Crise Et Critique

  • Sous le soleil noir du capital : chroniques d'une ère de ténèbres Nouv.

    Le capitalisme, ce n'est pas seulement « les capitalistes ». C'est surtout le capital, la logique du capital, en tant que totalité sociale, ensemble des relations qui structurent la vie moderne. Les thématiques abordées dans ce livre examinent des sujets apparemment disparates mais qui relèvent d'une même critique radicale du capital : la littérature, le mythe du bandit, la simplicité volontaire, le culte de Sade, les musées et l'art contemporain, l'architecture, l'anticapitalisme tronqué, le romantisme révolutionnaire et l'importance de William Morris.

    C'est l'occasion pour Anselm Jappe de reprendre les fondements de la critique de la valeur, comme les concepts d'aliénation, de réification et de fétichisme.

  • On présente généralement Frédéric Lordon comme lauteur dune avancée théorique majeure pour refonder une gauche conséquente. Nous disposerions grâce à lui de moyens renouvelés dinterpréter le monde néolibéral et dune stratégie politique pour en finir avec laménagement social-démocrate du capitalisme. Tel nest pas lavis de Benoît Bohy-Bunel qui, loin de tenir son oeuvre pour la critique politique radicale quelle prétend être, la réfute ici sans appel, ny voyant rien de plus quun anticapitalisme tronqué qui convient aux idéologies de crise populistes. De quoi Lordon est-il le nom ? Un drapeau en berne d'une gauche décatie qui tente de réguler une fois de plus lÉconomie et la politique de façon « plus humaine ». Se donnant pour ambition de donner un panorama complet et critique des principales thèses dun auteur à loeuvre prolifique, l'auteur en appelle par là même à un renouveau de la lutte contre le capitalisme sur de tout autres fondements théoriques.

  • Il est étonnant de voir quelle puissance analytique est encore contenue dans la critique marxienne de léconomie politique. Toutefois, Robert Kurz ne lapplique pas seulement à ce qui sest toujours réclamé du capitalisme, mais, avec la même détermination, aux régimes du "second monde" , qui dépendaient de lU. R. S. S ou relevaient du "Tiers-Monde" . Lauteur procède ici à une analyse originale de la chute des pays socialistes, qui comprend le bout du chemin que ces économies avaient atteint dans le contexte dune crise fondamentale du capitalisme qui allait, hier, toucher lEst, comme aujourdhui, lensemble du marché mondial.
    Dans cette optique, le vieux mouvement ouvrier lié au culte et l'affirmation du travail apparaît comme un fossile et le triomphe de léconomie de marché comme une illusion.

  • Il y a cent cinquante ans, Marx affirmait la nécessaire sortie du capitalisme par le moyen de la lutte des classes. Cent vingt ans plus tard, l'Internationale situationniste, emmenée par Guy Debord et Raoul Vaneigem, mettait en cause la société du travail et de la consommation. Le Manifeste contre le travail reprend la critique là où les situationnistes l'avaient arrêtée.

    Dans une société obsédée par la "valeur travail" et l'effroi que suscite sa disparition, ce livre-manifeste reprend le combat contre la transformation de l'individu en "ressource humaine". Il rappelle qu'une émancipation digne de ce nom ne peut faire l'économie d'une critique radicale du travail dont il faut se libérer.

    Un texte de référence écrit par Robert Kurz, Ernst Lohoff et Norbert Trenkle, nouvelle édition augmentée.

  • Aucun principe du marxisme ne semble plus fondamental que la référence à la division de la société en classes sociales, à l'intérêt de classe et à la lutte des classes.

    « L'histoire de toute société jusqu'à nos jours, c'est l'histoire de la lutte des classes » écrivait Marx. Mais les apparences sont trompeuses. L'oeuvre principale de Marx ne s'appelle pas « La Classe » et ne commence pas par cette catégorie, mais par celle de la marchandise. Le Capital s'achève en fait par la déduction systématique des classes.

