Autrement

  • 1er août 1933.
    " tu es un libéral martin. tu vois les choses à long terme. je sais que tu ne peux pas te laisser entraîner dans cette folie par un mouvement populaire qui, aussi fort soit-il, est foncièrement meurtrier. " 18 août 1933. " tu dis que nous persécutons les libéraux, max, que nous brûlons les livres. tu devrais te réveiller : est-ce que le chirurgien qui enlève un cancer fait preuve de ce sentimentalisme niais ? il taille dans le vif, sans états d'âme.
    Oui, nous sommes cruels. la naissance est un acte brutal ; notre re-naissance l'est aussi. " 1932. martin schulse, un allemand, et max eisenstein, un juif américain, sont marchands de tableaux en californie.
    Ils sont aussi unis par des liens plus qu'affectueux - fraternels.
    Le premier décide de rentrer en allemagne. c'est leur correspondance fictive entre 1932 et 1934 qui constitue ce petit livre inédit en france, écrit par une américaine en 1938, et salué à l'époque aux états-unis, comme un chef-d'oeuvre.
    Incisif, court et au dénouement saisissant, ce livre capte l'histoire avec justesse.
    C'est un instantané, une photographie prise sur le vif qui décrit sans complaisance, ni didactisme forcené, une tragédie intime et collective, celle de l'allemagne nazie.
    Traduit de l'anglais (américain) par michèle lévy-bram.

  • Bibike, Ariyike, et leurs frères Peter et Andrew tombent dans la pauvreté du jour au lendemain. Pour ces quatre enfants de la classe moyenne aisée nigériane, ce qui hier semblait acquis devient l'enjeu d'une lutte constante. Abandonnés par leurs parents, ils se réfugient chez leur grand-mère et survivent comme ils le peuvent à Lagos, ville âpre et convulsive. Si la vie est difficile pour tous, elle est particulièrement cruelle pour les deux soeurs : être une femme au Nigeria, c'est avant tout être considérée comme une proie. Proie pour les hommes, la religion, la religion des hommes. Black Sunday fait une peinture sans fard d'une société nigériane gangrénée par la corruption et met en lumière son rapport brutal aux femmes. Une lueur d'espoir vacillante, mais bien présente, sourd pourtant au milieu des pages. Avec ce premier roman, Tola Rotimi Abraham entre de plain-pied en littérature d'une écriture tranchante, sans compromis.

  • Anton Torvath est tzigane et dresseur de chevaux. Né au coeur de la steppe kirghize peu après la Première Guerre mondiale, il grandit au sein d'un cirque, entouré d'un clan bigarré de jongleurs, de trapézistes et de dompteurs. Ce « fils du vent » va traverser la première moitié du « siècle des génocides », devenant à la fois témoin de la folie des hommes et mémoire d'un peuple sans mémoire. Accompagné de Jag, l'homme au violon, de Simon, le médecin philosophe, ou de la mystérieuse Yadia, ex-officier de l'Armée rouge, Anton va voyager dans une Europe où le bruit des bottes écrase tout. Sauf le souffle du vent.
    À la fois épopée et récit intime, Avant que le monde ne se ferme est un premier roman à l'écriture ample et poétique. Alain Mascaro s'empare du folklore et de la sagesse tziganes comme pour mieux mettre à nu la barbarie du monde.

  • En 1831, le jeune Charles Darwin part dans une expédition autour du monde qui restera fameuse et en rapporte son Journal de recherche qui constituera la base de ses théories. Fasciné par les mondes dévoilés dans ces carnets, Denis Silvestre imagine des feuillets oubliés.Des pages qui racontent des îles inimaginables, où les insectes se saluent avec civilité d'un coup de chapeau haut de forme, où les arbres se déplacent à leur gré juchés sur leurs jambes, où tous les êtres vivants copulent librement et constamment. Fable philosophique ou ultime voyage de Gulliver, ces feuillets perdus sont une plongée dans des univers merveilleux où la vie, sous toutes ses formes, gronde.

