• Synthèse sur l'histoire politique, sociale, intellectuelle et artistique de Rome et de l'Empire romain, de la fondation de Rome jusqu'au dernier empereur d'Occident.

  • Ce volume rassemble quelques-uns des livres majeurs de Lucien Jerphagnon, enrichis de nombreuses transcriptions inédites de ses cours, conférences et émissions de radio qui permettent de mieux appréhender l'étendue de son oeuvre. On perçoit ainsi la sensibilité particulière d'un homme aux multiples visages.
    Homme d'enseignement tout d'abord, dont le sens de la pédagogie s'impose dès ses premiers cours au Grand Séminaire de Meaux, publiés ici pour la première fois. L'essentiel s'y trouve déjà : la vivacité d'un style « démocratique », selon Paul Veyne, qui d'emblée emporte le lecteur et le guide dans les raisonnements les plus complexes ; le ton, parfois badin, jamais guindé, toujours tenu ; surtout, le déploiement d'une pensée libre, profondément anticonformiste et d'une érudition inépuisable.
    /> Homme de fidélité ensuite, tant à Vladimir Jankélévitch, auquel il consacre, avec Entrevoir et vouloir, un court texte étincelant, qu'à ses compagnons de toujours, les Anciens. Des présocratiques à Augustin et d'Homère à Julien l'Apostat, il n'a cessé de leur rendre hommage. Juste retour des choses, c'est son « plus cher disciple », Michel Onfray, qui, rappelant dans sa préface ce qu'il doit à son « vieux maître », prolonge cette chaîne de transmission et de savoir.
    Homme de son temps enfin, comme en témoignent ses chroniques politiques des années 1990, Lucien Jerphagnon fut un virtuose du dialogue et de la conversation. Ses échanges avec Francesca Piolot, en conclusion de ce volume, sont à l'image d'une pensée en perpétuel mouvement où ne cesse d'affleurer la question qui traverse toute son oeuvre : pourquoi diable y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

  • Une autre manière de raconter l'histoire de la philosophie.
    Ce livre retrace l'histoire des grands courants et des grandes idées de la philosophie occidentale antique et médiévale, des présocratiques à Jean Scot Erigène. Il ne s'agit pas d'une progression de la pensée, siècle après siècle, vers la Vérité absolue, mais davantage d'un foisonnement, d'un buissonnement touffu dont les rameaux s'emmêlent, poussant chacun vers un peu plus de lumière.
    D'Héraclite à Guillaume d'Ockham, tour à tour féroce et chaleureux, hilare et navré, il embrasse avec son habituelle érudition l'immense aventure de l'esprit : les origines de la philosophie, les premiers physiciens, Socrate ou la conscience dans la cité, Platon ou la politique sous l'angle de l'éternel, Aristote ou le Macédonien surdoué, les cyniques et les cyrénaïques, les épicuriens, les stoïciens, philosophes pour un monde nouveau, Plotin ou l'absolu entrevu, Augustin ou les cieux nouveaux, la scolastique ou le retour d'Aristote...
    Paru en première édition chez Tallandier en 2004.

  • Mes leçons d'antan

    Lucien Jerphagnon

    • Pluriel
    • 30 Septembre 2015

    Big-bang philosophique, l'oeuvre de Platon n'a pas seulement marqué la philosophie antique, elle est à l'origine de tout un courant de pensée, le néoplatonisme, qui a ponctué l'Antiquité de la Grèce à Rome et dont les échos ont résonné jusqu'à la Renaissance. Dans ces cours publiés pour la première fois, Lucien Jerphagnon se penche sur le Parménide de Platon et délie toutes les difficultés qui lui ont valu la réputation d'être un dialogue obscur. Il étudie aussi sa postérité, le néoplatonisme, et plus particulièrement Plotin, son représentant principal, la figure même du philosophe sage.