    Dans un texte incisif et fondateur, Kurz et Lohoff prennent le parti de remettre sur ses pieds la riche critique marxienne de l'économie politique et en déconstruire les approches superficielles.

  • Depuis le 11 septembre 2001, c'est avec une arrogance jamais atteinte jusqu'ici que les idéologues de « l'économie de marché et de la démocratie » invoquent leur enracinement dans la grande philosophie des Lumières. Oubliée la « Dialectique des Lumières » d'Adorno et Horkheimer, oubliée la critique de l'eurocentrisme : il n'est pas jusqu'à certaines fractions de la gauche qui s'accrochent à une prétendue « promesse de bonheur bourgeoise » alors même que la mondialisation du capital ravage la planète. Robert Kurz s'attaque ici aux « valeurs occidentales » contre le mainstream intellectuel et au-delà de la critique passée des Lumières. Dans des essais théoriques polémiques et fondateurs on voit s'ébaucher une nouvelle critique radicale de la forme-sujet moderne (déterminée de manière masculine) et ce non pas pour faire l'éloge d'un romantisme réactionnaire mais afin de montrer que les Lumières et les contre-Lumières bourgeoises ne sont que les deux côtés de la même médaille.

  • Le capitalisme est le premier régime de l'histoire à acheminer le monde vers un gouffre énergétique qu'il perfectionne en intégrant la contrainte d'efficience énergétique à son axiome initial. La crise énergétique et ses retombées écologiques constituent partout le mur externe du métabolisme capitaliste. Pourtant, la thèse, jamais démentie par le marxisme traditionnel, de la réappropriation des moyens de production par les forces productives, reste largement partagée.
    Dans l'horizon d'un dépassement véritable de la forme de vie capitaliste, l'abolition du travail ne peut que signifier aussi la fin des technologies qui en ont indissociablement accompagné le développement, sous peine de réitérer une énième critique tronquée du capitalisme. Seule une exigence d'émancipation portée jusqu'à cette pointe pourrait à la fois cesser de consumer sans limites le monde matériel et offrir les bases sociales d'une autonomie retrouvée des techniques et des activités de production.

  • Qu'est-ce que le travail ? Pourquoi travaillons-nous ? À gauche comme à droite, on répond que le travail est à la fois une nécessité naturelle et un bien social. On peut critiquer sa gestion et son indemnisation, mais jamais le travail lui-même.

    Hemmens démonte ces idées reçues et démontre que le capitalisme et sa crise finale ne peuvent être compris que sous l'angle du caractère historiquement spécifique et socialement destructeur du travail. Il se livre à une analyse critique des penseurs français qui, au cours des deux derniers siècles, ont contesté frontalement la forme travail : Charles Fourier, Paul Lafargue, André Breton, Guy Debord. Alastair Hemmens est chercheur, il vit au pays de Galles.

  • Avec son théorème de la « valeur-dissociation », Roswitha Scholz propose une critique féministe du patriarcat capitaliste au-delà du progressisme politique, du marxisme traditionnel et de tous les développements postmodernes.

    Elle effectue une critique radicale de la modernité comprise comme patriarcat producteur de marchandises, ce qui la conduit à refuser de se laisser enfermer aussi bien dans la croyance en un progrès immanent de la modernité, que dans les « contradictions secondaires », l'essentialisme naturalisant ou le différentialisme post-structuraliste.

    Les essais rassemblés dans ce volume mènent une discussion critique de divers courants et auteures féministes - de Judith Butler, Nancy Fraser et Maria Mies à Silvia Federici - afin d'analyser l'essence de la modernité comme totalité sociale brisée, où les deux pôles de la « valeur » et de la « dissociation » reproduisent le rapport patriarcal du masculin et du féminin jusque dans la barbarisation postmoderne et l'effondrement du patriarcat producteur de marchandises. Ce dernier, déjà entamé, n´aura aucune portée émancipatrice.

