Denoel

  • Guy Debord

    Anselm Jappe

    Certaines époques ont montré qu'elles croyaient fortement à la puissance de la pensée critique.
    Notre époque, au contraire, a tenu ses penseurs, non sans raison, pour des gens totalement inoffensifs. Parmi les rares personnes considérées comme tout à fait inacceptables, on trouve assurément Guy Debord. Pendant longtemps, c'est la police qui s'est intéressée à lui, plutôt que les milieux intellectuels. Lorsque, malgré toutes sortes d'obstacles, sa pensée a fini par s'imposer, on a bien vite assisté à une autre forme d'occultation : la banalisation.
    Il existe peu d'auteurs contemporains dont les idées ont été utilisées de façon aussi déformée, et généralement sans même que l'on cite son nom. Ce livre résume l'activité publique de Guy Debord, du lettrisme à la fondation de l'Internationale situationniste, des rencontres avec Henri Lefebvre et Socialisme ou Barbarie à Mai 68, de La Société du Spectacle à ses films. Surtout, il veut préciser la place de Debord dans la pensée moderne : sa reprise des concepts marxiens les plus importants et les plus oubliés, son utilisation de Lukacs, son importance pour une théorie critique aujourd'hui.
    Cet ouvrage prend au sérieux Debord lorsqu'il affirme avoir " écrit sciemment pour nuire à la société spectaculaire ".

  • Il est devenu banal de dire que le monde n'est pas une marchandise, qu'il faut refuser la «marchandisation» de la vie. Mais plus personne n'ose affronter le problème central : où réside exactement ce mensonge, cette inversion de la réalité que nous attribuons à l'argent et à la consommation ? Marx y avait répondu il y a plus d'un siècle : les humains fétichisent la «valeur», ils fabriquent un concept tout-puissant, un nouveau dieu qui n'a plus rien à voir avec la réalité de leur vie et de leurs besoins.
    Philosophe, Anselm Jappe reprend à la source le projet de Marx et de nombreux auteurs qui s'y réfèrent. Il analyse les phénomènes récents de la mondialisation, des crises monétaires et boursières, du délabrement social. Il tente d'expliquer en quoi nous sommes prisonniers de faux concepts et toujours aliénés par cette souveraine «valeur marchande», qui n'a guère bougé depuis les débuts du capitalisme. Avec une véritable profondeur, mais en restant toujours accessible, Jappe apporte ses fondements à la critique contemporaine du néolibéralisme.

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