    Ce livre où toujours pointent l'humour et l'intelligence bienveillante invite le lecteur à la rencontre non seulement d'un monument de l'histoire de la philosophie mais aussi d'un maître de l'hellénisme, un Socrate pour notre temps, Lucien Jerphagnon.

  • Tout en interrogeant l'histoire avec le savoir pénétré d'ironie et d'érudition du sage, l'auteur questionne les grands philosophes de l'Antiquité, Plotin, Platon et saint Augustin sont à l'honneur dans cet ouvrage.

  • Présente et compare des mythes antiques bibliques, gréco-romains et paléo-chrétiens, dans lesquels se mêlent religion, histoire, philosophie et légende. Montre comment à l'inverse, la période médiévale et le monothéisme ont conduit à l'opposition de la science et de la religion. Souligne l'abondance des mythes dans l'Antiquité et leur quasi-absence du monde contemporain.

  • En l'an 258, dans une province de l'Afrique romaine, le légat Caïus doit rendre son jugement. Libèrera-t-il les deux chrétiens emprisonnés qui résistent encore et refusent, malgré la torture, de renier leur foi ? Pourquoi cette question le hante-t-il à ce point ? Un ami recueille ses confidences sur la soif d'absolu qui l'habite. Il parle aussi de ces histoires de chrétiens avec Rufus, le militaire : représentent-ils vraiment le danger que l'on dit ? Tiraillé entre le sens du devoir et sa liberté de penser, la mélancolie accable Caïus. La rencontre avec une jeune chrétienne le bouleversera.Dans ce roman historique à l'érudition généreuse, le philosophe Lucien Jerphagnon nous convie au coeur de ces heures où le monde bascule du paganisme au christianisme.

  • Sur un ton intime, allègre et érudit, Lucien Jerphagnon présente avec humour les grands thèmes de la pensée antique et dénonce des contre-vérités qui se sont installées. Il aborde aussi des sujets plus personnels : ses amis, ses affections et ses conversations avec les dieux. Des présocratiques à Vladimir Jankélévitch, ces pages posthumes portent un même message, qui nous rappelle qu'il faut conjuguer le présent avec la plus divine des obligations : « rire ».Un style étincelant, un humour aussi réjouissant que savant. Olivier Bloch, L'Humanité.Lucien Jerphagnon, un passeur qui redonne de la saveur aux questions éternelles. Paul-François Paoli, Le Figaro littéraire.

  • Choix de textes inédits de L. Jerphagnon sur l'Antiquité, la sagesse et la mystique des Grecs et des premiers chrétiens de Platon à saint Augustin, mais aussi des modernes comme Vladimir Jankélévitch, ou des réflexions sur des films Gladiator, Alexandre ou Agora...

  • La réédition, en un volume poche, de deux petits ouvrages, aujourd'hui épuisés, du célèbre philosophe-historien Lucien Jerphagnon, décédé en 2011 :
    Laudator Temporis Acti (c'était mieux avant) :
    Paru en 2007. Solde des ventes : 10 150 exemplaires, épuisé depuis février 2012.
    Dans ce petit traité contre le pessimisme, Lucien Jerphagnon s'est amusé à collecter, depuis les philosophes grecs jusqu'à la littérature contemporaine, toutes ces réflexions négatives et défaitistes sur le bonheur, la famille, la politique, l'amour...

    Le Petit livre des citations latines :
    Paru en 2004. Solde des ventes : 27 100 exemplaires, épuisé depuis fin 2011.
    Dans cet ouvrage que Lucien Jerphagnon avait dédié, non pas comme on aurait pu s'y attendre à Saint Augustin, mais à son autre idole, Pierre Dac, il nous fait revisiter notre latin avec à chaque page une citation, sa traduction, et un commentaire toujours savant mais jamais sérieux.

  • « Ces ouvrages n'ont jamais été réédités depuis plus de cinquante ans. Leur parution constitue un événement pour tous ceux qui apprécient ce grand historien et philosophe, souligne dans sa préface le cardinal Poupard, longtemps confident de Lucien Jerphagnon. Ce sera pour beaucoup une révélation importante et inattendue sur l'engagement spirituel de l'auteur, comme sur l'histoire contrastée de la première partie de sa vie où s'enracine son parcours d'historien de la philosophie antique ».

