• « Nul homme n'est une île, complète en elle-même ; chaque homme est un morceau du continent, une part de l'ensemble ; si un bout de terre est emporté par la mer, l'Europe en est amoindrie [...]. La mort de chaque homme me diminue, car je suis impliqué dans l'humanité. N'envoie donc jamais demander pour qui la cloche sonne : elle sonne pour toi. » Nuccio Ordine part de cette émouvante méditation de John Donne (1624) - dont s'inspire le titre de son ouvrage -, pour enrichir sa « bibliothèque idéale » d'un second volume, en nous invitant encore à lire (et à relire) d'autres merveilleuses pages de littérature mondiale.
    Convaincu qu'un bref extrait (brillant et sortant des sentiers battus) peut éveiller la curiosité des lecteurs et les encourager à se plonger dans l'oeuvre elle-même, Nuccio Ordine poursuit son combat en faveur des classiques. À travers les textes de Shakespeare et de Rilke, de Dante et de Tchekhov, de Pascal et d'Eliot, de Gorgias et de Dickinson, de Pétrarque et de Celan, d'Érasme et de Hesse, de Camões et de Conrad, de Diderot et d'Hemingway - et d'autres très grands auteurs -, Nuccio Ordine montre comment la littérature est un moyen fondamental pour rendre l'humanité plus humaine. En ces temps marqués par les égoïsmes les plus brutaux, par la reprise des racismes, par les terribles inégalités économiques et sociales, par la crainte de l'« étranger », ces pages nous invitent à comprendre que ce que nous faisons pour les autres est la seule chose qui puisse nous aider à donner à un sens à notre vie.

  • Il n'est pas vrai - pas même en temps de crise - que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés « inutiles » qui se révèlent en réalité d'une extraordinaire utilité. Nuccio Ordine, universitaire italien spécialiste de la Renaissance, met sa culture au service de la défense des humanités. Dans cet ardent pamphlet, il attire notre attention sur l'utilité de l'inutile et sur l'inutilité de l'utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Kant, Tocqueville, Newman, Heidegger) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, L'Arioste, Cervantès, Lessing, Dickens, Okatura Kakuzô, García Márquez, Ionesco, Calvino), il montre comment l'obsession de posséder et le culte de l'utilité finissent par dessécher l'esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l'art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telles que la dignitas hominis, l'amour et la vérité.

  • Une petite bibliothèque idéale pour nous accompagner dans un voyage fascinant en littérature et en philosophie :
    Durant toute l'année universitaire 2014-2015, Nuccio Ordine a choisi et commenté un extrait - tiré d'un grand classique (antique, moderne ou contemporain, en vers ou en prose) - pour une rubrique publiée tous les vendredis dans Sette, le supplément hebdomadaire du Corriere della Sera. Une cinquantaine d'oeuvres célèbres ont été sélectionnées pour permettre, à chaque fois, de discuter sur les thèmes qui nous tiennent à coeur :
    L'amour, la jalousie, la corruption, la liberté, le savoir, la musique, la littérature, le théâtre, la passion de l'inutile, la nature, la solidarité humaine, l'apparence, la vie, l'ignorance, la violence, l'honneur, la misogynie, la possession, la soif de l'argent, la culture, l'instruction, le voyage, la tolérance, l'amour entre des êtres de même sexe, l'amitié, les dangers du fondamentalisme, le souci de l'autre, le racisme, la vérité, la relativité des points de vue. Après le succès international de L'Utilité de l'inutile - best-seller dans divers pays européens (France, Italie, Espagne, Grèce) et traduit en dix-huit langues -, Nuccio Ordine poursuit donc son combat en faveur des classiques, convaincu qu'un bref extrait (brillant et sortant des sentiers battus) peut éveiller la curiosité des lecteurs et les encourager à se plonger dans l'oeuvre elle-même.
    Chaque extrait est accompagné en vis-à-vis d'une courte biographie de l'auteur cité.

  • Deux couronnes - de France et de Pologne - dans la partie inférieure ; en plein ciel une troisième, et pour légende Manet ultima coelo. Quel sens secret dissimule la célèbre devise du roi Henri III ? La subordination des deux couronnes terrestres à la couronne "céleste" ? Ou l'inverse ? À moins que la troisième ne fasse allusion à la conquête d'une couronne ici-bas ?
    Nuccio Ordine mène l'enquête dans les recueils d'emblèmes et de devises ; il scrute les dédicaces, les correspondances, les portraits, les documents diplomatiques, les textes littéraires et philosophiques ; il analyse les fêtes et les ballets, les marques typographiques, les reliures, les entrées triomphales des rois et des reines. Explorant les milieux artistiques et littéraires de part et d'autre de la Manche, il tente de reconstituer le fin maillage d'allusions et de rapports qui unissent la cour du roi Henri à celle de la reine Élisabeth.
    Transparaissent ainsi, à côté d'anciennes ambitions impériales, de grands mythes liés aux débats européens sur la religion et le pouvoir monarchique, sur la cosmologie et la connaissance. Défilent, comme dans une galerie de portraits, les diverses représentations de Circé, de Castor et Pollux, d'Astrée, du centaure Chiron, du navire de l'État. Fascinant parcours entre textes et images, en compagnie de grandes figures du monde intellectuel : Jean Dorat et Pierre de Ronsard, Giordano Bruno et Stefano Guazzo, Philip Sidney, Samuel Daniel et John Gordon...
    Un précieux dossier iconographique, comportant plus de cent vingt illustrations, est aussi offert au voyageur.