  • Peut-on réparer l'irréparable, rassemble ceux que l'histoire a dispersés ? Blanche, rwandaise, vit à Bordeaux après avoir fui le génocide des Tutsi de 1994. Elle a construit sa vie en France, avec son mari et son enfant métis Stokely. Mais après des années d'exil, quand Blanche rend visite à sa mère Immaculata, la mémoire douloureuse refait surface. Celle qui est restée et celle qui est partie pourront-elles se parler, se pardonner, s'aimer de nouveau ? Stokely, lui, pris entre deux pays, veut comprendre d'où il vient.
    Ode aux mères persévérantes, à la transmission, à la pulsion de vie qui anime chacun d'entre nous, Tous tes enfants dispersés porte les voix de trois générations tentant de renouer des liens brisés et de trouver leur place dans le monde d'aujourd'hui. Ce premier roman fait preuve d'une sensibilité impressionnante et signe la naissance d'une voix importante.

  • Lorsqu'elle se marie, Magdalena Van Bereyen est obligée de renoncer à ses rêves d'aventure sur les bateaux de son père, car là n'est pas la place d'une femme. Encore moins au XVIIe siècle, en Hollande. Dans son journal intime, elle confie alors, au fil de ses souvenirs et des tumultes de sa vie d' épouse, les secrets de son âme.
    Ce premier roman de Gaëlle Josse, inspiré d'un tableau de l'âge d'or flamand, est le portrait intemporel, empreint de mélancolie et de poésie, de la condition des femmes.

  • « Pourquoi avoir choisi Mr Gatacre comme victime ? Je suppose que vous n'avez rien à lui reprocher ?- En partie parce qu'il était petit, frêle, facile à endormir... Et je ne tenais pas à ce qu'il souffre. »Westease, adorable village de la campagne anglaise, préservé des horreurs d'une guerre encore toute fraîche, est bien tranquille... trop, peut-être ?Lorsque Roger Liddiard, jeune et brillant romancier, s'y arrête au volant de sa Jaguar, il en tombe amoureux et décide de s'y établir, non loin du Professeur, vieux gentleman solitaire, du peintre Wyldbore Ryan, et de Mary Gatacre, la fille du révérend.Voici que Mr Gatacre est assassiné, sans raison ni indice évidents... Liddiard brûle de résoudre l'énigme. Sans savoir à quel point sa propre responsabilité pourrait être engagée.Traduit de l'anglais par Micha Venaille.

  • Rachel Ray, jeune femme de vingt ans, vit avec sa mère, Mrs Ray, et sa soeur aînée, Dorothea Prime, dans un petit cottage près de Baslehurst, au coeur de la campagne anglaise. Mrs Ray et Mrs Prime sont veuves, mais si la première est tendre, impulsive et influençable, la seconde est âpre, prude et autoritaire. Lors d'une promenade avec les jeunes Tappitt, filles du brasseur, Rachel fait la connaissance de Luke Rowan, petitneveu de la vieille Mrs Bungall, qui lui a légué une part de la brasserie Bungall & Tappitt. Par des indiscrétions, Mrs Ray et Mrs Prime apprennent que Rachel a été vue discutant - pourtant bien innocemment - avec Luke, et l'imaginent déjà en perdition « Se pouvait-il (se demande Mrs Prime) que sa soeur fût aussi dévoyée ? » Pire, une invitation parvient à Rachel, pour un petit bal chez les Tappitt en présence de la bonne société locale. Désemparée, Mrs Ray va demander conseil à Mr Comfort, vieux prêtre qui prêche souvent le renoncement au monde. mais sans négliger le moment venu ses intérêts et ceux de ses ouailles. A la grande surprise de Mrs Ray, embarrassée, il conseille d'autoriser Rachel à aller au bal et, mieux, propose de la faire accompagner par l'une des dames éminentes du comté. Après tout, si Luke Rowan n'est pour l'instant que commis à la brasserie, ne doit-il pas devenir l'associé de Mr Tappitt ?
    Ce dernier prise peu les innovations du jeune homme, mais sa femme aimerait l'avoir pour gendre, afin que la brasserie ne change pas de mains. Conflits d'ntérêt, pruderie, préséances sociales. Une série d'obstacles se dresse sur le chemin de l'amour entre Rachel et Luke. Les plus à redouter viennent des bigots, dont les parfaits représentants sont la froide Mrs Prime et son directeur de conscience, le révérend Prong, croqués avec une acidité non dénuée de tendresse.