    Roswitha Scholz est, aux côtés de Robert Kurz et des membres de la revue Exit !, l'une des principales théoriciennes en Allemagne du courant de la critique de la valeur-dissociation (Wert-Abspaltungskritik). Elle s'attache à théoriser le lien entre capitalisme et patriarcat moderne ainsi que les métamorphoses de ce patriarcat, et à dépasser les féminismes de l'égalité et de la différence, comme les féminismes intersectionnels, déconstructionnistes, matérialistes, écoféministes ou de la « lutte des classes ».

  • La dialectique de la raison d'Adorno et Horkheimer, et son chapitre sur l'industrie culturelle, fut publié en 1944. Ce texte est-il encore pertinent ? Pour la pensée postmoderne, la réponse ne fait aucun doute : non ! Mais le postmodernisme-pop et ses protagonistes ont eux-mêmes pris de l'âge.

    C'est précisément du fait de cette situation, qu'il est intéressant de revenir au concept critique d'industrie culturelle et sur les reproches postmodernes qu'il a suscités. Robert Kurz montre ici toute son actualité et fournit des clés pour le repenser. Publicité, économie du savoir, internet, culture de la gratuité, virtualisation de la réalité quotidienne, ce livre nous permet de renouer avec une analyse critique radicale de la marchandisation de la culture.

  • Le début du XXIe siècle a souvent été célébré comme l´ère de l´émergence de nouvelles puissances. Vingt ans après, la croissance de l´économie brésilienne s´est révélée liée à l´économie des bulles financières, conformément aux caractéristiques du capitalisme contemporain. Après l´éclatement de la bulle des matières premières, le Brésil a commencé à afficher une dette élevée, un chômage de masse, des faillites en cascade et a subi un coup d´État avec l´arrivée de l´extrême droite au pouvoir. Processus qui a aggravé le harcèlement social des femmes, des noirs, des indigènes et des petits producteurs ruraux. « Le Brésil et sa crise au XXIe siècle » analyse les causes et les conséquences générales de cette période, de l´émergence des classes moyennes qui avait conduit le parti de gauche PT (Parti des travailleurs) au pouvoir, jusqu´à leur adhésion au fascisme de Jair Bolsonaro.

  • Des attaques contre Charlie Hebdo à la prise d'otages de l'Hyper Cacher, le débat sur l'incompatibilité d'une culture prétendument islamique avec les valeurs occidentales s'est à nouveau enflammé au cours de ces dix dernières années. Le prétendu "choc des civilisations" est en réalité un conflit identitaire-culturaliste au sein de la société capitaliste mondiale.

    Cette thématique nouvelle marque le tournant historique où les identités collectives retrouvent leur position dominante. Le passage de la communauté imaginaire de la Nation aux communautés imaginaires religieuses - le religionisme - dans la production des identités collectives, marque une nouvelle étape dans la crise de la modernité marchande.

    Un texte écrit pour le Groupe Krisis par Karl-Heinz Lewed, Ernst Lohoff et Norbert Trenkle.

  • La crise du coronavirus sonnera-t-elle le glas du capitalisme, la fin de la société industrielle et consumériste ? Certains le craignent, d'autres l'espèrent. Avec l'épidémie, un facteur de crise inattendu est apparu - l'essentiel n'est pourtant pas le virus, mais la société qui le reçoit.

    Le Covid-19 est l'accélérateur mais pas la cause de l'aggravation de la situation de crise globale de la société capitalise mondiale. Il faut donc tenter de comprendre le lien entre la situation et l'épuisement structurel du capitalisme qu'a mis en lumière la théorie critique de la valeur depuis les années 1960. Le processus de crise fondamentale doit être le point de départ de l'analyse et de la réflexion sur la corona-crise.