  • De Machiavel à Agrippa, de Teofilo Folengo à La Mothe Le Vayer, de Sebastian Brant à Rabelais, le symbole de l'âne revient avec insistance dans la littérature de la Renaissance ; son rôle devient même décisif dans l'Expulsion de la bête triomphante de Giordano Bruno, comme dans sa Cabale du cheval pegaséen. Analysée ici pour la première fois, la conception brunienne de l'asinité réserve d'autant plus de surprises qu'elle repose sur une forte contradiction : à l'asinité négative (oisiveté, arrogance, unidimensionalité) s'oppose en effet une asinité positive (labeur, humilité, tolérance) que notre tradition culturelle a trop souvent perdue de vue. L'âne, dans la perspective ouverte par Nuccio Ordine, a la double nature des Silènes d'Érasme : derrière son ingrate apparence se dissimulent des trésors. L'auteur en présente quelques-uns, tout en invitant à une lecture de textes souvent inédits en français et à un réexamen des grands thèmes de la philosophie de Bruno : science et connaissance, mythes et religion, langue et littérature.
    Cette nouvelle édition est enrichie d'un dossier iconographique augmenté et d'un avant-propos d'Ilya Prigogine.

  • Autour d'un lieu.
    D'un genre littéraire. d'un symbole et d'un thème se donnent ici rendez-vous divers savoirs à la Renaissance. L'ambassade de France à Venise, au temps de François 1er n'est pas seulement un centre d'espionnage et d'intrigues, mais aussi un atelier de philologie et un point de ralliement pour les écrivains et les artistes. Le dialogue n'est pas exclusivement un modèle narratif au service de la Cour ; il permet aussi d'exprimer avec audace une nouvelle vision du monde.
    Quant à l'âne. cible traditionnelle de la satire. il participe aussi du Silène, en qui le sérieux prince le comique. Le rire, enfin, ne parcourt pas moins la philosophie et la médecine que la littérature et la poétique. Dans les huit essais qui composent cet ouvrage, Ies distinctions s'effacent entre hommes de lettres, philosophes. médecins, diplomates et artistes.

  • Depuis des années, après avoir livré nombre de combats politiques et culturels, Gabriel García Márquez vit reclus dans son « laboratoire » comme le colonel Aureliano Buendía. Aucune apparition en public, aucune interview, aucune photographie récente. Mais le 4 décembre 2011, à La Havane, le peintre Franco Azzinari inaugure une exposition entièrement consacrée au prix Nobel de littérature.
    Nuccio Ordine a saisi un rapport symbolique entre le statut paradoxal du portrait et la poétique de Cent ans de solitude : la relation entre identité et différence, telle qu'elle s'instaure en peinture entre le modèle et sa représentation, semble se refléter dans la répétition du même et dans la diversité qui caractérisent les personnages de la famille Buendía. Dans l'un et l'autre des cas, dans les portraits comme dans le roman, la répétition parvient toujours à signifier quelque chose de différent.
    L'exposition cubaine devient une occasion de relire quelques pages magnifiques d'une chef-d'oeuvre qui a conduit plusieurs générations à réfléchir sur les thèmes de la « soledad » et du temps, de l'amour et de l'éros, de la révolution et de la répression. Ce que nous dit la fantastique saga de Macondo, avec les moyens de la littérature, c'est précisément ce que les historiens n'ont pas eu le courage de raconter...« L'histoire de la famille [Buendía] n'était qu'un engrenage d'inévitables répétitions, une roue tournante qui aurait continué à faire des tours jusqu'à l'éternité, n'eût été l'usure progressive et irrémédiable de son axe.» « Infidèles mais loyaux. » « La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient. » « Le secret d'une bonne vieillesse n'était rien d'autre que la conclusion d'un pacte honorable avec la solitude. » « La mort le suivait partout, flairant ses basques, mais sans se décider à lui mettre enfin le grappin dessus. » Gabriel García Márquez