    L'Au-delà de tout regroupe les ouvrages que Lucien Jerphagnon écrivit entre 1955 et 1962, dont le tout premier, Le Mal et l'Existence. Ils reflètent ses interrogations métaphysiques sur ces grands thèmes philosophiques qui ne cesseront de nourrir ses travaux et ses réflexions: la liberté, la foi, la question du mal, l'immanence et la transcendance, l'émerveillement d'être au monde, le bonheur, le sens du divin.

    Ordonné prêtre en juin 1950, Lucien Jerphagnon enseigne alors au grand séminaire de Meaux, et c'est tout naturellement qu'il s'intéresse à Pascal auquel il consacre trois livres, dont Pascal et la souffrance et Le Caractère de Pascal. Contre la suprématie de la philosophie thomiste qui s'exerce encore au sein de l'Église, il démontre, à la lumière de la pensée de Pascal, que tout ne se résume pas au dogme scolastique ni à la raison, et témoigne déjà de sa liberté d'esprit. Ses innombrables lecteurs et admirateurs retrouveront ici la sensibilité, l'humanité profonde, l'originalité de style de l'une des grandes figures intellectuelles de l'époque contemporaine, qui fut aussi l'une des plus attachantes. Ils découvriront dans le même temps un pan méconnu de son cheminement personnel, essentiel à la compréhension de l'ensemble de son oeuvre et de ce qui fait son unité.

  • Les divins cesars

    Lucien Jerphagnon

    • Pluriel
    • 11 Octobre 2011

    Une observation de la politique menée au cours des siècles par les souverains que les Romains qualifiaient, depuis Auguste, de césars. Cette étude explore cinq siècles et demi de pensée spéculative, éthique, politique souvent méconnue, afin de comprendre comment a perduré idéologiquement l'Empire de Rome, modèle de nombreuses royautés à venir.

  • La sottise : on en respire la présence partout et toujours dans l'air du temps. Une présence atmosphérique, en quelque sorte. Aristote la suppose contemporaine de la préhistoire, tandis que saint Augustin y voit une conséquence du péché d'Adam. Ce florilège présente les fruits d'une cueillette au long de vingt-huit siècles, chez les auteurs les plus divers, des Hébreux des âges bibliques aux journalistes de nos Républiques. À chacun de s'en faire une idée... L. J.Un portrait saisissant de la chose au monde la mieux partagée : la bêtise, l'imbécilité, pour ne pas dire la connerie. A travers un florilège habile de citations allant d'Homère à Anouilh et de Platon à Cocteau, ce grand érudit à la science aimable débusque la sottise aux lisières de toutes les certitudes, sur les sommets de l'arrogance, dans les marais de l'opinion... ou dans ce qu'on appelle aujourd'hui le « politiquement correct ». Quelle leçon d'humilité ! Didier Pourquery, Le Monde magazine.