  • Quand la douleur ou le désarroi sont trop forts, quand les émotions nous bousculent, le bruit, l'odeur, le simple mouvement d'un arbre ou d'une source peuvent nous apaiser. Omniprésente dans ces nouvelles inédites de Kressmann Taylor, la nature est la grande consolatrice.
    Confrontés à un père tyrannique, à un professeur frustré, à des adultes mensongers, les jeunes adolescents mis en scène avec subtilité par l'auteur ne retrouvent leur équilibre profond que dans cette immersion hors des hommes. Humiliation, remords, mélancolie, solitude scandent ces quatre histoires toutes banales, toutes simples, faussement simples bien sûr car elles cristallisent admirablement nos ambiguïtés et nos tensions.
    On reconnaît dans ces textes courts la sensibilité, la finesse d'analyse de l'auteur d'"Inconnu à cette adresse", sa capacité de saisir à vif nos déchirures, nos blessures minuscules.

  • « Presque toute la population de Ginger Whisker habite dans des maisons troglodytes. Nous vivons comme des taupes ou plutôt comme des wombats, puisque nous sommes australiens. Mais qu'est-ce que je suis venu foutre dans ce satané trou perdu ? » Rien ne va plus dans la vie de Simon Crown. À trente-cinq ans, il est déjà divorcé. La station de radio dont il est propriétaire est au bord de la faillite. Pas la moindre trace d'opales dans la mine où il a englouti ses dernières économies.
    Pire, il habite une petite ville écrasée de soleil où la seule question qui vaille est : bière ou whisky ?
    Soudain pris d'une irrésistible envie d'en découdre, Simon se retrouve empêtré dans une succession de situations absurdes, dangereuses et parfaitement réjouissantes.

  • Quatorze ans après la disparition des jumelles Vignes, l'une d'elles réapparaît à Mallard, leur ville natale, dans le Sud d'une Amérique fraîchement déségrégationnée. Adolescentes, elles avaient fugué main dans la main, décidées à affronter le monde. Pourtant, lorsque Desiree refait surface, elle a perdu la trace de sa jumelle depuis bien longtemps: Stella a disparu des années auparavant pour mener à Boston la vie d'une jeune femme Blanche. Mais jusqu'où peut-on renoncer à une partie de soi-même ?
    Dans ce roman magistral sur l'identité, l'auteure interroge les mailles fragiles dont sont tissés les individus, entre la filiation, le rêve de devenir une autre personne et le besoin dévorant de trouver sa place.

  • "Alors même qu'elle lui enfonçait son visage dans les cheveux, elle voyait s'abattre sur elle l'ombre des années à venir comme des oiseaux aux ailes noires. Aussi clairement qu'un message écrit, cette vision lui révélait, au milieu de la joie, toute la cruauté future, la dureté, la longue privation, la souffrance. Elle accueillait ces mauvais présages, les serrait contre elle, contre ses seins, en même temps que le corps de l'homme." Après Ainsi mentent les hommes, Kressmann Taylor nous offre avec pudeur, fraîcheur et sensibilité, le portrait de quatre femmes et un homme confrontés à la cruauté des rapports entre les êtres, à la rareté des preuves d'affection, qui n'ont pour réconfort que la pureté de leurs sentiments : Harriet, qui voit lui échapper l'homme qu'elle aime dans les flammes et la jalousie; Madame, qui ne survit qu'au milieu de ses souvenirs et caresse brièvement l'espoir de faire partager ses chimères à sa jeune voisine compatissante; Anna, une toute jeune adolescente, qui se heurte à l'incompréhension et à l'indifférence de la première rencontre amoureuse; Ellie pearle, à la croisée des chemins entre les montagnes de son enfance et la sophistication de la ville; et Ruppe Gittle, qui a peut-être bien découvert le sens de la vie... Un précieux recueil qui rassemble les toutes dernières nouvelles inédites de l'auteur d'Inconnu à cette adresse. Comme une ultime invitation, en forme d'adieu, à se laisser traverser par le rêve fugace de l'amour.

  • Le passage de l'adolescence à l'âge adulte de deux amis d'enfance, à l'occasion d'une découverte inquiétante qui va précipiter et dramatiser ce passage.

  • "Essayez de vous imaginer le choc qu'il reçut.
    Dans ce lieu sauvage qui ne figurait sur aucune carte, plus sordide que le plus misérable comptoir malais n'avait le droit de l'être, cette Européenne avançant dans le froissement des herbes, vêtue d'une robe de cocktail fantaisie en satin d'un rose sale, avec une longue traîne bordée de dentelle déchirée, et des yeux noirs de jais dans un visage blanc comme plâtre. Davidson crut qu'il sommeillait, qu'il délirait.
    Dans la cuvette boueuse de ce répugnant village (c'était l'odeur que Davidson venait de sentir), un couple de buffles crasseux se leva en ronflant et s'éloigna en faisant craquer les buissons, frappé de panique par cette apparition." Mère d'un petit garçon, Anne la Rieuse s'est raccrochée, après une vie légère, au douteux Bamtz, un parasite qui vit de combines. Davidson n'a que la faiblesse d'être "un homme profondément bon" : par humanité, il promet de revenir de temps à autre les voir.
    C'est chargé exceptionnellement de caisses de vieux dollars que son steamer fait un jour escale dans la crique. S'il s'attend à retrouver Anne la Rieuse et son compagnon, Davidson ne soupçonne pas qu'il se jette alors dans un traquenard.