  • Au début des années 1580, à l'Ambassade de France à Londres, Giordano Bruno et Michel de Castelnau condamnent les fanatismes religieux : l'un en philosophe, l'autre en diplomate. Mais dans l'Expulsion de la bête triomphante comme dans les Mémoires resurgissent certaines images et certains thèmes que Ronsard avait utilisés vingt ans plus tôt contre les « Papaux » et les « Huguenots ». Le présent livre a le triple mérite de proposer une analyse précise du dialogue brunien, de replacer les textes dans le contexte historique, littéraire, philosophique de la cour des Valois et de suivre le débat sur la religion comme lien social. Les mythes d'Hercule, des Géants, de l'Hydre de Lerne, du Centaure - ainsi que l'énigmatique devise du roi Henri III, Ultima coelo manet - nourrissent ainsi un projet qui entend mettre le culte religieux au service de l'État, de la paix et de la communauté.
    Dans ce brillant essai, il apparaît aussi que la lutte contre les fanatismes revêt des aspects esthétiques et que, si les textes de Ronsard éclairent l'oeuvre de Bruno, réciproquement le dialogue du philosophe invite à une nouvelle lecture du poète.

  • Du Chandelier (Paris, 1582) aux Fureurs héroïques(Londres, 1585), l'union intime entre littérature et peinture constitue un des noeuds les plus importants de la pensée de Giordano Bruno (1548-1600). La série des sept oeuvres italiennes s'ouvre sur une comédie dont le protagoniste est un peintre-philosophe, et s'achève sur un dialogue, dans lequel un peintre-philosophe décrit et commente des images. Tous deux travaillent sur des ombres, des images, des reflets et des apparences. Et pour exercer leur «métier» au niveau le plus élevé, ils doivent consentir des efforts extraordinaires pour franchir le «seuil de l'ombre». Ce n'est pas par hasard que le mythe des origines de la peinture (dans la reconstruction de Pline et de Quintilien) et le mythe de l'origine de la connaissance (dans le récit de Platon) se fondent sur la notion d'ombre. D'Alberti à Vasari, en effet, le thème de l'ombre occupe une place importante dans la culture de la Renaissance.

    Suivant ce fil, N. Ordine analyse avec clarté et rigueur la genèse et le développement de l'oeuvre italienne de Bruno, en montrant la profonde unité qui lie la pièce parisienne aux six dialogues londoniens. Il s'agit d'oeuvres conçues au sein d'un programme précis et complexe : dans le Chandelier, comme dans une véritable ouverture, se présentent déjà une série de thèmes qui seront ensuite développés dans les six mouvements suivants de la symphonie de la «nouvelle philosophie». En somme, entre Paris et Londres, en moins de quatre années, Bruno «réécrit» au nom de l'infini les rapports entre l'homme et l'univers, entre l'homme et la matière, entre l'homme et l'éthique, entre l'homme et la société, entre l'homme et la connaissance. Mais la bataille contre la conception «ptoléméenne» de l'univers et du savoir ne peut se séparer d'une bataille contre une vision close de la langue et de la poésie. A l'explosion d'un univers fini correspond, sur le plan littéraire, l'explosion des genres (fusion de la comédie et du dialogue) et des styles (mélange du sérieux et du comique, du rire et des pleurs).
    De cette brillante monographie (le premier ouvrage en langue française à proposer une introduction générale à l'oeuvre de Bruno) publiée à la date anniversaire de la mort tragique de Bruno sort le portrait d'un innovateur qui, au nom de sa cosmologie, réutilise images et mythes (que l'on pense à la figure d'Actéon ou de Narcisse) pour les réemployer en des sens nouveaux. Le philosophe amoureux du savoir témoigne, avec sa vie, de la liaison intime entre existence et connaissance, parole et pensée, biographie et philosophie.
    Editeur de l'oeuvre complète de Giordano Bruno (les sept volumes des oeuvres italiennes sont disponibles aux Belles Lettres, l'oeuvre latine suivra) Nuccio Ordine est aussi l'auteur chez le même éditeur du Mystère de l'Ane ,essai sur la figure de l'âne dans l'oeuvre de Bruno.

  • Il n'est pas vrai - pas même en temps de crise - que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés « inutiles » qui se révèlent en réalité d'une extraordinaire utilité. Dans cet ardent pamphlet, Nuccio Ordine attire notre attention sur l'utilité de l'inutile et sur l'inutilité de l'utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Kant, Tocqueville, Newman, Heidegger) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, L'Arioste, Cervantès, Lessing, Dickens, Okatura Kakuzô, García Márquez, Ionesco, Calvino), Nuccio Ordine montre comment l'obsession de posséder et le culte de l'utilité finissent par dessécher l'esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l'art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telle que la dignitas hominis, l'amour et la vérité. Dans son remarquable essai traduit pour la première fois en français, Abraham Flexner souligne que les sciences, elles aussi, nous enseignent l'utilité de l'inutile. Ainsi, s'il élimine la gratuité et l'inutile, s'il supprime les luxes jugés superflus, l'homo sapiens aura bien du mal à rendre l'humanité plus humaine.

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