  • « Une espèce de gaieté naît de la lecture des livres de Lucien Jerphagnon », écrit Jean d'Ormesson dans sa préface. « Elle vous entraîne avec aisance, avec une apparente facilité sur les chemins qui pourraient sembler abrupts du savoir rigoureux. [...] Le fond de l'affaire est une certaine conception de l'histoire et de la philosophie. L'histoire et la philosophie suivent d'ordinaire des voies séparées et jalousement gardées par les spécialistes des différentes disciplines. [...] L'idée centrale de Jerphagnon - et sa contribution majeure - est de les mêler l'une à l'autre [...] dans une démarche originale où les événements et les idées s'éclaireraient et se soutiendraient mutuellement. «La philosophie, écrit Jerphagnon, est chose trop sérieuse pour l'abandonner aux mains des seuls philosophes, de même que l'histoire aux mains des seuls historiens.» Jerphagnon est de ces érudits qui soutiennent que la vérité la plus vraie est aussi souvent la plus drôle ».
    Par son oeuvre, qui fait autorité, ce grand historien s'est employé à balayer les idées reçues et à combattre les généralisations hâtives.
    Avec son Histoire de la Rome antique, il montre comment, dès l'origine, les dieux, la religion, le sacré sont les éléments constitutifs de la Rome éternelle, et il nous place ainsi face à l'un des thèmes majeurs présents à chaque étape de la longue carrière de Rome, dans la paix et dans la guerre, sous la République comme sous la dictature. Cet ouvrage est aussi une vaste fresque où se côtoient tous ses personnages essentiels de l'histoire romaine. Les Divins Césars, récit qui va d'Auguste à Justinien, de 27 av. J.-C. à 529 de notre ère, démonte les rouages de l'idéologie et du pouvoir dans la Rome impériale, dresse à travers la naissance, l'évolution et les déboires de cette formidable machine à faire des dieux, le saisissant tableau d'un dialogue sans cesse renouvelé entre le divin, le philosophique et le politique. Dans son Histoire de la pensée. D'Homère à Jeanne d'Arc, tour à tour féroce et chaleureux, hilare et navré, Jerphagnon embrasse l'immense aventure de l'esprit : les origines de la philosophie, les premiers physiciens, Socrate ou la conscience dans la cité, Platon ou la politique sous l'angle de l'éternel, Aristote ou le Macédonien surdoué, les cyniques et les cyrénaïques, les épicuriens, les stoïciens, Plotin, Augustin, la scolastique...

  • « Je travaille pour le XXIe siècle. » Bonne raison pour y rendre de nouveau présente cette courte initiation qu'on m'avait demandée au siècle dernier. On était alors dans ces années de l'après-guerre, où par-delà les désastres et crimes imprescriptibles, chacun se refaisait tant bien que mal une santé et un moral, et tentait de redonner un sens à l'humain. Comme tout un chacun, je cherchais des réponses, des solutions, bref, un absolu, et qui - excusez du peu - se serait traduit en mots. Des mots, on en trouvait. La mode était à l'existentialisme, au marxisme, au personnalisme et autres mots en isme. Des mots, des mots, mais d'absolu, point. Tel, du moins, que je m'en faisais l'idée - ou l'image. Jusqu'au jour où me tomba entre les mains un livre de Jankélévitch. Nous étions en 1949 : c'était la première édition du Traité des vertus. Et si je ne craignais de pousser un peu loin le pastiche, je dirais que m'advint ce qui était arrivé à saint Augustin à qui l'on avait prêté des textes de Plotin et de Porphyre : ma façon de voir s'en trouvait changée du tout au tout. Je n'aurais de cesse, à mesure que passeraient les années, que je n'aie lu l'oeuvre en son entier. Mais sur le moment, comment aurais-je imaginé que onze de ces volumes me seraient offerts au cours des ans par leur auteur, avec un mot de sa main ?
    Lucien JERPHAGNON

  • On avait exterminé sa famille entière, puis il avait été relégué dans un lointain palais.
    Bref, le très chrétien Constance n'avait rien négligé pour évincer Julien de la pourpre de ses ancêtres. Le voilà pourtant empereur de Rome et converti en secret aux dieux païens. La saga noire d'une dynastie, hantée de monstres froids, de prélats doubles, de barbouzes et de philosophes arrivistes est racontée ici au jour le jour. Lucien Jerphagnon joint à l'érudition un rare talent d'évocation. En entreprenant cette réhabilitation de l'empereur Julien, il réussit un modèle de biographie.

  • Lucien Jerphagnon, le « barbouze de l'Antiquité », comme il se définissait lui-même, publia entre 1962 et 2011 de nombreux articles dans les plus grandes revues d'histoire et de philosophie françaises et internationales.
    Enfin réunis en un seul volume, ces textes critiques, nourrissants et savoureux, offrent le plus spirituel des panoramas sur la recherche historique de ces cinquante dernières années.

