Kuala Lumpur en Malaisie, plusieurs gibbons. Les études en français sur ces animaux distingués et ravissants restent très rares ; à l'étude zoologique et sympathique Van Gulik joint ce que Borges appelle « la poésie de l'érudition », examinant évocations et figures, dans la littérature et la peinture chinoises classiques, de ces singes gracieux et aimables. On pourra lire ici des textes nulle part ailleurs traduits, et de fins commentaires de tableaux fort peu connus.
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  • Sommes-nous seuls dans l'univers ? Il est impossible de regarder les étoiles sans se demander : qu'y a-t-il ailleurs ? Michael Wall nous entraîne dans une aventure fascinante jusqu'aux confins de l'univers. L'auteur dresse un panorama complet de la vie extraterrestre : à quoi ressembleront les premiers aliens que nous rencontrerons ? Où sont-ils ? Sont-ils déjà venus sur Terre ? Ont-ils une vie sexuelle ? Seront-ils hostile ? Doit-on prendre le risque de leur révéler notre présence ? Le voyage interstellaire ou dans le temps est-il possible ? Comment la vie apparaît-elle ? Allons-nous devenir des Homo spaciens ?... Wall explique aussi comment vivre durablement dans l'espace, en particulier avec la colonisation de la Lune ou de Mars. C'est le premier guide scientifique de la vie extraterrestre, l'antimatière et les voyages spatiaux habités. Ce récit passionnant repousse les frontières de notre imaginaire et captivera tous les esprits sidéralement curieux.

  • On reproche régulièrement à l'écologie profonde de vouloir «faire passer la nature avant l'hommme».
    Mais pour Næss, une relation riche avec la nature est en réalité une condition nécessaire de la réalisation de soi. Plus précisément, le fondateur de l'écologie profonde invite la subjectivité humaine à se perfectionner en progressant dans l'identification au Soi de la nature.
    C'est avec Næss que pour la première fois, l'écologie a été envisagée comme une philosophie au sens complet du terme - sagesse et connaissance du monde.
    Explorant des univers aussi variés que sa cabane de montagne à Tvergastein, le bouddhisme, l'action directe non-violente de Gandhi, et le système spinoziste, ces textes de Næss appellent à une action coopérative pour protéger la terre, en courageant individus et communautés à développer leurs propres «écosophies».

  • En décembre 1930, un brouillard épais se répand dans la vallée de la Meuse, non loin de Liège. Hommes et bêtes sont profondément affectés, nombreux y laissent leur vie. Après sa dissipation, des experts tranchent : « le seul brouillard » est responsable. Pourtant nombreux sont ceux incriminant les émanations des usines de la région, l'une des plus industrialisées d'Europe. Un an plus tard, des experts du parquet rendent d'autres conclusions : la consommation massive du charbon et les composés soufrés des émanations industrielles sont responsables. L'exceptionnalité de l'événement est cependant attribuée à la prédisposition des corps et aux conditions météorologiques particulières de cette première semaine de décembre 1930. Mais comment du « charbon » en vient-il à participer à la production de brouillards et à rejoindre ainsi, jusqu'à tuer, les poumons de ceux qui l'ont respiré ? Ces liens « charbon-brouillards toxiques-poumons » n'ont rien d'évident. C'est à tenter de reconstituer les conditions historiques de leurs constructions que ce livre s'attache.
    En considérant cette catastrophe dans le temps long - comme un processus et non comme une interruption - ; en suivant la piste des matières de sa constitution - leur (a)cheminement et les assemblages techniques, sociaux, politiques et discursifs - nécessaires à leur transformation ; en étudiant le rôle et les effets des pratiques savantes, cet ouvrage permet de comprendre la transformation conjointe, par l'industrialisation, des corps et des environnements et la production de nouveaux phénomènes météorologiques.

  • Ce que nous nommons encore élevage se trouve aujourd'hui pris entre deux feux. D'un côté, le souci légitime de l'impact écologique et sanitaire de la production industrielle de viande et de produits d'origine animale rejoint le refus de maltraiter - voire tuer - les animaux. De cela émerge une remise en cause profonde du geste d'élevage. Est-ce là un progrès pour notre humanité ou un nouveau stade de l'« administration du désastre » ?
    De l'autre côté, les éleveurs sont dépossédés de leur métier par des procédures toujours plus rigides et intrusives : puçage RFID des ovins et caprins, chantage aux primes agricoles, bureaucratisation croissante, reproduction artificielle... Décriés d'une part, ils sont administrés de l'autre - en attendant que disparaisse la possibilité même d'élever des animaux autrement qu'en les concentrant dans de gigantesques usines.
    Ces menaces qui pèsent sur l'élevage sont un des symptômes de la soumission toujours plus grande de toutes et tous à la société industrielle. Le monde se referme alors que la liberté s'efface devant le contrôle systématique : au fond, ce que nous faisons subir aux animaux, nous nous l'infligeons également à nous-mêmes.
    Éleveurs et chercheurs qui les accompagnent dans leurs luttes, toutes et tous expliquent dans ce livre pourquoi l'élevage doit être préservé afin que nos vies restent authentiquement humaines.

