Sciences humaines & sociales

  • L'auteur reprend dix-neuf articles qu'il avait consacrés à l'histoire de la cité d'Argos. Ils ont trait à la genèse de la ville et de son territoire, à la constitution de l'État-cité, à la consolidation de ses frontières, à sa place dans le monde méditerranéen après la conquête romaine. Sous le titre Points d'histoire, sont repris quatre articles consacrés à des textes connus de longue date, mais que de nouvelles découvertes archéologiques ou épigraphiques invitent à relire autrement. On a signalé, chaque fois que c'est possible, les progrès accomplis par la recherche depuis la première publication de ces travaux. Le dernier chapitre, Repentirs et mises au point, complète ces indications.

  • Lorsque le 19 juillet 1936, les ouvriers et les employés de Barcelone se sont mobilisés pour étouffer dans l'oeuf l'insurrection militaire nationaliste, ils ont en même temps entrepris de réorganiser les activités économiques et toute la vie sociale sur de nouvelles bases.
    Dès cette époque, nombreuses ont été les voix, dans le camp républicain, pour prétendre que la révolution sociale en marche en Catalogne, puis dans d'autres régions d'Espagne, faisait obstacle à l'unité et à l'efficacité du camp anti-fasciste. Mais compte tenu de la répression sanglante qui s'était abattue sur le mouvement ouvrier espagnol, dont le fer de lance était la C. N. T. anarcho-syndicaliste, aussi bien sous la monarchie que sous la république, que celle-ci soit gouvernée par des réactionnaires ou des hommes " de gauche ", comment ces salariés, ces paysans auraient-ils pu mettre ainsi leur existence en jeu pour défendre un régime qui protégeait avant tout les intérêts des patrons et des grands propriétaires ? Instruits par l'histoire du mouvement ouvrier en Italie, en Allemagne et en Autriche, les anarcho-syndicalistes avaient une conscience aigüe du danger mortel que représentait la contre-révolution fasciste.
    Laissant de côté leurs principes les plus fondamentaux, ils participèrent même au gouvernement républicain, au risque de semer la confusion et la démoralisation dans leurs rangs. Ils allaient bientôt se découvrir un ennemi supplémentaire, pour lequel le combat contre la révolution sociale devint à l'évidence une priorité : l'Union soviétique, dont les émissaires, sous couvert de la lutte contre le fascisme, bâtirent un appareil de répression pour traquer les militants révolutionnaires et détruire les organes de gestion collective.
    Le premier des deux textes qu'on trouvera ici a été écrit en 1936 pour expliquer aux travailleurs européens ce qu'étaient la C.N.T., ses objectifs et les principes de son action. Dans le second, Marcel Ollivier décrit et explique ces journées dont il est témoin en mai 1937 à Barcelone, véritable coup d'arrêt à la révolution sociale et annonciatrices de la victoire finale du fascisme.

  • L'Histoire, très généralement, est écrite par les, vainqueurs.
    C'est d'autant plus vrai lorsque les vaincus ne constituent pas un Etat, mais la couche la plus dominée de la société, dépourvue des moyens de transmettre son propre récit et le sens qu'elle a donné à son combat. Pourtant, la relation des grandes révoltes serviles des dernières décennies de la république romaine que nous ont transmise les historiens n'a pu masquer les conditions effroyables d'existence qui leur ont donné naissance, ni la portée de ces combats pour la liberté et la dignité.
    Inspiration de romans-fleuves et de films à grand spectacle, la révolte dirigée par Spartacus de 73 à 71 avant J.-C. est d'abord l'expression d'une situation historique et sociale particulière, et Marcel Ollivier l'y replace pleinement dans ce texte publié pour la première fois en 1929 et qu'il a revu et augmenté. Elle prend ainsi toute sa signification et contribue à la réflexion au plus haut point actuelle sur les conditions dans lesquelles la révolte des opprimés peut déboucher sur la transformation radicale de la société.

  • Tous les textes publiés dans l'ouvrage parlent directement de l'oeuvre de Jean-Michel Berthelot. La première partie, « Sociologie de Jean-Michel Berthelot », rassemble les contributions restituant des traits de son oeuvre à l'aide d'études de cas précis ou de panoramas plus larges, et balise des domaines de recherche dans lesquels il s'est illustré : sociologie de l'éducation, du corps, des sciences, épistémologie des sciences sociales. La deuxième partie rend compte des perspectives ouvertes par ses travaux et de la manière dont des chercheurs ont mis en oeuvre ses réflexions pour leurs propres recherches. Il s'agit donc de restituer la façon dont on peut faire de la sociologie « avec » Jean-Michel Berthelot - à l'aide de ses travaux et des jalons qu'ils posent. La troisième partie est biographique en restituant l'itinéraire académique, intellectuel et humain de Berthelot, que ce soit son parcours universitaire et social, notamment à l'ENS durant mai 68, ou encore sa période « toulousaine » où sa carrière universitaire a débuté et qui en constitue une partie essentielle.

  • En mai 2009, alors que s'enlisait la lutte engagée par les enseignants-chercheurs contre le décret statutaire issu de la Loi de 2007 sur les universités, un petit groupe d'universitaires lançait dans la presse et sur Internet un ' Appel à refonder l'Université '. Ce manifeste, qui recueillit alors plus de cinq mille signatures, a été perçu comme un tournant décisif dans le débat. Ce groupe de ' Refondateurs ', qui réunit des représentants de disciplines et de sensibilités idéologiques les plus variées a continué à réfléchir à une indispensable refonte de l'enseignement supérieur. Et c'est le fruit de la réflexion originale de ce groupe qui est présenté dans ce court ouvrage par quelques-uns de ses animateurs. La réforme qu'ils proposent est fondée sur la conviction suivante : la société française ne peut plus se permettre de confiner l'Université au rôle de voiture-balai de l'enseignement supérieur, avec la charge d'accueillir le public que les autres établissements (classes préparatoires, classes de BTS, grandes, mais aussi moyennes ou petites écoles) auront refusé. Cette situation est tout à la fois antidémocratique, car elle favorise le développement de formations privées, payantes et pas toujours de qualité, et néfaste au développement scientifique et intellectuel français, car elle marginalise les universités, qui sont au coeur de la production de savoir et de la transmission de la culture. L'ouvrage présente un ensemble de solutions qui permettraient de remettre l'Université au service de la société. Si les problèmes sont complexes et les obstacles nombreux, on n'échappera pas à la nécessité d'une réforme de fond de l'ensemble de l'enseignement supérieur français. Car prétendre réformer l'université sans toucher aux autres cursus est un leurre. Cette politique aveugle continue à aggraver le mal qu'elle prétend soigner en entretenant la fuite des étudiants, elle engendre la désespérance de enseignants-chercheurs sans l'appui duquel toute réforme est vouée à l'échec, et coûte cher à la nation sans espoir de profit.

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