  • A partir des textes anciens, l'auteur propose une plongée dans la pensée de l'Antiquité grecque et romaine. Grâce à son expérience d'historien, il tente de démêler le vrai du faux, le mythe de la raison, la bêtise de la sagesse. Il dresse le portrait de l'honnête homme et de la mentalité de l'époque.

  • I. Parménide ou des idées Le commentaire sur le Parménide de Platon est un cours qui date de 1973-1974 et a été revu en 1979-1980. Ce cours est homogène et méthodique. Confrontation personnelle d'un philosophe avec un texte platonicien réputé très difficile, ce document présente un intérêt certain.
    II. Du « parménide » de Platon au néo-platonisme Le cours sur l'histoire de l'interprétation du Parménide de Platon aux néoplatoniciens date de 1982-1983. Tout comme le cours précédent comportait de longs développements sur l'histoire de l'interprétation du dialogue, celui-ci reprend dans les 30 premières pages l'analyse des hypothèses, sous une forme davantage structurée. De longs développements sur l'histoire de l'Académie, puis sur le médio-platonisme, étaient sans doute utiles aux auditeurs, bien que sans lien direct avec le thème principal de ce cours. Ce n'est qu'à la page 45 et donc à la fin de l'année scolaire qu'on aborde enfin Plotin, mais c'est pour lire une longue introduction des thèmes développés dans le cours sur la Vita Plotini.
    III. Porphyre, Vita Plotini Cette cinquantaine de pages constitue le canevas d'un cours donné à l'université de Caen en 1983-1984. Le style est oral, familier.
    Ces pages visent à inculquer à des étudiants des notions importantes pour l'histoire de la philosophie (cosmologie ;
    Numénius ; résumé du système plotinien, avec rappel des hypothèses du Parménide). On imagine facilement qu'un professeur expérimenté pouvait à partir de ces notes improviser des développements très captivants devant ses étudiants.
    L'auteur a publié à l'époque au moins trois articles sur la Vita Plotini. On peut supposer que les idées principales qu'il souhaitait développer sur ce texte y sont consignées et que les renvois qu'on y trouve dans le texte marquaient le point d'insertion de développements supplémentaires résumant ces travaux antérieurs.
    Cette publication est donnée à la suite d'une reproduction du texte grec et de la traduction française de l'édition de Bréhier.
    On lit des réflexions personnelles, inspirées par un nombre restreint de commentaires (la bibliographie est très réduite) sur une série de passages jugés importants. Les rapports de Plotin avec les Gnostiques font l'objet de développements plus importants. Le commentaire de l'oracle d'Apollon résume et simplifie le contenu d'une contribution parue dans PVP I (p. 43-45).