  • Le journal que tient Hubert Reeves au fil des jours est une magnifique leçon de vie, d'observation de la nature et de l'être humain dans sa relation au monde et au cosmos. C'est aussi une sérieuse mise en garde contre cette propension irrépressible qu'ont les hommes à s'entre-détruire.

  • Cet ouvrage pluridisciplinaire est destiné à accompagner l'enseignement de sciences humaines et sociales au sein de la formation médicale et des formations en santé.
    Il s'adresse aux étudiants et à tous ceux qui s'engagent dans les métiers du soin ou qui s'intéressent aux questions épistémologiques, éthiques et sociales impliquées par la médecine contemporaine. Il est principalement l'émanation du Collège des enseignants de sciences humaines et sociales en faculté de médecine et en santé fondé en 2008, qui réunit les enseignants, médecins et non médecins en charge de cet enseignement en France, avec le concours de chercheurs étrangers spécialistes des thématiques abordées.

  • «La crise environnementale est le désaveu, par la nature elle-même, des valeurs de la civilisation occidentale.» Fort de cette conviction, forgée dans les années 1970, Baird Callicott a consacré sa vie à élaborer une pensée qui est aujourd'hui considérée dans le domaine de la philosophie de l'écologie comme la formulation la plus complète et la plus influente.
    Très inspiré par Aldo Leopold (forestier, écologue et écrivain prophétique de la première moitié du XXe siècle) dont il est le plus célèbre commentateur, Callicott a baptisé en son honneur sa propre philosophie «land ethic» : «éthique de la terre».
    Rassemblant la plupart de ses textes fondateurs, cet ouvrage veut donner un aperçu complet et abordable de sa philosophie, depuis les principes fondateurs de la land ethic jusqu'aux débats sur la protection du territoire et aux révolutions économiques à venir.
    Le philosophe comme l'écologiste, l'anthropologue comme l'amoureux de la nature, trouveront leur bonheur dans cette «éthique de la terre».

  • Comme chacun s'en souvient, un tremblement de terre, un raz-de-marée et un accident nucléaire ont frappé la région de Fukushima, au Japon, en mars 2011.
    En suivant les initiatives de Wataru Iwata, fondateur d'une association appelée "Projet 47", visant à faire en sorte "que les gens accèdent à l'information juste et exacte et prennent conscience de ce qui est véritablement en train de se passer", les auteurs retracent la chronique des événements qui ont suivi le déclenchement de l'accident à la centrale de Fukushima, tergiversations du gouvernement et de l'entreprise responsable de la centrale, désinformation de la population, à qui l'on ne cesse de répéter qu'il n'y a aucun danger, et rappellent la manière dont l'industrie du nucléaire "pacifique" a été promue par le gouvernement japonais depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, en collaboration avec les États-Unis, afin de rendre non seulement acceptable mais désirable une technologie que les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki avaient marquée du sceau de l'infamie.
    L'ouvrage met en lumière le rôle joué par des organisations mafieuses ou semi-mafieuses telles que la Fondation Sasakawa dans la négation des conséquences des catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima sur la santé des populations, ainsi que le rôle joué par les yakuza dans l'assistance aux populations immédiatement après la catastrophe, se substituant à des "pouvoirs publics" étatiques et locaux totalement dépassés par les événements.
    Sont également remis en question un certain nombre de clichés concernant ce qu'il est convenu d'appeler la culture japonaise, qui rendrait la population particulièrement apte à se résigner à une sorte de fatalité. La réalité est fort différente, comme l'attestent notamment les pillages constatés après la catastrophe, ainsi que les sentiments de désespoir et de panique qui animent de larges couches de la population.

  • Et l'âme de vint chair est un ouvrage sur les origines de la découverte des neurones par les proto-médecins/chirurgiens anglais du XVIIe siècle. Jusqu'à cette époque, c'est la conception aristotélicienne de l'âme qui prévalait : l'âme était dominée par les humeurs (la fameuse bile noire), et le fonctionnement de l'être humain dépendait de ces humeurs qui traversaient le corps à travers le sang. Mais au XVIIe siècle, notamment sous l'influence de René Descartes, les scientifiques commencent à se demander si l'âme n'est pas logée dans le cerveau, et si celle-ci ne se présente pas plutôt sous la forme de neurones.Ainsi naquit la neurologie occidentale. Carl Zimmer raconte dans Et l'âme devint chair l'histoire des premiers médecins qui ont disséqué le cerveau du coté d'Oxford, au milieu du XVIIe siècle. Parmi ces médecins se trouve le grand Thomas Willis, figure centrale de l'ouvrage, co-fondateur de la célèbre Royal Society, qui fut l'un des pionniers de la recherche neuroanatomique, un précurseur de la neuropathie (quelques parties de notre cerveau conservent son nom, comme le « polygone de Willis », une partie du système vasculaire cervical). Génie parmi les génies, Willis fut notamment l'auteur d'un traité fameux, le Cerebri anatomi de 1664, qui dynamite largement les connaissances précédentes sur le cerveau. En révisant de fond en comble les préceptes de Galien (le grand anatomiste de l'Antiquité), Willis fonda la science moderne que l'on appelle la neurologie.

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