• Des sciences de la nature à la poétique en passant par l'éthique, la politique ou encore la logique et la rhétorique, il n'est presque pas de domaine qui ait échappé à Aristote. Mais si le Stagirite est connu pour avoir pratiqué la philosophie sous la forme d'une sectorisation des savoirs, sa pensée n'en présente pas moins une unité que l'on peut représenter au mieux sous l'emblème de la vie : non seulement la vie des animaux, qui a retenu en priorité l'attention d'Aristote, mais encore la vie du vivant sous toutes ses formes et dans toutes ses modalités, comme vie organique, éthique, politique, pensante, divine, voire métaphysique. Objet théorique, la vie n'est toutefois pas un objet comme les autres : penser la vie est lourd de conséquences pour la vie de celui qui pense la vie. Unissant perspective théorique et perspective pratique, la philosophie d'Aristote est autant philosophie de la vie que philosophie pour la vie.

  • Une morale pour les mortels est une étude d'ensemble de l'éthique de Platon et d'Aristote, à partir de la problématique philosophique qui lui donne corps : la mortalité de l'être humain, source de ses désirs et de leur perpétuelle insatisfaction.
    Par contraste avec une morale du devoir, on découvre ici une morale qui s'exprime par un "il faut", poussant vers une fin qui puisse répondre au manque et au besoin qui marquent la condition humaine. A partir de cette problématique sont repris et éclairés tous les concepts et thèses classiques de l'éthique ancienne : la question de la mesure et de l'harmonie, la vertu dans son unité et sa pluralité, le bonheur, le bien, le plaisir, l'amitié, l'amour de soi, la volonté et les autres désirs, l'intention, l'action, et surtout la vérité du paradoxe "nul n'est méchant de plein gré", dont sont exposées la résistance face aux critiques d'Aristote et les conséquences dans le domaine pénal.
    L'ensemble met en valeur la spécificité de l'être humain décelée par les Anciens : qu'il soit un être tout à la fois désirant et pensant.

  • Comment un philosophe comme Aristote en est-il venu à théoriser l'action et à penser son principe comme une prohairesis ? Que signifie cette prohairesis ? En rupture avec l'interprétation traditionnelle qui en fait un « choix délibéré » voire une « décision », Le Principe de l'action humaine selon Démosthène et Aristote montre que la prohairesis doit être pensée comme la « saisie anticipée » d'une fin, un « dessein » dont la structure ouvre la temporalité spécifiquement humaine de l'action. Première étude systématique de la prohairesis chez les auteurs grecs, depuis son apparition jusqu'à l'époque d'Aristote (Thucydide, Aristophane, Phérécrate, Lysias, Isocrate, Isée, Xénophon, Platon, Démosthène, Lycurgue, Eschine, Hypéride, Dinarque, Démade, Aristote), complétée par une relecture de la notion de hairesis à partir d'Homère, ce livre met à la disposition des lecteurs les résultats d'une enquête terminologique exhaustive et les accompagne d'une interprétation philosophique. L'analyse de l'Iliade et des discours des orateurs attiques y rencontre l'explication conceptuelle des traités éthiques d'Aristote, et Démosthène s'y révèle comme un personnage qui compte dans l'histoire de la pensée philosophique de l'action et de la responsabilité humaine.

  • Tout en répondant scientifiquement à la question Comment voit-on ?, Platon et Aristote abordent la question plus fondamentale : Qu'est-ce que voir ? Au-delà des conceptions épistémologiques se dessine ainsi la présence d'une lumière divine.

  • « Philologie », nom d'une science mal aimée, soeur presque jumelle de la philosophie. Dès ses premiers pas comme science des textes, elle s'attira les foudres de Sénèque pour s'être substituée à la philosophie. Il faut attendre Nietzsche pour que se réalise l'inversion de ce processus, à la fois espoir et programme de transmutation de la philologie en philosophie. Le philosophe allemand n'abandonna jamais totalement la philologie de ses jeunes années et la capacité de critique de la modernité qu'elle lui avait ouverte, au point de l'ériger au rang de méthode générale et d'art de bien lire toute chose, faits ou textes. Lire Nietzsche requiert donc une prise en compte de son activité philologique savante. Le volume Nietzsche, philologue et philosophe, revient sur plusieurs thèmes qui ont occupé Nietzsche à ce double titre - de la tragédie à Platon, en passant par la rythmique, la poésie lyrique ou la figure d'Héraclite -, et annonce la parution dans les prochaines années de l'édition scientifique française complète de ses écrits philologiques.

    Ont participé à ce volume : G. Bensussan, Ph. Choulet, Ch. Corbier, M. de Launay, A. Merker, N. Querini E. Salanskis et C. Santini.

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