  • L'astre mort

    Lucien Jerphagnon

    Dans la préface qu'elle consacre à ce roman retrouvé par elle après la mort de son père, Ariane Jerphagnon écrit pour expliquer son choix de le rendre public : « Le respect que je lui porte m'interdit de dissimuler ou pire de faire disparaître ce qui témoigne à travers des mots d une période de sa vie, de ses interrogations spirituelles et métaphysiques, qui sont autant d'indices sur l'origine des choix philosophiques jalonnant son existence. » Ce roman autobiographique s'appelait à l'origine Journal d'un anxieux. Il relate le parcours initiatique d'un personnage qui erre d'un lieu où d'une gare à l'autre, entre Bordeaux, ville de son enfance, Bayonne, Saint-Jean-de-Luz et l'Espagne, et rapporte de ses errances autant d'expériences humaines immédiates et sensibles. Il livre ses pensées, ses réflexions, ses humeurs et ses observations dans un cheminement sans but apparent, mais qui accompagne en réalité une sorte de métamorphose personnelle.
    Lucien Jerphagnon livre ici ses propres questionnements à la veille de rompre son engagement religieux en ironisant volontiers sur tout ce qui touche à la métaphysique. C'est avec un humour un peu moqueur qu'il évoque ses discussions théologiques avec un certain chanoine Précoce. Hanté par le souvenir et l'absence de sa mère, « l'astre mort », disparue alors qu'il était encore enfant, le héros solitaire de ce périple intérieur est un angoissé à l'image de Pascal, comme lui « prédisposé aux affections psychosomatiques, porté à l'excès dans sa recherche de perfection « et conscient d'une vérité inatteignable ».
    Ce qu'il cherche, lui que la grâce chrétienne héritée de son enfance et son éducation semble avoir peu à peu déserté, c'est une autre forme d'apaisement mystique si ce n'est philosophique susceptible de répondre au tragique de l'existence, au coeur de la vie même.
    Il accède ainsi à une révélation qu'il compare à « un rêve éveillé » : « je ne pensais pas, je ne calculais pas, je ne prévoyais rien, je rêvais seulement et c'est comme si tout se mettait en place dans ce monde intérieur que j'avais cru longtemps plus tragique que l'univers [...]. Je savais que de l'avenir je n'avais plus rien à craindre puisque tout se tenait : le meilleur et le pire, l'absence et la folle joie d'autrefois, le plaisir et le vide, la vie et la mort. Tous ces grands mots ne m'effrayaient plus, le tragique s'était désamorcé tout d'un coup, me laissant enfin la paix. »

  • Rome, maîtresse du monde. Les douze siècles de l'histoire romaine ont longtemps constitué le passage obligé d'une éducation humaniste. Ils pâtissent aujourd'hui des clichés et des anachronismes répandus par le cinéma et le roman. Aristocrates républicains idéalisés en défenseurs des libertés modernes; empereurs rabaissés au rang de tyrans maniaques ; premiers chrétiens confinés dans l'obscurité des catacombes. Un Constantin le Grand, naguère converti miraculeux, devient un cynique calculateur «( Rome vaut bien une messe ») ; un Julien, naguère scandaleux apostat, se voit paré de toutes les vertus du paganisme. Autant de généralités hâtives que Lucien Jerphagnon s'emploie à combattre, avec un bonheur d'écriture, une densité de réflexion et un humour souvent corrosif qui sont un véritable régal. Le lecteur trouvera ici un véritable tour de force, à la fois synthèse d'histoire politique, militaire, sociale et intellectuelle, nourrie des derniers acquis de la recherche, et vaste fresque où se côtoient grands seigneurs, soldats, administrateurs, mécènes, poètes et philosophes. Tous ont contribué à bâtir cette civilisation fascinante, dont l'héritage imprègne, aujourd'hui encore, notre pensée et notre langage.

  • D'une grande figure de la philosophie à une école de pensée, des maîtres aux disciples, d'un discours sur sa méthode à une leçon d'histoire, Lucien Jerphagnon nous plonge aux sources les plus originelles de notre temps et de notre culture.
    Avec son érudition savoureuse, et cet art fulgurant d'exhumer le passé et d'incarner les textes, le grand historien nous rappelle pourquoi les penseurs de l'Antiquité - Platon, Plotin et saint Augustin en tête - ont porté jusqu'à nos jours une irréfutable initiation à tout ce qui est la vie de l'esprit, et à tout ce qui rend vivant en général.
    En recréant, par-delà les siècles, la plus enthousiasmante des communautés d'esprit, Lucien Jerphagnon remplit tous les devoirs de la paideia, cet art d'enseigner et de transmettre qui, plus qu'un savoir, est une éducation de l'être.

  • "La sottise : on en respire la présence partout et toujours dans l'air du temps. Une présence atmosphérique, en quelque sorte. Aristote la suppose contemporaine de la préhistoire, tandis que saint Augustin y voit une conséquence du péché d'Adam.
    Ce florilège présente les fruits d'une cueillette au long de vingt huit siècles, chez les auteurs les plus divers, des Hébreux des âges bibliques aux journalistes de nos Républiques. à chacun de s'en faire une idée..."

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