  • Non le travail n'est pas une nécessité naturelle, éternelle, qui aurait toujours existé, c'est une forme sociale négative et destructrice de l'agir, dont l'avènement est concomitant de celui du capitalisme et qui fait abstraction de tous les contenus concrets des activités hétérogènes pour mieux les réduire à la forme vide de contenu d'une simple dépense abstraite d'énergie humaine - le travail abstrait - qui se représente sous la forme de l'argent. Le travail n'a toujours été que le support vivant de l'automouvement de l'argent, alias, le rapport-capital. Qui veut se débarrasser du capital doit commencer par se débarrasser du travail.

    Sous différents angles, historique, théorique, féministe, psychanalytique, littéraire ou anthropologique, ce numéro explore et scrute l'horizon d'une nouvelle critique catégorielle du travail dans la théorie critique et les mouvements sociaux.

  • Il y a de bonnes raisons pour se sentir révolté, indigné, angoissé face à l'état du monde. Quant aux causes plus profondes de ce qui nous arrive, on en parle beaucoup moins sur le marché des opinions. Comprendre ces causes est pourtant la première condition pour un agir qui ne s'épuise pas dans l'immédiat. Ce qui manque cruellement, ce sont des efforts cohérents pour comprendre la réalité à travers une théorie critique de la totalité capitaliste.
    La "critique de la valeur" , inspirée par Marx mais sans s'y limiter, procède d'une critique radicale du travail et de l'argent, de la marchandise et de la valeur marchande, de l'Etat et du patriarcat, du sujet moderne et des idéologies de crise. C'est ce qu'explore les articles publiés dans Jaggernaut. Il y a de bonnes raisons pour se sentir révolté, indigné, angoissé face à l'état du monde. Quant aux causes plus profondes de ce qui nous arrive, on en parle beaucoup moins sur le marché des opinions.
    Comprendre ces causes est pourtant la première condition pour un agir qui ne s'épuise pas dans l'immédiat. Ce qui manque cruellement, ce sont des efforts cohérents pour comprendre la réalité à travers une théorie critique de la totalité capitaliste. La "critique de la valeur" , inspirée par Marx mais sans s'y limiter, procède d'une critique radicale du travail et de l'argent, de la marchandise et de la valeur marchande, de l'Etat et du patriarcat, du sujet moderne et des idéologies de crise.
    C'est ce qu'explore les articles publiés dans Jaggernaut.

  • Dossier : L'anticapitalisme tronqué, lieu de fusion du populisme transversal.

    Tant de raisons de se sentir révolté, indigné, angoissé face à l'état du monde, les médias nous en fournissent toujours de nouvelles. Mais les causes plus profondes de ce que nous vivons sont les grandes oubliées du marché des opinions. Les comprendre est pourtant la première condition pour un agir qui ne s'épuise pas dans l'immédiat.

    La "critique de la valeur", issue de Marx sans s'y limiter, procède d'une critique radicale du travail et de l'argent, de la marchandise et de la valeur marchande, de l'État et du patriarcat, du sujet moderne et des idéologies de crise. Les textes de Jaggernaut analysent autant les problèmes théoriques de fond que les formes concrètes de la crise de la société marchande.

    Avec des contributions de Mark Loeffler, Clément Homs, William Loveluck, Anselm Jappe, Roswitha Scholz, Robert Kurz, Karl-Heinz Lewed, Benoit Bohy-Bunel, Norbert Trenkle et Fred Lyra.

  • Apophtegmes sur le marxisme Nouv.

  • La crise écologique et l'épuisement des ressources naturelles ne sont pas des aspects accessoires du mode de production capitaliste et ne peuvent pas être évités en établissant un capitalisme plus « sage », modéré, vert, durable ou circulaire.
    Il ne paraît pas possible aujourd'hui de comprendre la crise écologique, en tant qu'imbrication entre l'évolution technologique et le capitalisme, si l'on ne tient pas compte des contraintes pseudo-objectives qui dérivent de la valorisation de la valeur et qui poussent à consommer la matière concrète du monde pour satisfaire les exigences abstraites de la forme-marchande.

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