  • "Je n'aime pas les koalas.
    Ces sales bêtes, aussi hargneuses que stupides, n'ont pas un poil de gentillesse. Leur comportement social est effroyable - Les mâles n'arrêtent pas de se tabasser ou de voler les femelles de leurs semblables. [...] Leur fourrure est infestée de vermine. Ils ronflent. Leur ressemblance avec les nounours est une vile supercherie. Il n'y a rien de bon chez eux. Sans parler du fait qu'un jour, un koala a essayé de me jouer un tour pendable." Avec ses redoutables crocodiles, ses excentriques mineurs d'opales, ses koalas féroces et ses cochons sauvages assoiffés de sang, l'impitoyable bush australien reste un territoire indompté. Et ce n'est pas Kenneth Cook qui aurait pu le soumettre ! Pour ce qui devait être l'un de ses plus grands succès de librairie, Cook a réuni peu avant sa disparition ces histoires courtes toutes plus hilarantes les unes que les autres, inspirées par ses tribulations à travers l'Australie.
    D'après lui, chacune de ces quinze rencontres avec la faune sauvage et ses frissons inattendus s'est déroulée comme il le raconte ici ; mais jamais il n'aurait osé les incorporer à ses romans tant elles paraissent incroyables. Et c'est précisément parce qu'elles sont tout à fait véridiques qu'il n'attendait pas qu'on le croie !
    Dépaysement garanti, dans un grand éclat de rire.

  • " Avec Sophie, j'ai tout reçu, et tout perdu. Je me suis cru invincible. Je nous ai crus invincibles. Jamais je n'ai été aussi désarmé qu'aujourd'hui, ni plus serein peut-être." François Vallier, jeune pianiste célèbre, découvre un jour que Sophie, qu'il a aimée passionnément puis abandonnée dans des circonstances dramatiques, est internée depuis plusieurs années. Il quitte tout pour la retrouver.
    Confronté à un univers inconnu, il va devoir se dépouiller de son personnage, se regarder en face. Dans ce temps suspendu, il va revivre son histoire avec Sophie, une artiste fragile et imprévisible, jusqu'au basculement.
    La musique de nos vies parfois nous échappe. Comment la retrouver ?

  • Restitue la correspondance qui s'échangea entre Helene Hanff, scénariste new-yorkaise passionnée, maniaque et extravagante et Frank Doel, l'austère gentleman directeur de la librairie Marks et Co qui, pendant vingt ans, fit tout pour lui procurer les livres introuvables qu'elle lui réclamait. Une étrange histoire d'amour par procuration qui est aussi un hymne aux livres et aux librairies.

  • Johnson est un homme traqué. En tuant un policier, il est devenu l'Ennemi Public numéro l, pourchassé par la police australienne sous le regard avide des journalistes. Davidson, reporter à la télévision, couvre avec intérêt cette course-poursuite. Tout les sépare, mais leurs destins vont se jouer dans les plaines sauvages de l'outback.
    Avec ce roman noir d'une chasse à l'homme, le grand Kenneth Cook mêle avec justesse les trajectoires d'un idéaliste et d'un hors-la-loi dans un monde sans pitié.

  • L'action se déroule dans une petite ville de Sibérie où sont rassemblés quelques autochtones, des descendants d'exilés de l'époque tsariste, des Russes envoyés coloniser ces espaces vides et des assignés à résidence, généralement des familles de condamnés politiques : Estoniens, Coréens, Polonais, Ukrainiens... une mosaïque bigarrée de peuples persécutés par Staline et sous la menace constante du NKVD, qui peut sous n'importe quel prétexte faire irruption dans une maison et bouleverser tragiquement la vie de ses habitants.
    Le narrateur, Petia (Pierre) est Polonais et issu d'une famille singulière : en septembre 1939, lors du partage de la Pologne entre Hitler et Staline, le père (petit noble polonais militaire de carrière) a été fait prisonnier par les Russes et a été envoyé dans un camp de travail. Sa mère est une Juive d'ascendance caucasienne, d'une fascinante beauté (les habitants du bourg la surnomment « Beauté »), d'une grande force de caractère et d'une révérence mystique pour le Livre. On voit par petites touches la vie quotidienne dans la taïga, les plaisirs et les malheurs, l'apprentissage de la vie, les premières amours, la volonté de survivre et cette étrange fascination pour la mort omniprésente.

  • «Je me réveillais enfin, avide de comprendre.» À West Baltimore dans les années 1980, les gangs et le crack sont le seul horizon des gosses du quartier. Ta-Nehisi est voué lui aussi à devenir un bad boy. Mais son père Paul, ancien Black Panther passionné de littérature, lui fait découvrir Malcolm X et James Baldwin. C'est une révélation. L'adolescent rêveur, égaré dans les frasques d'une famille hors norme, se jure d'échapper à son destin. Épopée lyrique aux accents hip-hop, portée par l'amour et l'ambition, Le Grand Combat est l'histoire magnifique d'un éveil au monde, un formidable message d'espoir.

  • À la veille de l'abolition du servage, Anissia est mariée de force à Danilo. La vie est rude pour le jeune couple mais Anissia sait apprécier les joies simples de l'existence. Arrêté pour vol de bétail, Danilo est envoyé en Sibérie. Anissia décide de le suivre. Commence alors un long voyage vers la tragédie.

  • Polly se demanda si les autres femmes connaissaient aussi bien le dos de leurs maris.
    Quand elle pensait à Henry, elle se le représentait assis derrière son bureau, tard le soir, penché sur un gros tas de papiers. Elle voyait qu'il prenait des notes, et il ne se retourna pas pour l'embrasser. Au lieu de cela, elle mit son bras autour de son épaule et lui embrassa le cou. Il la caressa distraitement. " - Je me sens si seule, dit-elle.- Moi aussi, dit Henry. Viens, on va faire la vinaigrette.
    " On ne peut pas faire plaisir à tout le monde. Quand on aime sa famille, son mari, ses enfants et son amant, il y a parfois des conflits intérieurs qui empêchent de dormir. Si en plus, comme Polly Solo-Millet, on descend d'une famille ultra-conservatrice de la côte Est des États-Unis dont les conceptions du sportswear s'arrêtent aux robes à smocks et celles de la vie de couple à un silence tendre et compréhensif, une famille où prénoms et professions se transmettent comme des virus de génération en génération, l'apparition d'un amant dans ce décor de carte postale devient un événement tout aussi dramatique que la conquête de l'Ouest ou la Révolution française.

  • C'est à l'écart des bruits du monde, sur une île de l'archipel d'Helsinki, que le célèbre chef d'orchestre Thomas Brander choisit de se faire construire une somptueuse résidence secondaire : la Casa Triton. Triton ou " intervalle du diable ", une harmonie de notes si dissonante qu'elle fut autrefois interdite... Rompu à l'exercice des tournées internationales, Brander fait la connaissance de son voisin Reinar Lindell, guitariste sans talent hanté par la perte de sa femme adorée.
    Mais tandis qu'ils s'apprivoisent, leurs différences et leur douleur se font aussi plus prégnantes. Et, derrière la façade distante du grand chef d'orchestre, derrière la chaleur et la sollicitude du guitariste, les hommes luttent en silence contre le passé. Par ce double portrait en miroir et sur fond musical, Kjell Westö raconte l'impossible vulnérabilité des hommes. Une course contre la solitude et une exploration mélancolique des pâles promesses de la vie qui est à venir - sans doute l'un de ses plus grands romans.

  • À seize ans, Matthew n'a connu que le quartier du Queens à New York et une existence solitaire avec sa mère. À la faveur d'un héritage inattendu, une nouvelle vie s'offre à lui : Manhattan et ses avenues chics, la fascinante Veronica, ainsi qu'un voisin musicien qui l'embarque dans ses aventures, un certain Lou Reed... Matthew plonge avec eux dans un tourbillon d'amour, d'art, de liberté - au risque de se perdre.

    Entre L'Attrape-coeurs de J. D. Salinger et Just Kids de Patti Smith, Wild Side nous emporte dans le New York fiévreux des années 70, à travers le regard grave et moqueur d'un héros inoubliable.

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